GUANTANAMO - CUBA
I CONTRIBUTI A QUESTA VERGOGNA
GIUNTI DA ASSOCIAZIONI, COLLETTIVI, PARTITI ED ISTITUZIONI

CHRONIQUE DE GUANTANAMO
Informations
publiées par le site quotidien online
pour les Musulmans francophones
«
Quelles que soient les procédures liées au fonctionnement des tribunaux
militaires, notre système est plus loyal que celui de Ben Laden et des
talibans. Les prisonniers que nous avons capturés et qui seront jugés auront un
procès loyal et plus de chances de se défendre que nos citoyens qui se
trouvaient dans le World Trade Center et au Pentagone »
George
W. Bush, 28 décembre 2001
LES INFORMATIONS SONT
CLASSÉES EN ORDRE CHRONOLOGIQUE DÉCROISSANT
27/02/03 - L’ONU critique les USA
Le groupe
de travail de la Commission des droits de l'homme de l'ONU sur la détention
arbitraire a critiqué mercredi 19 février à Genève les conditions de détention
des personnes arrêtées aux USA, soupçonnés d'avoir été impliquées dans les
attentats du 11 septembre 2001.
Le groupe d'experts, sous la direction du
Français Louis Joinet considère que, dans deux cas, qui lui ont été soumis, de
personnes détenues sur le territoire des USA, depuis plus de 14 mois,
«apparemment en isolement, sans qu'aucun chef d'inculpation ne leur soit
officiellement notifié, sans pouvoir communiquer avec leurs familles et sans
qu'un tribunal ait eu à statuer sur la légalité de leur détention, cette
situation est de nature à conférer un caractère arbitraire à leur
détention».
Pour les personnes détenues à guantanamo, le rapport prend note
que les autorités US les considèrent comme des «combattants ennemis» étrangers
et refusent de leur accorder le statut de prisonniers de guerre prévu par les
Conventions de Genève de 1949 sur la protection des civils dans les conflits et
des prisonniers de guerre.
«Outre que cette interprétation est en débat, le
groupe de travail rappelle que l'autorité compétente pour déterminer le statut
de prisonnier de guerre n'est pas l'autorité exécutive, mais l'autorité
judiciaire», comme le stipule la troisième Convention de Genève.
Tant qu'une
juridiction compétente n'aura pas tranché sur ce point, les personnes détenues
bénéficient de la protection de la Convention (traitement humain, contrôle de la
légalité de la détention, droit à un procès équitable), poursuivent les experts,
«de telle sorte que l'absence de ces garanties est susceptible de rendre leur
détention arbitraire».
27/02/03 - Le Canada aurait contrevenu à la Convention de Genève
Un ancien député du Bloc québécois a demandé jeudi 20
février à la Cour supérieure du Québec de déterminer si le Canada a contrevenu à
la Convention de Genève en remettant ses prisonniers afghans aux autorités US,
l'année dernière.
Daniel Turp, qui est également professeur de droit, et 16
de ses étudiants de l'Université de Montréal ont présenté à la cour une motion
visant le premier ministre Jean Chrétien, l'ancien ministre de la Défense, Art
Eggleton, le ministre des Affaires extérieures, Bill Graham et le ministre de la
Justice, Martin Cauchon.
Les prisonniers afghans capturés par les forces
canadiennes ont été remis aux US qui les ont internés avec leurs propres
prisonniers dans leur base de guantanamo.
L'avocat du ministère fédéral de
la Justice, René Leblanc, estime que M. Turp et ses étudiants font fausse route
en s'adressant à la Cour supérieure du Québec sur cette question. Selon lui, les
requérants n'ont pas de lien direct sur ce qui se passe en Afghanistan.
«Nous croyons que la jurisprudence en la matière est très claire et que les
cours ne sont pas l'endroit privilégié pour discuter de telles choses, a soutenu
Me Leblanc. Ce genre de chose concerne le Parlement.»
M. Turp a répliqué que
les citoyens ont le droit de soulever des inquiétudes à propos des obligations
canadiennes en matière de lois internationales.
«Nous croyons que c'est une
question d'intérêt public et qu'il est de mon devoir de soulever la possibilité
que le Canada ait contrevenu à la loi et à ses obligations internationales en
remettant certains prisonniers aux autorités américaines l'année dernière.»
27/02/03 - Les futurs prisonniers irakiens seront-ils transférés à
guantanamo ?
Amnistie internationale (Canada francophone) lance une
pétition demandant au secrétaire américain à la Défense, M. Donald Rumsfeld, de
préciser le statut juridique des prisonniers de guantanamo et de les libérer ou
de les rapatrier dans leur pays, à moins qu'ils ne soient accusés d'un crime
prévu par la loi et jugés au cours d'un procès public juste et
équitable.
Depuis le 10 janvier 2002, les États-Unis détiennent, hors de tout
cadre juridique, plus de 600 « combattants » sur la base militaire de guantanamo
à Cuba. Ils n'ont été ni accusés ni jugés, et ce, depuis plus d'un an pour
certains. Les détenus sont privés de contact avec les tribunaux et leurs
avocats. Ils sont soumis à la perspective de rester en détention pour une durée
indéterminée, dans des cellules exiguës, enfermés parfois vingt-quatre heures
sur vingt-quatre, et confrontés à l'éventualité d'être jugés par des commissions
militaires exécutives, habilitées à prononcer la peine de mort, sans droit
d'appel. On leur refuse tout statut juridique, en particulier celui de
prisonniers de guerre , ce qui les assurerait de protections garanties par les
Conventions de Genève.
« Ces détentions sont totalement arbitraires. Le
statut de « combattant illégal » n'appartient à aucun cadre juridique. Le centre
de détention de guantanamo est un dangereux précédent. Cette pratique commence
déjà à s'étendre à d'autres pays comme Israël, la Russie et le Royaume Uni,
c'est pourquoi il faut y mettre fin le plus rapidement possible. » a déclaré
Gilles Sabourin, coordonnateur pour l'abolition de la peine de mort d'Amnistie
internationale. « Comment les Américains et leurs alliés pourront-ils bénéficier
des protections des Conventions de Genève à l'avenir si eux-mêmes ne les
accordent pas aujourd'hui ? » a-t-il ajouté.
D'autre part, selon les
Conventions de Genève, le Canada reste responsable des prisonniers capturés en
Afghanistan ou ailleurs. Il ne devrait pas les livrer aux Américains si les
États-Unis ne respectent pas les protections que celles-ci leur accordent. Il
est aussi responsable d'assurer à ses ressortissants le respect de leurs droits
dont ceux d'Omar Khadr, un citoyen canadien âgé de 15 ans au moment de son
arrestation et toujours détenu sans inculpation ni jugement dans les « limbes
juridiques » de guantanamo. En raison de son statut de mineur, il aurait droit à
un traitement différent de celui infligé aux adultes, ce qui lui est
présentement refusé. Le gouvernement canadien doit exiger que ses droits
consulaires et ses droits juridiques soient respectés immédiatement.
Par
ailleurs, Amnistie internationale est très inquiète des préparatifs de guerre
visant l'Irak. Elle a demandé au Conseil de sécurité des Nations Unies d'évaluer
immédiatement l'impact d'une guerre sur les droits fondamentaux du peuple
irakien et de le prendre en considération lors de toute délibération sur
l'utilisation de la force contre l'Irak. Elle demande un déploiement immédiat
d'observateurs des droits humains en Irak qui signaleraient toute violation par
quelque partie que ce soit.
« Les États-Unis insistent sur les liens entre
l'Irak et Al-Qaïda. Nous craignons que de futurs prisonniers irakiens subissent
le même sort que les "combattants" détenus à Guantanamo et sur d'autres bases
militaires américaines ailleurs dans le monde » a déclaré Michel Frenette,
directeur général de la section canadienne-francophone d'Amnistie
internationale.
La pétition pour le respect des droits fondamentaux des
prisonniers de Guantanamo est disponible sur le site internet d'Amnistie
internationale à l'adresse suivante : http://www.amnistie.qc.ca/ (faire
le lien avec les codes SPIP) ou en téléphonant au (514)
766-9766.
27/02/03 - Des officiels canadiens ont visité Omar Khadr à
guantanamo
Des responsables canadiens des services de renseignement et
du ministère des affaires étrangères ont pu rendre visite à Omar Khadr, le seul
prisonnier canadien détenu à guantanamo, du 13 au 17 février, où ils l’ont
interrogé, notamment sur son père, Ahmed Khadr, actuellement recherché pour ses
liens supposés avec Al Qaïda. Omar Khadr, 16 ans, a été capturé le 27 juillet
dernier lors d’une attaque par des troupes US d’un camp près de Khost en
Afghanistan. Blessé, il a été soigné et interrogé en Afghanistan et transféré à
guantanamo le 28 octobre dernier. Il est accusé d’avoir tué un sergent US lors
des combats qui ont duré plus de 4 heures. Il est né à Scarborough, dans
l’Ontario. Son frère Abdurrahmane, 20 ans, a été capturé en Afghanistan en
novembre 2001. Son autre frère Abdullah, 22 ans, et son père sont actuellement
recherchés.
27/02/03 - Le Britannique Moazzam Begg transféré à
guantanamo
Arrêté au Pakistan en février 2002, le Britannique Moazzam
Begg, 35 ans, de Birmingham, vient d’être transféré de la base de bagram, en
Afghanistan, à guantanamo, selon le Foreign Office, dont un porte-parole a dit
espérer : « Nous espérons pouvoir le visiter rapidement. » Begg a passé une
année dans une cellule sans fenêtre à bagram.
27/02/03 - Les tentatives de suicide inquiètent le CICR
Les tentatives de suicide des détenus de guantanamo inquiètent le Comité
international de la Croix-Rouge.
Dix-neuf détenus ont tenté de se suicider,
a indiqué dimanche 23 février le Pentagone. Selon l'organisation, ces actes
désespérés s'expliquent par le statut légal peu clair des prisonniers.
«La
dernière tentative de suicide a eu lieu le 19 janvier», a précisé un
porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Gary Keck.
Les USA doivent
urgemment entreprendre des démarches pour clarifier le statut des prisonniers de
guantanamo, a déclaré le porte-parole du CICR, Florian Westphal. Les tentatives
de suicide démontrent que le statut des détenus n'est pas qu'une question
juridique, mais aussi humanitaire.
Le CICR a intensifié ces derniers mois
les discussions avec Washington sur les conditions de détention dans la base
américaine. Début janvier, l'organisation humanitaire avait rendu visite à 619
détenus du camp. La prochaine série de visites commencera à la fin du mois de
février.
27/02/03 - Mémorandum d’un avocat saoudien au CICR
Kateb Al Shemmary, avocat d’une partie des 150 détenus saoudiens de
guantanamo, a adressé la semaine dernière un mémorandum au CICR du Koweït,
demandant à cet organisme d’enquêter sur les tentatives de suicide à guantanamo
et d’ è intervenir auprès des autorités US pour trouver une solution humanitaire
pour les prisonniers. »
27/02/03 - La famille de Hamed Abderrahmane Ahmed collecte des
fonds
Hamed Abderrahmane Ahmed, originaire de Ceuta,
l’enclave espagnole au Maroc, est le seul détenu espagnol à guantanamo. Sa
famille vient de lancer une collecte de fonds pour payer des frais d’avocat.
Selon le porte-parole de la famille, Abdessalam Hamadi, l’avocat espagnol de
Hamed a demandé au gouvernement espagnol une compensation financière de 50 000 €
pour pouvoir payer les frais de justice pour les démarches engagées aux USA. En
attendant une réponse, la famille collecte des fonds à Ceuta.
27/02/03 - Suisse : un Tunisien extradé en Italie
La
Suisse a livré à l'Italie un Tunisien âgé de 34 ans. Sous le coup d'une
procédure judiciaire en Italie pour acte de terrorisme depuis 1998, il avait été
condamné en janvier dernier par défaut à cinq ans et demi de réclusion par un
tribunal de Bologne, a annoncé mardi l'Office fédéral des réfugiés (ODR).
Le
ressortissant tunisien s'est présenté vendredi 21 février au centre
d'enregistrement des réfugiés de Chiasso. En vertu des accords bilatéraux
conclus avec l'Italie, il a été remis aux autorités italiennes le jour même. Son
arrestation a été le fruit d'une collaboration entre l'ODR, la police fédérale
et la police tessinoise, ajoutait-on de même source.
Le Tunisien a séjourné
en Bosnie jusqu'à il y a une année. Il devra purger en Italie une peine de
prison notamment pour participation à une organisation criminelle.
27/02/03 - USA : audience de Sami Al Arian reportée au 24
mars
« On m’a pris ma liberté non parce que je suis un
criminel ou que j’ai des mauvaises intentions à l’égard de cette grande nation.
Je suis crucifié aujourd’hui pour ce que je suis, un Palestinien apatride. » Une
cinquantaine de personnes étaient rassemblées devant le Palais de justice de
Tampa, Floride, mardi 25 février, pour entendre un message du Dr Sami Al Arian
lu par sa fille Lina. Accusé d’être le chef du Jihad islamique aux USA, Al Arian
a été arrêté avec 3 autres personnes jeudi 20 février et a entamé une grève de
la faim, bien qu’il soit diabétique.
Le tribunal fédéral qui devait examiner
une demande de remise en liberté sous caution mardi a reporté l’audience au 24
mars, à la demande de la défense, qui a invoqué le caractère complexe de
l’accusation, laquelle comprend 50 chefs d’inculpation, exposés dans un document
de 121 pages. Les procureurs ont fait savoir qu’ils utiliseraient les
renseignements collectés par des agences de renseignement étrangères pour étayer
leur accusation contre Al Arian et ses co-inculpés. Cela serait la première fois
que le gouvernement recourrait à la loi dite Foreign Intelligence Surveillance
Act devant un tribunal public.
Pendant ce temps, l’homme qui est à l’origine
de l’arrestation du Dr Al Arian est apparu au grand jour. Il s’agit de l’ancien
procureur fédéral John Loftus, qui a déposé une plainte contre Al Arian, afin de
faire pression sur les procureurs fédéraux pour qu’ils le fassent arrêter. Selon
lui, il s’agit du “cas de terrorisme le plus ancien aux USA”: « Nous savions
qu’il était un terroriste depuis 1989, mais les Fédéraux n’ont pas voulu agir
pour ne pas embarrasser le gouvernement saoudien. » Selon Loftus, qui a déposé
sa plainte en mars 2002, les fonds recueillis en Arabie saoudite par les
organisations humanitaires liées à Al Arian servaient à financer le Jihad
islamique: « Sami n’est qu’un détail. Le vrai problème, ce sont les Saoudiens.
Ça a toujours été les Saoudiens. »
27/02/03 - USA : Audience préliminaire pour les “Cinq de
Portland”
October Martinique Lewis, Jeffrey Leon Battle,
Patrice Lumumba Ford, Ahmed Ibrahim Bilal et Mohamed Ibrahim Bilal ont été
arrêtés en octobre dernier à Portland, Oregon, en application de la loi de 1978
instituant des tribunaux spéciaux pour juger les affaires d’espionnage (Foreign
Intelligence surveillance Act) et dont les pouvoirs ont été étendus par l’US
Patriot Act adopté après le 11 septembre. Un sixième suspect, Habis Abdulla Al
Saoub, est en fuite. La Cour fédérale de district de Portland a siégé les 25 et
26 février pour examiner les preuves contre les inculpés, accusés de
“conspiration” en vue de soutenir Al Qaïda et les talibans. L’accusation repose
en grande partie sur les informations fournies aux services de police par un
informateur d’origine égyptienne, le mécanicien Khalid Ibrahim Mostafa. Le juge
a ordonné aux procureurs fédéraux de révéler pour quelles agences l’informateur
avait travaillé et combien d’argent il avait reçu pour les enregistrements qu’il
avait réalisé. La défense des inculpés a exigé que toutes les “preuves secrètes”
détenues par les procureurs lui soient transmises. Cela inclut des fiches de
renseignement provenant de deux douzaines d’agences US de renseignements ainsi
qu’une liste de tous les détenus de guantanamo. Le juge Robert Jones a rejeté
cette requête mais a demandé au procureur fédéral Charles Gorder de garantir
qu’aucune information provenant des détenus de guantanamo ne serait utilisée
devant le tribunal. Le procureur a déclaré qu’il avait déclassifié 271 notes
d’interception et en avait transmis 86 à la défense. Les “preuves” sont
constituées par 7 500 pages de rapports du FBI et 75 CD contenant des
enregistrements de conversations de l’informateur avec Battle et Ford. 5 des 6
inculpés sont accusés d’être allés en Chine à la fin de 2001 avec l’intention de
se rendre en Afghanistan pour combattre aux côtés des talibans contre les forces
US. October Lewis, ex-épouse de Jeffrey Battle, est accusée de lui avoir viré de
l’argent pour financer l’entreprise.
25/02/03 - USA : offensive judiciaire contre des Palestiniens
C’est une grosse affaire qui a éclaté la semaine dernière aux USA. Jeudi
20 février, le FBI a arrêté à Tampa, en Floride, Sami Al Arian, Sameeh Hammoudeh
et Hatim Naji Fariz et à Chicago Ghassan Zayed Ballut. Quatre autres
Palestiniens, résidant en Palestine et en Syrie, sont recherchés. Il s’agit de :
Ramadan Abdullah Shallah, Bashir Musa Mohamed Nafi, Mohamed Tasir Hassan Al
Khatib et Abdelaziz Aouda.
Les 8 hommes sont accusés d’appartenance au Jihad
islamique palestinien et risquent la prison à vie pour une série de charges
allant de “rackett” à “violation des lois sur l’immigration” en passant par
divers chefs d’appui à une entreprise terroriste. Le principal accusé est bien
connu.
Sami Al Arian, un Palestinien de 45 ans né au Koweit, vit aux USA
depuis 1978. En 1985, il a eu un doctorat en sciences de l’informatique à
l’Université de Caroline du Nord. Professeur à l’Université de Floride du Sud
depuis 1986, il a été suspendu d’enseignement le 28 septembre 2001, pour des
propos tenus dans une émission télévisée. Mais ses ennuis remontent à 1995,
lorsque le FBI fit une descente contre le think tank (groupe de réflexion) qu’il
avait créé en 1991 avec son beau-frère Mazen Al Najjar, le World and Islam
Studies Enterprise (WISE). Ramadan Abdullah Shallah, qui avait collaboré à WISE,
venait de prendre, à Damas, la succession du Secrétaire général du Jihad
islamique, Fathi Shiqaqi, assassiné par le Mossad à Malte en octobre 1995.
Le FBI s’en est d’abord pris à Mazen Al Najjar, qui a passé plus de 3 ans et
demi en prison en vertu de “preuves secrètes” d’activités terroristes, et a
finalement été expulsé en août dernier vers le Liban, d’où il a rejoint sa
famille dans un autre pays non spécifié.
Après WISE, Al Arian a fondé le
Islamic Committe for Palestine et le Islamic Concern Project. D’après l’acte
d’accusation, ces deux structures n’étaient que des couvertures pour les
activités de soutien financier au Jihad islamique. Al Arian, qui est naturalisé
américain, a pu être arrêté grâce au Patriot Act, adopté par les USA après le 11
septembre, qui élargit la notion juridique de “terrorisme” et autorise
l’utilisation d’informations provenant de services de renseignement étrangers
pour des poursuites contre des citoyens US ou étrangers résidant aux USA. En
application de cette loi, les accusés ont été mis au secret et seront dans la
quasi-impossibilité de se défendre.
Les autres personnes arrêtées sont moins
connues. Sameeh Hammoudeh, 42 ans, est né en Cisjordanie. Enseignant à
l’Université de Floride du Sud, il est administrateur de l’Académie islamique de
Floride et vit à Temple Terrace. Hatim Naji Fariz, 30 ans, est né à Porto Rico.
Il dirige une clinique médicale et vit à Spring Hill. Ghassan Zayed Ballut, 41
ans, est né en Cisjordanie et vit à Tinley Park, Illinois, près de Chicago, où
il gère une petite entreprise.
Sami Al Arian a, dès son incarcération, entamé
une grève de la faim et de la soif pour protester de son innocence. Son
arrestation a causé une grande émotion dans les communautés musulmane et
universitaire des USA. Elle a été saluée avec enthousiasme par les milieux
sionistes, par exemple le magazine FrontPage, qui ouvre ses colonnes à J.
Michael Weller, vice-président du Center for Security Policy de Washington.
Selon lui, les organisations représentatives de Musulmans aux USA doivent être
combattues parce qu'elles sont de gauche et s'opposent au fichage nominatif
actuellement réalisé par le FBI de tous les Musulmans pratiquants, qu'ils soient
étrangers ou nationaux. Il se félicite de l'arrestation du professeur Sami Al
Arian. Le Center for Security Policy profite de cette arrestation pour appeler à
la création de nouvelles associations de Musulmans en phase avec la politique
Bush.
25/02/03 - USA : 600 camps de concentration prêts à servir
Il existe sur le territoire des USA plus de 600 camps de concentration
opérationnels. Surveillés par des gardes armés 24 heures sur 24, ces camps
entreraient en fonction en cas de proclamation de la loi martiale et seraient
gérés par l’Agence fédérale de gestion des situations d’urgence (FEMA = Federal
Emergency Management Agency) créée par le président Reagan lors de l’opération
Rex 84. Cette opération prévoyait un scénario d’invasion des USA par des foules
d’immigrants clandestins venus du Mexique. Rex 84 a permis que des bases
militaires fermées soient transformées en camps de concentration. Tous ces camps
sont facilement accessibles par la route, par le rail ou par les airs. La
plupart d’entre eux peuvent héberger 20 000 personnes. Le plus grand est situé à
Fairbanks, en Alaska et a une capacité de...2 millions de personnes! Après le 11
septembre, la FEMA est passée sous l’autorité du nouveau ministère de
l’Intérieur, le Department of Homeland Security, et s’est mise au travail pour
ficher les suspects susceptibles d’être internés. Cela n’a pas plu au FBI,
auquel la FEMA a du restituer 12 000 dossiers de suspects qu’elle avait
constitué. Depuis, l’administration Bush et en premier lieu John Ashcroft, le
minstre de la Justice, a aplani les difficultés et travaille à harmoniser les
activités du FBI et de la FEMA. Des voix se sont déjà élevées pour préconiser un
internement des Arabes-Américains, sur le modèle de l’internement des Américains
d’origine japonaise pendant la deuxième guerre mondiale. En tout cas, les camps
sont prêts à les accueillir.
24/02/03 - 3 nouvelles tentatives de suicide : Barbara Burfeind,
porte-parole du Pentagone, a reconnu le mercredi 19 février que trois nouvelles
tentatives de suicide avaient eu lieu parmi les prisonniers de guantanamo au
cours de la semaine précédente. Elle a aussi annoncé que les autorités US
étaient en train de transférer certains prisonniers dans d'autres lieux de
détention, sans préciser de qui il s'agissait et dans quels pays ils étaient
déportés. Elle a ajouté : « De temps en temps, le transfert ou la remise en
liberté de détenus aura lieu, sans avis ni mention. » Les 3 prisonniers ont été
traités à l'hôpital de la base après leur tentative et ont regagné leurs
cellules, a-t-elle fait savoir. Quant au prisonnier traité depuis sa tentative
de suicide le 16 janvier, elle a précisé qu'il "respirait encore" mais que son
état "demeure incertain". La semaine précédente, Amnesty International avait
réclamé une enquête pour établir si les méthodes d'interrogatoire utilisées
contribuent aux tentatives de suicide. Les responsables US ont rétorqué que les
méthodes d'interrogatoire étaient "humaines". « Est-ce qu'il faut que l'un de
ces prisonniers meure avant qu'une investigation complète soit menée ? », a
demandé Alistair Hodgett, porte-parole d'Amnesty à Washington. Depuis 13 mois,
le nombre officiel des tentatives de suicide à guantanamo s'élève donc à 19.
Certains prisonniers auraient tenté de se suicider à deux
reprises.
24/02/03 - Condamnations au Maroc : Un tribunal marocain
a condamné vendredi 21 février à dix ans de prison trois membres saoudiens du
réseau Al Qaïda pour avoir projeté d'attaquer des navires de guerre US et
britanniques dans le détroit de Gibraltar. L'un de leurs avocats, Khalil
Idrissi, a précisé que la Cour d'appel de Casablanca avait acquitté les trois
hommes des charges de tentative de sabotage et de tentative de meurtre. "Ils ont
été reconnus coupables de complot criminel, d'utilisation de faux documents et
de séjour illégal au Maroc. Mais nous allons faire appel de ce verdict", a
déclaré Idrissi.
La Cour d'appel a également condamné plusieurs complices de
nationalité marocaine à des peines moins lourdes, et notamment trois femmes
condamnées à six mois de prison pour utilisation de faux documents et
destruction de preuves, rapporte l'agence officielle Map.
Les autorités
avaient arrêté les dix suspects en mai et juin derniers. Elles les avaient
accusés de planifier des "attentats terroristes" en territoire marocain et
contre des navires empruntant le détroit qui sépare l'Afrique de l'Europe, ainsi
que d'appartenance au réseau Al Qaïda.
D'après l'agence, un Marocain au moins
a été acquitté. Les suspects étaient notamment accusés de complot, tentative de
meurtre, sabotage au moyen d'explosifs et contrefaçon.
La défense avait
affirmé que les suspects avaient été torturés par les services de sécurité et
que le dossier à charge avait été forgé de toutes pièces par les services
secrets marocains.
Amnesty International affirme avoir été contactée
par de nombreux détenus des prisons marocaines qui se plaignent de tortures et
de mauvais traitements visant à leur arracher des aveux ou à les contraindre
à signer des déclarations qu'ils renient par la suite. "Amnesty
International craint que cette affaire concernant dix hommes et femmes saoudiens
et marocains (...) ne soit qu'un exemple parmi d'autres du recours aux
détentions secrètes et aux tortures", a déclaré l'organisation.
24/02/03 - 90 suspects détenus en Arabie saoudite : Le prince
Nayef, ministre saoudien de l'Intérieur, a déclaré le 19 février au journal Okaz
que 90 des 250 suspects interrogés sur leurs liens avec Al Qaïda restaient
maintenus en détention en Arabie saoudite. Selon le prince, les 250 suspects
"ont des liens avec Al Qaïda et autres réseaux similaires, mais il nous faut
encore déterminer le niveau d'engagement de chacun d'eux". Parmi les suspects
se trouvent environ 200 Saoudiens réfugiés d'Afghanistan en Iran et déportés de
ce pays vers l'Arabie saoudite en janvier dernier. Un autre groupe de 13
personnes, dont un Soudanais, sont soupçonnés d'avoir tiré un missile contre un
avion de guerre US qui s'envolait de la base aérienne Prince Sultan. D'autres
ont été arrêtés sur la base de leurs activités religieuses. Ali Al Ahmed, de
l'Institut saoudien de Washington, a déclaré au journal britannique The Guardian
que certains des détenus mentionnés par le prince Nayef ont déjà été condamnés à
des peines de 2 ans 1/2 à 3 ans de prison. D'autres seront, selon lui, condamnés
à des peines plus lourdes, de 5 à 10 ans de prison, mais aucun ne semble risquer
la peine capitale.
03/02/01 -
Guéguerre humanitaire à Harvard - Sous ce titre, l'agence swissinfo écrit le 30 janvier 2003
:
La conférence de Harvard sur le droit
humanitaire est critiquée par les ONG. Non invitées aux débats, elles craignent
une réécriture des Conventions de Genève dont la Suisse est dépositaire.
Mais pour l'organisateur suisse de ce
'brainstorming', il y a malentendu. «Il s'agit de bâtir des réseaux de
praticiens, de juges militaires, d'avocats pour mieux expliquer les
Conventions», déclare à swissinfo Claude Bruderlein, organisateur de la
conférence en tant que directeur du Programme des Politiques Humanitaires et de
Recherche sur les Conflits à Harvard.
Pour lui, cette conférence qui s'est
tenue de lundi à mercredi derniers sur le prestigieux campus de Harvard marque
le début d'un processus de réflexion sur l'application des Conventions de
Genève. Cela dans un contexte marqué par l'émergence de groupes armés
non-étatiques qui modifie la nature des conflits.
ONG et presse mises de côté
Du côté des organisations non
gouvernementales (ONG), l'heure est plutôt à l'irritation. Ainsi, Human Rights
Watch déplore la mise à l'écart des ONG de ce processus.
«Nous sommes déçus de voir que le
gouvernement suisse a insisté pour que les portes soient fermées», précise à
swissinfo Kenneth Roth, le directeur de l'organisation humanitaire américaine.
Un point de vue réfuté par Claude
Bruderlein. Ce dernier affirme que les ONG ont été consultées.
«Nous avons invité les ONG à faire des
contributions écrites et à suggérer des experts indépendants, mais au lieu de
ça, elles ont proposé des experts à elles», explique ce Suisse qui, avant de
rejoindre Harvard, a travaillé au Comité international de la Croix-Rouge (CICR)
et à la représentation helvétique à l'ONU.
Claude Bruderlein reconnaît cependant
que l'absence des ONG reflète les souhaits des 25 gouvernements qui participent
au processus de Harvard
Sortir du
syndrome Guantanamo
«Les experts des gouvernements ont
demandé à ce que nous limitions la participation des ONG et l'implication de la
presse», souligne Claude Bruderlein.
«Les experts des gouvernements
voulaient un certain niveau de confidentialité afin de pouvoir débattre
librement, sans avoir peur que leur débat ne se retrouve dans la presse ou
ailleurs», explique-t-il.
Le débat en question et la polémique
qu'il provoque interviennent dans un climat exacerbé depuis le début de la
guerre contre le terrorisme et la détention d'individus capturés en Afghanistan
sur l'île de Guantanamo.
Les Etats-Unis ne considèrent pas ces
détenus comme des prisonniers de guerre. Le CICR n'est pas d'accord avec cette
interprétation des Conventions de Genève. Et Human Rights Watch craint que la
conférence de Harvard ne vise à réécrire le droit humanitaire international.
«C'est un malentendu incompréhensible»,
répond l'organisateur de la conférence. «Il y a au contraire consensus pour
dire qu'on ne doit pas réviser les conventions», ajoute Claude Bruderlein.
Il précise qu'en plus des experts
gouvernementaux, la conférence a réuni quatre experts du CICR, un représentant
de l'ONU, des universitaires et douze experts indépendants. Claude Bruderlein
invite aussi les ONG à «sortir du syndrome Guantanamo».
«Il ne faut pas seulement dire aux
responsables américains qu'ils se trompent, mais il faut également dialoguer
avec eux, réaffirmer le droit, le soutenir avec des arguments clairs», dit-il.
«Il ne faut pas perdre de vue que,
certes, il y a des problèmes à Guantanamo, mais qu'il y en a beaucoup d'autres
ailleurs dans le monde», souligne Claude Bruderlein en précisant que la
délégation américaine à la conférence était constituée de deux experts du Département
d'Etat et deux autres du Pentagone.
Le Programme des Politiques
Humanitaires et de Recherche sur les Conflits de l'université de Harvard a été
créé il y a trois ans, à l'initiative de Berne. Il emploie une trentaine de
personnes.
La Suisse assure la moitié du budget à
hauteur de 500 000 dollars par an, le reste étant financé en particulier par la
Grande-Bretagne, la Norvège et le Canada.
03/02/01 - Une
tentative de suicide "sérieuse" : Le quotidien The Miami Herald du 2
février rapporte qu'un détenu de guantanamo a fait une tentative
"sérieuse" de suicide dans sa cellule, en se pendant avec son drap,
le 16 janvier dernier. Il est impossible de connaître son identité et son état
exact. Mais l'affaire a été suffisamment prise au sérieux pour le Pentagone
instruise le Département d'État pour que celui-ci informe le pays d'origine du
détenu de son état. Selon le journal, les autorités du camp s'attendent à tout.
Le personnel médical militaire a donc été informé des procédures à suivre pour
respecter les rites mortuaires musulmans en cas de décès de détenus. Plusieurs
dizaines d'actes d'auto-mutilations ou de tentatives de suicides ont eu lieu
parmi les prisonniers de guantanamo depuis un an.Démarche du Parlement européen
Le Parlement européen a demandé jeudi
30 janvier à la Commission européenne de soutenir une résolution demandant aux
USA de fournir immédiatement une information sur la situation ds prisonniers de
guantanamo, y compris ceux qui ont été transférés de cette base vers d'autres
lieux de détention, aux USA. Le parlement demande également aux autorités US de
"libérer les prisonniers contre lesquels il n'existe pas de preuves
tangibles".
03/02/01 -
Démarche du Parlement européen
Le Parlement européen a demandé jeudi
30 janvier à la Commission européenne de soutenir une résolution demandant aux
USA de fournir immédiatement une information sur la situation ds prisonniers de
guantanamo, y compris ceux qui ont été transférés de cette base vers d’autres
lieux de détention, aux USA. Le parlement demande également aux autorités US de
“libérer les prisonniers contre lesquels il n’existe pas de preuves tangibles”
25/01/03
- Jack Thomas sera sans doute inculpé au Pakistan
Arrêté
le 4 janvier 2003 à Karachi, l’Australien Jack Thomas, un ancien chauffeur de
taxi de Melbourne converti à l’Islam, sera sans doute inculpé et jugé au
Pakistan, d’après ce que croit savoir le consul d’Australie, qui a pu lui
rendre visite et s’entretenir avec lui pendant 2 heures. Thomas, soupçonné
d’avoir été entraîné dans un camp d’Al Qaïda en Afghanistan, ne devrait donc
pas être livré aux USA. Deux Australiens sont détenus à guantanamo: David
Hicks, capturé en Afghanistan, et Mamdouh Habib, qui a été arrêté au Pakistan.
La nouvelle loi sécuritaire pakistanaise permet de détenir des suspects de
terrorisme jusqu’à un an sans inculpation.
25/01/03
- Le cas du prisonnier danois et la “diplomatie discrète”
Un
citoyen danois est détenu à guantanamo depuis le 12 février après avoir été
capturé en Afghanistan. Arguant que sa famille avait peur, le gouvernement
danois a tout fait pour empêcher que son identité soit divulguée. Le ministre
des Affaires étrangères Per Stig Møller, qui a pu visiter le prisonnier il y a
plusieurs mois, vient de faire de nouvelles déclarations fracassantes,
critiquant directement l’attitude plus offensive adoptée par le gouvernement
suédois pour le cas de Mehdi Mohamed Ghezali, dont la détention a été critiquée
publiquement par le Premier ministre Göran Persson. Selon Møller, les
prisonniers pourraient rester à guantanamo “20 ou 30 ans”, vu que la guerre
contre le terrorisme sera longue et “il ne sert à rien de crier”. Et il a
ajouté : « La Suède est le seul pays à avoir adopté un profil haut mais ça n’a
pas eu de résultats. Par exemple, le prisonnier danois a pu recevoir plus de
visites que le prisonnier suédois. Une diplomatie discrète est recommandée:
cela donne de meilleurs résultats ».
25/01/03
- “Qui s’occupe d’orphelins et donne à manger aux pauvres est destiné à finir à
guantanamo”
Ce
texte était inscrit sur une des pancartes brandies dimanches dernier par des
centaines de femmes qui ont manifesté devant l’ambassade allemande de Sanaa, au
Yémen, pour protester contre l’arrestation le 10 janvier à Francfort de Cheikh
Mohamed Ali Hassan Al Moayed et de son secrétaire mohamed Yahya Zayed. Les deux
hommes sont détenus à la prison de Weiterstadt en attendant que la justice
allemande examine la demande d’extradition des autorités US. La presse
allemande a révélé que le Cheikh et Zayed ont été attirés dans un guet-apens
par deux agents US qui s’étaient présentés comme des Musulmans voulant faire
des donations pour les bonnes œuvres du Cheikh, qui dirige un centre d’aide
communautaire à Sanaa.
25/01/03
- Le
point sur les activités du CICR
Le
Comité international de la croix-Rouge (CICR) a publié le 6 janvier 2003 le
document suivant, qui fait le point sur ses activités à guantanamo:
Le
CICR visite régulièrement les personnes détenues par les États-Unis dans leur
base de Guantanamo Bay, à Cuba, depuis l'arrivée des premières d'entre elles en
janvier 2002. Les visites sont conduites par la délégation du CICR de
Washington, avec l'accord des autorités américaines. Cette activité n'est pas
spécifique à Guantanamo : en 2001, le CICR a visité près de 350 000 personnes
détenues suite à des conflits armés partout dans le monde.
Résumé
des activités
* Le CICR visite plus de 600 détenus à
Guantanamo Bay ; 40 nationalités y sont représentées et 17 langues principales
parlées.
* Au cours de l'année 2002, les équipes du
CICR ont passé en tout environ 33 semaines à Guantanamo Bay. Les dernières
visites ont pris fin le 3 janvier 2003.
* Les équipes sont composées de délégués
expérimentés connaissant bien les pays d'origine des détenus, ainsi que de
spécialistes médicaux et d'interprètes.
* Au début 2003, le CICR avait facilité
l'échange de près de 3'200 messages Croix-Rouge entre les détenus et leurs
familles, dont plus de 1'300 messages lors des dernières visites.
* Le CICR a fourni à l'intention des
détenus divers articles de culte et de loisirs, dont près de 600 livres dans
des langues telles que le Santo, le russe, le chinois et le tadjik, ainsi que
des chapelets et des couvre-chefs.
L'objectif
des visites du CICR
Les
visites à Guantanamo Bay, comme partout ailleurs, ont un but strictement
humanitaire : faire en sorte que la dignité des détenus soit respectée et que
ces personnes soient traitées avec humanité. Les délégués du CICR suivent en
permanence la situation des détenus concernant la nourriture et les conditions
d'hygiène et s'assurent qu'ils peuvent sortir à l'air libre et s'adonner à des
exercices physiques. L'objectif visé est en effet de s'assurer qu'ils sont
traités conformément aux normes juridiques reconnues à l'échelon international,
en particulier aux Conventions de Genève de 1949. En tant qu'organisation
humanitaire neutre, le CICR ne se prononce pas sur la culpabilité ou l'innocence
d'un détenu.
Pourquoi
le CICR ?
Le
CICR visite les personnes détenues dans le cadre de conflits armés depuis 1915,
lorsque ses délégués négocièrent l'accès aux prisonniers de guerre de la
Première Guerre mondiale. La pratique selon laquelle l'institution visite les
prisonniers de guerre – combattants capturés au cours d'un conflit armé
international – est codifiée dans la Elie Convention de Genève, à laquelle les
États-Unis et 189 autres États sont parties. L'article 3 commun aux quatre Conventions
de Genève accorde également le droit au CICR de demander l'accès aux personnes
détenues lors de guerres civiles.
Prisonniers
de guerre – Oui ou non ?
La
question de savoir si les personnes détenues à Guantanamo Bay sont des
prisonniers de guerre ou non a donné lieu à une vaste polémique. Le CICR est
d'avis que le statut juridique de chacun des détenus doit être précisé
individuellement; à plusieurs reprises, il a demandé instamment aux États-Unis
de le faire. Quoi qu'il en soit, les États-Unis ont le droit d'engager des
poursuites à l'encontre de toute personne détenue à Guantanamo Bay soupçonnée
de crimes de guerre ou d'autres infractions pénales, quelles qu'elles soient,
punissables aux termes de la loi américaine, qu'elles aient été commises avant ou
pendant les hostilités.
« Il était
particulièrement important [...] de démontrer que le CICR n'était du côté
d'aucune des parties, afin de gagner la confiance des autorités et des détenus.
Il y avait bien sûr un certain degré de suspicion, mais heureusement, grâce au
dialogue et par notre comportement, nous sommes parvenus à faire comprendre qui
nous sommes et ce que nous faisons dans le monde entier. »
Responsable
de l'équipe du CICR à Guantanamo Bay, avril-juin 2002
Modalités
À
Guantanamo Bay, comme dans tout autre endroit où il visite des personnes
privées de liberté, le CICR observe les mêmes modalités. Le plus important est
que le personnel du CICR puisse s'entretenir sans témoin avec les détenus, hors
supervision des autorités, de manière à pouvoir se faire une idée complète des
conditions de détention. Les délégués du CICR doivent être autorisés à
enregistrer les détenus, à inspecter librement toutes les cellules et autres
installations utilisées par les détenus dans un lieu de détention. Ils doivent
en outre pouvoir répéter leurs visites pour être en mesure de suivre la
situation humanitaire pendant une certaine période.
Relations
avec les autorités américaines
Au
début et à la fin de chaque visite à la base de Guantanamo Bay, le CICR fait
part de ses observations aux autorités militaires détentrices. Le CICR
s'efforce de proposer des solutions concrètes à tout problème constaté par ses
délégués. Le CICR communique aussi régulièrement le résultat de ses
observations aux autorités militaires et civiles concernées à Washington.
Confidentialité
Le
CICR ne fait pas de déclarations publiques concernant la situation à Guantanamo
Bay. En règle générale, il discute de toutes les questions liées à ses visites
dans les lieux de détention avec les autorités concernées exclusivement. Cela
évite que des informations confidentielles soient exploitées à des fins
politiques et permet à l'institution d'avoir en tout temps accès aux détenus.
Très fréquemment, les visites des délégués du CICR sont le seul contact des
détenus avec le monde extérieur ; des déclarations publiques pourraient
rapidement entraîner la suspension des visites par les autorités, ce qui serait
contre l'intérêt des prisonniers. La règle de la confidentialité découle de la pratique
générale du CICR ; elle a permis à l'institution de visiter des millions de
détenus dans le monde entier depuis près d'un siècle.
Messages
Croix-Rouge
Ces
messages permettent aux détenus de Guantanamo Bay de rester en contact avec
leur famille. Ils ne contiennent que des nouvelles personnelles et sont
vérifiés par les autorités américaines avant d'entrer à Guantanamo Bay ou d'en
sortir. Les messages Croix-Rouge sont pour les détenus un lien essentiel qui
les relie au monde extérieur. Chaque message Croix-Rouge écrit à Guantanamo Bay
est remis en main propre à son destinataire par le CICR, qui coopère avec les
Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ; celles-ci se
chargent en outre de collecter les réponses écrites par les familles des
détenus.
25/01/03
- Des nouveaux prisonniers à guantanamo?
Selon
Amnesty international, le camp de prisonniers de guantanamo continuerait de
recevoir de nouveaux prisonniers. Ainsi l’organisation est en train d’enquêter
sur le cas de deux hommes arrêtés en novembre dernier en Gambie et qui auraient
été déportés en secret à guantanamo. Le CICR, unique organisation indépendante
autorisée à visiter le camp, ne peut ni confirmer ni infirmer l’information,
étant tenu à la confidentialité. Durant sa dernière visite au camp début
janvier, le CICR a pu s’entretenir avec 619 prisonniers.
25/01/03
- Réunion d’experts à Boston
Le
gouvernement suisse organise à la fin du mois à Boston, USA, une réunion d’experts
accueillie par le Harvard program on humanitarian policy and conflict research.
Des experts gouvernementaux et universitaires, des représentants de l’ONU et du
CICR, en tout 70 personnes, réfléchiront aux éventuelles adaptations du droit
humanitaire international face à l’évolution des conflits actuels dans le monde
et à la privatisation de la violence. Entre autres, ils aborderont la question
du statut des prisonniers de guantanamo et les conséquences de la “guerre
contre le terrorisme”.
22/01/03
- Une visite dans le royaume du colonel Adolf McQueen
Un nom pareil, ça ne s’invente pas:
c’est celui du chef opérationnel du Camp Delta, à la base de guantanamo, où
sont détenus dans des cages de 5 mètres carrés 625 hommes accusés d’être des
“combattants ennemis”. Deux journalistes suédois ont pu y passer 3 jours et
racontent ce qu’ils ont vu et entendu dans le quotidien Dagens Nyheter du 20
janvier. En fait, explique Georg Cederskog, si lui et Paul Hansen ont été les
premiers journalistes européens à être admis à guantanamo, c’est que « la
direction militaire s’est résolue à une politique médiatique “plus agressive”
après les fortes réactions et les rumeurs qui ont entouré l’activité du camp
après son ouverture le 11 janvier de l’année dernière ». Donc, ils ont pu
accéder au camp et s’y déplacer, en passant 5 grilles et toujours sous escorte
militaire, mais des prisonniers, ils n’en ont entrevu qu’un, un adolescent de
15 ans, qui était en soins à l’hôpital du camp, entouré de personnel portant
des masques de protection pour se protéger des risques d’infection de
tuberculose. Et la plupart des questions qu’ils avaient sont restées sans
réponse. Toutes les interviews avec le personnel de garde et les officiers sont
enregistrées et ensuite transcrites pour rapport au général Miller, un “2
étoiles” qui commande le camp. On apprend tout de même que les prisonniers,
bien nourris 3 fois par jour, ont augmenté en moyenne de 8 kg. Les cellules
sont des cages d’acier galvanisé avec un sol en ciment. Elles mesurent 2,13m. X
2,43m. Au pied du lit, une flèche bombée à l’aérosol indique la direction de la
Mecque et la distance: 12 973 km. Les prisonniers peuvent se doucher, se raser
et avoir 20 minutes de “récréation” dans une cour minuscule de 2 à 4 fois par
semaine selon un système de récompenses à quatre degrés. S’ils se comportent
bien, ils peuvent avoir un ballon de foot, une couverture supplémentaire, une
bouteille d’eau, deux paquets supplémentaires de sel, un échiquier ou un jeu de
dames. L’équipe médicale du capitaine Albert Shimkus dit avoir réalisé 70
opérations, surtout orthopédiques pour blessures de guerre mais c’est le besoin
de soins psychiatriques qui a le plus augmenté. Des psychiatres ont donc été
envoyés au camp. Selon Shimkus, « 5 à 7% des détenus ont des problèmes
psychologiques et reçoivent des médicaments pour cela. Un certain nombre
souffraient déjà auparavant de stress post-traumatique déclenché par leurs
expériences de guerre. » Les gardiens et le personnel du camp se font
généralement traiter d’ânes par les prisonniers, qui leur jettent de l’eau et
des restes de nourriture ou crachent sur eux. Les relations entre les gardiens
et les prisonniers se limitent au “strictement professionnel”, même si
certaines gardiennes prétendent que des prisonniers flirtent avec elles. Les
prisonniers passent leur journée à dormir, à réaliser des sculptures avec du
papier hygiénique, à lire le Coran, mais il y a aussi des livres de Disney et
des livres scolaires en langues étrangères. Mais la plupart du temps où ils sont
réveillés, les prisonniers le passent à discuter entre eux à travers les
grillages. Prochainement, une quatrième série de cellules vont être
disponibles: les prisonniers les plus méritants pourront y être déplacés. Ils
seront regroupés en groupes de douze et pourront se déplacer un peu plus
librement.
À 7 km de cet enfer
aseptisé et non-climatisé, il y a l’autre cauchemar climatisé, la “ville” où
vivent les 5 000 militaires du camp, avec son parcours de golf, son club de
bowling, son cinéma drive-in, qui projette “Harry Potter 2”, et son inévitable
McDo. Plantée sur le territoire communiste de Cuba, la base est un morceau
d’Amérique avec ses Levi’s, ses Big Mac et ses jeeps Chevrolet conduites par
des jeunes gars, casquette vissée sur leur boule à zéro, qui font marcher à
fond la sono de l’auto-radio d’où s’échappe la musique d’Eminem. Jusqu’à quand
les prisonniers resteront-ils dans le royaume du Colonel Adolf Mac Queen?, ont
demandé les journalistes au Général Miller. « Jusqu’à ce que nous gagnions la guerre
contre le terrorisme », a répondu le 2-étoiles, « Nous faisons ici de grands
progrès chaque jour, mais il s’agit d’une guerre globale contre le terrorisme.
Je crois que ça va prendre du temps. » Oui, Général, beaucoup de temps. Et si,
en un an, le “Joint interrogation group” qui interroge les prisonniers n’a pas
trouvé l’adresse du Mollah Omar et de Ben Laden, il n’y a pas de raison qu’il
la trouve de sitôt sous le soleil de plomb des Caraïbes. Et si ça continue
comme ça, les tentatives de suicide - dix en un an - à l’aide d’un drap torsadé
risquent de se multiplier, malgré tous les cocktails chimiques qu’on trouvera à
administrer aux otages de l’Empire.
20/01/03 - Création du
Groupe Guantanamo en Suède
Le Groupe Guantanamo a
été fondé samedi 18 janvier à Stockholm à l’initiative de Gösta Hultén. Le
Groupe demande au gouvernement suédois d’exiger la libération de Mehdi Mohamed
Ghezali, le jeune Suédois de père algérien et de mère finlandaise détenu à
Guantanamo depuis un an. Il comprend dans son conseil d’administration
plusieurs députés, dont le conservateur
(Parti modéré) Henrik von Sydow, l’écologiste Gustav Fridolin (Parti de
l’environnement) et la communiste Marianne Eriksson, député européenne du Parti
de gauche, ainsi que l’avocat Peter Althin. « Nous considérons qu’il (Mehdi)
est soumis à un meurtre judiciaire et nous allons nous battre pour qu’il soit
libéré», a déclaré Gösta Hultén, qui a ajouté: «Mais notre priorité est faire
pression sur le gouvernement pour qu’il sorte de son mutisme et exige sa
libération.» Récemment, Mehdi Mohamed Ghezali a reçu la visite d’un membre de
la police politique suédoise accompagné d’un fonctionnaire du ministère de la
Défense ancien officier de renseignement. Ils ont pu le rencontrer deux jours
de suite. Selon son avocat, le prisonnier a été très peu bavard durant les
visites, qui se passaient en présence d’ «observateurs» US. Le père de Mehdi
Ghezali a, dans le courant de l’année, mené deux grèves de la faim publiques,
enfermé dans une cage de mêmes dimensions que celle dans laquelle son fils
était enfermé à Guantanamo. Il prépare une tournée de sensibilisation en
Europe. Mehdi Mohamed Ghezali, 23 ans, a été fait prisonnier le 19 décembre
2001 en tentant de passer la frontière
afghano-pakistanaise. Un mois plus tard, il était déporté à Guantanamo. Né en
Suède, il est citoyen de ce pays. On ignore ce que les autorités US lui
reprochent.
20/01/03 - Communiqué
lu lors
du rassemblement à Paris pour la libération des prisonniers de Guantanamo
A l’appel des
associations : Le Collectif des
Associations Françaises pour la Libération des Prisonniers de Guantanamo, La
Pierre et l'Olivier, réseau de solidarité avec le peuple de Palestine et du
Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe, nous nous sommes rassemblés ce
jeudi 9 janvier 2003 place de Fontenoy, face au siège de l’UNESCO, à Paris,
pour protester énergiquement contre la séquestration de plus de 600 prisonniers
de guerre dans le bagne de Guantanamo. Ces prisonniers-otages sont détenus dans
des conditions inhumaines et dégradantes. Ils ont subi et continuent à subir
des sévices physiques et psychologiques.
Nous déclarons
solennellement que cette séquestration constitue une violation flagrante de la
Convention de Genève sur les prisonniers de guerre et de la Déclaration
universelle des droits de l’homme.
Nous demandons à la
communauté internationale de se mobiliser pour exiger la libération de ces
prisonniers de guerre tant que les Etats-Unis continuent de violer le droit
international en leur refusant ce statut et en les maintenant dans un flou
juridique inacceptable. Si les Etats-Unis ont opté pour ce flou, c’est sans nul
doute qu’ils craignent qu’une juridiction régulière ne révèle que cette
opération n’est qu’un bluff politique pour justifier la guerre en Afghanistan,
et les guerres actuelles contre les peuples iraqien et palestinien.
Paris, le 9 janvier
2003
Associations et
personnalités représentées :
Le Collectif des
Associations Françaises pour la Libération des Prisonniers de Guantanamo ;
Ginette Skandrani, La Pierre et l'Olivier, réseau de solidarité avec le peuple
de Palestine ; Mondher Sfar, Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe ;
Rassemblement des Tunisiens Libres ; Fausto Giudice - Alliance Zapatiste de
Libération Sociale ; Violette Daguerre,
Présidente Commission Arabe des Droits Humains ; Association de Solidarité
Franco-Palestinienne ; Musulmanes en Mouvement ; Claudine Roméo –
Universitaire, Paris ; Maria Poumier – Universitaire, Paris ; Collectif des
Ivoiriens de France pour les Droits Humains et la Démocratie ; Jean-François
Poirier, Philosophe ; Ali Abdulla – Qatar ; Sultan Khalifa – Qatar ; Mohamad
Ojan – Qatar ; Alain Le Cœur, Commission Transnationale des Verts ; Ahmed Manaï
– Tunisie ; Larbi Alili – Pays-Bas ; Najeeb Al Nuaimi – Qatar ; Mohamed Al Mohd
– Qatar ; Musulmanes en Mouvement ; Rabia Zibar ; Khadija Bouabdellah
18/01/03 - guantanamo,
premier camp de concentration off shore de l’Empire - Appel du Collectif
guant@namo - janvier 2003
Depuis un an, 625
citoyens de 42 pays sont enfermés dans le Camp baptisé X-Ray (“Rayon X”) de
la base militaire US de guantanamo, sur l’île de Cuba. Étiquetés “combattants
ennemis” par le Pentagone, ils n’ont aucun statut. Ils ne sont en effet ni
prisonniers de guerre, ni prisonniers politiques, ni même détenus de droit
commun. Enfermés dans des cages, ils sont otages du bon vouloir du chef de la
première puissance mondiale, le nouveau croisé George Bush. La juridiction US
ne s’appliquant pas sur le territoire de guantanamo, le Camp X Ray est le
premier camp de concentration off shore (=extraterritorial) de
l’Empire.
Hors du droit, les
otages de guantanamo sont aussi maintenus hors du monde, pratiquement coupés de
toute communication avec l’extérieur, que ce soit avec leurs parents, leurs
avocats ou des élus de leur pays. Cette situation unique est une grande
première dans l’histoire mondiale. Si nous ne nous y opposons pas, elle est
appelée à se reproduire ailleurs, pour d’autres otages, par exemple demain des
Iraquiens ou même des militants no global (=anti-mondialisation) de pays
démocratiques. L’effet guantanamo se fait déjà sentir aux quatre coins de la
planète. De très nombreux gouvernements, cédant aux pressions de la CIA et du
Pentagone, ont déjà pris des dispositions pour créer dans leur pays des zones
de non-droit, au nom de la “guerre contre le terrorisme”. Nous vous appelons
donc à vous mobiliser pour animer une campagne mondiale contre Guantanamo, sur
les thèmes suivants:
1° - Les otages de
guantanamo ont des droits: droit à la défense, droit à la communication, droit
à la justice.
2° - Ils doivent être
soit jugés, soit libérés.
3° - Les Nations unies
doivent constituer une commission indépendante d’enquête et d’instruction,
composée d’experts des 5 continents, pour déterminer où et par qui les
prisonniers doivent être jugés. Pendant les travaux de cette commission, les
prisonniers doivent être transférés de guantanamo vers un pays neutre et
confiés aux bons soins de la Croix-rouge et du Croissant-Rouge. La commission
devra trancher entre 4 possibilités: remise en liberté, jugement aux USA,
jugement en Afghanistan, jugement dans le pays d’origine du détenu. Elle devra
établir un montant d’indemnités à verser par le gouvernement US à tous les
prisonniers remis en liberté et à leurs familles
Depuis un an, des
parents de ces otages se battent un peu partout dans une grande solitude,
secondés par des avocats courageux mais impuissants. La bataille de Guantanamo
concerne tous les citoyens du monde épris de liberté, de pluralité, de
diversité et de justice. Contre l’Empire
, seules des multitudes multicolores peuvent empêcher que les pires
cauchemars s’imposent à tous. Aujourd’hui à guantanamo, demain chez toi!
Nous constituons ce
jour le Collectif guant@namo, partie prenante du Réseau mondial
guant@namo, qui agit pour la fermeture de ce camp de concentration.
L’engagement dans ce
collectif se fait uniquement sur une base individuelle. Nous appelons tous ceux
qui le veulent à nous rejoindre ou bien à créer leur propre structure et à
établir une relation de travail avec nous. Le gage de réussite de la campagne
sera sa capacité à mobiliser des multitudes dans un esprit mondial égalitaire,
dans le respect des spécificités et des motivations particulières, pour “un
monde contenant tous les mondes”, contre toute forme de pensée unique et les
monstruosités en découlant.
Pour tout contact avec
le Collectif guant@namo, écrire à: xraydelta@lvo.info.
NOUS VOUS INFORMERONS EN
RETOUR DE NOS ACTVITÉS. NOUS VOUS ENCOURAGEONS VIVEMENT À REPRODUIRE ET
DIFFUSER CET APPEL! ENVOYEZ-NOUS L'ADRESSE DES SITES SUR LESQUELS VOUS L'AUREZ
PUBLIÉ.
18/01/03 - 3 300
messages échangés entre les prisonniers et leurs familles
Le Comité international
de la Croix-Rouge a déclaré la semaine dernière qu'il avait acheminé 3 300
lettres brèves entre les prisonniers de Guantanamo et leurs familles. Les
prisonniers n'ont que ce moyen pour "communiquer" avec l'extérieur,
ne pouvant ni téléphoner ni recevoir de visites. Leurs lettres, censurées et
réduites à quelques lignes, sont acheminées soit par les postes US soit par la
Croix-Rouge. Celle-ci a aussi la possibilité de visiter les prisonniers, ce
qu'elle a fait à quatre reprises. Les USA refusant de publier les noms des détenus,
les lettres sont souvent le seul moyen pour les familles de savoir qu'un des
leurs est à Guantanamo.
17/01/2003 - Le camp de
Guantanamo prêt à accueillir de nouveaux prisonniers
Le général Geoffrey
Miller, qui dirige le camp de Guantanamo, a déclaré que la guerre contre l’Iraq
pourrait conduire à l’arrestation de nouveaux suspects de terrorisme qui
pourraient être déportés à Guantanamo. Des travaux de construction d’un nouveau
bloc de détention ont étendu les capacités d’accueil à 1 000 places. Le général
Miller a exprimé sa satisfaction: « La guerre contre le terrorisme est un
énorme succès. C’est une guerre globale et comme pour toute activité globale,
elle exige du temps, de la patience et de l’engagement. » Et, ajoute-t-il, les
prisonniers jouissent de conditions humaines. La preuve, leur poids a augmenté
en moyenne de 13 livres. Que dix d’entre eux aient tenté de se pendre ne le
gêne pas.
14/01/03 - Les avocats
norvégiens dénoncent les violations des droits humains Dans une lettre
adressée notamment à l'ambassade US à Oslo, l'Association norvégienne des
avocats dénonce la manière dont "les USA mènent la lutte contre le
terrorisme". Elle dit comprendre que les USA essayent de démasquer et
punir les responsables d'actes de terreur et tentent de s'en protéger, mais
cela doit se faire dans le respect des droits humains fondamentaux. Dénonçant
les conditions de détention à Guantanamo, l'Association écrit que les abus
commis par les autorités US remplacent le droit par la force et ne font que
nourrir l'opposition à leur politique et entraîner de nouveaux actes de
terreur.
14/01/03 -Le
gouvernement saoudien veut rapatrier les détenus saoudiens
Un porte-parole du
ministère saoudien de l'Intérieur a déclaré dimanche que le gouvernement de
Riyadh avait créé un bureau de liaison afin de recueillir des informations et
de chercher à rapatrier les Saoudiens détenus à Guantanamo, en Afghanistan, au
Pakistan et en Tchétchénie, "pour les juger en Arabie saoudite". Plus
de 100 Saoudiens sont détenus à Guantanamo. Le bureau de liaison aura aussi
pour tâche d'informer les familles des détenus sur leur état et leurs
conditions.
13/01/03 - L'An II du
premier camp de concentration off shore de l'Empire
Le 10 janvier, le camp
de concentration de Guantanamo est entré dans deuxième année d'existence. 625
hommes de 42 nationalités y sont détenus dans des cages. La plupart ont été
capturés en Afghanistan. En octobre, 4 d'entre eux ont été libérés et 30 autres
ont été internés à leur tour. Ces hommes ont été définis par le Pentagone
"combattants ennemis" mais n'ont aucun statut juridique: ils ne sont
ni prisonniers de guerre, ni prisonniers politiques ni même détenus de droit
commun. En novembre 2001, George Bush a signé un décret instituant qu'ils
pourraient être jugés par des commissions militaires. Devant ces commissions
militaires, qui peuvent condamner à la peine capitale, les avocats de la
défense doivent obligatoirement être des membres de l'armée US. Hors du droit,
les otages de Guantanamo sont aussi maintenus hors du monde: ils ne peuvent
recevoir aucune visite de parents, d'avocats ou d'élus de leur pays. Certains
d'entre eux ont pu être visités par des représentants des gouvernements ou des
polices de leurs pays. Une partie d'entre eux ont été ponctuellement autorisés
à expédier des lettres sommaires. Un détenu saoudien vient d'être
autorisé à une communication téléphonique avec sa famille. La situation
de Guantanamo, qui est une enclave US en territoire cubain, est unique. En
effet, son territoire n'est pas soumis à la juridiction US. L'avocat
qatari d'une cinquantaine de prisonniers a demandé à l'ambassadeur
cubain: « Mais pourquoi Cuba ne les juge pas? Ça n'est pas un pays
indépendant?» L'ambassadeur lui a répondu: « Ah! Vous croyez que Cuba est
indépendant?»
Guantanamo, avec son
camp X-Ray et son camp Delta est le premier camp de concentration off shore (=
extraterritorial) de l'Empire. Tolérer son existence, c'est permettre que
d'autres camps s'ouvrent sur la planète pour d'autres "combattants ennemis",
demain des Iraquiens, après-demain des militants anti-mondialisation d'Europe
ou d'ailleurs. Tous ceux et toutes celles qui sont opposés à la
globalisation US, qui croient en la liberté, en la justice et en la diversité
doivent s'engager pour réclamer la fermeture des camps de Guantanamo. Les 625
otages doivent être libérés ou jugés! Désormais, sous la rubrique
"Guantanamo", quibla publiera des informations et des contributions
du monde entier sur les nouveaux camps de concentration mais aussi des
informations sur "l'effet Guantanamo", c'est-à -dire tous ces
actes de répression hystériques menés dans le monde entier au nom de la
"guerre contre le terrorisme". De Stockholm à Doha, de Cotabato
à Alger, nous sommes tous concernés.
13/01/03 - Nouvelles paroles
pour une vieille chanson : Tout le monde connaît l'air de la veille chanson
cubaine Guantanamera. Une internaute cubaine vous propose un nouveau
texte en français à chanter sur l'air de cette chanson. Toutes
autres propositions sont les bienvenues!
Refrain
1.Guantaaanamo! (-
Guantanamera! )
condamnés , mêm' pas
jugés : (guajira guantanamera!)
c'est l'Améri-ique
(Guantanamera....)
On est tous des
terrorisques ! (- Guajira guantanamera!)
Couplet
2 Iraq, Afghans,
Palestine, (Yo soy un hombre sincero,)
Gloire aux martyrs pour
la paix ! (De donde crece la palma;)
La terre entière
massacré-ée ( Antes de morirme quiero)
Connaît ses vrais
ennemi-is ! (-Echar mis penas del alma!)
[Sur l'air du
refrain]
3. Non à la
guerre
Pour les beaux yeux
d'l'Israël
Et d'l'Amérique
On est tous des
terrorisques !
Couplet
4.Aux armes frères du
monde,
Formons partout nos
bataillons :
Reprenons l'eau, le
pétrole,
Bouchers, charognes go
home!
[Refrain]
5.Guantanamo,
Condamnés , mêm' pas
jugés :
C'est l'Amérique
On est tous des
terrorisques !
Couplet
6.Bâillonnés ou
torturés,
On est tous dans l'même
bateau-ô !
Ne soyons plus les
otages,
Debout, les damnés d'la
terre !
[Sur l'air du
refrain]
7.Non à la guerre
Pour les beaux yeux
d'l'Israël
Et d'l'Amérique
On est tous des
terrorisques !
13/01/03 - L'hypocrisie du
gouvernement algérien
“Dans une déclaration
au Jeune Indépendant, Belkhadem affirme: «Guantanamo : on ne sait rien sur les
prisonniers algériens»”. Sous ce titre, Sihem H. écrit dans le quotidien
algérien Le Jeune Indépendant du 8 janvier 2003 ce qui suit:
L'Algérie n'a toujours
pas été saisie officiellement à propos des «prétendus» détenus algériens
se trouvant dans la base militaire américaine de Guantanamo Bay située à
Cuba.
Dans une déclaration au
Jeune Indépendant, en marge de la journée d'études organisée au Conseil de la
Nation, le ministre des Affaires étrangères, M. Abdelaziz Belkhadem, a affirmé,
hier, que c'est une situation très délicate qui implique des mesures en
conséquence. Il ajoute, à cet effet, que son département, à
l'exception de quelques informations officieuses et autres écrits de presse, ne
connaît rien sur le nombre de ces détenus, encore moins sur les conditions dans
lesquelles ils se trouvent. «Vous savez que les affaires de terrorisme donnent
toujours du fil à retordre dans la prise de décisions adéquates. C'est
sans doute ce qui explique le fait que les autorités concernées n'ont toujours
pas jugé utile de nous contacter pour une éventuelle extradition», dira M. Belkhadem
qui ne nie pas, toutefois, que c'est une affaire «très sensible». D'autant
plus, ajoute-t-il, que parmi les détenus figurent des binationaux qui, en plus
d'être Algériens, ont la nationalité bosniaque. «On ne peut rien faire pour
cette catégorie de personnes», affirme M. Belkhadem.
«Même les familles des
détenus concernés ne nous ont pas sollicités pour une intervention, ce qui
devrait être normalement élémentaire», dira-t-il en ajoutant que ce n'est que
dimanche dernier que le frère de l'un des détenus a pris attache avec le
département des Affaires étrangères.
«On ne peut pas se
permettre de s'immiscer dans ce genre d'affaire, mais une fois saisis, les
mesures adéquates seront prises», dira M. Belkhadem sans s'étaler sur la nature
de ces mesures, en se contentant juste d'indiquer que ce sont les mêmes que
celles prises dans pareilles circonstances dans le monde, dans le cadre
diplomatique.
Huit Algériens sont
emprisonnés, rappelle-t-on, dans cette base américaine depuis le début de
l'année 2002. Six parmi eux sont détenteurs, en plus de la nationalité
algérienne, de la nationalité bosniaque et deux autres sont Français d'origine
algérienne.
Les six mis en cause
ont été appréhendés par les services secrets américains à Sarajevo, le
jour de leur remise en liberté par la Cour suprême croato-bosniaque qui les a
disculpés faute de preuve concrètes.
Ils étaient accusés
d'appartenir au réseau d'Al Qaïda et d'avoir planifié un attentat contre
l'ambassade américaine à Sarajevo. Leur arrestation par les autorités
américaines avait été sévèrement condamnée par les associations de défense des
droits de l'homme. En Algérie, Me Farouk Ksentini, président de la Commission
nationale consultative pour la promotion des droits de l'homme, avait
recommandé aux autorités algériennes, durant le mois de décembre écoulé,
d'entamer officiellement des démarches auprès de l'Administration américaine
à propos de ces prisonniers.
Me Ksentini avait
précisé qu'il a été informé de cette affaire par Human Rights Watch, lors du
déplacement d'un représentant de cette organisation dans notre pays.
13/01/03 - Diego
Garcia, un Guantanamo bis?
La flotte militaire US
loue la base militaire britannique dans l'Océan Indien. Le 27 décembre dernier,
une information paraissait dans le Washington Post et le Herald Tribune: « Les
USA détiennent des prisonniers d'Afghanistan à Diego Garcia dans des
conditions similaires à celles de Guantanamo». La Baronesse Amos,
ministre du Foreign Office s'est empressée de démentir cette information le 8
janvier devant la Chambre des Lords en déclarant: « Il n'y a pas de suspects de
terrorisme à Diego Garcia et, selon la loi en cours sur le Territoire
britannique de l'Océan Indien, il n'y aurait aucune autorité en mesure de
détenir des suspects d'Al qaïda sur ce territoire». Interrogée pour savoir si
les USA détenaient qui que ce soit à Diego Garcia, la baronesse a
simplement dit "ne pas être au courant d'une quelconque requête faite au
gouvernement britannique". Question: peut-on croire aveuglément les
déclarations d'une ministre de Tony Blair?
13/01/03 - "Le
drapeau US mérite bien mieux que ça"
Khalid Al Odah n'a rien
d'un ennemi de l'Amérique, bien au contraire. Cet ancien colonel de l'aviation
koweïtienne a été formé aux USA et il a travaillé pour les renseignements
militaires US pendant la Guerre du Golfe. Lorsqu'il a appris que son fils
Faouzi, un enseignant de 25 ans, avait été arrêté par les forces US à la
frontière afghano-pakistanaise, il a eu confiance: le jeune homme pourrait
expliquer facilement sa situation et serait donc rapidement relâché. Faouzi, un
enseignant, profitait de ses vacances pour faire du travail humanitaire au
Pakistan auprès des enfants de réfugiés afghans. Lorsque les bombardements US
commencèrent sur l'Afghanistan, il s'est tout naturellement retrouvé en train
d'aider des civils afghans à se réfugier au Pakistan. «Quand j'ai appris
qu'il avait été remis aux Américains, j'étais vraiment partiellement soulagé,
parce qu'il s'agit d'un pays civilisé et d'une nation civilisée.» Puis, le choc
est venu lorsque Al Odah a appris que son fils avait été transporté à
Guantanamo, au camp X-Ray. La famille de Faouzi et celles des autres détenus
koweïtiens ont déposé une plainte contre le gouvernement US, demandant que
leurs proches aient accès aux tribunaux US pour plaider leur cas. L'été
dernier, un juge fédéral de Washington les a déboutés, décrétant que les
prisonniers n'ont pas droit à une protection constitutionnelle. L'affaire
suit son chemin devant les cours d'appel fédérales. Faouzi a écrit à sa
famille. Il est sûr d'être bientôt à la maison. Mais d'après les
militaires US, la plupart des prisonniers ne reverront pas leur maison d'ici de
longues années. Malgré cela, Khalid Al Odah n'a pas changé de position en
faveur des USA et de leur "guerre contre le terrorisme". Il dit que
ce qu'il connaît des USA lui rend encore plus difficile la compréhension de
cette expérience. « Ce n'est pas le principe américain, ce n'est pas la voie
américaine que je connais. Je pense que le drapeau US mérite bien mieux que
ça.»
13/01/03 - Un citoyen
US peut être traité en "combattant ennemi"
La 4ème Cour d'appel de
circonscription Us a rendu un jugement important qui risque de faire
jurisprudence, à moins que la Cour suprême, une fois saisie de l'affaire,
n'en décide autrement, ce qui serait étonnant, vu la "déférence" dont
font montre les hauts magistrats Us à l'égard de la Maison blanche, qui
les nomme, et du Pentagone. La Cour d'appel a ainsi annulé la sentence d'une
juridiction inférieure concernant le cas de Yasser Asem Hamdi. Ce jeune homme
de 22 ans a été capturé, selon l'accusation, "un AK 47 à la
main" en Afghanistan. détenu à Mazar-e-Sharif pendant la révolte et le
massacre des prisonniers, il fut ensuite transféré à Guantanamo avant
qu'on découvre que ce Saoudien était né en Louisiane et était donc citoyen US.
Il fut donc transféré sur un bateau-prison à Norfolk, Virginie, mais
néanmoins traité en "combattant ennemi", c'est-à -dire privé
d'avocat et interdit d'accès aux preuves que disait détenir l'accusation. Le
premier tribunal, à Norfolk, ayant jugé qu'il avait, en tant que citoyen
US, un droit à la défense et à la vision des preuves contre lui,
l'accusation a fait appel et la Cour d'appel lui a donné raison. L'avocat
commis d'office pour le "défendre" a été empêché de s'entretenir avec
lui. La Cour d'appel, constituée de 3 juges, dont 2 nommés par Reagan et 1 par
Clinton, a jugé que sa qualité de citoyen US ne s'opposait pas à ce qu'il
soit traité "selon les lois de la guerre", même si la guerre
d'Afghanistan était "non conventionnelle", donc en tant que
"combattant ennemi". La Cour a bien pris soin de préciser que cette
"règle" s'appliquait à un citoyen US pris les armes à la
main dans une zone de combat hors du territoire US et non pas à un
citoyen US arrêté aux USA mêmes. Elle entendait ainsi que son arrêt ne fasse
par jurisprudence pour des prisonniers comme José Padilla, cet ancien membre
d'un gang urbain converti à l'Islam, arrêté à l'aéroport de Chicago
à son retour du Pakistan et accusé d'avoir préparé un attentat avec une
"bombe sale" nucléaire. Le jugement sur Hamdi a été fortement
critiqué par de nombreux juristes et des organisations de défense des libertés.
"Cette décision entérine la création d'un no man's land
constitutionnel", a commenté Susan Herman, prof de droit à l'École
de Droit de Brooklyn. D'autres commentateurs ont comparé cette situation
à celle des citoyens US d'origine japonaise internés sans jugement durant
la seconde Guerre Mondiale et qui ont eu droit, bien plus tard, à des
excuses du gouvernement US. Hamdi devra donc attendre maintenant une éventuelle
sentence de la Cour suprême.
13/01/03 - Le combat du père
algérien d'un "combattant ennemi" suédois
Mehdi Ghezali continue
son combat solitaire dans le glacial hiver suédois de la ville d'à–rebro où il
vit. Son fils Mehdi Mohamed a "fêté" ses 23 ans à Guantanamo.
Arrêté lors d'une tentative sanglante de fuite au Pakistan en décembre 2001, il
est au camp X-Ray depuis janvier 2002. En un an, il a pu faire parvenir 5
messages. Les dernières nouvelles de lui remontent au 8 janvier: une lettre
écrite le 6 novembre. Quelques lignes pour dire: « Je vais bien, salue tous
ceux qui me connaissent. Prie pour que Dieu m'aide.» Il y a quelques jours, un
policier suédois et un membre de l'ambassade suédoise à Washington ont pu
rencontre le prisonnier pendant deux jours. Mehdi ne l'a appris que lorsque les
médias l'ont appelé. Puis son avocat lui a fait savoir que le ministère suédois
des Affaires étrangères lui donnerait des nouvelles de cette visite dans
quelques jours. «Lorsque je lis ses lettres, je pleure.» Mehdi a déjà
mené deux grèves de la faim, enfermé dans une cage minuscule pour dénoncer la situation
de son fils. Il envisage maintenant de faire une tournée en Europe avec sa cage
qui le conduira jusqu'à Bruxelles "pour réveiller tous les
gouvernements européens". « Je veux que le gouvernement suédois se batte
pour faire rentrer le garçon avant qu'il pourrisse», dit-il. Et son avocat
critique le gouvernement qui a pris tellement de temps pour organiser une
visite au prisonnier. Pourtant, en septembre, le Premier ministre
social-démocrate Göran Persson avait critiqué le camp de Guantanamo comme "inacceptable".
13/01/03 - Le Parlement de
Bahreïn s'engage pour les otages
Suivant l'exemple du
Majlis Al Umma du Koweït, qui a constitué un comité parlementaire pour
s'occuper activement du sort des citoyens koweïtis détenus à Guantanamo,
le Parlement du Bahreïn s'est à son tour engagé dans la bataille et a
constitué un comité, à l'appel de Abdullah Al A'ali, vice-président du
Comté des affaires législatives et légales. Le Comité s'occupera à la
fois du sort de 10 étudiants bahreïnis disparus en Iraq, où ils étudiaient,
depuis septembre 1991, et de celui de six concitoyens détenus à
Guantanamo depuis octobre dernier. Les membres du comité tenteront de retrouver
les disparus, de rencontrer les détenus et de coordonner le travail avec le
ministère des Affaires étrangères et les ambassades compétentes de l'émirat.
Pour Guantanamo, espérons qu'ils auront plus de chances que leurs collègues
koweïtis, dont les demandes de visite à Guantanamo ont essuyé des fins de
non-recevoir, les USA laissant seulement des représentants du ministère de
l'Intérieur du Koweït rencontrer les prisonniers.
31/12/02 - Les détenus
algériens de Guantanamo abandonnés par leur pays
Les familles de six
Algériens détenus à Guantanamo viennent d'écrire à Bush sur le sort réservé à
leurs enfants détenus depuis plus d'un an. Au nom du collectif des familles,
Abdelkader Aït Idir s'est déclaré "offusqué" par la
"passivité" de l'Etat algérien et le "refus de ses responsables
à défendre les Algériens en dépit du fait qu'ils soient innocents de toutes les
charges retenues contre eux par le ministère américain de la Défense".
Abdelkader Aït Idir a précisé que les six détenus, tous pères de famille,
installés légalement en Bosnie depuis le début des années 90, ont été arrêtés
par la police bosniaque pour des chefs d'accusation annulés par le tribunal
quelques jours plus tard. "Ils ont été accusés d'appartenance au GIA et de
préparation d'un attentat contre l'ambassade américaine, mais le tribunal les a
vite relaxés faute de preuves. La veille de cette décision, les six détenus ont
été enlevés par des militaires américains pour être transférés vers Guantanamo
pour appartenance présumée à Al Qaïda", a déclaré M. Aït Idir.
Me Najib Al Nuaïmi,
l'avocat qatari de sept détenus algériens, a révélé d'autre part avoir saisi le
chef de la diplomatie algérienne Abdelaziz Belkhadem afin qu'une délégation de
son ministère puisse rendre visite aux détenus. "Aucune réponse ne m'a été
adressée. Je sais que le droit de visite a été accordé à des délégations saoudienne,
marocaine, yéménite et bahreïnie, parce que les autorités de leurs pays ont
intercédé auprès du ministère américain de la Défense, mais du côté des
Algériens, c'est le black-out."
Selon Me Najib Al
Nuaïmi, le ministère algérien des Affaires étrangères a été destinataire de la
liste complète des Algériens détenus à Guantanamo. "Je le sais parce que
je tiens l'information des autorités américaines qui m'ont d'ailleurs révélé
qu'elles n'ont aucune objection à ce que l'on rende visite aux prisonniers pour
peu que les autorités de leurs pays respectifs fassent part de leur demande.
Pour ce qui est des Algériens, les Américains m'ont affirmé qu'ils n'ont jamais
été destinataires d'une quelconque sollicitation", a noté l'avocat.
Pour sa part, Me Farouk
Ksentini, président de la Commission nationale consultative de la promotion et
de la défense des droits de l'Homme (CNCDDH), a indiqué que son organisation a
été destinataire de neuf requêtes déposées par les familles des détenus
algériens de Guantanamo.
24/12/02 Guantanamo: 59
prisonniers "n'ont rien à voir avec Al Qaïda"
Selon le Los Angeles
Times de dimanche, 59 des plus de 600 prisonniers de la base US de Guantanamo
Bay n'ont rien à voir avec Al Qaïda ou avec les Talibans. Ils figuraient sur
une liste, dressée par les services de renseignements US après leurs
interrogatoires en Afghanistan, des prisonniers ne présentant aucune
"valeur du point de vue du renseignement". Il s'agit principalement
de paysans, de chauffeurs de taxi ou de manoeuvres, dont certains ont été
recrutés par les talibans dans les semaines qui ont précédé leur défaite.
23/12/02 Des détenus de
Guantanamo autorisés à communiquer
Abdul Aziz, un détenu
saoudien de Guantanamo, a été autorisé mercredi dernier à avoir une
communication téléphonique de 45 minutes avec sa famille. D'autre part, Mohamed
Al Fouzan a reçu mardi la première lettre de son fils Fahd, aussi détenu à
Guantanamo, après 3 mois d'interruption des communications. Ces nouvelles ont
été saluées par Elham Hassan, une avocate bahreïnie membre du Comité
international pour la défense des prisonniers de Guantanamo, comme l'indice
d'une évolution positive. Elle a demandé au gouvernement Us de relâcher ces
prisonniers ou de les remettre à leurs gouvernements respectifs, dans la mesure
où les USA ne détiennent aucune preuve justifiant leur détention. Elle a ajouté
que le Comité se réunirait cette semaine à Doha pour discuter des nouveaux
développements.
13/12/02 Le bâtonnier
de Paris se commet d'office pour les Français de Guantanamo
Le bâtonnier de l'ordre des avocats de Paris,
Paul-Albert Iweins, annonce dans une démarche symbolique qu'il se commet
d'office pour défendre trois Français détenus sur la base militaire US de
Guantanamo à Cuba.
Dans un communiqué, le
bâtonnier dit sa "ferme condamnation de toutes formes d'actions
terroristes" mais ajoute qu'il se doit "de réagir et de mobiliser la
communauté internationale des avocats dès lors que les droits de la défense
sont ignorés".
Déplorant qu'il ne soit
reconnu "aucun droit juridique" aux détenus, il annonce qu'il va
demander aux autorités US le droit de s'entretenir à Guantanamo avec Mourad
Ben Chellali et Nizar Sassi, originaires de Vénissieux
(Rhône), et Khaled ben Mustapha, né dans la banlieue lyonnaise.
Cette démarche
symbolique fait suite à une déclaration commune rendue publique en juillet par
32 barreaux du monde entier, qui ont souhaité que "la lutte contre le
terrorisme ne porte pas atteinte à l'état de droit".
05/12/02 - L'OTAN
arrête un suspect d'appartenance à Al Qaïda
Les forces de l'OTAN en
Bosnie ont affirmé mardi que le musulman bosniaque interpellé le 26 octobre
dernier était lié à Al Qaïda. Sabahudin Fijuljanin, 41 ans, avait été surpris
en train d'espionner une base de la SFOR à Tuzla. Lors de l'enquête, la SFOR a
découvert dans sa maison une arme antichar et plusieurs passeports. "Nous
disposons d'informations établissant un lien entre Fijuljanin et Al
Qaïda", a dit le capitaine de corvette Yves Vanier. Originaire de la
région du Sandjak (sud-ouest de la Serbie), Fijuljanin vit depuis des années en
Bosnie où il est marié et a quatre enfants.
Depuis le 11 septembre
2001, plusieurs personnes ont été interpellées en Bosnie dans le cadre de la
lutte antiterroriste. Six Algériens, livrés aux autorités US, auraient été
déportés à Guantanamo. Les autorités bosniaques ont aussi perquisitionné des
associations humanitaires musulmanes et fermé trois d'entre elles: la Fondation
islamique Al Haramain, la Fondation mondiale de secours et Bosanska Idealna
Futura, filiale d'une association basée à Chicago.
27/11/02 Huit Russes
détenus à Guantanamo
8 ressortissants russes
sont actuellement détenus sur la base navale américaine de Guantanamo, à Cuba,
parmi les 625 prisonniers soupçonnés d'être des talibans et des membres d'Al
Qaïda, selon un responsable du bureau du procureur général russe. Vladimir
Roudyak a précisé mardi que des représentants russes s'étaient rendus à
Guantanamo et avaient interrogé les 8 ressortissants pour confirmer leur
identité. Moscou adressera prochainement une demande officielle aux États-Unis
afin de réclamer leur extradition, a-t-il ajouté. Il s'agit de Ravil Mingazov,
d'Airat Vakhitov, de Roustam Akhmerov, de Timour Ichmouradov, Rouslan Odigov,
Chamil Khazhiïev, Ravil Goumarov et Rasoul Koudaïev. Tous sont originaires de
régions russes à majorité musulmane.
23/11/02 Abderrahim Al
Nashiri détenu aux USA
L'identité du
"haut responsable" d'Al Qaïda dont les USA avaient annoncé la capture
il y a quelques jours a été révélée: il s'agit du Saoudien Abderrahim Al
Nashiri, présenté comme l'un "des principaux planificateurs d'opérations
d'Al Qaïda pour la péninsule arabe".
Capturé il y a
plusieurs semaines au Koweït, il est maintenu en détention dans un lieu gardé
secret. Il aurait travaillé avec Ben Laden depuis la guerre d'Afghanistan
contre les Soviétiques. Les services US pensent qu'il a joué un rôle clé dans
l'attentat d'octobre 2000 contre l'USS Cole, qui avait causé la mort de 17
marines US. Il serait un spécialiste de l'entraînement militaire et du
maniement d'explosifs. C'est le troisième dirigeant présumé d'Al Qaïda capturé
par les USA et détenus dans des lieux gardés secrets, après Abou Zoubaïda et
Ramzi Ben Al Shibh.
19/11/02 Le sort des
Français de Guantanamo
Reçu par son homologue
américain, l'attorney general John Ashcroft, le 14 novembre, le ministre
français de la Justice, Dominique Perben, a soulevé le problème posé par cette
situation. "Il faut clarifier la situation juridique de ces détenus",
a-t-il indiqué après ses entretiens avec Ashcroft. Le gouvernement estime
"souhaitable qu'il y ait une coopération judiciaire" entre la France
et les États-Unis au sujet de ces détenus, a précisé le ministre. Une telle
coopération suppose que les autorités américaines entrent dans une logique
judiciaire en précisant leurs charges contre ces six personnes et en répondant
aux demandes d'information de la justice française. La section antiterroriste
du parquet de Paris a ouvert, en effet, une information judiciaire, et le juge
Jean-Louis Bruguière a demandé à pouvoir se rendre à Guantanamo Bay pour
interroger ces six Français. Les familles de deux de ces détenus, Nizar Sassi,
23 ans, capturé en Afghanistan, et Mourad Benchellali, 21 ans, arrêté au
Pakistan, ont porté plainte, le 14 novembre, à Lyon, pour "détention
illégale, enlèvement, séquestration et attentat aux libertés". Leurs
avocats, William Bourdon et Jacques Debray, avaient introduit une première
action, qui a échoué, en octobre, devant la justice française, demandant à
celle-ci de reconnaître aux deux hommes le statut de prisonniers de guerre.
13/11/02 Moussaoui à
Guantanamo?
Embarrassés à la
perspective d'un procès public devant une juridiction civile normale, la Maison
Blanche et le Pentagone envisageraient sérieusement de transférer Zakariya
Moussaoui à Guantanamo. Son procès, initialement prévu en octobre à Alexandria,
en Virginie, a été repoussé à deux reprises et est prévu maintenant pour juin
2003. Mais l'accusation est très embêtée par les demandes de Moussaoui, qui a
décidé de se défendre seul, après avoir rejeté son avocat commis d'office comme
3suceur de sang2. En effet, Moussaoui demande qu'on lui communique des
documents du FBI et de la CIA et d'autre part que soient entendus certains
témoins, notamment le Yéménite Ramzi Ben Al Shibh, arrêté au pakistan l'été
dernier. Le sixième amendement de la Constitution US stipule en effet que tout
accusé puisse être confronté aux témoins qui l'accusent ou qui peuvent
l'innocenter. Un transfert à Guantanamo réglerait d'un coup tous les problèmes
mais serait un aveu cinglant de défaite pour les procureurs, pour la CIA, le
FBI et la Maison blanche.
LE MONDE DU 09/11/02 - Un Pakistanais
libéré de Guantanamo raconte sa détention
Mohammed Sanghir est de
retour dans son village. Il témoigne sur la mort de prisonniers talibans dans
des conteneurs lors des combats de Kunduz et sur son séjour dans la base
américaine à Cuba. Il compte demander réparation aux Etats-Unis.
Pattan (province du
Nord-Ouest) de notre envoyée spéciale
Nichée au creux d'une
profonde vallée boisée sur les bords de l'Indus, la modeste maison de Mohammed
Sanghir ne désemplit pas.
Rentré chez lui, à
Pattan, le 4 novembre, après plus d'un an d'absence et plusieurs mois de
mortelle anxiété pour sa femme et ses neuf enfants, Mohammed Sanghir, premier
Pakistanais libéré après avoir été détenu sur la base américaine de Guantanamo,
à Cuba, est le nouveau héros de ce village situé dans la province du nord-ouest
du Pakistan.
Abondante barbe
grisonnante, pakol – sorte de chapeau à bord rond qui protège du froid – sur la
tête, un gilet passé sur son salwar khamees (large pantalon et longue chemise
que portent les Pakistanais), Mohammed Sanghir porte encore au poignet le bracelet
de plastique vert mentionnant son identité "américaine" – US
9PK 0001 43 DP –, son âge (51 ans), sa taille, son poids et sa
photographie.
Missionnaire prêcheur
du Tablighi Jamaat, organisation non politique de propagation de l'islam qui
compte plusieurs millions de fidèles dans le monde, Mohammed Sanghir se
trouvait depuis quelque trois mois en Afghanistan quand la guerre a éclaté.
Pris dans la tourmente de la reddition de Kunduz, dans le nord du pays, il est
embarqué – "avec 250 personnes, dont 50 sont mortes" – dans un
conteneur pour être conduit à la tristement célèbre prison du général Rachid
Dostom, à Sheberghan. "Ils hurlaient pour de l'eau, ils tapaient leur tête
contre les parois et là, juste à côté de moi, ils sont morts", dit-il de
ses compagnons d'infortune.
Il passe quarante-cinq
jours à Sheberghan, où se mêlent "Afghans, Pakistanais, Arabes,
Bosniaques". Personne ne l'interroge, jusqu'au jour où des miliciens du
général Dostom l'extirpent de sa cellule avec 15 autres prisonniers :
"Ils nous ont livrés à des soldats américains qui nous ont bandé les yeux
et nous ont emmenés par hélicoptère à Kandahar." Installé sous une tente
avec neuf autres personnes, nourri de rations militaires américaines, Mohammed
Sanghir est alors interrogé : "Il y avait un Américain et un
interprète. Ils m'ont demandé d'où je venais, pourquoi j'étais en Afghanistan,
si j'avais un lien avec Al-Qaida, si je connaissais des gens d'Al-Qaida, si
j'avais déjà vu Oussama Ben Laden et si je pourrais le reconnaître."
Après cet unique
interrogatoire sommaire, Mohammed Sanghir est appelé par un médecin. "Il a
pris mes empreintes digitales et une empreinte à l'oreille", dit-il.
Dix-huit jours après, "ils sont venus ; ils m'ont rasé la tête, la
barbe et la moustache, m'ont mis un bandeau sur les yeux et mis dans une tente
où j'ai attendu deux ou trois heures avec d'autres personnes. Avant de nous
raser, une Américaine parlant un peu d'ourdou m'a juste dit : "On
vous emmène dans un lieu où vous aurez plus de facilités et où vous serez
mieux"", précise Mohammed, qui ajoute que les soldats américains sont
restés sourds à ses tentatives pour conserver sa barbe, élément religieux.
"J'ai protesté physiquement, mais ils ne voulaient rien entendre et m'ont
dit : "C'est interdit"", raconte-t-il. Emmené à l'aéroport,
Mohammed est ensuite attaché sur son siège – bandeau sur les yeux, masque sur
la bouche, boules dans les oreilles – pour un voyage de vingt-deux heures.
"Une femme nous a donné des pommes à deux reprises, un morceau de pain et
de l'eau."
L'arrivée sur la base
de Guantanamo est rude. "Alors que nous avions toujours les mains liées
derrière le dos et les yeux bandés, des soldats m'ont jeté dehors et m'ont
battu", affirme Mohammed Sanghir en montrant sa joue. Pendant trois mois
et demi, Mohammed, qui a revêtu un survêtement rouge, reste dans une cage
ouverte à tous vents, "aux millions de moustiques et à la chaleur" et
sans une minute d'intimité.
INTERROGATOIRES
"Nous étions comme
des animaux. Si nous étions des hommes, pourquoi nous mettre dans une
cage ?", interroge Mohammed, dont le récit est suivi avec attention
par la vingtaine d'hommes qui l'entourent. "Au début, ils ne nous
permettaient pas de prier et de parler entre nous, mais après deux jours de
grève de la faim, un officier supérieur est venu, nous a permis de prier et
nous a accordé une demi-heure pour manger", dit-il.
"Deux fois par
semaine, ils nous faisaient sortir pour marcher et, chaque semaine, on nous
donnait un uniforme propre", précise Mohammed, qui ajoute qu'un médecin
était toujours disponible. Après ces trois mois et demi, Mohammed est transféré
dans une nouvelle cage, plus confortable, avec un coin toilette et de l'eau
courante.
Durant les dix mois
qu'il a passés à Guantanamo, Mohammed Sanghir a été interrogé une vingtaine de
fois. "On faisait la queue pour les interrogatoires. Centrées uniquement
sur Al-Qaida, les questions étaient toujours les mêmes mais présentées de
façons différentes", affirme Mohammed. "Ils m'ont d'abord montré des
photos de gens d'Al-Qaida pour savoir si je les connaissais ; ensuite ils
m'ont demandé s'il y avait ici autour de moi des gens d'Al-Qaida ; ils
voulaient savoir si j'avais rencontré Ben Laden et si je pourrais le
reconnaître. Les photos représentaient des gens qui semblaient afghans et
arabes", précise Mohammed, qui affirme n'avoir reconnu personne.
Les seules personnes
qu'il a vues à Guantanamo –"une fois, au cours d'un déplacement"–
sont le mollah Abdul Salam Zaeef, l'ancien ambassadeur des talibans au Pakistan
livré par Islamabad aux Américains, "qui semblait très faible",
Khairallah Kwaiwa, ancien gouverneur d'Herat, arrêté à Chaman, à la frontière
pakistano-afghane, le mollah Fazl, ancien commandant de Kunduz et un autre
commandant, le mollah Abdel Raouf.
"COMMENT
FAIRE ?"
Mohammed, comme ses
compagnons, a beaucoup prié à Guantanamo, où les journées se passaient en
lecture du Coran, des hadiths, et en conversations avec les autres détenus.
"Un jour, un nouveau général est venu et m'a dit : "Vous allez
avoir des bonnes nouvelles la semaine prochaine"", raconte Mohammed
pour expliquer sa libération, encore choqué qu'aucun responsable américain ne
lui ait exprimé le moindre regret pour cette année perdue et les humiliations
subies. "Ils m'ont juste dit : "Vous êtes innocent", mais
personne ne s'est excusé", indique Mohammed qui, aujourd'hui, réclame des
dédommagements aux Etats-Unis.
"A Guantanamo, des
soldats m'avaient dit que je toucherais 400 dollars par mois de détention,
mais je n'ai reçu que 100 dollars à mon arrivée à Islamabad", dit cet
homme qui vivait d'une machine à couper et tailler le bois de construction,
très utilisé dans cette région montagneuse et déshéritée.
"Pendant un an, ma
famille a dû emprunter pour survivre et, maintenant, comment vais-je
rembourser ?", interroge-t-il en montrant sa machine rouillée par le
manque d'entretien. "Qu'est-ce que je peux faire contre les
Etats-Unis ? C'est une grande puissance", affirme-t-il, fataliste,
quand on lui demande ses sentiments à l'égard des Américains. Ses concitoyens,
dans cette région extrêmement conservatrice, n'ont pas tous les mêmes réserves
et, sur le mur de l'école de Pattan, peintes en noires, deux kalachnikovs
entourent un appel sans ambiguïté : "Engagez le djihad [guerre
sainte] contre ceux qui dénient le Coran."
Françoise Chipaux
08/11/02 Français de
Guantanamo: information judiciaire à Paris
Le parquet de Paris a
ouvert mardi une information judiciaire pour "association de malfaiteurs
en relation avec une entreprise terroriste" contre X..., en l'occurrence
visant les 6 Français détenus à Guantanamo. Cette information pourrait aboutir
à la mise en examen des prisonniers et la demande de leur extradition vers la
France pour y être jugés. La semaine dernière, le Quai d'Orsay avait réitéré sa
position, demandant que les prisonniers soient jugés en France s'ils sont
soupçonnés d'avoir commis "des actes punissables au regard du droit pénal
français". L'avocat de 2 des prisonniers, originaires de Vénissieux,
estime que "cela les sortirait du flou dans lequel ils se trouvent et leur
donnerait des garanties de procédure."
05/11/02 Espoir pour le
"taliban de Brême" :Bernhard Docke, l'avocat allemand du Turc de
Brême Murat Kurnaz, 20 ans, détenu à Guantanamo, espère, après les libérations
de certains détenus de Guantanamo, que son client sera relâché par les
Américains. Le jeune Turc, charpentier de marine, s'était rendu au pakistan le
3 octobre 2001 pour y suivre des cours coraniques. Fin 2001, il a été arrêté,
accusé d'être un combattant d'Al Qaïda et déporté à Guantanamo. En février, il
clamait son innocence dans une lettre à sa mère. D'après son avocat, il n'est
pas taliban: « Les seigneurs de guerre ont fait des prisonniers, pour les
remettre contre des primes aux militaires US. Kurnaz est sans doute une
comparse mais pas un gros poisson.»
03/11/02 Justice
incompétente
Saisi par les avocats
de 2 des 6 français détenus à Guantanamo, le juge des référés s'est déclaré
incompétent, jeudi 31 octobre, pour reconnaître leur statut de prisonniers de
guerre et leur accorder la protection des lois internationales régissant ce
statut.
L'ordonnance,
particulièrement brève, constate que les demandes "ne reposent sur aucune
règle de procédure susceptible de permettre leur examen par le juge des
référés". "Ce n'est que partie remise", a déclaré Me William
Bourdon, l'un des avocats de Nizar sassi et Mourad Benchellali, qui a annoncé
le prochain dépôt d'une plainte avec constitution de partie civile pour
détention arbitraire contre les responsables du camp de Guantanamo.
Dans une lettre du 22
août à un ami, Nizar Sassi écrivait: «Si tu ceux une définition d'ici, on
n'a pas le droit d'avoir de droits.»
30/10/02 3 libérations
3 Afghans détenus à la
base US de Guantanamo, sur l'île de Cuba, viennent d'être "libérés".
13 Pakistanais devraient connaître le même sort d'après la presse pakistanaise.
Lundi, c'est une trentaine de nouveaux détenus afghans qui ont été transférés à
Guantanamo. Ils avaient été capturés en janvier par les forces US.
25/10/02 - Libérations
?
Donald Rumsfeld a
confirmé la prochaine libération de plusieurs prisonniers de guerre capturés en
Afghanistan et détenus à la base de Guantanamo, sur l'île de Cuba. Il s'agit de
prisonniers n'ayant plus aucune importance pour les enquêteurs US et ne
représentant aucun danger.
28/09/02 - Le business
d’un vice-Président
La société de services
Brown & Root a décroché un nouveau contrat de l’armée américaine face à 44
concurrents. cette fois-ci, il s’agissait de la construction et de la mise en
place à Guantanamo des cages d’acier prévues pour les prisonniers capturés en
Afghanistan. Petit hic: cette société est contrôlée par la compagnie
Halliburton, dirigée par Dick Cheney jusqu’à ce qu’il devienne vice-Président.
Coïncidence? La commission de contrôle du congrès US a déjà ouvert une enquête
sur Brown & Root, soupçonnée d’avoir gonflé ses factures à l’armée US de
quelques dizaines de millions de dollars et a recommandé de ne plus donner à
cette société de contrats militaires. Un seul exemple: la fourniture d’énergie
électrique aux troupes US cantonnées au Kosovo a été facturée 17 millions par
an, soit le double du prix normal, selon la commission. Sur les bases des
Balkans, l’enquête a été déclenchée par le fait que nombre d’employés de
nettoyage fournis par Brown & Root avait doublé et leur travail était
facturé comme s’ils travaillaient 24 heures sur 24. Jusque-là, rien que de très
usuel, dira-t-on. Seulement voilà: les premiers contrats avec le Pentagone ont
été obtenus par la compagnie seulement quelques semaines après que Cheney avait
quitté son poste de Secrétaire d’Etat à la Défense de Bush père pour devenir administrateur
délégué de Halliburton! Il est évident
que la nouvelle guerre en préparation contre l’Iraq entraînera beaucoup de
nouveaux contrats juteux pour Brown & Root et les nombreuses sociétés
auxquelles les dirigeants américains sont personnellement liés. Il suffit de
rappeler que la première Guerre du Golfe avait rapporté à James Baker,
personnellement, la coquette somme de 9 millions de dollars...
24/09/02 Même la nature est
contre!
L'Ouragan Isidore à
causé d'importants dégâts dans le golfe du Mexique et sur l'île de Cuba le 22
septembre. Des milliers de personnes ont été évacuées et se retrouve maintenant
sans abris. Où les hommes du fils Bush s'installent, les éléments de
déchaînent. L'Afghanistan, les Philippines et maintenant Guantanamo!
01/03/02 - Mutinerie et
grève de la faim.
100 prisonniers du camp
de concentration X-Ray de Guantanamo se sont mutinés pour protester contre les
conditions de détention. L'interdiction de porter le turban aurait provoqué un
incident et les détenus se seraient barricadés dans leurs cages à l'aide de
leurs paillasses. Depuis mercredi et malgré la chaleur, une centaine d'entre
eux ont entamé une grève de la faim.
20/02/02- Injustice sans limite.
Les familles de trois
détenus de Guantanamo (2 Britanniques et 1 Australien) portent plainte contre
la décision de l’administration US de les maintenir en détention illimitée.
Cette mesure serait contraire aux conventions de Genève, au droit international
et à la constitution US.
12/02/02 -"Tout
est fait pour choquer les prisonniers de Guantanamo"
[Email reçu le
12/02/02]
Le long isolement
sensoriel, les entraves, la découverte brutale d'un nouvel environnement
carcéral : tout est fait, de l'aveu même des Américains, "pour
impressionner et désorienter les captifs", Taliban afghans ou membres du
réseau Al Qaïda qui arrivent sur la base de Guantanamo. Ce traitement doit
aussi permettre, selon les militaires, "de choquer et de rendre plus
dociles" ces dangereux ennemis.
Une forme de torture
psychologique ?
Des déclarations qui ne
manqueront pas d'apporter de l'eau au moulin des défenseurs des droits de
l'homme, des partisans du respect le plus scrupuleux des Conventions de Genève.
Ces derniers réclament en effet que "le statut de prisonniers de guerre et
la protection de ces conventions soient reconnus et appliqués à tous les
détenus et que cesse la forme de torture psychologique dont ils sont
victimes". Cette dernière accusation repose sur les observations des
journalistes qui ont été autorisés à assister à l'arrivée des prisonniers et
sur la description des conditions de transfert faite par les officiels
américains eux-mêmes.
Ne rien voir, rien
entendre, rien dire
A Kandahar, en
Afghanistan, juste avant leur départ, les taliban et membres supposés d'Al
Qaida ont le crâne et la barbe rasés. Ils enfilent ensuite une combinaison
orange et embarquent pieds et poings liés dans l'avion. Ils sont attachés à
leur siège et sont mis en condition "d'isolement sensoriel total".
Ils portent des lunettes totalement opaques, des casques sur les oreilles et un
masque chirurgical afin de ne pas pouvoir mordre leurs geôliers ou transmettre
des maladies. Ainsi "équipés", ils ne voient et n'entendent quasiment
rien et ne peuvent s'exprimer correctement. Le vol dure vingt-cinq heures dans
le froid de l'avion-cargo militaire.
Choc thermique
A leur arrivée,
déphasés par l'isolement sensoriel, la fatigue, le "jet-lag"
(décalage horaire important) et le choc thermique, ils titubent. Dans la
chaleur tropicale, ils doivent être soutenus ou portés par des soldats sous les
ordres "aboyés" par les officiers. Lors du dernier transfert de
prisonniers, il y a quelques jours, six des vingt-huit détenus sont sortis sur
des brancards. Selon les observateurs présents, l'un était amputé des deux jambes,
trois autres ont été blessés au combat, l'un était atteint de paludisme (le
troisième prisonnier du camp à en être atteint) et le dernier présentait les
symptômes de la tuberculose. Après un rapide "tri", ils sont enfermés
dans des cages grillagées de petite taille.
"Qu'ils ne voient
pas la mer ou le McDonald"
"Comme les
précédents, ce groupe était calme et les hommes paraissaient choqués et
désorientés", a commenté le major Steve Cox, porte-parole de l'unité
chargée de la surveillance du camp X-Ray de Guantanamo où sont incarcérés les
arrivants, au nombre de deux cent vingt aujourd'hui. L'officier affirme que
l'isolement sensoriel "n'a pas pour but de déshumaniser ces personnes,
mais d'établir notre autorité avant le vol, pendant et après, et garantir la
sécurité des personnels américains".
Autre hypothèse :
empêcher les prisonniers de se repérer et d'échafauder de très improbables
plans d'évasion. "Avant de gagner le camp, ils n'auront pas vu la mer, pas
repéré le McDonald de la base", déclare encore l'officier. Les
organisations de défense des droits de l'homme, dont Human Rights Watch ou
Amnesty International, demandent toujours que tous ces hommes soient placés
sous la protection des Conventions de Genève et aient enfin le statut de
prisonniers de guerre.
10/02/02 - Les
Minguettes s'organisent
Depuis l’ annonce que
deux habitants de la cité des Minguettes à Lyon étaient détenus à Guantanamo,
les familles et les proches s’interrogeaient pour comprendre ce qui avait
poussé ces jeunes à partir en Afghanistan. Ces débats informels ont évolué et
un comité de soutien s’ est mis en place.
Selon Libération, un
des participants à la réunion du comité aurait dit «Notre problème, ce n'est
pas de savoir s'ils sont innocents ou pas. Nous devons seulement nous battre
pour que leurs droits soient respectés, qu'ils reviennent en France pour y être
jugés s'ils doivent l'être.».
Cette phrase suffit à
définir le programme de ce comité et représente bien ce que la plupart des
Musulmans de France ressentent. Mais la déportation à Guantanamo de jeunes
Français doit également pousser les autorités française à l’ autocritique. Le
fait que les initiatives de nombreuses associations intervenant sur le plan
éducatif aient été ces dernières décennies systématiquement bloquées a poussé des
centaines de jeunes Français musulmans à s’expatrier dans un premier temps vers
des pays plus accueillants. L’ État français porte une part de responsabilité
dans ce que ces jeunes ont pu faire par la suite.
08/02/02 - Diviser pour
mieux régner
Le Pentagone a annoncé
que les talibans de Guantanamo seront traités suivant les Conventions de
Genève mais qu'il ne bénéficieront pas
du statut de prisonniers de guerre. En effet ce statut prévoit la libération
automatique des prisonniers en fin de conflit et interdit leur torture pendant
les interrogatoires. Les membres d' Al Qaïda continueront d'être traités
suivant les humeurs de Donald Rumsfeld.
30/01/02 - Campagne
médiatique contre les Français de Guantanamo
Que ceux qui ont commis
des attentas ou participé à leurs organisations soient jugés comme terroristes
et condamnés. Nul n’ est censé ignorer la loi et personne d’entre nous ne
contestera les décisions de justice.
Mais le déchaînement
des médias envers les détenus de Guantanamo est inadmissible.
Ils sont appelé “Les
terroristes islamistes” par les commentateurs, alors que leur véritable
identité, le lieu de leur arrestation, leur rôle en Afghanistan ne sont pas
encore connus.
Les journalistes ne
nous informent pas, ils manipulent les informations pour que les Musulmans de
France ne se sentent pas solidaire de ces prisonniers de guerre à qui on refuse
ce statut. C’ est aussi une bonne occasion pour salir l’ Islam.
Les moindre détails
sont montés en épingle pour les discréditer. Ces supposés Français du camp
X-Ray, ne sont peut être pas Français. Ils sont immatures, l’ un d’ entre eux,
a abandonné sa famille, l’ autre sa boucherie, l’ autre s’ est converti de
fraîche date avant de partir pour le Jihad. Le quatrième, c’ est pire, avait
été arrêté dans le coup de filet préventif avant la Coupe du monde de football
à Paris. Autrement dit, il voulait empêcher la France de gagner la Coupe, le
traître!
Sauf que le journal
Libération révèle ce que les autres cachent : il avait été “écroué trois mois
pour «association de malfaiteurs liée à une entreprise terroriste», mais avait
été blanchi par un non-lieu”.
Les pervers penseront
que si l’ enquête avait été mieux conduite, il ne serait pas ressorti de prison
et n’ aurait pas rejoint l’ Afghanistan.
On peut également
affirmer l’ inverse. Le traumatisme causé par trois mois d’ emprisonnement
arbitraire, l’ ont probablement conduit à franchir un cap décisif. Quitte à
vivre traqué et être puni, autant que cela soit pour quelque chose.
Ce n’ est pas un hasard
si la France est aussi bien représentée à Guantanamo. La politique d’ exclusion
des Musulmans, les arrestations arbitraires, la répression systématique qu’ ont
subi les associations islamiques depuis plus de dix ans, le chantage à la carte
de séjour poussant des étrangers en position de faiblesse à faire sur ordre des
RG ou des services de renseignement étrangers la “fitna” dans des associations
des plus pacifiques. On ne parle même pas de l’ éducation déplorable que les
enfants subissent dans les écoles de la république. Les enfants se révoltent
contre leurs familles et leurs esprits ont perdu tout repère religieux.
Les tentatives du
ministre de l’ Intérieur d’organiser le culte ou la communauté musulmane de
France ( ce n'est pas très clair) interviennent bien tard.
26/01/02 - Bosnie : La
Palestine contre l’Afghanistan, 6 Moudjahidines contre Karadzic
Selon le journal belge Le
Soir, les Américains auraient persuadé Sarajevo de leur remettre les six
ressortissants arabes soupçonnés de terrorisme et de liens avec Oussama ben
Laden (expédiés à Guantanamo alors qu’ils ont été innocentés par un tribunal
bosniaque), contre la garantie d'arrêter très prochainement Karadzic.
On se rappelle de la
promesse faite aux gouvernements arabes de régler le problème palestinien
contre une carte blanche en Afghanistan...
Ce genre de promesses
n’engagent que les hypocrites qui font semblant d’y croire pour échapper à la
vindicte populaire. Sans vouloir jouer les devins, il est sûr que les
dirigeants bosniaques payeront tôt ou tard leur trahison.
23/01/02- Droits de l’ homme, conventions de Genève et
résolutions de l’ONU
La justice occidentale
a une particularité, elle se repaît de grandes déclarations universelles, de
conventions internationales et de résolutions votées par la majorité des
nations. Ces textes qualifiés d’ universels et d’ internationaux ne concernent
pourtant pas les Musulmans, qui sont presque un milliard sur terre.
Il nous suffit de
prendre en exemple le camps de concentration de Guantanamo où des Musulmans
parfois blessés sont parqués comme des bêtes dans des cages et subissent des
tortures psychologiques chaque jour, pour mettre en valeur ce qui à nos yeux
est le vrai fondement de la civilisation occidentale: la sauvagerie et l’
injustice et non l’ hellénisme et la démocratie.
Si toutefois cet
exemple ne vous convenait pas, relisez les chroniques du vingtième siècle.
La guerre de
Tchétchénie et l’ impunité des tyrans russes.
La guerre d’ Algérie et
l’ impunité des tortionnaires français.
La colonisation de la
Palestine et l’ impunité des colons israéliens.
Des résolutions des
Nations unies qui ne s’appliquent pas au mouvement sioniste.
L’ Iraq est bombardé et
subit un blocus économique strict depuis dix ans parce que Saddam Husein refuse
d’ appliquer des résolutions de l’ ONU lui imposant des visites régulières de
contrôleurs accrédités.
Mais l’ État d’ Israël
n’ a pas subi de pression particulière alors qu’ aucune résolution de l’ ONU le
concernant n’ a été appliquée. Au contraire, l’ Europe est le premier
partenaire économique de ce pays hors la loi.
22/01/02 - Les prisons
de la honte
Le journal anglais “The
independant” appelle la base de Guantanamo comme il se doit : c’ est un camp de
concentration.
2,40m x 1,80 m., voici
la cote des cages de la prison de Guantanamo où sont enfermés les Musulmans
capturés en Afghanistan, au Pakistan et en Bosnie. Ils sont soupçonné d'
apartenir aux réseaux d' el-Qaïda ou d' avoir été un jour taliban, c'est à dire
étudiant en théologie islamique.
Plus de cent
prisonniers ont déjà été regroupé sur cette base US de l’ île de Cuba. En
attendant de comparaître devant un tribunal militaire d’ exception et en
attendant leurs exécutions programmées.
Allez voir les cages
des babouins du zoo de Vincennes ou la cage du lion du zoo de Kaboul, elles
sont beaucoup plus spacieuses.
16/01/02 - Des
centaines de prisonniers des Croisés sont regroupés sur une base US de l’ île
de Cuba.
Enchaînés, menottés,
torturés, ils ne seront pas jugés par un tribunal US, ni par un tribunal
international, des tribunaux d’ exceptions ont été constitués et détermineront
si ces prisonniers doivent être exécutés ou bien exécutés.
En privilégiant une
solution injuste, Bush prend un risque énorme. Les compagnons d'armes de ces
Musulmans qui ont combattu contre l’invasion de l’ Afghanistan par les Russes
et contre la colonisation de ce pays par les Occidentaux, ne les laisseront
sûrement pas tomber. Ils pourront justifier facilement l’ emploi de techniques
dites “terroristes” pour obtenir leur libération.
guantanamo:
premier camp de concentration off shore de
l’Empire!
Appel du Collectif guant@namo - janvier 2003
Depuis un an, 625 citoyens de 42 pays
sont enfermés sur la base militaire US de guantanamo, sur l¹île de Cuba.
D¹abord détenus dans des cages au Camp baptisé X-Ray (³Rayon X²), ils ont été
transférés en avril dernier au Camp Delta. Étiquetés ³combattants ennemis
illégaux² par le Pentagone, ils n¹ont aucun statut. Ils ne sont en effet ni
prisonniers de guerre, ni prisonniers politiques, ni même détenus de droit
commun. Enfermés dans des cages, ils sont otages du bon vouloir du chef de la
première puissance mondiale, le nouveau croisé George Bush. La juridiction US ne
s¹appliquant pas sur le territoire de guantanamo, les Camps X-Ray et Delta sont
les premiers camps de concentration off shore (=extraterritoriaux) de
l¹EmpireHors du
droit, les otages de guantanamo sont aussi maintenus hors du monde,
pratiquement coupés de toute communication avec l’extérieur, que ce soit avec
leurs parents, leurs avocats ou des élus de leur pays. Cette situation unique
est une grande première dans l’histoire mondiale. Si nous ne nous y opposons
pas, elle est appelée à se reproduire ailleurs, pour d’autres otages, par
exemple demain des Iraqiens ou même des militants no global (=
anti-mondialisation) de pays démocratiques. L’effet guantanamo se fait déjà
sentir aux quatre coins de la planète. De très nombreux gouvernements, cédant
aux pressions de la CIA et du Pentagone, ont déjà pris des dispositions pour
créer dans leur pays des zones de non-droit, au nom de la “guerre contre le
terrorisme”. Nous vous appelons donc à vous mobiliser pour animer une campagne
mondiale contre guantanamo, sur les thèmes suivants:
1°
- Les otages de guantanamo ont des droits: droit à la défense, droit à la
communication, droit à la justice.
2°
- Ils
doivent être soit jugés, soit libérés
3°
- Les Nations unies doivent constituer une commission indépendante d’enquête et
d’instruction, composée d’experts des 5 continents, pour déterminer où et par
qui les prisonniers doivent être jugés. Pendant les travaux de cette
commission, les prisonniers doivent être transférés de guantanamo vers un pays
neutre et confiés aux bons soins de la Croix-rouge et du Croissant-Rouge. La
commission devra trancher entre 4 possibilités: remise en liberté, jugement aux
USA, jugement en Afghanistan, jugement dans le pays d’origine du détenu. Elle
devra établir un montant d’indemnités à verser par le gouvernement US à tous
les prisonniers remis en liberté et à leurs familles.
Depuis
un an, des parents de ces otages se battent un peu partout dans une grande
solitude, secondés par des avocats courageux mais impuissants. La bataille de
guantanamo concerne tous les citoyens du monde épris de liberté, de pluralité,
de diversité et de justice. Contre l’Empire
, seules des multitudes multicolores peuvent empêcher que les pires cauchemars
s’imposent à tous. Aujourd’hui à
guantanamo, demain chez toi!
NOUS
CONSTITUONS CE JOUR LE COLLECTIF guant@namo,
PARTIE
PRENANTE DU RÉSEAU MONDIAL guant@namo, QUI AGIT POUR
LA
FERMETURE DE CE CAMP DE CONCENTRATION.
L’engagement
dans ce collectif se fait uniquement sur une base individuelle. Nous appelons
tous ceux qui le veulent à nous rejoindre ou bien à créer leur propre structure
et à établir une relation de travail avec nous. Le gage de réussite de la
campagne sera sa capacité à mobiliser des multitudes dans un esprit mondial
égalitaire, dans le respect des spécificités et des motivations particulières,
pour “un monde contenant tous les mondes”, contre toute forme de pensée unique
et les monstruosités en découlant.
Pour tout contact
avec le Collectif guant@namo,
écrire à: xraydelta@lvo.info,
ou
appeler le 00 33 (0)6 13 99 28 86
NOUS VOUS INFORMERONS EN RETOUR DE
NOS ACTVITÉS.
NOUS VOUS ENCOURAGEONS VIVEMENT À
REPRODUIRE ET DIFFUSER CET APPEL!
ENVOYEZ-NOUS L'ADRESSE DES SITES SUR
LESQUELS VOUS L'AUREZ PUBLIÉ.
Informations publiées par le site
http://quibla.net
http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm
quotidien online pour les Musulmans francophones...et tous les
autres!
Cari amici !
Vi mandiamo i documenti recenti che vi permetteranno di
attualizzare la vostre pagina su guantanamo, che non lo è più dal 2003. Eppur
non mancano le informazioni e i documenti prodotti dal Collettivo gauntanamo
francia. Ecco comunuque gli ultimi, frai i quali anche un comunicato in
italiano
Tant saluti
1°
10/01/2005 : 3ème anniversaire de/3rd anniversary of/3° compleanno di /
3.geburtstag von ... GUANTANAMO !
€ Communiqué du
Collectif guantanamo France (en français)
€ Press release from the Collectif
guantanamo France (in english)
€ Comunicato del Collettivo guantanamo Francia
(in italiano)
€ Mitteilung des Kollektiv guantanamo Frankreich (auf
deutsch)
Communiqué du Collectif guantanamo France
Lundi 10
janvier 2005
La plus longue et plus grande prise d'otages du XXIème siècle entre dans sa
quatrième année : guantanamo, une atteinte au droit et à la
souveraineté
Ce 10 janvier 2005, la détention par les USA de 545
citoyens d¹une quarantaine de pays dans le camp de concentration de guantanamo,
situé sur sur le territoire de la République de Cuba, entre dans sa quatrième
année. Au fil du temps, 202 autres détenus ont été rapatriés du
camp.
Ce terme de ³camp de concentration² n¹a été
inventé ni pas les nazis ni par les dirigeants soviétiques, mais par les
autorités royales espagnoles sur ce même territoire de Cuba il y a 120 ans,
lorsqu¹elles ont enfermé des paysans et des guérilleros en lutte contre
l¹occupation coloniale. L¹expression espagnole a été traduite en allemand par
les autorités coloniales allemandes dans le Sud-Ouest africain, puis par les
autorités coloniales britanniques en Afrique du Sud.
Guantanamo s¹inscrit dans cette tradition sinistre, à laquelle l¹Empire
du Bien apporte des innovations terrifiantes, notamment l¹usage de la torture
dite ³légère² (³light²).
A-t-on le droit qualifier la détention des ³combattants ennemis illégaux² à
guantanamo de prise d¹otages ? Oui, pour plusieurs raisons :
1° - Les hommes déportés à guantanamo ont été pour une part
littéralement kidnappés sur le territoire afghan par des miliciens du général
ouzbek Rachid Dostom, un criminel de guerre avéré, et remis contre paiement à
l¹armée US; pour une autre part, ils ont été enlevés par les services de
sécurité pakistanais sur le territoire souverain du Pakistan et remis à l¹armée
US sans aucun respect pour les procédures légales d¹extradition en vigueur dans
ce pays.
2° - Aucune des clauses des Conventions de Genève sur le
traitement des prisonniers de guerre n¹a été respectée par les autorités
US.
3° - Les autorités US refusent de se plier à l¹injonction de la plus
haute instance judiciaire US, la Cour suprême, qui, par une sentence émise le 28
juin 2004, a ordonné que les détenus aient la possibilité de remettre en cause
leur détention devant une juridiction ordinaire US. Pour masquer ce mépris du
droit, elles ont créé un organe sans aucune assise légale, le ³tribunal d¹examen
du statut de combattant², qui a ³jugé² la plupart des détenus et a décidé de
leur maintien en détention. Un seul détenu a été ³jugé² libérable.
Ces
derniers jours, le pouvoir exécutif US a franchi une nouvelle frontière, en
désignant comme Attorney General - ministre fédéral de la Justice - Alberto
Gonzales, auteur de mémorandums adressés à la Maison blanche et recommandant
l¹usage de la torture sur les ³terroristes² capturés
en Iraq et ailleurs. Les faits graves de torture sur les prisonniers d¹Abou
Ghraïb en Iraq, révélés par des photos ³scandaleuses², sont étroitement liés au
camp de concentration de guantanamo. En effet, les policiers militaires inculpés
pour Abou Ghraïb n¹ont fait qu¹obéir aux ordres des services de renseignement
chargés des interrogatoires des captifs. Cette collaboration entre gardiens et
interrogateurs a été instaurée tout d¹abord à guantanamo avant d¹être appliquée
sur ordre du général Geoffrey Miller, devenu responsable des prisons US en Iraq
après avoir été responsable du camp de guantanamo.
Les détenus de
guantanamo ont été torturés, selon des témoignages de plusieurs détenus - les
détenus britanniques aujourd¹hui libres ainsi que l¹Australien David Hicks et le
Britannique Moazzam Begg, toujours détenus -, mais la pire torture à leur
encontre est la totale incertitude quand à leur sort dans laquelle ils sont
maintenus. Tout concourt à penser que les autorités US ont bien l¹intention de
garder ces otages à vie, pendant au moins les 30 années à venir.
Cette
détention de masse est une violation de l¹ensemble du droit international
réglementant non seulement les droits humains et le droit humanitaire, mais même
les rapports entre États souverains. Quels sont les recours possibles contre ce
scandale, qualifié par les experts de ³trou noir juridique² ? Il y en a peu. Le
recours à la Cour pénale internationale, à la Cour internationale de justice ou
à la Cour interaméricaine des droits de l¹homme semble à peu près exclu pour des
défauts de compétence, à moins que les États membres des Nations Unies demandent
un avis consultatif à la Cour internationale de justice de La Haye. C¹est en
connaissance de cause que les USA ont choisi le camp de guantanamo, le sachant à
l¹abri des instances judiciaires universelles.
N¹étant pas experts du droit international, il nous semble cependant que le
seul recours non encore exploité par les défenseurs des détenus est la justice
cubaine.
En effet, le traité d¹accord instaurant la base
militaire navale de guantanamo en 1903 reconnaît expressément la ³souveraineté
éminente² de la République de Cuba sur le territoire de la base. Le Parquet
général de la république de Cuba devrait donc ouvrir une enquête pour
³séquestration illégale² contre les USA. Même si cela n¹aurait aucune
conséquence pratique immédiate, cela donnerait un poids supplémentaire au combat
judiciaire et politique universel contre le scandale de guantanamo.
Étant
basé en France, le Collectif guantanamo veut enfin attirer l¹attention sur le
sort des 7 détenus français de guantanamo : 4 d¹entre eux ont été ³libérés²
l¹été dernier de guantanamo pour être aussitôt incarcérés en France. Le dossier
des charges retenues contre eux nous semble pour le moins léger. Une fois de
plus, la France s¹est distinguée : elle est en effet le seul pays européen ayant
accepté les conditions imposées par Washington pour ³libérer² ses
ressortissants, à savoir de les emprisonner dans leur propre pays. Tous les
autres pays ont remis en liberté leurs ressortissants : la Grande-Bretagne, le
Danemark, la Suède, l¹Espagne et même la Russie. Le Maroc a lui aussi décidé de
poursuivre sur son sol 5 détenus rapatriés de guantanamo, mais leur procès
traîne de report en report à Casablanca, où la justice semble aussi écartelée
entre le respect des injonctions de Washington, par le biais du Palais royal, et
le constat d¹une carence de preuves et d¹indices sérieux d¹une quelconque
culpabilité des inculpés.
Quant aux trois détenus français encore
enfermés à guantanamo, le moins qu¹on puisse dire, c¹est que le gouvernement
français ne semble pas pressé d¹obtenir leur rapatriement, sans doute par ce
qu¹il sait très bien qu¹il n¹y aurait pas lieu de les poursuivre, une fois
rapatriés et qu¹il serait donc obligé de les remettre purement et simplement en
liberté, ce qui déplairait à Washington.
Pour conclure, le Collectif guantanamo ne peut que lancer un appel général à
l¹opinion, aux sociétés civiles organisées, aux États soucieux du droit, à
prendre fait et cause pour le droit en agissant pour que cesse le scandale de
guantanamo.
Nous en appelons donc, notamment, au sens du droit et à la conscience des
responsables cubains et français.
Nous restons à
disposition de tout un chacun pour contribuer à toute initiative de nature à
éclairer ce trou noir.
Le Collectif guantanamo France, 10 janvier 2005
-> Collectif guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris. tél. 00 33 6
13 99 28 86
-> Courriel : collectif.guantanamo@gwadaoka.org
-> Sites web
: http://quibla.net et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm
->
Pour recevoir la Chronique de guantanamo, paraissant le 1er et le 15 de
chaque mois, écrire au Collectif à l¹adresse indiquée.
Press release from the Collectif guantanamo France
Monday 10th January
2005
For publication and immediate circulation
The longest and biggest hostage taking of the 21st century enters its 4th
year: guantanamo, a violation of right and sovereignty
On this Monday, January 10th, the detention by the USA of 545
citizens from 42 countries at the concentration camp of Guantanamo, located on
the territory of the Republic of Cuba, enters its 4th year. 202 other detainees
have so far been released or repatriated.
The expression Œconcentration
camp¹ has not been invented by the Nazis or by the Soviet rulers, but by the
Spanish Royal authorities on the same Cuban territory some 120 years ago, when
they locked up farmers and guerilleros fighting against the colonial occupation.
That Spanish word was translated into German by the German colonial authorities
in South-West Africa, then by the British colonial authorities in South Africa.
Guantanamo adds to this sinister tradition, to which the Empire of Good provided
terrifying innovations, namely the use of torture called Œtorture
lite¹.
Do we have the right to characterize the detention of Œenemy combatants¹ or
Œunlawful combatants¹ as hostage taking? Yes, and this for several
reasons:
1. Some of the
men deported to guantanamo have literally been kidnapped on Afghan territory by
the Uzbek General Rachid Dostum¹s militia men, a proven war criminal, and
rendered against payment to the US army. Others were kidnapped by Pakistani
security forces on sovereign Pakistani territory and were also rendered to the
US army with no respect for the country¹s ruling legal procedures on
extradition.
2. None of the clauses of the
Geneva Conventions on the treatment of prisoners of war has been respected by
the US army.
3. The US Government refuses
to comply with the judicial order of the highest
judicial authority in the
country, the US Supreme Court, that in its sentence pronounced on June 28th,
2004, ruled that the detainees have the possibility to challenge their detention
in front of ordinary tribunals in the United States. In order to hide this
disregard of law, they created a body without any legal asset, the socalled
³status reveiw panels² , which ³reviewed² 539 detainees. Only two detainees has
been ³judged² as able to be freed so far.
These last days, the US
executive power crossed a new frontier by designating as Attorney General
Alberto Gonzales, author of memorandums addressed to the White House and
recommending the use of torture on Œterrorists¹ captured in Iraq and elsewhere.
The serious acts of torture of prisoners at Abu Ghraib in Iraq, revealed by the
scandalous photos are tightly linked to the concentration camp of Guantanamo. In
fact, the military police charged for abuses at Abu Ghraib only obeyed orders
given by the intelligence services in charge of interrogating detainees. That
collaboration between guards and interrogators was first established at
Guantanamo before being applied under the commandment of General Geoffrey
Miller, in charge of US prisons in Iraq after having been in charge at
Guantanamo.
According to testimony given by several released
detainees the British detainees who were freed and by the Australian David
Hicks and the Briton Moazzam Begg, who are still in detention the prisoners at
Guantanamo are tortured, but the worst of torture is the total uncertainty about
their fate. Everything seems to point to the fact that the US authorities have
the intention to keep the hostages in captivity for life, for at least the 30
years to come.
This mass detention is a violation of law of all
international agreements, not only of human rights and of humanitarian law, but
also of relations between sovereign states. What is the possible recourse
against this scandal, labeled as a Œlegal black hole¹ by experts? There is not
much. The recourse to the International Court of Justice or to the
Interamerican Court of Human rights seems to be excluded for reasons of absence
of competence, unless member countries of the United Nations ask their advice to
the International Court of Justice in de Hague. The USA knowingly chose
Guantanamo, as it is shielded form the universal judicial
authorities.
Not being experts on international law, it nevertheless
seems to us that the only recourse not yet considered by the defenders of the
detainees is the Cuban justice. In fact, the treaty establishing the military
naval base of Guantanamo in 1903 explicitly recognizes the ³eminent sovereignty²
of the Republic of Cuba on the territory of the naval base. The judicial body of
the Republic of Cuba should open an inquiry on illegal detention against the
USA. Even if this has no immediate practical consequences, it would add some
additional weight to the legal and political universal fight against the
guantanamo scandal.
Based in France, the Collectif guantanamo would like
to attract some attention to the fate of 7 French Guantanamo detainees: 4 have
been freed last summer from guantanamo to be then jailed in France. The case
held against them seems rather thin to us. Once again France has distinguished
itself: it is in fact the only European country having accepted the conditions
imposed by Washington to Œfree¹ its nationals, i.e. to imprison them in their
own country. All the other countries have freed their nationals: Great Britain,
Denmark, Sweden, Spain and even Russia. Morocco has also decided to prosecute on
its territory 5 repatriated Guantanamo detainees, but their trial drags on from
one adjournment to the next in Casablanca, where the justice seems to be torn
between the consideration of the injunctions from Washington - by means of the
Royal Palace - and the determination of a lack of proof and serious evidence
hinting at the guilt of the accused.
As for the 3 French prisoners still
detained at Guantanamo, the least we can say is that the French Government does
not seem to be in a hurry to obtain their repatriation, surely because it knows
quite well there would be no reason to prosecute them, and once repatriated, it
would thus be forced to purely and simply set them free, much to the dislike of
Washington.
In conclusion, the Collectif Guantanamo can only launch an
appeal to the public opinion, to the organized grassroots movements, to states
concerned by law, to act so that the Guantanamo scandal should stop.
So
we appeal to the sense of righteousness and to the conscience of the Cuban and
French policy makers.
We remain at the disposal of everyone wishing to
contribute to any initiative aimed at throwing light into this dark
hole.
The Collectif guantanamo France, 10 janvier 2005
-> Collectif guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris. tél. 00 33 6
13 99 28 86
-> Email : collectif.guantanamo@gwadaoka.org
-> Websites
: http://quibla.net
and http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm
->
In order to receive the Chronique de guantanamo, published in French the
1st and the 15th of every month, please write to us
!
Comunicato del Collettivo guantanamo Francia in occasione
del 3° anniversario del campo di concentrazione
Lunedì 10 gennaio
2005
La più lunga e più grande presa di ostaggi del XXI° secolo entra nel suo
quarto anno : guantanamo, un offesa al diritto ed alla
sovranità
Questo 10 gennaio 2005, la detenzione da parte degli
USA di 545 cittadini di una quarantina di paese nel campo di concentrazione di
guantanamo, situato su sul territorio della repubblica di Cuba, entra nel suo
quarto anno. Nel tempo, 202 altri prigionieri sono stati rimpatriati dal
campo.
Questo termine ³di campo di concentrazione² non è stato
inventato né dai nazisti né dai dirigenti sovietici, ma dalle autorità reali
spagnole su questo stesso territorio di Cuba 120 anni fa, quando hanno rinchiuso
contadini e guerriglieri in lotta contro l'occupazione coloniale. L'espressione
spagnola è stata tradotta in tedesco dalle autorità coloniali tedesche nel
Sud-ovest africano, quindi dalle autorità coloniali britanniche in Sudafrica.
Guantanamo si iscrive in questa tradizione sinistra, alla quale l'Impero del
Bene porta innovazioni terrificanti, in particolare l'impiego della tortura
detta ³leggera² (³light²).
SI HA il diritto qualificare la detenzione
³dei combattenti nemici-alieni-illegali² a guantanamo di presa di ostaggi ? Sì,
per molte ragioni:
1° - gli uomini deportati a guantanamo sono stati
per una parte letteralmente rapiti sul territorio afgano da miliziani del
generale ouzbeco Rachid Dostom, un criminale di guerra avverato, e rimessi
contro pagamento all'esercito US; per un'altra parte, sono stati rapiti dai
servizi di sicurezza pakistani sul territorio sovrano del Pakistan e rimessi
all'esercito US senza alcuno rispetto per le procedure legali d'estradizione in
vigore in questo paese.
2° - nessuna delle clausole delle Convenzioni di
Ginevra sul trattamento dei prigionieri di guerra è stata rispettata dalle
autorità US.
3° - le autorità US rifiutano di piegarsi all'ingiunzione
della più alta istanza giudiziaria US, la Corte suprema, che, con una sentenza
emessa il 28 giugno 2004, ha ordinato che i prigionieri abbiano la possibilità
di rimettere in discussione la loro detenzione dinanzi ad una giurisdizione
ordinaria US. Per mascherare questo dispetto del diritto, hanno creato un organo
senza alcuna base legale, ³il tribunale d'esame dello statuto di combattente²,
che ha ³giudicato² la maggior parte dei prigionieri ed ha deciso il loro
mantenimento in detenzione. Due soli prigionieri sono stato ³giudicato²
liberabili.
Questi ultimi giorni, il potere esecutivo US ha varcato una
nuova frontiera, designando come Attorney General - ministro federale di
Giustizia - Alberto Gonzales, autore di memorandum indirizzati alla Casa bianca
e che raccomandavano l'impiego della tortura sui ³terroristi² catturati in Iraq
ed altrove. I fatti gravi di tortura sui prigionieri di Abu Ghraïb in Iraq,
rivelati da fotografie ³scandalose², sono strettamente legati al campo di
concentrazione di guantanamo. In effetti, i poliziotti militari accusati per Abu
Ghraïb non hanno fatto che obbedire agli ordini dei servizi informazioni
incaricati degli interrogatori dei prigionieri. Questa collaborazione tra
custodi ed ³investigatori² è stata instaurata innanzitutto a guantanamo prima di
essere applicata su ordine del generale Geoffrey Miller, diventato responsabile
delle prigioni US in Iraq dopo essere stato responsabile del campo di
guantanamo.
I prigionieri di guantanamo sono stati torturati, secondo
prove di molti prigionieri - i prigionieri britannici oggi liberi e
l¹Australiano David Hicks ed il Britannico Moazzam Begg, sempre prigionieri -,
ma la tortura peggiore al loro incontro è l'incertezza totale quando alla loro
sorte nella quale sono mantenuti. Tutto contribuisce a pensare che le autorità
US abbiano l'intenzione di conservare questi ostaggi a vita, durante almeno i 30
prossimi anni.
Questa detenzione di massa è una violazione dell'insieme
del diritto internazionale che regolamenta non soltanto i diritti umani ed il
diritto umanitario, ma anche le relazioni tra stati sovrani. Quali sono i
ricorsi possibili contro questo scandalo, qualificato dagli esperti di ³buco
nero giuridico²? Ce ne sono pochi. Il ricorso alla Corte penale internazionale,
alla Corte internazionale di giustizia o alla Corte interamericana dei diritti
umani sembra quasi escluso per difetti di competenza, a meno che gli Stati
membri delle Nazioni Unite chiedano un parere consultivo alla Corte
internazionale di giustizia dell¹'Aia. È con cognizione di causa che gli USA
hanno scelto il campo di guantanamo, sapendolo al riparo dalle istanze
giudiziarie universali.
Non essendo specializzati del diritto
internazionale, ci sembra tuttavia che il solo ricorso non ancora sfruttato dai
difensori dei prigionieri è la giustizia cubana. In effetti, il trattato
d'accordo che instaura la base militare navale di guantanamo nel 1903 riconosce
espressamente la ³sovranità eminente² della repubblica di Cuba sul territorio
della base. La giustizia della repubblica di Cuba dovrebbe dunque aprire
un'indagine per ³sequestro illegale² contro gli USA. Anche se ciò non avrebbe
alcuna conseguenza pratica immediata, ciò darebbe un peso supplementare alla
lotta giudiziaria e politica universale contro lo scandalo di
guantanamo.
Essendo basato in Francia, il Collettivo guantanamo vuole
infine richiamare l'attenzione sulla sorte dei 7 prigionieri francesi di
guantanamo: 4 di loro sono stati ³liberati² l'estate scorsa da guantanamo per
essere immediatamente imprigionati in Francia. La cartella delle imputazioni
contro di loro ci sembra per lo meno leggera. Ancora una volta, la Francia si è
distinta: è in effetti il solo paese europeo che ha accettato le condizioni
imposte da Washington per ³liberare² i suoi cittadini, cioè di imprigionarli nel
loro paese. Tutti gli altri paesi hanno rimesso in libertà i loro cittadini: la
Gran Bretagna, la Danimarca, la Svezia, la Spagna e persino la Russia. Il
Marocco anche lui ha deciso di proseguire sul suo suolo 5 prigionieri
rimpatriati da guantanamo, ma il loro processo si trascina di riporto in riporto
a Casablanca, dove la giustizia sembra così divisa tra il rispetto delle
ingiunzioni di Washington, tramite il palazzo reale, e la constatazione di una
carenza di prove e di indici seri di una colpevolezza qualsiasi degli imputati.
Quanto ai tre prigionieri francesi ancora rinchiusi a guantanamo, il
meno che si possa dire, è che il governo francese non sembra aver fretta di
ottenere il loro rimpatrio, certamente con ciò che sa molto bene che non ci
sarebbe luogo di proseguirli, una volta rimpatriati e che sarebbe dunque
costretto a rimetterli puramente e semplicemente in libertà, cosa che
dispiacerebbe a Washington.
Per concludere, il Collettivo guantanamo può
soltanto lanciare un appello generale all'opinione, alle società civili
organizzate, agli stati interessati del diritto, di prendere fatto e causa per
il diritto agendo perché cessi lo scandalo di guantanamo.
Chiamiamo
dunque, in particolare, al senso del diritto ed alla coscienza dei responsabili
cubani e francesi.
Restiamo a disposizione di ogni gruppo o individuo
disposto a contribuire a qualsiasi iniziativa tale da mettere luce in questo
buco nero.
Il Collettivo guantanamo Francia, 10 gennaio
2005
Collettivo guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris. tel. 00 33 6
13 99 28 86
Courriel: collectif.guantanamo@gwadaoka.org
Siti
web: http://quibla.net e http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm
Per
ricevere la cronaca di guantanamo, pubblicata ogni 1° ed i 15° di ogni mese,
scrivere al Collettivo all'indirizzo indicato.
Mitteilung des Kollektiv Guantanamo Frankreich
Montag,
den 10. Januar 2005
Zur sofortigen Veröffentlichung und Verbreitung
Im
Falle einer Veröffentlichung bitten wir Sie darum, uns über die email Adresse
collectif.guantanamo@gwadaoka.org zu
informieren. Wir bedanken uns im Voraus.
Die längste und grösste
Geiselnahme des 21. Jahrhunderts geht in ihr 4. Jahr über : Guantanamo, ein
Gesetzesbruch und eine Verletzung der Souveränität
An diesem 10. Januar
2005 beginnt das vierte Jahr der Gefangenschaft von 545 Bürgern aus etwa 40
Staaten, die im Konzentrationslager von Guantanamo, das sich auf dem Gebiet der
Republik Kuba befindet, von den USA festgehalten werden. Im Laufe der Zeit
durften 202 Gefangene das Lager verlassen und in ihre jeweilige Heimat
zurückkehren.
Die Bezeichnung “Konzentrationslager³ ist nicht etwa eine
Erfindung der Nazis oder der sowjetischen Anführer, sondern eine Erfindung der
königlich-spanischen Befehlshaber auf eben diesem kubanischen Territorium, als
sie vor etwa 120 Jahren Bauern und Guerillakämpfer einsperrten, die sich gegen
die Kolonialherrschaft auflehnten. Der spanische Begriff wurde von den deutschen
Kolonialmächten in Süd-West-Afrika ins deutsche übersetzt und dann von den
britischen Kolonialmächten in Südafrika übernommen. Guantanamo ist eine weitere
Etappe auf dieser finsteren Liste, doch das Reich des Guten hat erschreckende
Neuerungen eingeführt, zum Beispiel den Gebrauch der sogenannten leichten
(“light³) Folter.
Haben wir das Recht, die Gefangenschaft von “illegalen
feindlichen Kämpfern³ in Guantanamo als Geiselnahme zu bezeichnen? Ja, und das
aus mehreren Gründen:
1. Ein Teil der nach
Guantanamo verschleppten Menschen wurden buchstäblich auf dem afghanischen
Territorium gekidnappt von den Milizen des uzbekischen Generals Rachid Dostom,
bewiesenermassen ein Kriegsverbrecher, und gegen Bezahlung der amerikanischen
Armee ausgehändigt; ein anderer Teil wurde von den pakistanischen
Sicherheitsbehörden auf dem souveränen Staatsgebiet Pakistans gekidnappt und der
amerikanischen Armee übergeben, ohne Beachtung der juristischen
Auslieferungsbestimmungen, die in diesem Land gelten.
2.
Keine der Klauseln der Genfer Konvention über die Behandlung von
Kriegsgefangenen wurde von den amerikanischen Behörden respektiert.
3. Die amerikanische Obrigkeit weigert sich, den Befehlen
der höchsten gerichtlichen Instanz der USA, dem Obersten Gerichtshof, Folge zu
leisten, die in einem Urteil vom 28. Juni 2004 bestimmt hat, dass die Gefangenen
gegen ihre Haft vor einem gewöhnlichen amerikanischen Gericht Einspruch einlegen
könnten. Um diese Missachtung des Rechts zu vertuschen, haben sie ein Organ
geschaffen, ohne jegliche rechtliche Wirksamkeit, das “Tribunal zur Überprüfung
des Kämpferstatus³, das die meisten Gefangenen “verurteilt³ hat und darüber
entschied, sie müssten weiterhin in Gefangenschaft verweilen. Nur zwei
Gefangenen wurden als freizulassen “beurteilt³.
In den letzten Tagen hat die
amerikanische Exekutive mit ihrer Nominierung von Alberto Gonzales zum Attorney
General ( Bundesjustizminister) eine weitere Grenze überschritten. Dieser ist
der Verfasser mehrerer Memoranden an das Weisse Haus, in denen er den Gebrauch
der Folter an gefangenen “Terroristen³ in Afghansitan, auf Guantanamo und im
Irak und anderswo empfiehlt. Die schwerwiegenden Folterungen an den Gefangenen
von Abu Ghraïb im Irak, die anhand von skandalösen Fotos ans Tageslicht kamen,
sind eng mit dem Konzentrationslager von Guantanamo verbunden. Tatsächlich haben
die für die Vorfälle in Abou Ghraïb verurteilten Militärpolizisten nur den
Befehlen der Geheimdienstmitarbeiter gehorcht, die mit den Befragungen der
Gefangenen betraut waren. Diese Zusammenarbeit zwischen Aufsichts-und
Befragungspersonal wurde zuallererst in Guantanamo eingeführt, bevor sie auf
Befehl von General Geoffrey Miller, ehemaliger Verantwortlicher des Lagers in
Guantanamo und neuer Verantwortlicher der amerikanischen Gefängnisse im Irak,
auch in seinem neuen Wirkungsbereicht angewendet wurde.
Die Gefangenen von
Guantanmo wurden gefoltert, nach Aussagen mehrerer Gefangener sowohl die der
heute befreiten britischen Gefangenen als auch die der immer noch gefangenen,
des Australiers David Hicks und des Briten Moazzam Begg doch die schlimmste
Folter, die man ihnen antun kann ist die völlige Unsicherheit über ihr
Schicksal, in der sie gehalten werden. Alles lässt darauf schliessen, dass die
amerikanischen Behörden wohl die Absicht haben, diese Geisel auf Lebenszeit
festzuhalten, zumindest aber für die nächsten dreissig Jahre.
Diese
Massengefangenenhaltung ist eine Verletzung des gesamten internationalen Rechts,
das nicht nur die Menschenrechte und die humanitären Rechte regelt, sondern auch
die Beziehungen zwischen souveränen Staaten. Welche Massnahmen kann man gegen
diesen Skandal ergreifen, der von den Experten als “juristisches schwarzes Loch³
bezeichnet wird? Es gibt nur wenige Möglichkeiten. An den Internationalen
Strafgerichtshof, den Internationalen Gerichtshof oder an den
Interamerikanischen Gerichtshof für Menschenrechte zu appellieren scheint wegen
mangelnder Zuständigkeit ausgeschlossen, ausser die Mitgliedsstaaten der
Vereinten Nationen verlangen eine Einschätzung vom Internationalen Gerichtshof
in Den Haag. Das Lager von Guantanamo war also von den USA wissentlich gewählt,
da sie dieser Standort vor den universellen gerichtlichen Instanzen
schützt.
Wir sind zwar keine Experten des internationalen Rechts, doch es
scheint uns, als wäre die einzig mögliche Verteidigung der Gefangenen, auf die
bisher noch nicht zurückgegriffen wurde, die kubanische Justiz.
In der Tat
erkennt die Vereinbarung bei der Schaffung des Marinestützpunkts Guantanamo von
1903 ausdrücklich “die eminente Souveränität³ der Republik Kuba auf dem Gebiet
der Basis an. Die Generalstaatsanwaltschaft der Republik Kuba müsste also ein
Verfahren gegen die USA wegen “illegaler Freiheitsberaubung³ eröffnen. Auch wenn
dies keine sofortigen praktischen Konsequenzen hätte, würde dies doch bei einem
universellen gerichtlichen und politischen Kampf gegen den Guantanamoskandal ins
Gewicht fallen.
Da das Kollektiv Guantanamo in Frankreich tätig ist, möchten
wir schliesslich auf das Schicksal der sieben französischen Inhaftierten von
Guantanamo aufmerksam machen: vier von ihnen wurden letzten Sommer in Guantanamo
“freigelassen³, nur um sofort in Frankreich inhaftiert zu werden. Die Anklagen,
die gegen sie erhoben werden, erscheinen uns recht dünn. Wieder einmal nimmt
Frankreich eine besondere Stellung ein: Frankreich ist in der Tat das einzige
europäische Land, das die von Washington auferlegten Bedingungen zur “Befreiung³
seiner Staatsbürger akzeptiert hat, nämlich sie in ihrem eigenen Land
einzusperren. Alle anderen Länder haben ihre Staatsbürger in die Freiheit
entlassen: Grossbritannien, Dänemark, Schweden, Spanien und sogar Russland.
Marokko hat sich ebenfalls dazu entschieden, seine heimgekehrten Gefangenen aus
Guantanamo gerichtlich zu verfolgen, doch die Prozesse werden in Casablanca
immer wieder verschoben und die Justiz scheint hin und hergerissen zwischen dem
königlichen Hof einerseits, der die von Washington auferlegten Bedingungen
beachten möchte, und zwischen mangelnden Beweisen und Indizien einer wie auch
immer gearteten Schuld der Angeklagten andererseits.
Was die drei restlichen
französischen Gefangenen von Guantanamo betrifft, kann man nur sagen, dass die
französische Regierung es scheinbar nicht eilig hat, ihre Rückkehr
voranzutreiben, wahrscheinlich weil sie ganz genau weiss, dass es keinen Grund
gäbe, sie nach ihrer Rückkehr gerichtlich zu verfolgen und dass sie sie ganz
einfach freilassen müsste, was wiederum Washington missfallen würde.
Das
Kollektiv Guantanamo kann nur einen allgemeinen Appel aussenden an die
öffentliche Meinung, an die organisierten zivilen Gesellschaften, an die
Staaten, die um Recht und Ordnung besorgt sind, sich dafür einzusetzen, das der
Skandal Guantanamo endlich ein Ende findet.
Wir appellieren also an den
Gerechtigkeitssinn und an das Gewissen der kubanischen und französischen
Verantwortlichen.
Kollektiv Guantanamo Frankreich, 10. Januar
2005
Kollektiv Guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris
Tel.: 00 33 6 13
99 28 86
Email : collectif.guantanamo@gwadaoka.org
Webseiten :
http://quibla.net und http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm
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2°
Fausto Giudice
président du Collectif guantanamo France
11 janvier
2005
Ce qu¹ils entendent par ³torture light²
À propos du troisième anniversaire du camp de
Guantanamo
« La possibilité, pour le
pouvoir exécutif, de jeter un homme en prison sans formuler aucune charge
reconnue par la loi contre lui, et notamment de lui refuser le jugement par ses
pairs, est odieuse au plus haut degré et elle est le fondement de tout
gouvernement totalitaire, qu¹il soit nazi ou communiste. » Winston Churchill
« Aucune circonstance exceptionnelle que ce
soit, ni un état ou une menace de guerre, ni une instabilité politique interne
ni aucune autre urgence publique, ne peut être invoquée pour justifier la
torture. » Convention des Nations unies contre la torture, Article 2,
Section 2
À guantanamo, on n¹utilise pas la gégène pour infliger des
secousses électriques aux détenus, comme on le fait un peu partout dans le
monde, comme on le faisait (et le fait encore) en Algérie, on ne pratique pas la
³falaka² comme en Grèce, en Turquie, en Tunisie et ailleurs, on ne fait pas
s¹asseoir les détenus sur des bouteilles brisées. Non, rien de tout cela. À
guantanamo, on pratique la ³torture light² et les médias anglo-US utilisent
généralement à ce sujet l¹expression ³allégations d¹abus². Mais le but des
tortures infligées aux détenus de guantanamo - comme celles infligées aux
détenus d¹Abou Ghraïb, est le même : briser les hommes emprisonnés, casser
définitivement leur résistance et leur volonté de vivre.
La torture est
une arme de guerre contre les combattants qui n¹entrent pas dans la logique
bureaucratique et civilisatrice de la machine de guerre impériale. Contre les
combattants et tous ceux qui sont suspects de l¹être. Oh bien sûr, cela n¹est
jamais affirmé. Officiellement, il s¹agit d¹extraire des ³informations vitales²
visant à empêcher que de nouveaux actes terroristes soient commis. Cet argument
est uniquement pour la galerie, car même un enfant peut comprendre qu¹un homme
détenu au secret depuis 3 ans ne pourra plus jamais fournir des informations
exploitables. Mais il pourra être forcé à inventer des projets et complots, à
³avouer² des crimes imaginaires. Et ainsi la torture s¹en trouvera justifiée.
Les formes de torture recensées à guantanamo, comme celles révélées à
Abou Ghraïb, visent à ³attendrir² ou ³préparer² les ³clients² avant leurs
interrogatoires. Les US ont donc innové dans le domaine de la culture carcérale,
en instaurant une collaboration étroite et une complémentarité entre le
personnel chargé du gardiennage (policiers militaires, souvent anciens gardiens
de prison dans le civil et membres de la Garde nationale) et le personnel chargé
des interrogatoires (CIA, FBI, services de renseignement militaires US et de
certains pays d¹origine des détenus, et enfin personnel civil appartenant à des
entreprises privées ayant conclu des contrats de sous-traitance avec le
Pentagone).
Une des bibles utilisées par les tortionnaires a été un
livre d¹un obscur professeur yankee sur la psychologie musulmane, où ils ont
puisé des idées sur la meilleure manière d¹humilier et de tenter de briser des
résistants -ou supposés tels - musulmans. Ce qui a conduit à certaines
innovations, parfois inspirées des méthodes pratiquées par les Israéliens.
Ainsi, des témoignages de prisonnières palestiniennes font état de viols, dûment
filmés et photographiés. Lorsque les victimes sont remises en liberté, les
tortionnaires leur disent simplement : « Si tu parles, on envoie les vidéos
ou les photos à ta famille. » À guantanamo, on n¹a pas été jusque-là. mais
on pratiqué des ³traitements² tout aussi pervers.
Deux exemples :
-> un détenu est déshabillé, enveloppé dans un grand drapeau
israélien, enchaîné au sol et soumis pendant des heures à des lumières
stroboscopiques (comme dans les discothèques) et à une musique assourdissante.
Objectif : la déprivation sensorielle. La victime, déjà isolée depuis des
années, coupée du monde et même de ses codétenus, perd ses repères. Quand elle
craque, elle est prête à signer n¹importe quoi.
-> les
gardiens ont fait défiler des prostituées quasiment nues devant les détenus
enfermés dans des cages. Comble de la provocation, une des prostituées a jeté au
visage d¹un détenu - sélectionné - une serviette hygiénique imprégnée de sang
menstruel. Une humiliation inqualifiable, et pas seulement pour un musulman
pieux, mais pour n¹importe quel homme.
Et puis, il y a le grand
classique : la privation de sommeil et la rupture forcée des cycles normaux de
veille et de sommeil. Cette forme de torture apparemment anodine pour qui ne l¹a
pas vécue a des effets dévastateurs sur la santé psychique et physique des
victimes. Des anciens détenus privés de sommeil en souffrent encore, dix ou
vingt ans plus tard.
Les enquêtes diligentées par le Pentagone pourront
éventuellement conduire à l¹inculpation de quelques exécutants, comme cŒest le
cas pour Abou Ghraïb, mais elles ne voudront jamais reconnaître que ces
exécutants n¹agissent jamais de leur initiative mais sur ordre. Évidemment, les
donneurs d¹ordre se gardent bien de laisser traîner des traces écrites de ces
ordres, qui sont généralement verbaux. C¹est pourquoi les mémorandums adressés à
la Maison blanche par Alberto Gonzales, conseiller juridique de Bush devenu
ministre le Justice, sont si importants : ils prouvent noir sur blanc que les
ordres venaient de très haut, du sommet même de la hiérarchie, le Président en
personne, ou que, du moins, celui-ci était parfaitement au courant de ce qui se
passait à guantanamo, à Abou Ghraïb, Bagram, Diego Garcia et ailleurs.
Ainsi Gonzales écrivait dès le 25 janvier 2002, soit 15 jours après
l¹inauguration du camp de guantanamo : « [La lutte contre le terrorisme]
rend obsolètes les strictes limitations apportées par les Convention des Genève
aux interrogatoires de prisonniers ennemis, et rend désuètes certaines de leurs
dispositions. » Douze jours plus tard, Bush signe un ordre par lequel il
s¹arroge le droit de suspendre l¹application des Conventions de Genève dans le
présent conflit (en Afghanistan et donc, à guantanamo) et dans les conflits à
venir (l¹Iraq).
Un Président couvrant des crimes contre l¹humanité perd
toute légitimité. Mais il ne risque pas grand-chose. Dans l¹Amérique
pseudo-puritaine et soi-disant politiquement correcte, une fellation administrée
au Président dans le bureau ovale par une stagiaire ambitieuse est autrement
plus grave et condamnable qu¹un peu de ³torture light² administrée à d¹obscurs
barbares barbus. Loin des yeux, loin du c¦ur...
On peut lire le
communiqué du Collectif guantanamo du 10 janvier 2005 à l¹occasion du troisième
anniversaire du camp de guantanamo sur le site http://quibla.net
Pour recevoir le 1er et
le 15 de chaque mois la Chronique de guantanamo, écrire à
collectif.guantanamo@gwadaoka.org
--------
3° -
AVEZ-VOUS ENTENDU PARLER DE GUANTANAMO
?
BIEN SÛR, DIREZ-VOUS.
MAIS QU¹EN SAVEZ-VOUS EXACTEMENT
?
Présentation de la Chronique de
guantanamo,
publiée par le Collectif guantanamo France
« Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé
»
Article 9 de la Déclaration universelle des Droits de
l¹Homme.
La CHRONIQUE DE
GUANTANAMO est une ³newsletter² électronique publiée par le Collectif
guantanamo, lancée en février 2003. Depuis avril 2004, elle paraît 2 fois par
mois, le 1er et le 15 du mois. Elle entre aujourd¹hui dans sa troisième année.
En 23 mois, nous avons constitué la plus importante base de données en langue
française sur guantanamo, soit l¹équivalent d¹une dizaine de livres de 220
pages, accessible à tous ceux qui savent lire sur 2 sites web. Nous entendons
continuer, élargir et approfondir ce travail. Mais cela ne sera pas possible
sans vous.
Le 10 janvier 2005,
cela fera 3 ans que 545 hommes de 40 pays sont détenus illégalement par les USA.
202 autres ont été libérés, dont une partie ont été emprisonnés dans leur pays.
Exiger qu¹ils soient libérés ou jugés équitablement nous semble naturel. Ce
n¹est pas l¹avis de la Maison blanche et du Pentagone, qui ignorent depuis 6
mois un verdict de la Cour suprême US ordonnant que ces prisonniers aient la
possibilité de remettre en cause leur détention devant une juridiction
ordinaire.
Le Collectif
guantanamo a été créé en France en février 2003. Cette association a pour but
d¹organiser une campagne mondiale d¹information et de solidarité pour défendre
les droits de toutes les personnes détenues par les USA comme ³combattants
ennemis illégaux² à Guantanamo, Bagram et ailleurs.
Son appel fondateur, ³guantanamo : premier camp
de concentration off shore de l¹Empire !², peut être lu en 9 langues [ allemand,
anglais, arabe, créole, danois, espagnol, français, russe, suédois ] en allant à
: http://www.gwadaoka.org/guantanamo_appel_fr.htm
Son outil principal est le travail d¹information.
Le Collectif publie des informations sur la ³galaxie guantanamo² à un rythme
quasi-quotidien sur deux sites internet. Ces informations sont reprises et
diffusées tous les 15 jours dans une lettre électronique appelée CHRONIQUE DE
GUANTANAMO. Si vous voulez lire, puis vous abonner à cette CHRONIQUE , il suffit
de nous envoyer un mailà collectif.guantanamo@gwadaoka.org
Cette Chronique contient donc toutes les
informations publiées au jour le jour sur les sites http://quibla.net et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm
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15 DE CHAQUE MOIS,
ENVOYEZ UN MAIL INTITULÉ : ³OUI, JE M¹ABONNE !² À :
collectif.guantanamo@gwadaoka.org.
Signalez-nous si vous souhaitez apporter une contribution
financière. Nous vous indiquerons coment procéder.
Nos v¦ux pour 2005 sont simples, clairs et nets :
le Pentagone et la Maison blanche doivent libérer les 545 otages détenus
illégalement sur la base yankee de guantanamo depuis le 10 janvier 2002. Ou au
moins, ils doivent respecter la sentence émise en juin 2004 par la Cour suprême
US, stipulant que les détenus ont le droit de remettre en cause leur détention
devant une juridiction ordinaire. Le martyre des hommes enfermés dans le premier
camp de concentration off shore de l¹Empire, entrera le 10 janvier dans sa
quatrième année. C'est une insulte à l¹humanité. Pensez à eux !
Merci de votre attention
pour le Collectif
guantanamo,
le président
Fausto Giudice
1er janvier 2005 /20 Dhul
Qa¹dah 1425
PS : NOTRE TRAVAIL ÉTANT TOTALEMENT
BÉNÉVOLE, TOUTE CONTRIBUTION FINANCIÈRE VOLONTAIRE EST LA BIENVENUE. EN NOUS
SIGNALANT VOTRE ABONNEMENT, INDIQUEZ-NOUS ÉVENTUELLEMENT SI VOUS SOUHAITER
VERSER UNE CONTRIBUTION. NOUS VOUS INDIQUERONS ALORS COMMENT PROCÉDER. MERCI
D¹AVANCE.
-> Collectif
guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris - Tél. 00 33 (0)6 13 99 28
86,
Courriel : collectif.guantanamo@gwadaoka.org
Sites web : http://quibla.net et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm
3ème année
- N° 1 - 1er janvier 2005
Publication bimensuelle du Collectif guantanamo, 5 rue de
Douai, 75009 Paris
Tél. 00 33 (0)6 13 99 28 86 € Courriel : collectif.guantanamo@gwadaoka.org
Cette Chronique
contient toutes les informations publiées au jour le jour sur les sites http://quibla.net et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm
Nos v¦ux pour 2005 sont simples, clairs et
nets : le Pentagone et la Maison blanche doivent libérer les 545 otages détenus
illégalement sur la base yankee de guantanamo depuis le 10 janvier 2002. Ou au
moins, ils doivent respecter la sentence émise en juin 2004 par la Cour suprême
US, stipulant que les détenus ont le droit de remettre en cause leur détention
devant une juridiction ordinaire. Le martyre des hommes enfermés dans le premier
camp de concentration off shore de l¹Empire, entrera le 10 janvier dans sa
quatrième année. C'est une insulte à l¹humanité. Pensez à eux
!
LES INFORMATIONS SONT CLASSÉES EN ORDRE CHRONOLOGIQUE
DÉCROISSANT
28/12/04 - À Rabat, le procès d¹Abdallah Tabarak
renvoyé au 3 janvier
Abdallah Tabarak, un Marocain de 49
ans, soupçonné d'avoir été un garde du corps d'Oussama Ben Laden, a comparu
libre lundi devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Rabat.
Tabarak
fait partie d'un groupe de cinq Marocains transférés en août dernier de
guantanamo vers le Maroc. Interpellés fin 2001 en Afghanistan, les cinq hommes,
tous barbus et affichant leurs convictions religieuses, comparaissent notamment
pour "appartenance à une bande criminelle en relation avec une entreprise
terroriste" et "atteinte à la sûreté de l'État". Ils encourent théoriquement la
peine de mort, qui n'est plus exécutée au Maroc depuis 1993.
A l'issue d'une
audience d'une heure, placée sous haute surveillance policière, le procès a été
renvoyé au 3 janvier.
Souriant, vêtu d'une djellaba bleue et coiffé d'un
kemis (calotte traditionnelle marocaine portés par les plus religieux), Tabarak
a caressé sa barbe en écoutant ses avocats plaider la remise en liberté de deux
de ses complices présumés, lors d'une audience de procédure.
Présenté par les
enquêteurs US et marocains comme "un proche de Ben Laden", Tabarak aurait
couvert la fuite du chef d'Al Qaïda. Selon le journal US Washington Post,
Tabarak aurait leurré les forces US en utilisant le téléphone satellite de Ben
Laden, parti lui dans une direction opposée.
Le suspect avait été remis en
liberté provisoire à la surprise générale lors d'une première audience, le 20
décembre. Depuis, "il vit chez sa mère dans le quartier de Sebatat à
Casablanca", a expliqué son avocat, Me Abdelfettah Zarach.
"La cour a eu
raison de remettre mon client en liberté", a-t-il ajouté: "il n'a aucun lien
avec Ben Laden et il n'a jamais été son garde du corps". Anglophone et
francophone, Tabarak, ancien receveur des transports publics de Casablanca, a
voyagé en Arabie saoudite, au Soudan, au Pakistan, pour finalement s'établir en
Afghanistan où il affirme avoir donné des cours de théologie islamique.
De
petite carrure, en apparence difficilement compatible avec un travail de
protection rapprochée, Abdallah Tabarak est père de huit enfants "qui vivent
toujours avec leur mère en Afghanistan" a affirmé Me Zarach.
"Les liens
personnels de Tabarak avec Ben Laden sont clairement établis, il les a lui-même
reconnus lors de sa détention à guantanamo", a en revanche déclaré à l'AP une
source proche de l'enquête.
Les quatre autres prévenus sont Mohamed Ouzar,
Redouane Chekkouri (tous deux également remis en liberté), Brahim Benchekroun et
Mohamed Mazzouz, détenus. Ils sont également soupçonnés de liens directs avec
certains membres du Groupe islamique des combattants marocains (GICM) à qui la
justice espagnole impute l'organisation des attentats du 11 mars dernier à
Madrid.
Source : AP, 27 décembre 2004
28/12/04 - 2
nouveaux Marocains accusés en Espagne
Le juge d'instruction
espagnol Fernando Andreu a accusé deux Marocains, Majid Bakkali et Mohamed
Douha, d'appartenance à une organisation terroriste et de projet d'achat
d'explosifs destinés à la préparation d'un attentat en Espagne ou au Maroc,
a-t-on appris lundi de source judiciaire.
Les deux hommes ont été arrêtés
dans le nord-est de l'Espagne mercredi. Ils n'ont pas été officiellement
inculpés mais leur mise en accusation suggère que la justice dispose d'éléments
solides contre eux. Un troisième Marocain détenu avec eux a été remis en
liberté.
Selon le ministère de l'Intérieur, la police surveillait le groupe
depuis septembre, lorsqu'il était entré en contact avec un intermédiaire présumé
dans un pays d'Europe centrale pour acheter des explosifs.
Majid Bakkali et
Mohamed Douha ont reconnu avoir rencontré un Tchèque pour affaires mais nient
appartenir à une organisation terroriste ou avoir préparé des attentats, d'après
la même source.
Des dizaines d'islamistes radicaux présumés ont été arrêtés
en Espagne depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux USA et ceux du 11 mars
dernier à Madrid, qui ont fait 191 morts et plus de 1.800 blessés.
Source :
AP, 27 décembre 2004
25/12/04 - Ottawa fait le black-out sur
l¹affaire Maher Arar
Le gouvernement fédéral canadien a été
sévèrement critiqué par le juge Dennis O¹Connor, qui dirige l¹enquête publique
sur l¹affaire Maher Arar, pour avoir publié un résumé presque entièrement noirci
(censuré) des témoignages de neuf membres des services de renseignement
canadiens devant la commission d¹enquête. Dans le communiqué ci-dessous, la
Ligue des droits et libertés demande la divulgation des faits
La Ligue des
droits et libertés dénonce le fait qu¹un premier résumé, rédigé par la
Commission, qui devait permettre au public de mieux comprendre les enjeux
débattus lors des audiences à huis-clos, a été grossièrement expurgé par les
avocats du gouvernement fédéral. Ce matin, la Commission devait rendre public un
résumé de 10 pages de la preuve présentée à huis-clos. La Ligue des droits et
libertés presse le gouvernement fédéral de rendre publique les éléments de
preuve reliés à l¹affaire Arar afin que le public sache véritablement ce qui est
advenu à ce citoyen canadien qui a été déporté vers la Syrie pour y être
interrogé et torturé. Le gouvernement fédéral doit cesser son obstruction
systématique, via ses avocats, au bon déroulement de l¹enquête publique de la
Commission d¹enquête sur les actions des responsables canadiens relativement
à Maher Arar.
La Commission tient des audiences à huis-clos depuis
juillet dernier suite aux objections répétées des avocats du gouvernement
prétextant la protection de la sécurité nationale. En réalité, le comportement
du Procureur général du Canada consiste en une stratégie d¹obstruction au
déroulement normal d¹une commission d¹enquête publique. Les services secrets ont
un intérêt évident à cacher leur responsabilité dans cette affaire.
La
Ligue des droits et libertés est consternée de constater que le
gouvernement n¹accepte pas que les réponses complètes données par le SCRS
[Service canadien du renseignement de sécurité] et la GRC [gendarmerie royale du
Canada] soient incluses dans le résumé expurgé. Nous trouvons inacceptable que
le gouvernement retienne la divulgation d¹informations qui pourraient être
favorables à Maher Arar.
Pourtant, de l¹avis du Juge O¹Connor, ce résumé
minimaliste des faits ne porte pas préjudice à la sécurité nationale. En
agissant ainsi, non seulement le gouvernement renie-t-il sa décision de tenir
une commission d¹enquête publique mais de plus, il sape la crédibilité de la
Commission.
La Ligue des droits et libertés enjoint le gouvernement
fédéral, particulièrement madame Anne McLellan (Sécurité publique) et monsieur
Geoff Regan (Procureur général désigné), à accorder une coopération
complète et immédiate à l¹enquête. De même, monsieur Paul Martin [Premier
ministre] devra assumer la responsabilité ultime de cette tentative de
camouflage. Ce gouvernement, qui a ordonné la tenue d¹une enquête publique, se
doit maintenant d¹en garantir la transparence.
Pour tout renseignement :
Denis Barrette, avocat conseil pour la Ligue des droits et libertés et la
Coalition pour la surveillance internationale des libertés
civiles
Téléphone : (514) 258-3945, courriel : dbarrette@vif.com
Source : Ligue des droits et
libertés, Montréal, 20 décembre 2004
25/12/04 - « Oh mon
Protecteur, nos ventres son pleins d'enfants, fruits de viols commis sur nos
personnes » : lettre de Fatima, prisonnière à Abou
Ghraïb
Fatima est la s¦ur d¹un commandant de
la résistance islamique iraquienne. Elle a été arrêtée par les occupants qui ne
parvenaient pas à trouver son frère. Elle est enfermée dans la prison d¹Abou
Ghraïb, d¹où elle a pu faire sortir cette lettre.
« Au nom d'Allah Clément et
très Miséricordieux, " Dis : Il est Allah, Unique. Allah, Le Seul à être
imploré pour ce que nous désirons. Il n'a jamais engendré, n'a pas été engendré
non plus. Et nul n'est égal à Lui » (Sourate La loyauté, 112).
J'ai choisi
cette sourate du Noble Livre de notre Seigneur,
parce que c'est elle qui me
bouleverse le plus et vous
touchera le plus, c'est cette sourate qui a la
plus
grande valeur dans le c¦ur des croyants.
Mes frères Moujahidine
dans le sentier d'Allah, que
voulez vous que je vous dise? Je vais vous dire
que nos
ventres sont pleins des enfants, issus de ceux qui
nous ont
violés. Ces descendants de porcs et de singes!
Ou bien voulez vous que je
vous dise comment ils ont
mutilé nos corps, comment ils ont craché sur nos
visages,
comment ils ont détruit le Noble Livre Saint qui est dans tous nos
c¦urs! Allahou Akbar, Allah SOUBHANAHOU WA TAALA est
le plus Grand!
Est-ce que vous savez réellement ce qui se passe
ici ? Est-il vrai que vous
ne savez pas ce qui se passe ici ?
Nous sommes vos s¦urs, Allah vous jugera
demain. Je jure par Allah
qu'il n'y a pas une nuit qui n'est passée dans
cette prison
sans que les descendants des porcs et des singes ne
s'acharnent
sur nous avec des pulsions sataniques, ils s'acharnaient
sur
nous, celles d'entre nous portant virginité et pudeur par crainte d'Allah,
alors nous vous disons de craindre Allah...Tuez-nous avec eux.
Détruisez-nous avec eux. Laissez les tanks et les avions dehors et dirigez-vous
vers nous dans la prison de Abou Ghraïb.
Moi, je suis votre s¦ur en Allah,
Fatima, ils m'ont violé plus de 9 fois en un seul jour. Est ce que vous vous
rendez compte de cela? Imaginez l'une de vos s¦urs en train de se faire
violer!!! Pourquoi vous ne voulez pas l'imaginer cela pour nos cas, nous
sommes vos s¦urs en ALLAH ? Avec moi il y a 13 jeunes femmes célibataires
ici, qui sont toutes entrain d'être violées devant tout le monde.
Ils nous
ont même interdit la prière, ils nous ont mises nues, ils nous ont interdit de
mettre des vêtements. A l'heure ou je vous écris cette lettre, une jeune femme
vient de se suicider, après qu'elle a été encore une fais violée et traitée de
la façon la plus barbare. Un soldat US l'a frappée au niveau au thorax et aux
jambes après l'avoir violée, il l'a torturée comme vous ne pouvez pas
l'imaginer. Elle a commencé à frapper sa tête contre le mur jusqu'à en mourir.
Nous savons que c'est interdit en Islam de se suicider, mais moi je peux lui
trouver des excuses, et je demande à Allah swt de lui pardonner cela, car il est
le plus Clément.
Mes frères, je vous dis encore une fois, ayez crainte
d'Allah, tuez-nous avec eux, peut-être trouverons-nous le repos.« Ah Mon
Protecteur, Oh Mon Protecteur, Oh Mon Protecteur ! »
23/12/04
- De nouveaux cas de mauvais traitements infligés à des prisonniers
iraquiens
Des documents internes de l'armée américaine
dévoilent de nouveaux cas de mauvais traitements infligés par des soldats à des
prisonniers irakiens. Ils font notamment état de la mort d'un détenu dans des
circonstances suspectes et de vols d'argent lors de fouilles de maisons.
Ces
rapports d'enquête, longs de plusieurs centaines de pages, ont été obtenus par
l'Union américaine des droits civils (ACLU) en vertu de la loi américaine sur la
liberté de l'information.
L'un d'entre eux affirme qu'un soldat américain a
abattu en septembre 2003 un prisonnier irakien à Tikrit (nord de l'Irak) qui,
selon lui, tentait de s'enfuir. L'enquête a montré que le militaire n'avait pas
procédé aux sommations d'usage. Il a été dégradé mais pas inquiété
pénalement.
Dans un autre cas, un soldat a menacé de tuer un détenu lors d'un
interrogatoire s'il ne coopérait pas. Selon les enquêteurs militaire, ce genre
de pratiques peuvent être considérées comme une violation des conventions de
Genève, mais l'ACLU n'a découvert aucune trace de poursuites à l'encontre du
soldat concerné.
Enfin, des enquêteurs militaires affirment qu'un soldat
s'est tiré délibérément une balle dans le pied gauche en mai 2003 après avoir
fouillé les maisons d'insurgés irakiens. Selon eux, le soldat en question avait
volé 180.000 dinars irakiens et s'était volontairement tiré dans le pied
lorsqu'il a appris qu'une procédure disciplinaire serait engagée contre lui.
L'argent a ensuite été découvert dans son gilet pare-balles et rendu aux
Irakiens.
Ces nouvelles révélations font suite à d'autres informations,
dévoilées la semaine dernière, selon lesquelles des agents du FBI ont infligé
des sévices à des prisonniers de Guantanamo (Cuba).
Le président américain
George W. Bush exige que des enquêtes approfondies soient menées pour faire la
lumière sur ces affaires, a affirmé mardi un porte-parole de la Maison Blanche.
"Des gens doivent être tenus responsables et traînés en justice s'ils sont
impliqués dans des méfaits et des mesures de punition et de prévention doivent
être mises en place pour empêcher que cela ne se reproduise", a déclaré Scott
McClellan.
Source : AP, 22 décembre 2004
23/12/04 - Le
scandale des abus sur des prisonniers rebondit à guantanamo
Après la prison d'Abou Ghraïb en Irak, les conditions de détention des
prisonniers étrangers par l'armée américaine sont à nouveau dénoncées avec la
révélation d'abus sur la base militaire de Guantanamo (Cuba).
Un détenu
laissé sur le sol, en position f¦tale, pendant plus de 24 heures sans manger ni
boire est l'un des exemples décrits par les nouveaux documents divulgués lundi
par la plus grande organisation de défense des libertés individuelles aux
États-Unis, l'ACLU.
Ces témoignages proviennent de messages électroniques
envoyés par des agents du FBI, la police fédérale, à leur hiérarchie dans
lesquels ils témoignent de ce qu'ils ont vu et constaté à Guantanamo.
"Le
président (George W. Bush) souhaite que toutes les accusations de tortures
soient prises au sérieux, qu'une enquête complète soit menée et que des mesures
soient prises pour s'assurer que tels abus ne se reproduisent pas", a dit le
porte-parole de la Maison Blanche Scott McClellan au cours de son point de
presse quotidien.
Il a indiqué que si des personnes s'étaient mal comportées,
elles devaient être traduites en justice.
L'ACLU a obtenu auprès d'un
tribunal fédéral la divulgation de ces courriels, écrits en 2003 et 2004, en
vertu de la loi sur la liberté de l'information.
Dans l'un des e-mails,
adressé en août au directeur du FBI, Robert Mueller, un agent de la police
raconte avoir vu un détenu "laissé dans une pièce non ventilée, à une
température probablement bien supérieure à 35 degrés". Il était "quasiment
inconscient sur le sol, un tas de cheveux à côté. Il s'était apparemment arraché
sa propre chevelure durant la nuit", témoigne l'agent, dont l'identité a été
gommée.
En plus des abus et actes humiliants, les messages mettent en cause
l'attitude des enquêteurs militaires. Selon l'un d'entre eux, des enquêteurs du
département de la Défense (DoD) se sont fait passer auprès de détenus pour des
agents du FBI, jugés mieux disposés. Ainsi, "si le détenu est relâché ou si son
cas est révélé, les enquêteurs de la Défense ne seront pas tenus responsables
car ces techniques auront été mises en ¦uvre par des agents du FBI",
témoigne-t-il.
"Les méthodes adoptées par le Pentagone sont illégales,
amorales et contre-productives", a réagi Jameel Jaffer, un avocat de l'ACLU, en
jugeant "incroyable" que de telles méthodes aient pu être approuvées aux plus
hauts niveaux de l'État.
Ces révélations interviennent dans un contexte
délicat pour le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, critiqué ces dernières
semaines par des parlementaires et dont une majorité d'Américains souhaitent
désormais le départ, selon deux sondages publiés lundi.
Les conditions de
détention des quelque 550 prisonniers de Guantanamo, qui sont soupçonnés de
liens présumés avec Al Qaïda ou les talibans d'Afghanistan, restent entourées du
plus grand secret.
Elles sont cependant régulièrement critiquées par les
associations de défense de droits de l'Homme. Fin novembre, le New York Times
avait ainsi dévoilé un rapport confidentiel du Comité international de la Croix
Rouge (CICR) dénonçant un "système intentionnellement cruel et de traitements
dégradants", notamment par l'utilisation "d'actes humiliants" à l'encontre de
détenus ou leur mise "en isolement".
Le Pentagone a démenti toute
maltraitance ou torture à Guantanamo et précisé que chaque cas soulevé faisait
l'objet d'une enquête.
Il a également attribué la responsabilité des abus
commis dans les prisons militaires, notamment celle d'Abou Ghraïb en Irak, à un
petit nombre de soldats américains n'ayant pas respecté les
directives.
L'ACLU, qui indique avoir déjà reçu plus de 9.000 documents de
différentes administrations américaines, cherche désormais à en obtenir de
l'Agence Centrale du Renseignement (CIA), qui aurait disposé d'un centre de
détention, jusqu'à présent inconnu, à Guantanamo, selon le Washington
Post.
Source : AFP, 21 décembre 2004
23/12/04 - Attentats
du 11 mars en Espagne: nouvelles mises en détention
Le chef
présumé d'une cellule terroriste démantelée vendredi en Espagne, Hassan el
Haski, a été placé en détention provisoire mardi pour sa participation présumée
aux attentats du 11 mars à Madrid, par le juge Juan del Olmo, a-t-on appris de
source judiciaire.
Ce marocain de 41 ans s'est vu signifier dans la soirée un
second mandat de dépôt par un autre juge madrilène, Baltazar Garzon, pour
appartenance présumée au Groupe islamique des combattants du Maroc (GICM),
impliqué dans les attentats de mai 2003 à Casablanca (45 morts) et lié à Al
Qaïda.
Le juge Baltazar Garzon a également placé en détention provisoire un
imam marocain, Abdallah Mourib, interpellé en même temps que el Haski sur l'île
de Lanzarote, dans l'archipel espagnol de Canaries.
Deux autres Marocains
interpellés lors de la même opération de police ont été laissés en liberté par
le magistrat, fautes de charges suffisantes.
El Haski "serait intervenu dans
la conception, la préparation et aurait contribué de manière active à la
réalisation des attentats", qui ont fait 191 morts et 1.900 blessés le 11 mars
dernier à Madrid, selon l'acte de placement en détention du juge del Olmo dont
l'AFP a obtenu copie.
Il a été mis en cause par trois membres du GICM
aujourd'hui détenus en France, selon ce procès verbal.
El Haski a quitté
l'Espagne quelques jours avant les attentats de Madrid pour la France où il a
été accueilli par ces suspects quelques jours avant de se rendre probablement en
Belgique.
L'un de ces suspects, Attila Turk, qui reconnaît son appartenance
au GICM l'a décrit "comme responsable des attentats de Madrid et
Casablanca".
El Haski lui aurait confié que c'était "son groupe de Marocains
en Espagne qui avaient fait le coup" de Madrid. Devant le juge del Olmo, El
Haski a nié toute participation à des attentats et à un groupe
terroriste.
Mais dans la soirée, devant le juge Garzon, il a reconnu avoir
tenu une réunion en mars à Mantes-la-Jolie, près de Paris, avec les trois
suspects qui l'ont mis en cause, Bachir Ghoumid, Attila Turk et Fouad Charouali,
selon le procès verbal rédigé par ce magistrat.
Selon le juge Garzon, "El
Haski occupe un poste important dans la structure du GICM" depuis les
arrestations de certains de ses cadres en Belgique, en mars et juillet 2004, et
en France, les 4 et 5 avril 2004.
Son rôle dans la mouvance islamiste
européenne a été signalé par la Direction de la surveillance du territoire (DST,
contre-espionnage français) aux autorités belges qui l'ont ensuite localisé en
Espagne, avait indiqué lundi à l'AFP une source policière française.
Le juge
Garzon ne l'a toutefois pas impliqué directement dans les attentats de
Casablanca ni dans l'assassinat du cinéaste néerlandais Theo Van Gogh, le 2
novembre à Amsterdam, comme l'avait suggéré ces derniers jours la presse
espagnole.
L'implication du GICM dans l'assassinat du cinéaste et polémiste
néerlandais est "une hypothèse de travail" en l'état des investigations menées
en Europe, a indiqué lundi à l'AFP une source judiciaire française.
Ce
mouvement a été créé dans les années 1990 par d'anciens marocains engagés dans
la guerre sainte contre les troupes soviétiques en Afghanistan.
Selon les
juges espagnols, el Haski tentait de créer une nouvelle structure logistique du
GICM dans l'archipel des Canaries (ouest de la côte atlantique du Maroc), jugé
plus sûr après les coups de filets policiers menés en Europe.
Dix-neuf
personnes sont désormais détenues en Espagne pour les attentats de Madrid. Sept
autres suspects se sont donné la mort le 3 avril près de Madrid et au moins six
autres sont recherchés.
Source : AFP, 21 décembre
2004
23/12/04 - La police espagnole démantèle une cellule
islamiste qui cherchait à acheter des explosifs
La police
espagnole a démantelé une cellule islamiste qui cherchait à acheter des
explosifs en vue d'un attentat en Espagne, a annoncé le ministère de
l'Intérieur, mercredi.
Trois Marocains, identifiés comme étant Majid Bakkali,
Mohamed Douha et Abdelkader Farhaoui, ont été arrêtés dans différentes villes de
la Catalogne, dans le nord-est de l'Espagne.
Les trois hommes appartenaient à
une cellule islamiste "qui était engagé dans différentes activités conduisant à
l'achat d'explosifs, avec pour objectif des attentats terroristes dans notre
pays", précise le communiqué du ministère de l'Intérieur qui ajoute sans plus de
détails que les suspects cherchaient également à obtenir des explosifs à
l'étranger.
Des perquisitions sont en cours au domicile des suspects, dans
une boutique de téléphone et une boucherie musulmane.
Au début du mois,
l'Espagne avait en accord avec l'Italie et la France d'échanger des
renseignements sur les vols d'explosifs.
Les autorités espagnoles pensent que
la dynamite qui a servi dans les attentats de Madrid le 11 mars dernier avait
été volée dans des mines espagnoles. Ces attentats qui avaient fait 191 morts
ont été attribués aux islamistes dont les autorités espagnoles pensent qu'ils
ont pu obtenir les explosifs en échange d'argent et de haschisch.
Source :
AP, 22 décembre 2004
23/12/04 - De sa prison, Abou Hamza Al
Masry réclame ses allocations
L¹imam radical Abou Hamza,
actuellement détenu en Grande-Bretagne pour incitation au meurtre, va poursuivre
l¹Administration britannique pour le non-versement d¹allocations d¹un montant de
plusieurs milliers de livres, a rapporté hier le quotidien Sun. Abou Hamza, dont
le procès doit commencer en janvier prochain, affirme avoir été privé
d¹allocations d¹une valeur de 200 livres (290 Euros) par semaine pendant près de
trois ans, indique le journal. Sa famille reçoit toutefois déjà des allocations
de plus de 1 000 livres par semaine, précise le quotidien.
L¹ancien imam
londonien, détenu aux frais du contribuable britannique, a sa propre infirmière
et s¹est même vu offrir un nouveau crochet d¹une valeur de 5 000 livres, qu¹il
porte à la main droite, selon la même source. Le religieux affirme avoir perdu
ses deux mains il n¹a également plus qu¹un moignon à la main gauche et un
¦il en Afghanistan dans l¹explosion d¹une mine soviétique, pendant le « jihad »
contre l¹Armée rouge. Abou Hamza, 47 ans, un Britannique d¹origine égyptienne, a
été inculpé en octobre dernier d¹incitation au meurtre et risque la prison à
vie.
Source : L¹Orient-Le Jour, 22 décembre 2004
22/12/04 -
L'armée ordonne la libération d'un détenu de guantanamo
Un
prisonnier détenu à guantanamo sera bientôt remis en liberté et renvoyé dans son
pays, un tribunal militaire ayant estimé qu'il avait été injustement considéré
comme un combattant ennemi des USA, a annoncé lundi un responsable du Pentagone.
C'est le deuxième cas de ce type.
Le secrétaire à la Marine Gordon England a
refusé de livrer l'identité de l'homme et sa nationalité ainsi que les
circonstances de sa capture. Le ministère de la Défense a été informé de la
décision et prendra les dispositions pour le renvoyer chez lui.
Le détenu
sera le deuxième à retrouver la liberté dans le cadre du processus militaire
lancé après que la Cour suprême eût autorisé cet été les prisonniers de
Guantanamo à contester leur détention devant la justice américaine.
Source :
AP, 20 décembre 2004
22/12/04 - Des enquêteurs du Pentagone se
sont faits passer pour des agents du FBI
Des enquêteurs du
Pentagone se sont fait passer pour des agents du FBI à la prison de Guantanamo
afin de ne pas être tenus pour responsables d'actes de torture à l'encontre d'un
détenu, montrent des e-mails du FBI divulgués lundi par l'union américaine des
libertés civiles (ACLU).
Dans un autre courrier électronique du FBI, il est
écrit que le président George Bush a émis un "executive order" autorisant
l'emploi d'une série de méthodes "dures" dans les interrogatoires. La Maison
blanche a démenti l'existence de cette directive.
L'ACLU a obtenu ces
documents en vertu de la loi sur la liberté de l'information.
Dans une série
d'e-mails envoyés de décembre 2003 à janvier 2004, des responsables du FBI se
plaignent que des enquêteurs du DOD (département de la défense) se soient fait
passer pour des agents spéciaux du FBI (Federal Bureau of
Investigation).
"Ces tactiques n'ont fourni aucun renseignement susceptible
de neutraliser une menace" et "ces techniques ont annihilé toute chance de
poursuivre ce détenu", peut-on lire dans un message daté du 5 décembre
2003.
"Si ce détenu est relâché un jour, ou si son histoire est rendue
publique, les enquêteurs du DOD ne seront pas tenus pour responsables car ces
techniques de torture ont été officiellement mises en ¦uvre par des enquêteurs
du FBI."
La dissimulation a été "approuvée" par le secrétaire adjoint à la
Défense Paul Wolfowitz, affirme un e-mail du 21 janvier 2004. Interrogé à ce
sujet, le porte-parole du Pentagone Bryan Whitman a assuré que Wolfowitz
n'approuvait pas les techniques d'interrogation en cause.
Un e-mail du 22 mai
2004 envoyé par un agent du FBI en Iraq à sa hiérarchie, fait par ailleurs
allusion à plusieurs reprises à un "executive order" signé par George Bush et
cite certaines des méthodes autorisées par ce décret.
Parmi elles figurent la
privation de sommeil ou la privation sensorielle par le port de cagoules.
Un
haut responsable de l'administration Bush a déclaré que l'agent du FBI s'était
mépris sur l'existence d'un tel décret. "Aucun décret de la sorte n'existe et
n'a jamais existé. C'est le département de la Défense qui détermine les méthodes
d'interrogation des détenus militaires dans le conflit iraquien", a-t-il dit
sous le sceau de l'anonymat.
Les noms figurant sur les e-mails ont été
masqués pour la plupart.
Une note "urgente" datée du 25 juin et adressée au
directeur du FBI fournit des descriptions "d'abus physiques graves à l'encontre
de détenus civils", tels que strangulation et passages à tabac. Elle mentionne
le fait que ces abus sont "couverts" par la hiérarchie.
Jameel Jaffer, un
avocat de l'ACLU, estime que ces documents prouvent que les abus commis par des
soldats US à l'encontre des prisonniers sont "le résultat de politiques adoptées
aux plus hauts niveaux du gouvernement", ce que ce dernier dément.
Source :
Reuters, 21 décembre 2004
22/12/04 - Un avocat commis d'office
dénonce les lois antiterroristes britanniques
Un avocat
commis d'office à la défense de personnes incarcérées en Grande-Bretagne sans
jugement préalable a renoncé hier à poursuivre sa tâche, estimant que les droits
élémentaires de ses clients n'étaient pas respectés. Ian McDonald, qui faisait
partie d'une équipe d'avocats nommés par le gouvernement pour assurer la défense
de musulmans soupçonnés d'être liés à une entreprise terroriste, s'est justifié
en disant que les lois antiterroristes britanniques allaient à l'encontre de sa
conscience.
Jeudi dernier, la Chambre des lords a jugé que les pouvoirs
attribués au gouvernement dans le cadre de ces lois représentaient une violation
des droits de l'homme. Peu après les attentats du 11 septembre 2001 aux
États-Unis, la Grande-Bretagne avait déclaré l'état d'urgence, qui, selon le
gouvernement de Tony Blair, suspendait de facto le droit à un procès équitable
garanti par le droit européen.
Source : L'Orient-Le Jour, 21 décembre
2004
22/12/04 - Nouveau report du procès des cinq Marocains
de guantanamo à Rabat
La chambre criminelle de la cour
d'appel de Rabat a décidé lundi de reporter au 27 décembre le procès des cinq
Marocains détenus pendant plus de deux ans à guantanamo. A la demande des
avocats, elle a accepté une remise en liberté provisoire pour trois des
prévenus.
En reportant le procès d'une semaine, la cour s'accorde un délai
pour examiner la demande du procureur du roi de voir nommer un magistrat pour un
complément d'information.
Le procureur souhaite que les cinq personnes
inculpées soient confrontées à Noureddine Nafia, condamné à 20 ans de prison
pour appartenance au GICM (Groupe islamiste combattant marocain), dans le cadre
des attentats de Casablanca qui avaient fait 45 morts le 16 mai 2003.
Les
avocats de la défense ont pour leur part demandé la comparution en tant que
témoins du ministre marocain de la Justice, Mohamed Bouzoubâa, et de
l'ambassadeur des USA au Maroc, Thomas T. Riley. Demande rejetée par la
cour.
La défense voulait leur demander dans quel cadre, et à partir de quelle
convention qui pourrait lier les USA et le Maroc, les cinq prévenus ont été
transférés de guantanamo vers le Maroc.
Les avocats ont en revanche obtenu la
liberté provisoire pour trois des cinq inculpés, demande qui avait pourtant été
rejetée lors de la première audience du procès 15 jours auparavant. La cour n'a
pas motivé sa décision sur le moment.
Parmi les cinq Marocains arrêtés fin
2001 au Pakistan et en Afghanistan figure Abdellah Tabarak, alias "Abou Omar",
49 ans, soupçonné d'avoir été l'un des gardes du corps d'Oussama ben Laden au
Soudan et en Afghanistan. Il a obtenu la liberté provisoire.
Les cinq
inculpés avaient été remis aux autorités marocaines à la fin du mois de juillet,
après un séjour de deux ans et huit mois à guantanamo. Ils comparaissent pour
"atteinte à la sûreté de l'État" et "appartenance à une bande criminelle".
La
justice marocaine leur reproche notamment d'avoir participé à des stages
d'entraînement au maniement d'armes et à la fabrication d'explosifs. Il leur est
également reproché de ne pas avoir dénoncé l'appartenance de ressortissants
marocains au GICM, un groupe radical qui veut créer un État islamiste au
Maroc.
Source : AP, 20 décembre 2004
21/12/04 - À
Guantanamo Bay, une prison dans la prison
"La CIA a
maintenu, dans le plus grand secret, un centre de détention sur la base navale
américaine de Guantanamo Bay, à Cuba", rapporte The Washington Post sur la base
d'informations fournies par des responsables militaires et par d'anciens membres
des services de renseignement. Situés à l'intérieur de la prison bien connue
gérée par le ministère de la Défense, "les bâtiments utilisés par la CIA sont
entourés de hautes barrières, couverts d'épaisses bâches en plastique vert et
entourés de projecteurs", poursuit le quotidien, avant de préciser qu' "il n'est
pas certain que ce centre soit encore opérationnel. La CIA et le ministère de la
Défense se sont abstenus de tout commentaire."
Ce centre, dont l'existence
n'avait jamais été mentionnée auparavant, servait à interroger des suspects du
terrorisme. "Situé dans le complexe du Camp Echo, il a permis de détenir au
secret des prisonniers du Pakistan, d'Afrique de l'Ouest, du Yémen et d'autres
pays. Des gens entraient et sortaient constamment", signale le journal.
Le
quotidien explique que "la CIA, en conformité avec des directives
présidentielles, est autorisée à arrêter et à garder au secret certains
suspects. La liste des personnes détenues par la CIA n'est pas connue. Mais
d'anciens membres des services de renseignement ont déclaré que l'agence
détenait plusieurs membres importants d'Al Qaïda, ainsi que des éléments
subalternes qui détiennent des informations sur la logistique du réseau
terroriste et sur ses moyens de financement." Le centre aurait été mis en place
l'année dernière, "pour répondre à un problème jusque-là imprévu : où garder des
terroristes dont l'interrogatoire pouvait prendre des années ?"
Source :
Courrier international, 17 décembre 2004
21/12/04 - Arrivée à
Madrid de 4 islamistes marocains arrêtés aux Canaries
Quatre
militants présumés du Groupe islamique des combattants du Maroc (GICM), placés
en détention à Lanzarote, dans l'archipel des Canaries, sont arrivés samedi soir
à Madrid, ont indiqué à l'AFP des sources du ministère espagnol de
l'Intérieur.
Un des quatre, Hassan El Haski, 41 ans, fait l'objet d'un avis
de recherche et de mise en détention pour son implication présumée dans les
attentats de Madrid du 11 mars, qui ont fait 191 morts et 1 900 blessés. La
police espagnole considère Hassan El Haski comme l'actuel chef en Europe du
Groupe islamique des combattants du Maroc, rapportaient hier les quotidiens ABC
et El Mundo. Il pourrait également être impliqué dans l'assassinat du cinéaste
néerlandais Theo Van Gogh, le 2 novembre à Amsterdam, selon ABC. Les trois
autres sont Ali Fahimi, 31 ans, Abdallah Mourib, un imam de 36 ans, et Brahim
Atia El Hammouchi, 40 ans. Les quatre devraient comparaître aujourd'hui devant
l'Audience nationale, la plus haute instance pénale espagnole. Selon la police
espagnole, les suspects cherchaient à créer une base logistique du GICM aux
Canaries où ils se sentaient davantage en sécurité après l'arrestation d'autres
membres du groupe en France et en Belgique. Le GICM, mouvement idéologique
d'inspiration salafiste, a été créé par d'anciens combattants marocains en
Afghanistan. Il ferait partie du réseau Al Qaïda et a revendiqué les attentats
du 16 mai 2003 à Casablanca (ouest du Maroc), qui ont fait 45 morts.
Source :
AFP, 20 décembre 2004
18/12/04 - La Chambre des Lords déclare
illégal le ³guantanamo britannique²
Une commission composée
de 9 membres de la Chambre des lords, qui constitue la plus haute instance
judiciaire britannique, a jugé que la détention sans inculpation et au secret de
musulmans étrangers suspectés de terrorisme était illégale. 12 étrangers sont
ainsi détenus depuis presque trois ans en vertu d¹une loi antiterroriste
spéciale adoptée après le 11 septembre, en dérogation à certaines dispositions
de la Convention européenne sur les droits humains, et qui stipule que des
étrangers suspects de terrorisme peuvent être soit détenus indéfiniment sans
inculpation soit expulsés. « La véritable menace à la vie de cette nation vient
non pas du terrorisme, mais de lois de ce type », a asséné Leonard Hoffmann,
l¹un des neuf Law Lords, estimant qu¹une telle législation était « une victoire
des terroristes .» Les détenus ont donc finalement obtenu gain de cause. Mais
ils restent en prison - ou, pour quatre d¹entre eux, en hôpital psychiatrique
pénal - jusqu¹à ce que la loi soit modifiée en tenant compte des critiques des
Lords, ce qui n¹est pas encore acquis. En tout cas, le nouveau ministre de
l¹Intérieur, Charles Clarke, a affirmé aussitôt qu¹il refusait de libérer les
détenus incarcérés.
Source : BBC, AFP, 16 décembre
2004
18/12/04 - Tentative d¹évasion à Kaboul : 5
morts
Trois gardiens de prison afghans et deux prisonniers
ont été tués vendredi au cours d'une tentative d'évasion de membres supposés
d'Al Qaïda et une fusillade se poursuit avec deux autres détenus, a déclaré à
Reuters le directeur de la prison Pul-i-Charki de Kaboul.
Les prisonniers
tués par des gardiens étaient des membres pakistanais et irakien supposés d'Al
Qaïda et ils avaient été arrêtés à Kaboul par les forces de sécurité afghanes, a
dit le directeur de la prison, Abdul Salam Bakhshi.
Deux autres détenus, tous
deux pakistanais, se sont retranchés dans une aile de la prison et ils étaient
encerclés, vendredi, par les forces de l'ordre armées de mitrailleuses et de
fusils RPG.
Quatre véhicules blindés appartenant à la Force internationale à
la sécurité (Isaf, dominée par l'Otan) sont stationnés devant la prison, a
rapporté un témoin.
Les troubles ont éclaté lorsque des prisonniers ont
poignardé et tué un gardien, se sont emparés de son arme et ont ouvert le feu,
tuant deux autres gardiens, a expliqué Bakhshi. Deux prisonniers ont ensuite été
tués au cours d'une fusillade alors qu'ils tentaient de s'évader.
Source :
Reuters, 17 décembre 2004
18/12/04 - 130 militaires US
poursuivis ou punis pour abus contre des prisonniers
Selon
le Pentagone, 130 militaires US ont été poursuivis ou sanctionnés pour des abus
contre de prisonniers en Iraq, en Afghanistan et à guantanamo. Plus de 100
appartiennent à l¹armée de terre et le reste aux Marines ou la Navy. 26 soldats
de l¹armée de terre ont été déférés devant des cours martiales, 46 ont reçu des
sanctions non-judiciaires ou administratives, 13 ont reçu des blâmes écrits et
17 ont été démis de l¹armée. La générale de brigade Janis Karpinski a été
suspendue en mai dernier du commandement de la 800ème brigade de police
militaire en poste à Abou Ghraïb.
18 Marines, tous rattachés à la Première
force expéditionnaire basée à Camp Pendelton, près de San Diego, ont été punis
pour avoir exercé des sévices contre des prisonniers en Iraq. Sur 27 autres
marines identifiés au cours de 12 enquêtes sur des allégations de sévices, 14
ont été déférés aux cours martiales et 4 autres ont reçu des sanctions
non-judiciaires ou administratives. un sergent et un major responsables de la
mort d¹un prisonnier iraquien en juin 2003 ont été condamnés en cour martial en
septembre et novembre à Camp Pendelton.
Enfin, 9 membres des troupes d¹élite
de la Navy, les ³Seals² [les ³Phoques²], ont été accusés d¹abus sur des
prisonniers en Iraq. plusieurs membres de l¹Équipe Sept des Seals basée à
Coronado ont été accusés d¹avoir battu à mort un détenu un détenu à ABou Ghraïb
en novembre 2003. Un des tortionnaires a reçu une sanction non-judiciaire et les
autres attendent les conclusions de l¹enquête.
Source : AP, 16 décembre
2004
18/12/04 - Inquiétudes d'Amnesty International sur la
situation dans les prisons saoudiennes
Amnesty
International a fait part mercredi de ses "nombreuses inquiétudes" concernant la
situation dans les prisons saoudiennes, après la diffusion par les autorités de
Riyad d'une émission dans laquelle des prisonniers vantaient les mérites de la
vie carcérale.
Les autorités saoudiennes visent ainsi à encourager les
militants islamistes recherchés à se rendre et à contrer les allégations selon
lesquelles ceux qui se rendent sont maltraités, voire torturés.
"Je jure
devant Dieu" que les gardiens "sont plus gentils que nos parents", a cependant
affirmé Othman Hadi Al Maqboul Al Amri, un prisonnier incarcéré au centre
pénitentiaire d'Al Hayer à la périphérie de Riyad.
"Nous avons entendu des
choses sur les violences et les persécutions qu'on peut croire ou ne peut pas
croire. Mais j'ai trouvé Al Hayer totalement différent", a affirmé un autre
détenu, Abderrahmane Al Ahmari au cours de l'émission diffusée tard lundi
soir.
Nicole Choueiry, porte-parole d'Amnesty International pour le
Moyen-Orient, a fait part de son inquiétude. Même si les prisonniers "disent
qu'ils ne sont pas torturés, il est important qu'ils puissent bénéficier d'un
procès équitable et ne pas risquer la peine de mort. Un procès équitable est le
principal, avec des garanties minimum comme l'accès à un avocat, à leurs
familles et un traitement humain", a-t-elle souligné.
Source : AP, 15
décembre 2004
17/12/04 - Les prisons saoudiennes, antichambre
du paradis...
Sept activistes saoudiens, emprisonnés dans un
établissement près de Riyad, ont invité les partisans d¹Al Qaïda dans le royaume
à se rendre, affirmant avoir été traités en prison comme dans une
famille.
Ces présumés repentis sont apparus sur les écrans de la télévision
publique saoudienne pour tenter de persuader les extrémistes islamistes actifs
en Arabie saoudite qu¹ils ne seraient pas maltraités en cas de reddition. Au
cours de ce programme, on peut voir des couloirs lumineux, des rangées de lits
colorés et des piles de livres sur les tables de chevet dans la prison de Riyad.
« Quiconque a connu la réalité trouve qu¹il y a une grande différence entre les
nombreux cas de torture qui sont rapportés et ce que nous avons découvert »,
déclare l¹un des prisonniers, Abderrrahmane Al Ahmari. « Les relations avec
l¹administration pénitentiaire, le respect des volontés des prisonniers (...) je
peux parler de relation familiale », ajoute-t-il.
Dans le cadre de la lutte
contre les violences islamistes en Arabie saoudite, les chaînes de télévision du
royaume ont déjà par le passé diffusé des appels de prisonniers invitant leurs
camarades à se rendre, mais jamais de reportages aussi élogieux que celui-ci sur
les prisons saoudiennes.
« Si j¹avais su que je serais reçu ainsi, au nom de
Dieu, je me serais rendu depuis longtemps », affirme pour sa part Abdoullah As
Silmi. « (...) Je conseille à mes frères qui sont recherchés et qui partagent
ces idées de se rendre. » Osmane Al Amri, qui était en 19e position de la liste
des 26 activistes les plus recherchés en Arabie saoudite avant sa reddition en
juin, a abondé dans ce sens : « Après avoir vu la situation de ces personnes, je
jure devant Dieu que c¹est mieux que notre famille. »
Dans un rapport sur
l¹Arabie saoudite, Amnesty International affirmait en 2000 que « la torture est
utilisée pour obtenir des aveux et pour renforcer la discipline (et parfois)
apparemment sans raison ». Riyad, pour sa part, dément les accusations de
torture et d¹arrestations arbitraires.
Source : L¹Orient-Le Jour, 16 décembre
2004
17/12/04 - Procès d¹Abou Bakar Bachir : un témoin clé revient
sur ses déclarations
L'accusation a subi un nouveau revers,
jeudi, au procès du chef religieux indonésien Abou Bakar Bachir, quand un témoin
clé est revenu sur ses déclarations selon lesquelles Bachir était en lien étroit
avec des activistes islamistes actifs en Asie du Sud-Est.
Imron Baehaqi,
condamné pour terrorisme, a infirmé ses précédents aveux selon lesquels il avait
vu Bachir dans un camp d'entraînement paramilitaire aux Philippines. Il a n'a
par ailleurs pas confirmé que Bachir dirigeait le réseau islamiste régional
Jamaa Islamiya (JI).
"Je reviens sur cette déclaration car je n'étais pas en
bon état quand je l'ai faite. Je n'ai jamais vu le professeur Abou Bakar Bachir
à la cérémonie moro" (au camp Abou Bakar, sur l'île de Mindanao, dans le sud des
Philippines, où s'entraîne le Front moro islamique de libération), a déclaré à
l'audience Baehaqi.
Il a précisé qu'il avait entendu dire que Bachir avait
été nommé à la tête de la JI suite au décès en 1999 de l'un de ses fondateurs,
Abdullah Sungkar. Mais il a assuré ne pas avoir cherché à obtenir une
confirmation de cette promotion en apprenant que Bachir avait été aussi nommé à
la tête du Conseil indonésien des Moujahidine.
Le chef islamiste est jugé
pour son rôle présumé dans les attentats de Bali et contre l'hôtel Marriott de
Jakarta. Il encourt la peine capitale.
Le 9 décembre dernier, l'accusation
avait déjà subi un revers, quand cinq extrémistes condamnés pour des attentats
avaient nié qu'il ait été impliqué dans des actes de terrorisme.
Concernant
l'attentat contre l'hôtel Marriott, qui avait fait 12 morts le 5 août 2003,
Bachir est accusé d'avoir depuis sa cellule de prison "organisé ou motivé des
personnes afin de perpétrer des actes terroristes" et "fourni de l'assistance ou
facilité la réalisation d'un acte terroriste".
Concernant les attentats de
Bali qui avaient fait 202 morts le 12 octobre 2002, Bachir est soupçonné d'être
impliqué de façon moins directe, en ayant donné un feu vert tacite, une
accusation relevant du code pénal.
Bachir avait été relaxé l'an passé de
l'accusation de diriger la Jamaa Islamiya. Dans un contexte de fortes pressions
internationales, il avait été à nouveau arrêté. Il a toujours nié diriger la JI
en dépit d'accusations des USA et de l'Australie.
Source : AFP, 16 décembre
2004
16/12/04 - Seconde phase de l'²évaluation² des détenus de
guantanamo
L'armée US a ouvert mardi 14 décembre ses
premières audiences visant à déterminer si les détenus de la base de guantanamo
considérés comme des "combattants ennemis" peuvent ou non être autorisés à
rentrer chez eux, a déclaré un porte-parole du Pentagone.
Ces audiences, qui
s'apparentent à des audiences de mise en liberté conditionnelle, marquent le
début de la seconde phase du processus d'évaluation des prisonniers de
guantanamo.
Ce processus a été dénoncée par de nombreux juristes, par des
responsables étrangers et par des organisations de défense des droits de l'homme
comme fondamentalement injuste.
Plus de 550 membres présumés de
l'organisation Al Qaïda et des milices taliban sont détenus, pour certains
depuis trois ans, sur la base militaire américaine de guantanamo, située sur
l'île de Cuba. Ils ont pour la plupart été capturés lors de la guerre en
Afghanistan.
La Cour suprême US a décidé en juin dernier que ces prisonniers
pouvaient contester les conditions de leur détention, qui échappent jusqu'à
présent aux standards du droit international.
A la suite de cette décision,
le Pentagone a mis en place un processus d'évaluation en deux phases, qui est
lui-même contesté devant des tribunaux américains.
Lors de la première phase,
des commissions militaires formées de trois officiers US ont eu pour mission
d'évaluer si chaque prisonnier méritait son statut de "combattant ennemi".
A
ce stade, 493 détenus ont été entendus, et 207 jugements ont été rendus par les
commissions. Celles-ci n'ont décidé qu'une seule fois qu'un détenu ne méritait
pas d'être considéré comme un "combattant ennemi". Le prisonnier en question, un
Pakistanais, a été autorisé en septembre à rentrer chez lui.
"Toutes les
évaluations devraient être terminées à la mi-janvier", a déclaré Daryl
Borgquist, porte-parole du Pentagone.
Dans le cadre de la seconde phase du
processus d'évaluation, d'autres commissions militaires doivent désormais
décider si les personnes reconnues comme des "combattants ennemis" constituent
une menace.
Elles devront évaluer si ces derniers risquent de reprendre les
armes. Borgquist a précisé que, pour se faire leur opinion, elles prendraient en
compte des paramètres propres au détenu, comme son âge et son état de santé, et
des informations recueillies auprès du prisonnier, de ses codétenus ou encore de
sa famille.
"Le fait qu'ils sont des combattants ne signifie nécessairement
pas qu'ils constituent une menace pour les USA", a dit Borgquist.
Les
détracteurs du processus amorcé par le Pentagone affirment que la seconde phase
présente les mêmes lacunes juridiques que la première. La principale étant le
fait que les détenus ne peuvent être aidés d'un avocat et qu'ils ne peuvent
avoir accès à toutes les informations concernant leur dossier. Par ailleurs, ils
ne peuvent obtenir une aide extérieure.
"Il aurait été bien que ces
évaluations soient menées au bon moment et au bon endroit", a déclaré l'avocat
de Washington Eugene Fidell. "Elles ont lieu avec trois ans de retard et à 13
000 km du lieu des arrestations. Cette procédure est une comédie".
Source :
Reuters, 15 décembre 2004
16/12/04 - Nouveau document
militaire sur les sévices contre des détenus iraquiens
Un
document militaire US rendu public mardi fait état de nouveaux sévices pratiqués
par des "marines" US contre des détenus iraquiens, comme l'utilisation de la
torture à l'électricité ou la mise en scène de simulacres d'exécutions.
Ce
document de la Navy daté du 16 juin dresse la liste de dix incidents remontant
pour les plus anciens à mai 2003 et concernant des sévices pratiqués contre des
Iraquiens. Au total, 24 "marines" sont mis en cause. Le Corps des "marines"
précise que 13 militaires ont été traduits en Cour martiale et condamnés à des
peines allant jusqu'à 15 mois d'emprisonnement.
Ce document a été rédigé sept
semaines après la publication des photos qui ont déclenché le scandale des
sévices pratiqués à la prison d'Abou Ghraïb.
Le document a été diffusé par
l'Union américaine des libertés civiles (ACLU) qui l'a obtenu grâce au Freedom
of Information Act. Dans un e-mail daté du 14 juin, un enquêteur de la Navy
affirme que le "nombre de dossiers iraquiens à traiter explose".
"Le
département de la Défense a indiqué dès le début qu'il considérait ces sévices
aberrants, s'ils existaient", a déclaré Jameel Jaffer, un avocat de l'ACLU.
"Nous avons désormais les preuves évidentes que ce n'est pas vrai, que les
sévices ont été généralisés et systématiques parce qu'ils étaient le résultat de
politiques décidées au Département de la Défense".
Le colonel John Skinner,
porte-parole du Pentagone, a déclaré: "Nous n'avons jamais nié que des fautes
pouvaient être commises. Mais dans tous les cas, nous menons une enquête pour
déterminer les faits et établir les responsabilités."
Le document diffusé
évoque notamment un incident survenu en avril dernier à Al Mahmoudia lors duquel
des "marines" ont infligé à l'aide d'un transformateur des décharges électriques
à un détenu iraquien, notant que ce dernier "dansait lorsqu'il recevait les
secousses".
Le Corps des "marines" a annoncé que quatre "marines" avaient été
reconnus coupables d'agression, acte de cruauté, mauvais traitement et fausse
déclaration. Ils ont été condamnés à des peines allant de 60 jours à 15 mois
d'emprisonnement. Un cinquième militaire a reçu des sanctions
administratives.
Le document évoque par ailleurs des incidents survenus en
juin et juillet 2003 à Adiouaniah.
Des "marines" ont "ordonné à quatre jeunes
Iraquiens accusés de pillage de se mettre à genou devant des trous et un
pistolet a été entièrement déchargé pour faire croire à une exécution". Des
"marines" ont également été accusés d'avoir enfermé des pillards présumés dans
un conteneur avant de les asperger à l'aide d'un extincteur.
Trois "marines"
ont été inculpés pour sévices contre des prisonniers et manquement au devoir.
Tous ont été dégradés. Deux ont été condamnés à 30 jours de travaux
forcés.
Source : Reuters, 15 décembre 2004
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