GUANTANAMO - CUBA
I CONTRIBUTI A QUESTA VERGOGNA GIUNTI DA ASSOCIAZIONI, COLLETTIVI, PARTITI ED ISTITUZIONI

CHRONIQUE DE GUANTANAMO
Informations publiées par le site quotidien online pour les Musulmans francophones
« Quelles que soient les procédures liées au fonctionnement des tribunaux militaires, notre système est plus loyal que celui de Ben Laden et des talibans. Les prisonniers que nous avons capturés et qui seront jugés auront un procès loyal et plus de chances de se défendre que nos citoyens qui se trouvaient dans le World Trade Center et au Pentagone »
George W. Bush, 28 décembre 2001
LES INFORMATIONS SONT CLASSÉES EN ORDRE CHRONOLOGIQUE DÉCROISSANT
03/02/01 - Guéguerre humanitaire à Harvard - Sous ce titre, l'agence swissinfo écrit le 30 janvier 2003 :
La conférence de Harvard sur le droit humanitaire est critiquée par les ONG. Non invitées aux débats, elles craignent une réécriture des Conventions de Genève dont la Suisse est dépositaire.
Mais pour l'organisateur suisse de ce 'brainstorming', il y a malentendu. «Il s'agit de bâtir des réseaux de praticiens, de juges militaires, d'avocats pour mieux expliquer les Conventions», déclare à swissinfo Claude Bruderlein, organisateur de la conférence en tant que directeur du Programme des Politiques Humanitaires et de Recherche sur les Conflits à Harvard.
Pour lui, cette conférence qui s'est tenue de lundi à mercredi derniers sur le prestigieux campus de Harvard marque le début d'un processus de réflexion sur l'application des Conventions de Genève. Cela dans un contexte marqué par l'émergence de groupes armés non-étatiques qui modifie la nature des conflits.
ONG et presse mises de côté
Du côté des organisations non gouvernementales (ONG), l'heure est plutôt à l'irritation. Ainsi, Human Rights Watch déplore la mise à l'écart des ONG de ce processus.
«Nous sommes déçus de voir que le gouvernement suisse a insisté pour que les portes soient fermées», précise à swissinfo Kenneth Roth, le directeur de l'organisation humanitaire américaine.
Un point de vue réfuté par Claude Bruderlein. Ce dernier affirme que les ONG ont été consultées.
«Nous avons invité les ONG à faire des contributions écrites et à suggérer des experts indépendants, mais au lieu de ça, elles ont proposé des experts à elles», explique ce Suisse qui, avant de rejoindre Harvard, a travaillé au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et à la représentation helvétique à l'ONU.
Claude Bruderlein reconnaît cependant que l'absence des ONG reflète les souhaits des 25 gouvernements qui participent au processus de Harvard
Sortir du syndrome Guantanamo
«Les experts des gouvernements ont demandé à ce que nous limitions la participation des ONG et l'implication de la presse», souligne Claude Bruderlein.
«Les experts des gouvernements voulaient un certain niveau de confidentialité afin de pouvoir débattre librement, sans avoir peur que leur débat ne se retrouve dans la presse ou ailleurs», explique-t-il.
Le débat en question et la polémique qu'il provoque interviennent dans un climat exacerbé depuis le début de la guerre contre le terrorisme et la détention d'individus capturés en Afghanistan sur l'île de Guantanamo.
Les Etats-Unis ne considèrent pas ces détenus comme des prisonniers de guerre. Le CICR n'est pas d'accord avec cette interprétation des Conventions de Genève. Et Human Rights Watch craint que la conférence de Harvard ne vise à réécrire le droit humanitaire international.
«C'est un malentendu incompréhensible», répond l'organisateur de la conférence. «Il y a au contraire consensus pour dire qu'on ne doit pas réviser les conventions», ajoute Claude Bruderlein.
Il précise qu'en plus des experts gouvernementaux, la conférence a réuni quatre experts du CICR, un représentant de l'ONU, des universitaires et douze experts indépendants. Claude Bruderlein invite aussi les ONG à «sortir du syndrome Guantanamo».
«Il ne faut pas seulement dire aux responsables américains qu'ils se trompent, mais il faut également dialoguer avec eux, réaffirmer le droit, le soutenir avec des arguments clairs», dit-il.
«Il ne faut pas perdre de vue que, certes, il y a des problèmes à Guantanamo, mais qu'il y en a beaucoup d'autres ailleurs dans le monde», souligne Claude Bruderlein en précisant que la délégation américaine à la conférence était constituée de deux experts du Département d'Etat et deux autres du Pentagone.
Le Programme des Politiques Humanitaires et de Recherche sur les Conflits de l'université de Harvard a été créé il y a trois ans, à l'initiative de Berne. Il emploie une trentaine de personnes.
La Suisse assure la moitié du budget à hauteur de 500 000 dollars par an, le reste étant financé en particulier par la Grande-Bretagne, la Norvège et le Canada.
03/02/01 - Une tentative de suicide "sérieuse" : Le quotidien The Miami Herald du 2 février rapporte qu'un détenu de guantanamo a fait une tentative "sérieuse" de suicide dans sa cellule, en se pendant avec son drap, le 16 janvier dernier. Il est impossible de connaître son identité et son état exact. Mais l'affaire a été suffisamment prise au sérieux pour le Pentagone instruise le Département d'État pour que celui-ci informe le pays d'origine du détenu de son état. Selon le journal, les autorités du camp s'attendent à tout. Le personnel médical militaire a donc été informé des procédures à suivre pour respecter les rites mortuaires musulmans en cas de décès de détenus. Plusieurs dizaines d'actes d'auto-mutilations ou de tentatives de suicides ont eu lieu parmi les prisonniers de guantanamo depuis un an.Démarche du Parlement européen
Le Parlement européen a demandé jeudi 30 janvier à la Commission européenne de soutenir une résolution demandant aux USA de fournir immédiatement une information sur la situation ds prisonniers de guantanamo, y compris ceux qui ont été transférés de cette base vers d'autres lieux de détention, aux USA. Le parlement demande également aux autorités US de "libérer les prisonniers contre lesquels il n'existe pas de preuves tangibles".
03/02/01 - Démarche du Parlement européen
Le Parlement européen a demandé jeudi 30 janvier à la Commission européenne de soutenir une résolution demandant aux USA de fournir immédiatement une information sur la situation ds prisonniers de guantanamo, y compris ceux qui ont été transférés de cette base vers d’autres lieux de détention, aux USA. Le parlement demande également aux autorités US de “libérer les prisonniers contre lesquels il n’existe pas de preuves tangibles”
25/01/03 - Jack Thomas sera sans doute inculpé au Pakistan
Arrêté le 4 janvier 2003 à Karachi, l’Australien Jack Thomas, un ancien chauffeur de taxi de Melbourne converti à l’Islam, sera sans doute inculpé et jugé au Pakistan, d’après ce que croit savoir le consul d’Australie, qui a pu lui rendre visite et s’entretenir avec lui pendant 2 heures. Thomas, soupçonné d’avoir été entraîné dans un camp d’Al Qaïda en Afghanistan, ne devrait donc pas être livré aux USA. Deux Australiens sont détenus à guantanamo: David Hicks, capturé en Afghanistan, et Mamdouh Habib, qui a été arrêté au Pakistan. La nouvelle loi sécuritaire pakistanaise permet de détenir des suspects de terrorisme jusqu’à un an sans inculpation.
25/01/03 - Le cas du prisonnier danois et la “diplomatie discrète”
Un citoyen danois est détenu à guantanamo depuis le 12 février après avoir été capturé en Afghanistan. Arguant que sa famille avait peur, le gouvernement danois a tout fait pour empêcher que son identité soit divulguée. Le ministre des Affaires étrangères Per Stig Møller, qui a pu visiter le prisonnier il y a plusieurs mois, vient de faire de nouvelles déclarations fracassantes, critiquant directement l’attitude plus offensive adoptée par le gouvernement suédois pour le cas de Mehdi Mohamed Ghezali, dont la détention a été critiquée publiquement par le Premier ministre Göran Persson. Selon Møller, les prisonniers pourraient rester à guantanamo “20 ou 30 ans”, vu que la guerre contre le terrorisme sera longue et “il ne sert à rien de crier”. Et il a ajouté : « La Suède est le seul pays à avoir adopté un profil haut mais ça n’a pas eu de résultats. Par exemple, le prisonnier danois a pu recevoir plus de visites que le prisonnier suédois. Une diplomatie discrète est recommandée: cela donne de meilleurs résultats ».
25/01/03 - “Qui s’occupe d’orphelins et donne à manger aux pauvres est destiné à finir à guantanamo”
Ce texte était inscrit sur une des pancartes brandies dimanches dernier par des centaines de femmes qui ont manifesté devant l’ambassade allemande de Sanaa, au Yémen, pour protester contre l’arrestation le 10 janvier à Francfort de Cheikh Mohamed Ali Hassan Al Moayed et de son secrétaire mohamed Yahya Zayed. Les deux hommes sont détenus à la prison de Weiterstadt en attendant que la justice allemande examine la demande d’extradition des autorités US. La presse allemande a révélé que le Cheikh et Zayed ont été attirés dans un guet-apens par deux agents US qui s’étaient présentés comme des Musulmans voulant faire des donations pour les bonnes œuvres du Cheikh, qui dirige un centre d’aide communautaire à Sanaa.
25/01/03 - Le point sur les activités du CICR
Le Comité international de la croix-Rouge (CICR) a publié le 6 janvier 2003 le document suivant, qui fait le point sur ses activités à guantanamo:
Le CICR visite régulièrement les personnes détenues par les États-Unis dans leur base de Guantanamo Bay, à Cuba, depuis l'arrivée des premières d'entre elles en janvier 2002. Les visites sont conduites par la délégation du CICR de Washington, avec l'accord des autorités américaines. Cette activité n'est pas spécifique à Guantanamo : en 2001, le CICR a visité près de 350 000 personnes détenues suite à des conflits armés partout dans le monde.
Résumé des activités
* Le CICR visite plus de 600 détenus à Guantanamo Bay ; 40 nationalités y sont représentées et 17 langues principales parlées.
* Au cours de l'année 2002, les équipes du CICR ont passé en tout environ 33 semaines à Guantanamo Bay. Les dernières visites ont pris fin le 3 janvier 2003.
* Les équipes sont composées de délégués expérimentés connaissant bien les pays d'origine des détenus, ainsi que de spécialistes médicaux et d'interprètes.
* Au début 2003, le CICR avait facilité l'échange de près de 3'200 messages Croix-Rouge entre les détenus et leurs familles, dont plus de 1'300 messages lors des dernières visites.
* Le CICR a fourni à l'intention des détenus divers articles de culte et de loisirs, dont près de 600 livres dans des langues telles que le Santo, le russe, le chinois et le tadjik, ainsi que des chapelets et des couvre-chefs.
L'objectif des visites du CICR
Les visites à Guantanamo Bay, comme partout ailleurs, ont un but strictement humanitaire : faire en sorte que la dignité des détenus soit respectée et que ces personnes soient traitées avec humanité. Les délégués du CICR suivent en permanence la situation des détenus concernant la nourriture et les conditions d'hygiène et s'assurent qu'ils peuvent sortir à l'air libre et s'adonner à des exercices physiques. L'objectif visé est en effet de s'assurer qu'ils sont traités conformément aux normes juridiques reconnues à l'échelon international, en particulier aux Conventions de Genève de 1949. En tant qu'organisation humanitaire neutre, le CICR ne se prononce pas sur la culpabilité ou l'innocence d'un détenu.
Pourquoi le CICR ?
Le CICR visite les personnes détenues dans le cadre de conflits armés depuis 1915, lorsque ses délégués négocièrent l'accès aux prisonniers de guerre de la Première Guerre mondiale. La pratique selon laquelle l'institution visite les prisonniers de guerre – combattants capturés au cours d'un conflit armé international – est codifiée dans la Elie Convention de Genève, à laquelle les États-Unis et 189 autres États sont parties. L'article 3 commun aux quatre Conventions de Genève accorde également le droit au CICR de demander l'accès aux personnes détenues lors de guerres civiles.
Prisonniers de guerre – Oui ou non ?
La question de savoir si les personnes détenues à Guantanamo Bay sont des prisonniers de guerre ou non a donné lieu à une vaste polémique. Le CICR est d'avis que le statut juridique de chacun des détenus doit être précisé individuellement; à plusieurs reprises, il a demandé instamment aux États-Unis de le faire. Quoi qu'il en soit, les États-Unis ont le droit d'engager des poursuites à l'encontre de toute personne détenue à Guantanamo Bay soupçonnée de crimes de guerre ou d'autres infractions pénales, quelles qu'elles soient, punissables aux termes de la loi américaine, qu'elles aient été commises avant ou pendant les hostilités.
« Il était particulièrement important [...] de démontrer que le CICR n'était du côté d'aucune des parties, afin de gagner la confiance des autorités et des détenus. Il y avait bien sûr un certain degré de suspicion, mais heureusement, grâce au dialogue et par notre comportement, nous sommes parvenus à faire comprendre qui nous sommes et ce que nous faisons dans le monde entier. »
Responsable de l'équipe du CICR à Guantanamo Bay, avril-juin 2002
Modalités
À Guantanamo Bay, comme dans tout autre endroit où il visite des personnes privées de liberté, le CICR observe les mêmes modalités. Le plus important est que le personnel du CICR puisse s'entretenir sans témoin avec les détenus, hors supervision des autorités, de manière à pouvoir se faire une idée complète des conditions de détention. Les délégués du CICR doivent être autorisés à enregistrer les détenus, à inspecter librement toutes les cellules et autres installations utilisées par les détenus dans un lieu de détention. Ils doivent en outre pouvoir répéter leurs visites pour être en mesure de suivre la situation humanitaire pendant une certaine période.
Relations avec les autorités américaines
Au début et à la fin de chaque visite à la base de Guantanamo Bay, le CICR fait part de ses observations aux autorités militaires détentrices. Le CICR s'efforce de proposer des solutions concrètes à tout problème constaté par ses délégués. Le CICR communique aussi régulièrement le résultat de ses observations aux autorités militaires et civiles concernées à Washington.
Confidentialité
Le CICR ne fait pas de déclarations publiques concernant la situation à Guantanamo Bay. En règle générale, il discute de toutes les questions liées à ses visites dans les lieux de détention avec les autorités concernées exclusivement. Cela évite que des informations confidentielles soient exploitées à des fins politiques et permet à l'institution d'avoir en tout temps accès aux détenus. Très fréquemment, les visites des délégués du CICR sont le seul contact des détenus avec le monde extérieur ; des déclarations publiques pourraient rapidement entraîner la suspension des visites par les autorités, ce qui serait contre l'intérêt des prisonniers. La règle de la confidentialité découle de la pratique générale du CICR ; elle a permis à l'institution de visiter des millions de détenus dans le monde entier depuis près d'un siècle.
Messages Croix-Rouge
Ces messages permettent aux détenus de Guantanamo Bay de rester en contact avec leur famille. Ils ne contiennent que des nouvelles personnelles et sont vérifiés par les autorités américaines avant d'entrer à Guantanamo Bay ou d'en sortir. Les messages Croix-Rouge sont pour les détenus un lien essentiel qui les relie au monde extérieur. Chaque message Croix-Rouge écrit à Guantanamo Bay est remis en main propre à son destinataire par le CICR, qui coopère avec les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ; celles-ci se chargent en outre de collecter les réponses écrites par les familles des détenus.
25/01/03 - Des nouveaux prisonniers à guantanamo?
Selon Amnesty international, le camp de prisonniers de guantanamo continuerait de recevoir de nouveaux prisonniers. Ainsi l’organisation est en train d’enquêter sur le cas de deux hommes arrêtés en novembre dernier en Gambie et qui auraient été déportés en secret à guantanamo. Le CICR, unique organisation indépendante autorisée à visiter le camp, ne peut ni confirmer ni infirmer l’information, étant tenu à la confidentialité. Durant sa dernière visite au camp début janvier, le CICR a pu s’entretenir avec 619 prisonniers.
25/01/03 - Réunion d’experts à Boston
Le gouvernement suisse organise à la fin du mois à Boston, USA, une réunion d’experts accueillie par le Harvard program on humanitarian policy and conflict research. Des experts gouvernementaux et universitaires, des représentants de l’ONU et du CICR, en tout 70 personnes, réfléchiront aux éventuelles adaptations du droit humanitaire international face à l’évolution des conflits actuels dans le monde et à la privatisation de la violence. Entre autres, ils aborderont la question du statut des prisonniers de guantanamo et les conséquences de la “guerre contre le terrorisme”.
22/01/03 - Une visite dans le royaume du colonel Adolf McQueen
Un nom pareil, ça ne s’invente pas: c’est celui du chef opérationnel du Camp Delta, à la base de guantanamo, où sont détenus dans des cages de 5 mètres carrés 625 hommes accusés d’être des “combattants ennemis”. Deux journalistes suédois ont pu y passer 3 jours et racontent ce qu’ils ont vu et entendu dans le quotidien Dagens Nyheter du 20 janvier. En fait, explique Georg Cederskog, si lui et Paul Hansen ont été les premiers journalistes européens à être admis à guantanamo, c’est que « la direction militaire s’est résolue à une politique médiatique “plus agressive” après les fortes réactions et les rumeurs qui ont entouré l’activité du camp après son ouverture le 11 janvier de l’année dernière ». Donc, ils ont pu accéder au camp et s’y déplacer, en passant 5 grilles et toujours sous escorte militaire, mais des prisonniers, ils n’en ont entrevu qu’un, un adolescent de 15 ans, qui était en soins à l’hôpital du camp, entouré de personnel portant des masques de protection pour se protéger des risques d’infection de tuberculose. Et la plupart des questions qu’ils avaient sont restées sans réponse. Toutes les interviews avec le personnel de garde et les officiers sont enregistrées et ensuite transcrites pour rapport au général Miller, un “2 étoiles” qui commande le camp. On apprend tout de même que les prisonniers, bien nourris 3 fois par jour, ont augmenté en moyenne de 8 kg. Les cellules sont des cages d’acier galvanisé avec un sol en ciment. Elles mesurent 2,13m. X 2,43m. Au pied du lit, une flèche bombée à l’aérosol indique la direction de la Mecque et la distance: 12 973 km. Les prisonniers peuvent se doucher, se raser et avoir 20 minutes de “récréation” dans une cour minuscule de 2 à 4 fois par semaine selon un système de récompenses à quatre degrés. S’ils se comportent bien, ils peuvent avoir un ballon de foot, une couverture supplémentaire, une bouteille d’eau, deux paquets supplémentaires de sel, un échiquier ou un jeu de dames. L’équipe médicale du capitaine Albert Shimkus dit avoir réalisé 70 opérations, surtout orthopédiques pour blessures de guerre mais c’est le besoin de soins psychiatriques qui a le plus augmenté. Des psychiatres ont donc été envoyés au camp. Selon Shimkus, « 5 à 7% des détenus ont des problèmes psychologiques et reçoivent des médicaments pour cela. Un certain nombre souffraient déjà auparavant de stress post-traumatique déclenché par leurs expériences de guerre. » Les gardiens et le personnel du camp se font généralement traiter d’ânes par les prisonniers, qui leur jettent de l’eau et des restes de nourriture ou crachent sur eux. Les relations entre les gardiens et les prisonniers se limitent au “strictement professionnel”, même si certaines gardiennes prétendent que des prisonniers flirtent avec elles. Les prisonniers passent leur journée à dormir, à réaliser des sculptures avec du papier hygiénique, à lire le Coran, mais il y a aussi des livres de Disney et des livres scolaires en langues étrangères. Mais la plupart du temps où ils sont réveillés, les prisonniers le passent à discuter entre eux à travers les grillages. Prochainement, une quatrième série de cellules vont être disponibles: les prisonniers les plus méritants pourront y être déplacés. Ils seront regroupés en groupes de douze et pourront se déplacer un peu plus librement.
À 7 km de cet enfer aseptisé et non-climatisé, il y a l’autre cauchemar climatisé, la “ville” où vivent les 5 000 militaires du camp, avec son parcours de golf, son club de bowling, son cinéma drive-in, qui projette “Harry Potter 2”, et son inévitable McDo. Plantée sur le territoire communiste de Cuba, la base est un morceau d’Amérique avec ses Levi’s, ses Big Mac et ses jeeps Chevrolet conduites par des jeunes gars, casquette vissée sur leur boule à zéro, qui font marcher à fond la sono de l’auto-radio d’où s’échappe la musique d’Eminem. Jusqu’à quand les prisonniers resteront-ils dans le royaume du Colonel Adolf Mac Queen?, ont demandé les journalistes au Général Miller. « Jusqu’à ce que nous gagnions la guerre contre le terrorisme », a répondu le 2-étoiles, « Nous faisons ici de grands progrès chaque jour, mais il s’agit d’une guerre globale contre le terrorisme. Je crois que ça va prendre du temps. » Oui, Général, beaucoup de temps. Et si, en un an, le “Joint interrogation group” qui interroge les prisonniers n’a pas trouvé l’adresse du Mollah Omar et de Ben Laden, il n’y a pas de raison qu’il la trouve de sitôt sous le soleil de plomb des Caraïbes. Et si ça continue comme ça, les tentatives de suicide - dix en un an - à l’aide d’un drap torsadé risquent de se multiplier, malgré tous les cocktails chimiques qu’on trouvera à administrer aux otages de l’Empire.
20/01/03 - Création du Groupe Guantanamo en Suède
Le Groupe Guantanamo a été fondé samedi 18 janvier à Stockholm à l’initiative de Gösta Hultén. Le Groupe demande au gouvernement suédois d’exiger la libération de Mehdi Mohamed Ghezali, le jeune Suédois de père algérien et de mère finlandaise détenu à Guantanamo depuis un an. Il comprend dans son conseil d’administration plusieurs députés, dont le conservateur (Parti modéré) Henrik von Sydow, l’écologiste Gustav Fridolin (Parti de l’environnement) et la communiste Marianne Eriksson, député européenne du Parti de gauche, ainsi que l’avocat Peter Althin. « Nous considérons qu’il (Mehdi) est soumis à un meurtre judiciaire et nous allons nous battre pour qu’il soit libéré», a déclaré Gösta Hultén, qui a ajouté: «Mais notre priorité est faire pression sur le gouvernement pour qu’il sorte de son mutisme et exige sa libération.» Récemment, Mehdi Mohamed Ghezali a reçu la visite d’un membre de la police politique suédoise accompagné d’un fonctionnaire du ministère de la Défense ancien officier de renseignement. Ils ont pu le rencontrer deux jours de suite. Selon son avocat, le prisonnier a été très peu bavard durant les visites, qui se passaient en présence d’ «observateurs» US. Le père de Mehdi Ghezali a, dans le courant de l’année, mené deux grèves de la faim publiques, enfermé dans une cage de mêmes dimensions que celle dans laquelle son fils était enfermé à Guantanamo. Il prépare une tournée de sensibilisation en Europe. Mehdi Mohamed Ghezali, 23 ans, a été fait prisonnier le 19 décembre 2001 en tentant de passer la frontière afghano-pakistanaise. Un mois plus tard, il était déporté à Guantanamo. Né en Suède, il est citoyen de ce pays. On ignore ce que les autorités US lui reprochent.
20/01/03 - Communiqué lu lors du rassemblement à Paris pour la libération des prisonniers de Guantanamo
A l’appel des associations : Le Collectif des Associations Françaises pour la Libération des Prisonniers de Guantanamo, La Pierre et l'Olivier, réseau de solidarité avec le peuple de Palestine et du Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe, nous nous sommes rassemblés ce jeudi 9 janvier 2003 place de Fontenoy, face au siège de l’UNESCO, à Paris, pour protester énergiquement contre la séquestration de plus de 600 prisonniers de guerre dans le bagne de Guantanamo. Ces prisonniers-otages sont détenus dans des conditions inhumaines et dégradantes. Ils ont subi et continuent à subir des sévices physiques et psychologiques.
Nous déclarons solennellement que cette séquestration constitue une violation flagrante de la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre et de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Nous demandons à la communauté internationale de se mobiliser pour exiger la libération de ces prisonniers de guerre tant que les Etats-Unis continuent de violer le droit international en leur refusant ce statut et en les maintenant dans un flou juridique inacceptable. Si les Etats-Unis ont opté pour ce flou, c’est sans nul doute qu’ils craignent qu’une juridiction régulière ne révèle que cette opération n’est qu’un bluff politique pour justifier la guerre en Afghanistan, et les guerres actuelles contre les peuples iraqien et palestinien.
Paris, le 9 janvier 2003
Associations et personnalités représentées :
Le Collectif des Associations Françaises pour la Libération des Prisonniers de Guantanamo ; Ginette Skandrani, La Pierre et l'Olivier, réseau de solidarité avec le peuple de Palestine ; Mondher Sfar, Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe ; Rassemblement des Tunisiens Libres ; Fausto Giudice - Alliance Zapatiste de Libération Sociale ; Violette Daguerre, Présidente Commission Arabe des Droits Humains ; Association de Solidarité Franco-Palestinienne ; Musulmanes en Mouvement ; Claudine Roméo – Universitaire, Paris ; Maria Poumier – Universitaire, Paris ; Collectif des Ivoiriens de France pour les Droits Humains et la Démocratie ; Jean-François Poirier, Philosophe ; Ali Abdulla – Qatar ; Sultan Khalifa – Qatar ; Mohamad Ojan – Qatar ; Alain Le Cœur, Commission Transnationale des Verts ; Ahmed Manaï – Tunisie ; Larbi Alili – Pays-Bas ; Najeeb Al Nuaimi – Qatar ; Mohamed Al Mohd – Qatar ; Musulmanes en Mouvement ; Rabia Zibar ; Khadija Bouabdellah
18/01/03 - guantanamo, premier camp de concentration off shore de l’Empire - Appel du Collectif guant@namo - janvier 2003
Depuis un an, 625 citoyens de 42 pays sont enfermés dans le Camp baptisé X-Ray (“Rayon X”) de la base militaire US de guantanamo, sur l’île de Cuba. Étiquetés “combattants ennemis” par le Pentagone, ils n’ont aucun statut. Ils ne sont en effet ni prisonniers de guerre, ni prisonniers politiques, ni même détenus de droit commun. Enfermés dans des cages, ils sont otages du bon vouloir du chef de la première puissance mondiale, le nouveau croisé George Bush. La juridiction US ne s’appliquant pas sur le territoire de guantanamo, le Camp X Ray est le premier camp de concentration off shore (=extraterritorial) de l’Empire.
Hors du droit, les otages de guantanamo sont aussi maintenus hors du monde, pratiquement coupés de toute communication avec l’extérieur, que ce soit avec leurs parents, leurs avocats ou des élus de leur pays. Cette situation unique est une grande première dans l’histoire mondiale. Si nous ne nous y opposons pas, elle est appelée à se reproduire ailleurs, pour d’autres otages, par exemple demain des Iraquiens ou même des militants no global (=anti-mondialisation) de pays démocratiques. L’effet guantanamo se fait déjà sentir aux quatre coins de la planète. De très nombreux gouvernements, cédant aux pressions de la CIA et du Pentagone, ont déjà pris des dispositions pour créer dans leur pays des zones de non-droit, au nom de la “guerre contre le terrorisme”. Nous vous appelons donc à vous mobiliser pour animer une campagne mondiale contre Guantanamo, sur les thèmes suivants:
1° - Les otages de guantanamo ont des droits: droit à la défense, droit à la communication, droit à la justice.
2° - Ils doivent être soit jugés, soit libérés.
3° - Les Nations unies doivent constituer une commission indépendante d’enquête et d’instruction, composée d’experts des 5 continents, pour déterminer où et par qui les prisonniers doivent être jugés. Pendant les travaux de cette commission, les prisonniers doivent être transférés de guantanamo vers un pays neutre et confiés aux bons soins de la Croix-rouge et du Croissant-Rouge. La commission devra trancher entre 4 possibilités: remise en liberté, jugement aux USA, jugement en Afghanistan, jugement dans le pays d’origine du détenu. Elle devra établir un montant d’indemnités à verser par le gouvernement US à tous les prisonniers remis en liberté et à leurs familles
Depuis un an, des parents de ces otages se battent un peu partout dans une grande solitude, secondés par des avocats courageux mais impuissants. La bataille de Guantanamo concerne tous les citoyens du monde épris de liberté, de pluralité, de diversité et de justice. Contre l’Empire , seules des multitudes multicolores peuvent empêcher que les pires cauchemars s’imposent à tous. Aujourd’hui à guantanamo, demain chez toi!
Nous constituons ce jour le Collectif guant@namo, partie prenante du Réseau mondial guant@namo, qui agit pour la fermeture de ce camp de concentration.
L’engagement dans ce collectif se fait uniquement sur une base individuelle. Nous appelons tous ceux qui le veulent à nous rejoindre ou bien à créer leur propre structure et à établir une relation de travail avec nous. Le gage de réussite de la campagne sera sa capacité à mobiliser des multitudes dans un esprit mondial égalitaire, dans le respect des spécificités et des motivations particulières, pour “un monde contenant tous les mondes”, contre toute forme de pensée unique et les monstruosités en découlant.
Pour tout contact avec le Collectif guant@namo, écrire à: xraydelta@lvo.info.
NOUS VOUS INFORMERONS EN RETOUR DE NOS ACTVITÉS. NOUS VOUS ENCOURAGEONS VIVEMENT À REPRODUIRE ET DIFFUSER CET APPEL! ENVOYEZ-NOUS L'ADRESSE DES SITES SUR LESQUELS VOUS L'AUREZ PUBLIÉ.
18/01/03 - 3 300 messages échangés entre les prisonniers et leurs familles
Le Comité international de la Croix-Rouge a déclaré la semaine dernière qu'il avait acheminé 3 300 lettres brèves entre les prisonniers de Guantanamo et leurs familles. Les prisonniers n'ont que ce moyen pour "communiquer" avec l'extérieur, ne pouvant ni téléphoner ni recevoir de visites. Leurs lettres, censurées et réduites à quelques lignes, sont acheminées soit par les postes US soit par la Croix-Rouge. Celle-ci a aussi la possibilité de visiter les prisonniers, ce qu'elle a fait à quatre reprises. Les USA refusant de publier les noms des détenus, les lettres sont souvent le seul moyen pour les familles de savoir qu'un des leurs est à Guantanamo.
17/01/2003 - Le camp de Guantanamo prêt à accueillir de nouveaux prisonniers
Le général Geoffrey Miller, qui dirige le camp de Guantanamo, a déclaré que la guerre contre l’Iraq pourrait conduire à l’arrestation de nouveaux suspects de terrorisme qui pourraient être déportés à Guantanamo. Des travaux de construction d’un nouveau bloc de détention ont étendu les capacités d’accueil à 1 000 places. Le général Miller a exprimé sa satisfaction: « La guerre contre le terrorisme est un énorme succès. C’est une guerre globale et comme pour toute activité globale, elle exige du temps, de la patience et de l’engagement. » Et, ajoute-t-il, les prisonniers jouissent de conditions humaines. La preuve, leur poids a augmenté en moyenne de 13 livres. Que dix d’entre eux aient tenté de se pendre ne le gêne pas.
14/01/03 - Les avocats norvégiens dénoncent les violations des droits humains Dans une lettre adressée notamment à l'ambassade US à Oslo, l'Association norvégienne des avocats dénonce la manière dont "les USA mènent la lutte contre le terrorisme". Elle dit comprendre que les USA essayent de démasquer et punir les responsables d'actes de terreur et tentent de s'en protéger, mais cela doit se faire dans le respect des droits humains fondamentaux. Dénonçant les conditions de détention à Guantanamo, l'Association écrit que les abus commis par les autorités US remplacent le droit par la force et ne font que nourrir l'opposition à leur politique et entraîner de nouveaux actes de terreur.
14/01/03 -Le gouvernement saoudien veut rapatrier les détenus saoudiens
Un porte-parole du ministère saoudien de l'Intérieur a déclaré dimanche que le gouvernement de Riyadh avait créé un bureau de liaison afin de recueillir des informations et de chercher à rapatrier les Saoudiens détenus à Guantanamo, en Afghanistan, au Pakistan et en Tchétchénie, "pour les juger en Arabie saoudite". Plus de 100 Saoudiens sont détenus à Guantanamo. Le bureau de liaison aura aussi pour tâche d'informer les familles des détenus sur leur état et leurs conditions.
13/01/03 - L'An II du premier camp de concentration off shore de l'Empire
Le 10 janvier, le camp de concentration de Guantanamo est entré dans deuxième année d'existence. 625 hommes de 42 nationalités y sont détenus dans des cages. La plupart ont été capturés en Afghanistan. En octobre, 4 d'entre eux ont été libérés et 30 autres ont été internés à leur tour. Ces hommes ont été définis par le Pentagone "combattants ennemis" mais n'ont aucun statut juridique: ils ne sont ni prisonniers de guerre, ni prisonniers politiques ni même détenus de droit commun. En novembre 2001, George Bush a signé un décret instituant qu'ils pourraient être jugés par des commissions militaires. Devant ces commissions militaires, qui peuvent condamner à la peine capitale, les avocats de la défense doivent obligatoirement être des membres de l'armée US. Hors du droit, les otages de Guantanamo sont aussi maintenus hors du monde: ils ne peuvent recevoir aucune visite de parents, d'avocats ou d'élus de leur pays. Certains d'entre eux ont pu être visités par des représentants des gouvernements ou des polices de leurs pays. Une partie d'entre eux ont été ponctuellement autorisés à expédier des lettres sommaires. Un détenu saoudien vient d'être autorisé à une communication téléphonique avec sa famille. La situation de Guantanamo, qui est une enclave US en territoire cubain, est unique. En effet, son territoire n'est pas soumis à la juridiction US. L'avocat qatari d'une cinquantaine de prisonniers a demandé à l'ambassadeur cubain: « Mais pourquoi Cuba ne les juge pas? Ça n'est pas un pays indépendant?» L'ambassadeur lui a répondu: « Ah! Vous croyez que Cuba est indépendant?»
Guantanamo, avec son camp X-Ray et son camp Delta est le premier camp de concentration off shore (= extraterritorial) de l'Empire. Tolérer son existence, c'est permettre que d'autres camps s'ouvrent sur la planète pour d'autres "combattants ennemis", demain des Iraquiens, après-demain des militants anti-mondialisation d'Europe ou d'ailleurs. Tous ceux et toutes celles qui sont opposés à la globalisation US, qui croient en la liberté, en la justice et en la diversité doivent s'engager pour réclamer la fermeture des camps de Guantanamo. Les 625 otages doivent être libérés ou jugés! Désormais, sous la rubrique "Guantanamo", quibla publiera des informations et des contributions du monde entier sur les nouveaux camps de concentration mais aussi des informations sur "l'effet Guantanamo", c'est-à -dire tous ces actes de répression hystériques menés dans le monde entier au nom de la "guerre contre le terrorisme". De Stockholm à Doha, de Cotabato à Alger, nous sommes tous concernés.
13/01/03 - Nouvelles paroles pour une vieille chanson : Tout le monde connaît l'air de la veille chanson cubaine Guantanamera. Une internaute cubaine vous propose un nouveau texte en français à chanter sur l'air de cette chanson. Toutes autres propositions sont les bienvenues!
Refrain
1.Guantaaanamo! (- Guantanamera! )
condamnés , mêm' pas jugés : (guajira guantanamera!)
c'est l'Améri-ique (Guantanamera....)
On est tous des terrorisques ! (- Guajira guantanamera!)
Couplet
2 Iraq, Afghans, Palestine, (Yo soy un hombre sincero,)
Gloire aux martyrs pour la paix ! (De donde crece la palma;)
La terre entière massacré-ée ( Antes de morirme quiero)
Connaît ses vrais ennemi-is ! (-Echar mis penas del alma!)
[Sur l'air du refrain]
3. Non à la guerre
Pour les beaux yeux d'l'Israël
Et d'l'Amérique
On est tous des terrorisques !
Couplet
4.Aux armes frères du monde,
Formons partout nos bataillons :
Reprenons l'eau, le pétrole,
Bouchers, charognes go home!
[Refrain]
5.Guantanamo,
Condamnés , mêm' pas jugés :
C'est l'Amérique
On est tous des terrorisques !
Couplet
6.Bâillonnés ou torturés,
On est tous dans l'même bateau-ô !
Ne soyons plus les otages,
Debout, les damnés d'la terre !
[Sur l'air du refrain]
7.Non à la guerre
Pour les beaux yeux d'l'Israël
Et d'l'Amérique
On est tous des terrorisques !
13/01/03 - L'hypocrisie du gouvernement algérien
“Dans une déclaration au Jeune Indépendant, Belkhadem affirme: «Guantanamo : on ne sait rien sur les prisonniers algériens»”. Sous ce titre, Sihem H. écrit dans le quotidien algérien Le Jeune Indépendant du 8 janvier 2003 ce qui suit:
L'Algérie n'a toujours pas été saisie officiellement à propos des «prétendus» détenus algériens se trouvant dans la base militaire américaine de Guantanamo Bay située à Cuba.
Dans une déclaration au Jeune Indépendant, en marge de la journée d'études organisée au Conseil de la Nation, le ministre des Affaires étrangères, M. Abdelaziz Belkhadem, a affirmé, hier, que c'est une situation très délicate qui implique des mesures en conséquence. Il ajoute, à cet effet, que son département, à l'exception de quelques informations officieuses et autres écrits de presse, ne connaît rien sur le nombre de ces détenus, encore moins sur les conditions dans lesquelles ils se trouvent. «Vous savez que les affaires de terrorisme donnent toujours du fil à retordre dans la prise de décisions adéquates. C'est sans doute ce qui explique le fait que les autorités concernées n'ont toujours pas jugé utile de nous contacter pour une éventuelle extradition», dira M. Belkhadem qui ne nie pas, toutefois, que c'est une affaire «très sensible». D'autant plus, ajoute-t-il, que parmi les détenus figurent des binationaux qui, en plus d'être Algériens, ont la nationalité bosniaque. «On ne peut rien faire pour cette catégorie de personnes», affirme M. Belkhadem.
«Même les familles des détenus concernés ne nous ont pas sollicités pour une intervention, ce qui devrait être normalement élémentaire», dira-t-il en ajoutant que ce n'est que dimanche dernier que le frère de l'un des détenus a pris attache avec le département des Affaires étrangères.
«On ne peut pas se permettre de s'immiscer dans ce genre d'affaire, mais une fois saisis, les mesures adéquates seront prises», dira M. Belkhadem sans s'étaler sur la nature de ces mesures, en se contentant juste d'indiquer que ce sont les mêmes que celles prises dans pareilles circonstances dans le monde, dans le cadre diplomatique.
Huit Algériens sont emprisonnés, rappelle-t-on, dans cette base américaine depuis le début de l'année 2002. Six parmi eux sont détenteurs, en plus de la nationalité algérienne, de la nationalité bosniaque et deux autres sont Français d'origine algérienne.
Les six mis en cause ont été appréhendés par les services secrets américains à Sarajevo, le jour de leur remise en liberté par la Cour suprême croato-bosniaque qui les a disculpés faute de preuve concrètes.
Ils étaient accusés d'appartenir au réseau d'Al Qaïda et d'avoir planifié un attentat contre l'ambassade américaine à Sarajevo. Leur arrestation par les autorités américaines avait été sévèrement condamnée par les associations de défense des droits de l'homme. En Algérie, Me Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative pour la promotion des droits de l'homme, avait recommandé aux autorités algériennes, durant le mois de décembre écoulé, d'entamer officiellement des démarches auprès de l'Administration américaine à propos de ces prisonniers.
Me Ksentini avait précisé qu'il a été informé de cette affaire par Human Rights Watch, lors du déplacement d'un représentant de cette organisation dans notre pays.
13/01/03 - Diego Garcia, un Guantanamo bis?
La flotte militaire US loue la base militaire britannique dans l'Océan Indien. Le 27 décembre dernier, une information paraissait dans le Washington Post et le Herald Tribune: « Les USA détiennent des prisonniers d'Afghanistan à Diego Garcia dans des conditions similaires à celles de Guantanamo». La Baronesse Amos, ministre du Foreign Office s'est empressée de démentir cette information le 8 janvier devant la Chambre des Lords en déclarant: « Il n'y a pas de suspects de terrorisme à Diego Garcia et, selon la loi en cours sur le Territoire britannique de l'Océan Indien, il n'y aurait aucune autorité en mesure de détenir des suspects d'Al qaïda sur ce territoire». Interrogée pour savoir si les USA détenaient qui que ce soit à Diego Garcia, la baronesse a simplement dit "ne pas être au courant d'une quelconque requête faite au gouvernement britannique". Question: peut-on croire aveuglément les déclarations d'une ministre de Tony Blair?
13/01/03 - "Le drapeau US mérite bien mieux que ça"
Khalid Al Odah n'a rien d'un ennemi de l'Amérique, bien au contraire. Cet ancien colonel de l'aviation koweïtienne a été formé aux USA et il a travaillé pour les renseignements militaires US pendant la Guerre du Golfe. Lorsqu'il a appris que son fils Faouzi, un enseignant de 25 ans, avait été arrêté par les forces US à la frontière afghano-pakistanaise, il a eu confiance: le jeune homme pourrait expliquer facilement sa situation et serait donc rapidement relâché. Faouzi, un enseignant, profitait de ses vacances pour faire du travail humanitaire au Pakistan auprès des enfants de réfugiés afghans. Lorsque les bombardements US commencèrent sur l'Afghanistan, il s'est tout naturellement retrouvé en train d'aider des civils afghans à se réfugier au Pakistan. «Quand j'ai appris qu'il avait été remis aux Américains, j'étais vraiment partiellement soulagé, parce qu'il s'agit d'un pays civilisé et d'une nation civilisée.» Puis, le choc est venu lorsque Al Odah a appris que son fils avait été transporté à Guantanamo, au camp X-Ray. La famille de Faouzi et celles des autres détenus koweïtiens ont déposé une plainte contre le gouvernement US, demandant que leurs proches aient accès aux tribunaux US pour plaider leur cas. L'été dernier, un juge fédéral de Washington les a déboutés, décrétant que les prisonniers n'ont pas droit à une protection constitutionnelle. L'affaire suit son chemin devant les cours d'appel fédérales. Faouzi a écrit à sa famille. Il est sûr d'être bientôt à la maison. Mais d'après les militaires US, la plupart des prisonniers ne reverront pas leur maison d'ici de longues années. Malgré cela, Khalid Al Odah n'a pas changé de position en faveur des USA et de leur "guerre contre le terrorisme". Il dit que ce qu'il connaît des USA lui rend encore plus difficile la compréhension de cette expérience. « Ce n'est pas le principe américain, ce n'est pas la voie américaine que je connais. Je pense que le drapeau US mérite bien mieux que ça.»
13/01/03 - Un citoyen US peut être traité en "combattant ennemi"
La 4ème Cour d'appel de circonscription Us a rendu un jugement important qui risque de faire jurisprudence, à moins que la Cour suprême, une fois saisie de l'affaire, n'en décide autrement, ce qui serait étonnant, vu la "déférence" dont font montre les hauts magistrats Us à l'égard de la Maison blanche, qui les nomme, et du Pentagone. La Cour d'appel a ainsi annulé la sentence d'une juridiction inférieure concernant le cas de Yasser Asem Hamdi. Ce jeune homme de 22 ans a été capturé, selon l'accusation, "un AK 47 à la main" en Afghanistan. détenu à Mazar-e-Sharif pendant la révolte et le massacre des prisonniers, il fut ensuite transféré à Guantanamo avant qu'on découvre que ce Saoudien était né en Louisiane et était donc citoyen US. Il fut donc transféré sur un bateau-prison à Norfolk, Virginie, mais néanmoins traité en "combattant ennemi", c'est-à -dire privé d'avocat et interdit d'accès aux preuves que disait détenir l'accusation. Le premier tribunal, à Norfolk, ayant jugé qu'il avait, en tant que citoyen US, un droit à la défense et à la vision des preuves contre lui, l'accusation a fait appel et la Cour d'appel lui a donné raison. L'avocat commis d'office pour le "défendre" a été empêché de s'entretenir avec lui. La Cour d'appel, constituée de 3 juges, dont 2 nommés par Reagan et 1 par Clinton, a jugé que sa qualité de citoyen US ne s'opposait pas à ce qu'il soit traité "selon les lois de la guerre", même si la guerre d'Afghanistan était "non conventionnelle", donc en tant que "combattant ennemi". La Cour a bien pris soin de préciser que cette "règle" s'appliquait à un citoyen US pris les armes à la main dans une zone de combat hors du territoire US et non pas à un citoyen US arrêté aux USA mêmes. Elle entendait ainsi que son arrêt ne fasse par jurisprudence pour des prisonniers comme José Padilla, cet ancien membre d'un gang urbain converti à l'Islam, arrêté à l'aéroport de Chicago à son retour du Pakistan et accusé d'avoir préparé un attentat avec une "bombe sale" nucléaire. Le jugement sur Hamdi a été fortement critiqué par de nombreux juristes et des organisations de défense des libertés. "Cette décision entérine la création d'un no man's land constitutionnel", a commenté Susan Herman, prof de droit à l'École de Droit de Brooklyn. D'autres commentateurs ont comparé cette situation à celle des citoyens US d'origine japonaise internés sans jugement durant la seconde Guerre Mondiale et qui ont eu droit, bien plus tard, à des excuses du gouvernement US. Hamdi devra donc attendre maintenant une éventuelle sentence de la Cour suprême.
13/01/03 - Le combat du père algérien d'un "combattant ennemi" suédois
Mehdi Ghezali continue son combat solitaire dans le glacial hiver suédois de la ville d'à–rebro où il vit. Son fils Mehdi Mohamed a "fêté" ses 23 ans à Guantanamo. Arrêté lors d'une tentative sanglante de fuite au Pakistan en décembre 2001, il est au camp X-Ray depuis janvier 2002. En un an, il a pu faire parvenir 5 messages. Les dernières nouvelles de lui remontent au 8 janvier: une lettre écrite le 6 novembre. Quelques lignes pour dire: « Je vais bien, salue tous ceux qui me connaissent. Prie pour que Dieu m'aide.» Il y a quelques jours, un policier suédois et un membre de l'ambassade suédoise à Washington ont pu rencontre le prisonnier pendant deux jours. Mehdi ne l'a appris que lorsque les médias l'ont appelé. Puis son avocat lui a fait savoir que le ministère suédois des Affaires étrangères lui donnerait des nouvelles de cette visite dans quelques jours. «Lorsque je lis ses lettres, je pleure.» Mehdi a déjà mené deux grèves de la faim, enfermé dans une cage minuscule pour dénoncer la situation de son fils. Il envisage maintenant de faire une tournée en Europe avec sa cage qui le conduira jusqu'à Bruxelles "pour réveiller tous les gouvernements européens". « Je veux que le gouvernement suédois se batte pour faire rentrer le garçon avant qu'il pourrisse», dit-il. Et son avocat critique le gouvernement qui a pris tellement de temps pour organiser une visite au prisonnier. Pourtant, en septembre, le Premier ministre social-démocrate Göran Persson avait critiqué le camp de Guantanamo comme "inacceptable".
13/01/03 - Le Parlement de Bahreïn s'engage pour les otages
Suivant l'exemple du Majlis Al Umma du Koweït, qui a constitué un comité parlementaire pour s'occuper activement du sort des citoyens koweïtis détenus à Guantanamo, le Parlement du Bahreïn s'est à son tour engagé dans la bataille et a constitué un comité, à l'appel de Abdullah Al A'ali, vice-président du Comté des affaires législatives et légales. Le Comité s'occupera à la fois du sort de 10 étudiants bahreïnis disparus en Iraq, où ils étudiaient, depuis septembre 1991, et de celui de six concitoyens détenus à Guantanamo depuis octobre dernier. Les membres du comité tenteront de retrouver les disparus, de rencontrer les détenus et de coordonner le travail avec le ministère des Affaires étrangères et les ambassades compétentes de l'émirat. Pour Guantanamo, espérons qu'ils auront plus de chances que leurs collègues koweïtis, dont les demandes de visite à Guantanamo ont essuyé des fins de non-recevoir, les USA laissant seulement des représentants du ministère de l'Intérieur du Koweït rencontrer les prisonniers.
31/12/02 - Les détenus algériens de Guantanamo abandonnés par leur pays
Les familles de six Algériens détenus à Guantanamo viennent d'écrire à Bush sur le sort réservé à leurs enfants détenus depuis plus d'un an. Au nom du collectif des familles, Abdelkader Aït Idir s'est déclaré "offusqué" par la "passivité" de l'Etat algérien et le "refus de ses responsables à défendre les Algériens en dépit du fait qu'ils soient innocents de toutes les charges retenues contre eux par le ministère américain de la Défense". Abdelkader Aït Idir a précisé que les six détenus, tous pères de famille, installés légalement en Bosnie depuis le début des années 90, ont été arrêtés par la police bosniaque pour des chefs d'accusation annulés par le tribunal quelques jours plus tard. "Ils ont été accusés d'appartenance au GIA et de préparation d'un attentat contre l'ambassade américaine, mais le tribunal les a vite relaxés faute de preuves. La veille de cette décision, les six détenus ont été enlevés par des militaires américains pour être transférés vers Guantanamo pour appartenance présumée à Al Qaïda", a déclaré M. Aït Idir.
Me Najib Al Nuaïmi, l'avocat qatari de sept détenus algériens, a révélé d'autre part avoir saisi le chef de la diplomatie algérienne Abdelaziz Belkhadem afin qu'une délégation de son ministère puisse rendre visite aux détenus. "Aucune réponse ne m'a été adressée. Je sais que le droit de visite a été accordé à des délégations saoudienne, marocaine, yéménite et bahreïnie, parce que les autorités de leurs pays ont intercédé auprès du ministère américain de la Défense, mais du côté des Algériens, c'est le black-out."
Selon Me Najib Al Nuaïmi, le ministère algérien des Affaires étrangères a été destinataire de la liste complète des Algériens détenus à Guantanamo. "Je le sais parce que je tiens l'information des autorités américaines qui m'ont d'ailleurs révélé qu'elles n'ont aucune objection à ce que l'on rende visite aux prisonniers pour peu que les autorités de leurs pays respectifs fassent part de leur demande. Pour ce qui est des Algériens, les Américains m'ont affirmé qu'ils n'ont jamais été destinataires d'une quelconque sollicitation", a noté l'avocat.
Pour sa part, Me Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de la promotion et de la défense des droits de l'Homme (CNCDDH), a indiqué que son organisation a été destinataire de neuf requêtes déposées par les familles des détenus algériens de Guantanamo.
24/12/02 Guantanamo: 59 prisonniers "n'ont rien à voir avec Al Qaïda"
Selon le Los Angeles Times de dimanche, 59 des plus de 600 prisonniers de la base US de Guantanamo Bay n'ont rien à voir avec Al Qaïda ou avec les Talibans. Ils figuraient sur une liste, dressée par les services de renseignements US après leurs interrogatoires en Afghanistan, des prisonniers ne présentant aucune "valeur du point de vue du renseignement". Il s'agit principalement de paysans, de chauffeurs de taxi ou de manoeuvres, dont certains ont été recrutés par les talibans dans les semaines qui ont précédé leur défaite.
23/12/02 Des détenus de Guantanamo autorisés à communiquer
Abdul Aziz, un détenu saoudien de Guantanamo, a été autorisé mercredi dernier à avoir une communication téléphonique de 45 minutes avec sa famille. D'autre part, Mohamed Al Fouzan a reçu mardi la première lettre de son fils Fahd, aussi détenu à Guantanamo, après 3 mois d'interruption des communications. Ces nouvelles ont été saluées par Elham Hassan, une avocate bahreïnie membre du Comité international pour la défense des prisonniers de Guantanamo, comme l'indice d'une évolution positive. Elle a demandé au gouvernement Us de relâcher ces prisonniers ou de les remettre à leurs gouvernements respectifs, dans la mesure où les USA ne détiennent aucune preuve justifiant leur détention. Elle a ajouté que le Comité se réunirait cette semaine à Doha pour discuter des nouveaux développements.
13/12/02 Le bâtonnier de Paris se commet d'office pour les Français de Guantanamo
Le bâtonnier de l'ordre des avocats de Paris, Paul-Albert Iweins, annonce dans une démarche symbolique qu'il se commet d'office pour défendre trois Français détenus sur la base militaire US de Guantanamo à Cuba.
Dans un communiqué, le bâtonnier dit sa "ferme condamnation de toutes formes d'actions terroristes" mais ajoute qu'il se doit "de réagir et de mobiliser la communauté internationale des avocats dès lors que les droits de la défense sont ignorés".
Déplorant qu'il ne soit reconnu "aucun droit juridique" aux détenus, il annonce qu'il va demander aux autorités US le droit de s'entretenir à Guantanamo avec Mourad Ben Chellali et Nizar Sassi, originaires de Vénissieux (Rhône), et Khaled ben Mustapha, né dans la banlieue lyonnaise.
Cette démarche symbolique fait suite à une déclaration commune rendue publique en juillet par 32 barreaux du monde entier, qui ont souhaité que "la lutte contre le terrorisme ne porte pas atteinte à l'état de droit".
05/12/02 - L'OTAN a