GUANTANAMO - CUBA

I CONTRIBUTI A QUESTA VERGOGNA GIUNTI DA ASSOCIAZIONI, COLLETTIVI, PARTITI ED ISTITUZIONI

CHRONIQUE DE GUANTANAMO

Informations publiées par le site quotidien online pour les Musulmans francophones

« Quelles que soient les procédures liées au fonctionnement des tribunaux militaires, notre système est plus loyal que celui de Ben Laden et des talibans. Les prisonniers que nous avons capturés et qui seront jugés auront un procès loyal et plus de chances de se défendre que nos citoyens qui se trouvaient dans le World Trade Center et au Pentagone »

George W. Bush, 28 décembre 2001 

LES INFORMATIONS SONT CLASSÉES EN ORDRE CHRONOLOGIQUE DÉCROISSANT

27/02/03 - L’ONU critique les USA
Le groupe de travail de la Commission des droits de l'homme de l'ONU sur la détention arbitraire a critiqué mercredi 19 février à Genève les conditions de détention des personnes arrêtées aux USA, soupçonnés d'avoir été impliquées dans les attentats du 11 septembre 2001.
Le groupe d'experts, sous la direction du Français Louis Joinet considère que, dans deux cas, qui lui ont été soumis, de personnes détenues sur le territoire des USA, depuis plus de 14 mois, «apparemment en isolement, sans qu'aucun chef d'inculpation ne leur soit officiellement notifié, sans pouvoir communiquer avec leurs familles et sans qu'un tribunal ait eu à statuer sur la légalité de leur détention, cette situation est de nature à conférer un caractère arbitraire à leur détention».
Pour les personnes détenues à guantanamo, le rapport prend note que les autorités US les considèrent comme des «combattants ennemis» étrangers et refusent de leur accorder le statut de prisonniers de guerre prévu par les Conventions de Genève de 1949 sur la protection des civils dans les conflits et des prisonniers de guerre.
«Outre que cette interprétation est en débat, le groupe de travail rappelle que l'autorité compétente pour déterminer le statut de prisonnier de guerre n'est pas l'autorité exécutive, mais l'autorité judiciaire», comme le stipule la troisième Convention de Genève.
Tant qu'une juridiction compétente n'aura pas tranché sur ce point, les personnes détenues bénéficient de la protection de la Convention (traitement humain, contrôle de la légalité de la détention, droit à un procès équitable), poursuivent les experts, «de telle sorte que l'absence de ces garanties est susceptible de rendre leur détention arbitraire».

27/02/03 - Le Canada aurait contrevenu à la Convention de Genève
Un ancien député du Bloc québécois a demandé jeudi 20 février à la Cour supérieure du Québec de déterminer si le Canada a contrevenu à la Convention de Genève en remettant ses prisonniers afghans aux autorités US, l'année dernière.
Daniel Turp, qui est également professeur de droit, et 16 de ses étudiants de l'Université de Montréal ont présenté à la cour une motion visant le premier ministre Jean Chrétien, l'ancien ministre de la Défense, Art Eggleton, le ministre des Affaires extérieures, Bill Graham et le ministre de la Justice, Martin Cauchon.
Les prisonniers afghans capturés par les forces canadiennes ont été remis aux US qui les ont internés avec leurs propres prisonniers dans leur base de guantanamo.
L'avocat du ministère fédéral de la Justice, René Leblanc, estime que M. Turp et ses étudiants font fausse route en s'adressant à la Cour supérieure du Québec sur cette question. Selon lui, les requérants n'ont pas de lien direct sur ce qui se passe en Afghanistan.
«Nous croyons que la jurisprudence en la matière est très claire et que les cours ne sont pas l'endroit privilégié pour discuter de telles choses, a soutenu Me Leblanc. Ce genre de chose concerne le Parlement.»
M. Turp a répliqué que les citoyens ont le droit de soulever des inquiétudes à propos des obligations canadiennes en matière de lois internationales.
«Nous croyons que c'est une question d'intérêt public et qu'il est de mon devoir de soulever la possibilité que le Canada ait contrevenu à la loi et à ses obligations internationales en remettant certains prisonniers aux autorités américaines l'année dernière.»

27/02/03 - Les futurs prisonniers irakiens seront-ils transférés à guantanamo ?
Amnistie internationale (Canada francophone) lance une pétition demandant au secrétaire américain à la Défense, M. Donald Rumsfeld, de préciser le statut juridique des prisonniers de guantanamo et de les libérer ou de les rapatrier dans leur pays, à moins qu'ils ne soient accusés d'un crime prévu par la loi et jugés au cours d'un procès public juste et équitable.
Depuis le 10 janvier 2002, les États-Unis détiennent, hors de tout cadre juridique, plus de 600 « combattants » sur la base militaire de guantanamo à Cuba. Ils n'ont été ni accusés ni jugés, et ce, depuis plus d'un an pour certains. Les détenus sont privés de contact avec les tribunaux et leurs avocats. Ils sont soumis à la perspective de rester en détention pour une durée indéterminée, dans des cellules exiguës, enfermés parfois vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et confrontés à l'éventualité d'être jugés par des commissions militaires exécutives, habilitées à prononcer la peine de mort, sans droit d'appel. On leur refuse tout statut juridique, en particulier celui de prisonniers de guerre , ce qui les assurerait de protections garanties par les Conventions de Genève.
« Ces détentions sont totalement arbitraires. Le statut de « combattant illégal » n'appartient à aucun cadre juridique. Le centre de détention de guantanamo est un dangereux précédent. Cette pratique commence déjà à s'étendre à d'autres pays comme Israël, la Russie et le Royaume Uni, c'est pourquoi il faut y mettre fin le plus rapidement possible. » a déclaré Gilles Sabourin, coordonnateur pour l'abolition de la peine de mort d'Amnistie internationale. « Comment les Américains et leurs alliés pourront-ils bénéficier des protections des Conventions de Genève à l'avenir si eux-mêmes ne les accordent pas aujourd'hui ? » a-t-il ajouté.
D'autre part, selon les Conventions de Genève, le Canada reste responsable des prisonniers capturés en Afghanistan ou ailleurs. Il ne devrait pas les livrer aux Américains si les États-Unis ne respectent pas les protections que celles-ci leur accordent. Il est aussi responsable d'assurer à ses ressortissants le respect de leurs droits dont ceux d'Omar Khadr, un citoyen canadien âgé de 15 ans au moment de son arrestation et toujours détenu sans inculpation ni jugement dans les « limbes juridiques » de guantanamo. En raison de son statut de mineur, il aurait droit à un traitement différent de celui infligé aux adultes, ce qui lui est présentement refusé. Le gouvernement canadien doit exiger que ses droits consulaires et ses droits juridiques soient respectés immédiatement.
Par ailleurs, Amnistie internationale est très inquiète des préparatifs de guerre visant l'Irak. Elle a demandé au Conseil de sécurité des Nations Unies d'évaluer immédiatement l'impact d'une guerre sur les droits fondamentaux du peuple irakien et de le prendre en considération lors de toute délibération sur l'utilisation de la force contre l'Irak. Elle demande un déploiement immédiat d'observateurs des droits humains en Irak qui signaleraient toute violation par quelque partie que ce soit.
« Les États-Unis insistent sur les liens entre l'Irak et Al-Qaïda. Nous craignons que de futurs prisonniers irakiens subissent le même sort que les "combattants" détenus à Guantanamo et sur d'autres bases militaires américaines ailleurs dans le monde » a déclaré Michel Frenette, directeur général de la section canadienne-francophone d'Amnistie internationale.
La pétition pour le respect des droits fondamentaux des prisonniers de Guantanamo est disponible sur le site internet d'Amnistie internationale à l'adresse suivante : http://www.amnistie.qc.ca/ (faire le lien avec les codes SPIP) ou en téléphonant au (514) 766-9766.

27/02/03 - Des officiels canadiens ont visité Omar Khadr à guantanamo 
Des responsables canadiens des services de renseignement et du ministère  des affaires étrangères ont pu rendre visite à Omar Khadr, le seul prisonnier canadien détenu à guantanamo, du 13 au 17 février, où ils l’ont interrogé, notamment sur son père, Ahmed Khadr, actuellement recherché pour ses liens supposés avec Al Qaïda. Omar Khadr, 16 ans, a été capturé le 27 juillet dernier lors d’une attaque par des troupes US d’un camp près de Khost en Afghanistan. Blessé, il a été soigné et interrogé en Afghanistan et transféré à guantanamo le 28 octobre dernier. Il est accusé d’avoir tué un sergent US lors des combats qui ont duré plus de 4 heures. Il est né à Scarborough, dans l’Ontario. Son frère Abdurrahmane, 20 ans, a été capturé en Afghanistan en novembre 2001. Son autre frère Abdullah, 22 ans, et son père sont actuellement recherchés.

27/02/03 - Le Britannique Moazzam Begg transféré à guantanamo 
Arrêté au Pakistan en février 2002, le Britannique Moazzam Begg, 35 ans, de Birmingham, vient d’être transféré de la base de bagram, en Afghanistan, à guantanamo, selon le Foreign Office, dont un porte-parole a dit espérer : « Nous espérons pouvoir le visiter rapidement. » Begg a passé une année dans une cellule sans fenêtre à bagram.

27/02/03 - Les tentatives de suicide inquiètent le CICR
Les tentatives de suicide des détenus de guantanamo inquiètent le Comité international de la Croix-Rouge.
Dix-neuf détenus ont tenté de se suicider, a indiqué dimanche 23 février le Pentagone. Selon l'organisation, ces actes désespérés s'expliquent par le statut légal peu clair des prisonniers.
«La dernière tentative de suicide a eu lieu le 19 janvier», a précisé un porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Gary Keck.
Les USA doivent urgemment entreprendre des démarches pour clarifier le statut des prisonniers de guantanamo, a déclaré le porte-parole du CICR, Florian Westphal. Les tentatives de suicide démontrent que le statut des détenus n'est pas qu'une question juridique, mais aussi humanitaire.
Le CICR a intensifié ces derniers mois les discussions avec Washington sur les conditions de détention dans la base américaine. Début janvier, l'organisation humanitaire avait rendu visite à 619 détenus du camp. La prochaine série de visites commencera à la fin du mois de février.

27/02/03 - Mémorandum d’un avocat saoudien au CICR
Kateb Al Shemmary, avocat d’une partie des 150 détenus saoudiens de guantanamo, a adressé la semaine dernière un mémorandum au CICR du Koweït, demandant à cet organisme d’enquêter sur les tentatives de suicide à guantanamo et d’ è intervenir auprès des autorités US pour trouver une solution humanitaire pour les prisonniers. »

27/02/03 - La famille de Hamed Abderrahmane Ahmed collecte des fonds
Hamed Abderrahmane Ahmed, originaire de Ceuta, l’enclave espagnole au Maroc, est le seul détenu espagnol à guantanamo. Sa famille vient de lancer une collecte de fonds pour payer des frais d’avocat. Selon le porte-parole de la famille, Abdessalam Hamadi, l’avocat espagnol de Hamed a demandé au gouvernement espagnol une compensation financière de 50 000 € pour pouvoir payer les frais de justice pour les démarches engagées aux USA. En attendant une réponse, la famille collecte des fonds à Ceuta.

27/02/03 - Suisse : un Tunisien extradé en Italie
La Suisse a livré à l'Italie un Tunisien âgé de 34 ans. Sous le coup d'une procédure judiciaire en Italie pour acte de terrorisme depuis 1998, il avait été condamné en janvier dernier par défaut à cinq ans et demi de réclusion par un tribunal de Bologne, a annoncé mardi l'Office fédéral des réfugiés (ODR).
Le ressortissant tunisien s'est présenté vendredi 21 février au centre d'enregistrement des réfugiés de Chiasso. En vertu des accords bilatéraux conclus avec l'Italie, il a été remis aux autorités italiennes le jour même. Son arrestation a été le fruit d'une collaboration entre l'ODR, la police fédérale et la police tessinoise, ajoutait-on de même source.
Le Tunisien a séjourné en Bosnie jusqu'à il y a une année. Il devra purger en Italie une peine de prison notamment pour participation à une organisation criminelle.

27/02/03 - USA : audience de Sami Al Arian reportée au 24 mars
« On m’a pris ma liberté non parce que je suis un criminel ou que j’ai des mauvaises intentions à l’égard de cette grande nation. Je suis crucifié aujourd’hui pour ce que je suis, un Palestinien apatride. » Une cinquantaine de personnes étaient rassemblées devant le Palais de justice de Tampa, Floride, mardi 25 février, pour entendre un message du Dr Sami Al Arian lu par sa fille Lina. Accusé d’être le chef du Jihad islamique aux USA, Al Arian a été arrêté avec 3 autres personnes jeudi 20 février et a entamé une grève de la faim, bien qu’il soit diabétique.
Le tribunal fédéral qui devait examiner une demande de remise en liberté sous caution mardi a reporté l’audience au 24 mars, à la demande de la défense, qui a invoqué le caractère complexe de l’accusation, laquelle comprend 50 chefs d’inculpation, exposés dans un document de 121 pages. Les procureurs ont fait savoir qu’ils utiliseraient les renseignements collectés par des agences de renseignement étrangères pour étayer leur accusation contre Al Arian et ses co-inculpés. Cela serait la première fois que le gouvernement recourrait à la loi dite Foreign Intelligence Surveillance Act devant un tribunal public.
Pendant ce temps, l’homme qui est à l’origine de l’arrestation du Dr Al Arian est apparu au grand jour. Il s’agit de l’ancien procureur fédéral John Loftus, qui a déposé une plainte contre Al Arian, afin de faire pression sur les procureurs fédéraux pour qu’ils le fassent arrêter. Selon lui, il s’agit du “cas de terrorisme le plus ancien aux USA”: « Nous savions qu’il était un terroriste depuis 1989, mais les Fédéraux n’ont pas voulu agir pour ne pas embarrasser le gouvernement saoudien. » Selon Loftus, qui a déposé sa plainte en mars 2002, les fonds recueillis en Arabie saoudite par les organisations humanitaires liées à Al Arian servaient à financer le Jihad islamique: « Sami n’est qu’un détail. Le vrai problème, ce sont les Saoudiens. Ça a toujours été les Saoudiens. »

27/02/03 - USA : Audience préliminaire pour les “Cinq de Portland”
October Martinique Lewis, Jeffrey Leon Battle, Patrice Lumumba Ford, Ahmed Ibrahim Bilal et Mohamed Ibrahim Bilal ont été arrêtés en octobre dernier à Portland, Oregon, en application de la loi de 1978 instituant des tribunaux spéciaux pour juger les affaires d’espionnage (Foreign Intelligence surveillance Act) et dont les pouvoirs ont été étendus par l’US Patriot Act adopté après le 11 septembre. Un sixième suspect, Habis Abdulla Al Saoub, est en fuite. La Cour fédérale de district de Portland a siégé les 25 et 26 février pour examiner les preuves contre les inculpés, accusés de “conspiration” en vue de soutenir Al Qaïda et les talibans. L’accusation repose en grande partie sur les informations fournies aux services de police par un informateur d’origine égyptienne, le mécanicien Khalid Ibrahim Mostafa. Le juge a ordonné aux procureurs fédéraux de révéler pour quelles agences l’informateur avait travaillé et combien d’argent il avait reçu pour les enregistrements qu’il avait réalisé. La défense des inculpés a exigé que toutes les “preuves secrètes” détenues par les procureurs lui soient transmises. Cela inclut des fiches de renseignement provenant de deux douzaines d’agences US de renseignements ainsi qu’une liste de tous les détenus de guantanamo. Le juge Robert Jones a rejeté cette requête mais a demandé au procureur fédéral Charles Gorder de garantir qu’aucune information provenant des détenus de guantanamo ne serait utilisée devant le tribunal. Le procureur a déclaré qu’il avait déclassifié 271 notes d’interception et en avait transmis 86 à la défense. Les “preuves” sont constituées par 7 500 pages de rapports du FBI et 75 CD contenant des enregistrements de conversations de l’informateur avec Battle et Ford. 5 des 6 inculpés sont accusés d’être allés en Chine à la fin de 2001 avec l’intention de se rendre en Afghanistan pour combattre aux côtés des talibans contre les forces US. October Lewis, ex-épouse de Jeffrey Battle, est accusée de lui avoir viré de l’argent pour financer l’entreprise.

25/02/03 - USA : offensive judiciaire contre des Palestiniens
C’est une grosse affaire qui a éclaté la semaine dernière aux USA. Jeudi 20 février, le FBI a arrêté à Tampa, en Floride, Sami Al Arian, Sameeh Hammoudeh et Hatim Naji Fariz et à Chicago Ghassan Zayed Ballut. Quatre autres Palestiniens, résidant en Palestine et en Syrie, sont recherchés. Il s’agit de : Ramadan Abdullah Shallah, Bashir Musa Mohamed Nafi, Mohamed Tasir Hassan Al Khatib et Abdelaziz Aouda.
Les 8 hommes sont accusés d’appartenance au Jihad islamique palestinien et risquent la prison à vie pour une série de charges allant de “rackett” à “violation des lois sur l’immigration” en passant par divers chefs d’appui à une entreprise terroriste. Le principal accusé est bien connu.
Sami Al Arian, un Palestinien de 45 ans né au Koweit, vit aux USA depuis 1978. En 1985, il a eu un doctorat en sciences de l’informatique à l’Université de Caroline du Nord. Professeur à l’Université de Floride du Sud depuis 1986, il a été suspendu d’enseignement le 28 septembre 2001, pour des propos tenus dans une émission télévisée. Mais ses ennuis remontent à 1995, lorsque le FBI fit une descente contre le think tank (groupe de réflexion) qu’il avait créé en 1991 avec son beau-frère Mazen Al Najjar, le World and Islam Studies Enterprise (WISE). Ramadan Abdullah Shallah, qui avait collaboré à WISE, venait de prendre, à Damas, la succession du Secrétaire général du Jihad islamique, Fathi Shiqaqi, assassiné par le Mossad à Malte en octobre 1995.
Le FBI s’en est d’abord pris à Mazen Al Najjar, qui a passé plus de 3 ans et demi en prison en vertu de “preuves secrètes” d’activités terroristes, et a finalement été expulsé en août dernier vers le Liban, d’où il a rejoint sa famille dans un autre pays non spécifié.
Après WISE, Al Arian a fondé le Islamic Committe for Palestine et le Islamic Concern Project. D’après l’acte d’accusation, ces deux structures n’étaient que des couvertures pour les activités de soutien financier au Jihad islamique. Al Arian, qui est naturalisé américain, a pu être arrêté grâce au Patriot Act, adopté par les USA après le 11 septembre, qui élargit la notion juridique de “terrorisme” et autorise l’utilisation d’informations provenant de services de renseignement étrangers pour des poursuites contre des citoyens US ou étrangers résidant aux USA. En application de cette loi, les accusés ont été mis au secret et seront dans la quasi-impossibilité de se défendre.
Les autres personnes arrêtées sont moins connues. Sameeh Hammoudeh, 42 ans, est né en Cisjordanie. Enseignant à l’Université de Floride du Sud, il est administrateur de l’Académie islamique de Floride et vit à Temple Terrace. Hatim Naji Fariz, 30 ans, est né à Porto Rico. Il dirige une clinique médicale et vit à Spring Hill. Ghassan Zayed Ballut, 41 ans, est né en Cisjordanie et vit à Tinley Park, Illinois, près de Chicago, où il gère une petite entreprise.
Sami Al Arian a, dès son incarcération, entamé une grève de la faim et de la soif pour protester de son innocence. Son arrestation a causé une grande émotion dans les communautés musulmane et universitaire des USA. Elle a été saluée avec enthousiasme par les milieux sionistes, par exemple le magazine FrontPage, qui ouvre ses colonnes à J. Michael Weller, vice-président du Center for Security Policy de Washington. Selon lui, les organisations représentatives de Musulmans aux USA doivent être combattues parce qu'elles sont de gauche et s'opposent au fichage nominatif actuellement réalisé par le FBI de tous les Musulmans pratiquants, qu'ils soient étrangers ou nationaux. Il se félicite de l'arrestation du professeur Sami Al Arian. Le Center for Security Policy profite de cette arrestation pour appeler à la création de nouvelles associations de Musulmans en phase avec la politique Bush.

25/02/03 - USA : 600 camps de concentration prêts à servir
Il existe sur le territoire des USA plus de 600 camps de concentration opérationnels. Surveillés par des gardes armés 24 heures sur 24, ces camps entreraient en fonction en cas de proclamation de la loi martiale et seraient gérés par l’Agence fédérale de gestion des situations d’urgence (FEMA = Federal Emergency Management Agency) créée par le président Reagan lors de l’opération Rex 84. Cette opération prévoyait un scénario d’invasion des USA par des foules d’immigrants clandestins venus du Mexique. Rex 84 a permis que des bases militaires fermées soient transformées en camps de concentration. Tous ces camps sont facilement accessibles par la route, par le rail ou par les airs. La plupart d’entre eux peuvent héberger 20 000 personnes. Le plus grand est situé à Fairbanks, en Alaska et a une capacité de...2 millions de personnes! Après le 11 septembre, la FEMA est passée sous l’autorité du nouveau ministère de l’Intérieur, le Department of Homeland Security, et s’est mise au travail pour ficher les suspects susceptibles d’être internés. Cela n’a pas plu au FBI, auquel la FEMA a du restituer 12 000 dossiers de suspects qu’elle avait constitué. Depuis, l’administration Bush et en premier lieu John Ashcroft, le minstre de la Justice, a aplani les difficultés et travaille à harmoniser les activités du FBI et de la FEMA. Des voix se sont déjà élevées pour préconiser un internement des Arabes-Américains, sur le modèle de l’internement des Américains d’origine japonaise pendant la deuxième guerre mondiale. En tout cas, les camps sont prêts à les accueillir.

24/02/03 - 3 nouvelles tentatives de suicide : Barbara Burfeind, porte-parole du Pentagone, a reconnu le mercredi 19 février que trois nouvelles tentatives de suicide avaient eu lieu parmi les prisonniers de guantanamo au cours de la semaine précédente. Elle a aussi annoncé que les autorités US étaient en train de transférer certains prisonniers dans d'autres lieux de détention, sans préciser de qui il s'agissait et dans quels pays ils étaient déportés. Elle a ajouté : « De temps en temps, le transfert ou la remise en liberté de détenus aura lieu, sans avis ni mention. » Les 3 prisonniers ont été traités à l'hôpital de la base après leur tentative et ont regagné leurs cellules, a-t-elle fait savoir. Quant au prisonnier traité depuis sa tentative de suicide le 16 janvier, elle a précisé qu'il "respirait encore" mais que son état "demeure incertain". La semaine précédente, Amnesty International avait réclamé une enquête pour établir si les méthodes d'interrogatoire utilisées contribuent aux tentatives de suicide. Les responsables US ont rétorqué que les méthodes d'interrogatoire étaient "humaines". « Est-ce qu'il faut que l'un de ces prisonniers meure avant qu'une investigation complète soit menée ? », a demandé Alistair Hodgett, porte-parole d'Amnesty à Washington. Depuis 13 mois, le nombre officiel des tentatives de suicide à guantanamo s'élève donc à 19. Certains prisonniers auraient tenté de se suicider à deux reprises.

24/02/03 - Condamnations au Maroc : Un tribunal marocain a condamné vendredi 21 février à  dix ans de prison trois membres saoudiens du réseau Al Qaïda pour avoir projeté d'attaquer des navires de guerre US et britanniques dans le détroit de Gibraltar. L'un de leurs avocats, Khalil Idrissi, a précisé que la Cour d'appel de Casablanca avait acquitté les trois hommes des charges de tentative de sabotage et de tentative de meurtre. "Ils ont été reconnus coupables de complot criminel, d'utilisation de faux documents et de séjour illégal au Maroc. Mais nous allons faire appel de ce verdict", a déclaré Idrissi.
La Cour d'appel a également condamné plusieurs complices de nationalité marocaine à  des peines moins lourdes, et notamment trois femmes condamnées à  six mois de prison pour utilisation de faux documents et destruction de preuves, rapporte l'agence officielle Map.
Les autorités avaient arrêté les dix suspects en mai et juin derniers. Elles les avaient accusés de planifier des "attentats terroristes" en territoire marocain et contre des navires empruntant le détroit qui sépare l'Afrique de l'Europe, ainsi que d'appartenance au réseau Al Qaïda.
D'après l'agence, un Marocain au moins a été acquitté. Les suspects étaient notamment accusés de complot, tentative de meurtre, sabotage au moyen d'explosifs et contrefaçon.
La défense avait affirmé que les suspects avaient été torturés par les services de sécurité et que le dossier à  charge avait été forgé de toutes pièces par les services secrets marocains.
Amnesty International affirme avoir été contactée par de nombreux détenus des prisons marocaines qui se plaignent de tortures et de mauvais traitements visant à  leur arracher des aveux ou à  les contraindre à  signer des déclarations qu'ils renient par la suite. "Amnesty International craint que cette affaire concernant dix hommes et femmes saoudiens et marocains (...) ne soit qu'un exemple parmi d'autres du recours aux détentions secrètes et aux tortures", a déclaré l'organisation.

24/02/03 - 90 suspects détenus en Arabie saoudite : Le prince Nayef, ministre saoudien de l'Intérieur, a déclaré le 19 février au journal Okaz que 90 des 250 suspects interrogés sur leurs liens avec Al Qaïda restaient maintenus en détention en Arabie saoudite. Selon le prince, les 250 suspects "ont des liens avec Al Qaïda et autres réseaux similaires, mais il nous faut encore déterminer le niveau d'engagement de chacun d'eux".  Parmi les suspects se trouvent environ 200 Saoudiens réfugiés d'Afghanistan en Iran et déportés de ce pays vers l'Arabie saoudite en janvier dernier. Un autre groupe de 13 personnes, dont un Soudanais, sont soupçonnés d'avoir tiré un missile contre un avion de guerre US qui s'envolait de la base aérienne Prince Sultan. D'autres ont été arrêtés sur la base de leurs activités religieuses. Ali Al Ahmed, de l'Institut saoudien de Washington, a déclaré au journal britannique The Guardian que certains des détenus mentionnés par le prince Nayef ont déjà été condamnés à des peines de 2 ans 1/2 à 3 ans de prison. D'autres seront, selon lui, condamnés à des peines plus lourdes, de 5 à 10 ans de prison, mais aucun ne semble risquer la peine capitale.

03/02/01 - Guéguerre humanitaire à Harvard - Sous ce titre, l'agence swissinfo écrit le 30 janvier 2003 :

La conférence de Harvard sur le droit humanitaire est critiquée par les ONG. Non invitées aux débats, elles craignent une réécriture des Conventions de Genève dont la Suisse est dépositaire.

Mais pour l'organisateur suisse de ce 'brainstorming', il y a malentendu. «Il s'agit de bâtir des réseaux de praticiens, de juges militaires, d'avocats pour mieux expliquer les Conventions», déclare à swissinfo Claude Bruderlein, organisateur de la conférence en tant que directeur du Programme des Politiques Humanitaires et de Recherche sur les Conflits à Harvard.

Pour lui, cette conférence qui s'est tenue de lundi à mercredi derniers sur le prestigieux campus de Harvard marque le début d'un processus de réflexion sur l'application des Conventions de Genève. Cela dans un contexte marqué par l'émergence de groupes armés non-étatiques qui modifie la nature des conflits.

ONG et presse mises de côté

Du côté des organisations non gouvernementales (ONG), l'heure est plutôt à l'irritation. Ainsi, Human Rights Watch déplore la mise à l'écart des ONG de ce processus.

«Nous sommes déçus de voir que le gouvernement suisse a insisté pour que les portes soient fermées», précise à swissinfo Kenneth Roth, le directeur de l'organisation humanitaire américaine.

Un point de vue réfuté par Claude Bruderlein. Ce dernier affirme que les ONG ont été consultées.

«Nous avons invité les ONG à faire des contributions écrites et à suggérer des experts indépendants, mais au lieu de ça, elles ont proposé des experts à elles», explique ce Suisse qui, avant de rejoindre Harvard, a travaillé au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et à la représentation helvétique à l'ONU.

Claude Bruderlein reconnaît cependant que l'absence des ONG reflète les souhaits des 25 gouvernements qui participent au processus de Harvard

Sortir du syndrome Guantanamo

«Les experts des gouvernements ont demandé à ce que nous limitions la participation des ONG et l'implication de la presse», souligne Claude Bruderlein.

«Les experts des gouvernements voulaient un certain niveau de confidentialité afin de pouvoir débattre librement, sans avoir peur que leur débat ne se retrouve dans la presse ou ailleurs», explique-t-il.

Le débat en question et la polémique qu'il provoque interviennent dans un climat exacerbé depuis le début de la guerre contre le terrorisme et la détention d'individus capturés en Afghanistan sur l'île de Guantanamo.

Les Etats-Unis ne considèrent pas ces détenus comme des prisonniers de guerre. Le CICR n'est pas d'accord avec cette interprétation des Conventions de Genève. Et Human Rights Watch craint que la conférence de Harvard ne vise à réécrire le droit humanitaire international.

«C'est un malentendu incompréhensible», répond l'organisateur de la conférence. «Il y a au contraire consensus pour dire qu'on ne doit pas réviser les conventions», ajoute Claude Bruderlein.

Il précise qu'en plus des experts gouvernementaux, la conférence a réuni quatre experts du CICR, un représentant de l'ONU, des universitaires et douze experts indépendants. Claude Bruderlein invite aussi les ONG à «sortir du syndrome Guantanamo».

«Il ne faut pas seulement dire aux responsables américains qu'ils se trompent, mais il faut également dialoguer avec eux, réaffirmer le droit, le soutenir avec des arguments clairs», dit-il.

«Il ne faut pas perdre de vue que, certes, il y a des problèmes à Guantanamo, mais qu'il y en a beaucoup d'autres ailleurs dans le monde», souligne Claude Bruderlein en précisant que la délégation américaine à la conférence était constituée de deux experts du Département d'Etat et deux autres du Pentagone.

Le Programme des Politiques Humanitaires et de Recherche sur les Conflits de l'université de Harvard a été créé il y a trois ans, à l'initiative de Berne. Il emploie une trentaine de personnes.

La Suisse assure la moitié du budget à hauteur de 500 000 dollars par an, le reste étant financé en particulier par la Grande-Bretagne, la Norvège et le Canada.

03/02/01 - Une tentative de suicide "sérieuse" : Le quotidien The Miami Herald du 2 février rapporte qu'un détenu de guantanamo a fait une tentative "sérieuse" de suicide dans sa cellule, en se pendant avec son drap, le 16 janvier dernier. Il est impossible de connaître son identité et son état exact. Mais l'affaire a été suffisamment prise au sérieux pour le Pentagone instruise le Département d'État pour que celui-ci informe le pays d'origine du détenu de son état. Selon le journal, les autorités du camp s'attendent à tout. Le personnel médical militaire a donc été informé des procédures à suivre pour respecter les rites mortuaires musulmans en cas de décès de détenus. Plusieurs dizaines d'actes d'auto-mutilations ou de tentatives de suicides ont eu lieu parmi les prisonniers de guantanamo depuis un an.Démarche du Parlement européen

Le Parlement européen a demandé jeudi 30 janvier à la Commission européenne de soutenir une résolution demandant aux USA de fournir immédiatement une information sur la situation ds prisonniers de guantanamo, y compris ceux qui ont été transférés de cette base vers d'autres lieux de détention, aux USA. Le parlement demande également aux autorités US de "libérer les prisonniers contre lesquels il n'existe pas de preuves tangibles".

03/02/01 - Démarche du Parlement européen

Le Parlement européen a demandé jeudi 30 janvier à la Commission européenne de soutenir une résolution demandant aux USA de fournir immédiatement une information sur la situation ds prisonniers de guantanamo, y compris ceux qui ont été transférés de cette base vers d’autres lieux de détention, aux USA. Le parlement demande également aux autorités US de “libérer les prisonniers contre lesquels il n’existe pas de preuves tangibles”

25/01/03 - Jack Thomas sera sans doute inculpé au Pakistan

Arrêté le 4 janvier 2003 à Karachi, l’Australien Jack Thomas, un ancien chauffeur de taxi de Melbourne converti à l’Islam, sera sans doute inculpé et jugé au Pakistan, d’après ce que croit savoir le consul d’Australie, qui a pu lui rendre visite et s’entretenir avec lui pendant 2 heures. Thomas, soupçonné d’avoir été entraîné dans un camp d’Al Qaïda en Afghanistan, ne devrait donc pas être livré aux USA. Deux Australiens sont détenus à guantanamo: David Hicks, capturé en Afghanistan, et Mamdouh Habib, qui a été arrêté au Pakistan. La nouvelle loi sécuritaire pakistanaise permet de détenir des suspects de terrorisme jusqu’à un an sans inculpation.

25/01/03 - Le cas du prisonnier danois et la “diplomatie discrète”

Un citoyen danois est détenu à guantanamo depuis le 12 février après avoir été capturé en Afghanistan. Arguant que sa famille avait peur, le gouvernement danois a tout fait pour empêcher que son identité soit divulguée. Le ministre des Affaires étrangères Per Stig Møller, qui a pu visiter le prisonnier il y a plusieurs mois, vient de faire de nouvelles déclarations fracassantes, critiquant directement l’attitude plus offensive adoptée par le gouvernement suédois pour le cas de Mehdi Mohamed Ghezali, dont la détention a été critiquée publiquement par le Premier ministre Göran Persson. Selon Møller, les prisonniers pourraient rester à guantanamo “20 ou 30 ans”, vu que la guerre contre le terrorisme sera longue et “il ne sert à rien de crier”. Et il a ajouté : « La Suède est le seul pays à avoir adopté un profil haut mais ça n’a pas eu de résultats. Par exemple, le prisonnier danois a pu recevoir plus de visites que le prisonnier suédois. Une diplomatie discrète est recommandée: cela donne de meilleurs résultats ».

25/01/03 - “Qui s’occupe d’orphelins et donne à manger aux pauvres est destiné à finir à guantanamo”

Ce texte était inscrit sur une des pancartes brandies dimanches dernier par des centaines de femmes qui ont manifesté devant l’ambassade allemande de Sanaa, au Yémen, pour protester contre l’arrestation le 10 janvier à Francfort de Cheikh Mohamed Ali Hassan Al Moayed et de son secrétaire mohamed Yahya Zayed. Les deux hommes sont détenus à la prison de Weiterstadt en attendant que la justice allemande examine la demande d’extradition des autorités US. La presse allemande a révélé que le Cheikh et Zayed ont été attirés dans un guet-apens par deux agents US qui s’étaient présentés comme des Musulmans voulant faire des donations pour les bonnes œuvres du Cheikh, qui dirige un centre d’aide communautaire à Sanaa.

25/01/03 - Le point sur les activités  du CICR

Le Comité international de la croix-Rouge (CICR) a publié le 6 janvier 2003 le document suivant, qui fait le point sur ses activités à guantanamo:

Le CICR visite régulièrement les personnes détenues par les États-Unis dans leur base de Guantanamo Bay, à Cuba, depuis l'arrivée des premières d'entre elles en janvier 2002. Les visites sont conduites par la délégation du CICR de Washington, avec l'accord des autorités américaines. Cette activité n'est pas spécifique à Guantanamo : en 2001, le CICR a visité près de 350 000 personnes détenues suite à des conflits armés partout dans le monde.

Résumé des activités

*        Le CICR visite plus de 600 détenus à Guantanamo Bay ; 40 nationalités y sont représentées et 17 langues principales parlées.

*        Au cours de l'année 2002, les équipes du CICR ont passé en tout environ 33 semaines à Guantanamo Bay. Les dernières visites ont pris fin le 3 janvier 2003.

*        Les équipes sont composées de délégués expérimentés connaissant bien les pays d'origine des détenus, ainsi que de spécialistes médicaux et d'interprètes.

*        Au début 2003, le CICR avait facilité l'échange de près de 3'200 messages Croix-Rouge entre les détenus et leurs familles, dont plus de 1'300 messages lors des dernières visites.

*        Le CICR a fourni à l'intention des détenus divers articles de culte et de loisirs, dont près de 600 livres dans des langues telles que le Santo, le russe, le chinois et le tadjik, ainsi que des chapelets et des couvre-chefs.

L'objectif des visites du CICR

Les visites à Guantanamo Bay, comme partout ailleurs, ont un but strictement humanitaire : faire en sorte que la dignité des détenus soit respectée et que ces personnes soient traitées avec humanité. Les délégués du CICR suivent en permanence la situation des détenus concernant la nourriture et les conditions d'hygiène et s'assurent qu'ils peuvent sortir à l'air libre et s'adonner à des exercices physiques. L'objectif visé est en effet de s'assurer qu'ils sont traités conformément aux normes juridiques reconnues à l'échelon international, en particulier aux Conventions de Genève de 1949. En tant qu'organisation humanitaire neutre, le CICR ne se prononce pas sur la culpabilité ou l'innocence d'un détenu.

Pourquoi le CICR ?

Le CICR visite les personnes détenues dans le cadre de conflits armés depuis 1915, lorsque ses délégués négocièrent l'accès aux prisonniers de guerre de la Première Guerre mondiale. La pratique selon laquelle l'institution visite les prisonniers de guerre – combattants capturés au cours d'un conflit armé international – est codifiée dans la Elie Convention de Genève, à laquelle les États-Unis et 189 autres États sont parties. L'article 3 commun aux quatre Conventions de Genève accorde également le droit au CICR de demander l'accès aux personnes détenues lors de guerres civiles.

Prisonniers de guerre – Oui ou non ?

La question de savoir si les personnes détenues à Guantanamo Bay sont des prisonniers de guerre ou non a donné lieu à une vaste polémique. Le CICR est d'avis que le statut juridique de chacun des détenus doit être précisé individuellement; à plusieurs reprises, il a demandé instamment aux États-Unis de le faire. Quoi qu'il en soit, les États-Unis ont le droit d'engager des poursuites à l'encontre de toute personne détenue à Guantanamo Bay soupçonnée de crimes de guerre ou d'autres infractions pénales, quelles qu'elles soient, punissables aux termes de la loi américaine, qu'elles aient été commises avant ou pendant les hostilités.

« Il était particulièrement important [...] de démontrer que le CICR n'était du côté d'aucune des parties, afin de gagner la confiance des autorités et des détenus. Il y avait bien sûr un certain degré de suspicion, mais heureusement, grâce au dialogue et par notre comportement, nous sommes parvenus à faire comprendre qui nous sommes et ce que nous faisons dans le monde entier. »

Responsable de l'équipe du CICR à Guantanamo Bay, avril-juin 2002

Modalités

À Guantanamo Bay, comme dans tout autre endroit où il visite des personnes privées de liberté, le CICR observe les mêmes modalités. Le plus important est que le personnel du CICR puisse s'entretenir sans témoin avec les détenus, hors supervision des autorités, de manière à pouvoir se faire une idée complète des conditions de détention. Les délégués du CICR doivent être autorisés à enregistrer les détenus, à inspecter librement toutes les cellules et autres installations utilisées par les détenus dans un lieu de détention. Ils doivent en outre pouvoir répéter leurs visites pour être en mesure de suivre la situation humanitaire pendant une certaine période.

Relations avec les autorités américaines

Au début et à la fin de chaque visite à la base de Guantanamo Bay, le CICR fait part de ses observations aux autorités militaires détentrices. Le CICR s'efforce de proposer des solutions concrètes à tout problème constaté par ses délégués. Le CICR communique aussi régulièrement le résultat de ses observations aux autorités militaires et civiles concernées à Washington.

Confidentialité

Le CICR ne fait pas de déclarations publiques concernant la situation à Guantanamo Bay. En règle générale, il discute de toutes les questions liées à ses visites dans les lieux de détention avec les autorités concernées exclusivement. Cela évite que des informations confidentielles soient exploitées à des fins politiques et permet à l'institution d'avoir en tout temps accès aux détenus. Très fréquemment, les visites des délégués du CICR sont le seul contact des détenus avec le monde extérieur ; des déclarations publiques pourraient rapidement entraîner la suspension des visites par les autorités, ce qui serait contre l'intérêt des prisonniers. La règle de la confidentialité découle de la pratique générale du CICR ; elle a permis à l'institution de visiter des millions de détenus dans le monde entier depuis près d'un siècle.

Messages Croix-Rouge

Ces messages permettent aux détenus de Guantanamo Bay de rester en contact avec leur famille. Ils ne contiennent que des nouvelles personnelles et sont vérifiés par les autorités américaines avant d'entrer à Guantanamo Bay ou d'en sortir. Les messages Croix-Rouge sont pour les détenus un lien essentiel qui les relie au monde extérieur. Chaque message Croix-Rouge écrit à Guantanamo Bay est remis en main propre à son destinataire par le CICR, qui coopère avec les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ; celles-ci se chargent en outre de collecter les réponses écrites par les familles des détenus.

25/01/03 - Des nouveaux prisonniers à guantanamo?

Selon Amnesty international, le camp de prisonniers de guantanamo continuerait de recevoir de nouveaux prisonniers. Ainsi l’organisation est en train d’enquêter sur le cas de deux hommes arrêtés en novembre dernier en Gambie et qui auraient été déportés en secret à guantanamo. Le CICR, unique organisation indépendante autorisée à visiter le camp, ne peut ni confirmer ni infirmer l’information, étant tenu à la confidentialité. Durant sa dernière visite au camp début janvier, le CICR a pu s’entretenir avec 619 prisonniers.

25/01/03 - Réunion d’experts à Boston

Le gouvernement suisse organise à la fin du mois à Boston, USA, une réunion d’experts accueillie par le Harvard program on humanitarian policy and conflict research. Des experts gouvernementaux et universitaires, des représentants de l’ONU et du CICR, en tout 70 personnes, réfléchiront aux éventuelles adaptations du droit humanitaire international face à l’évolution des conflits actuels dans le monde et à la privatisation de la violence. Entre autres, ils aborderont la question du statut des prisonniers de guantanamo et les conséquences de la “guerre contre le terrorisme”.

22/01/03 - Une visite dans le royaume du colonel Adolf McQueen

Un nom pareil, ça ne s’invente pas: c’est celui du chef opérationnel du Camp Delta, à la base de guantanamo, où sont détenus dans des cages de 5 mètres carrés 625 hommes accusés d’être des “combattants ennemis”. Deux journalistes suédois ont pu y passer 3 jours et racontent ce qu’ils ont vu et entendu dans le quotidien Dagens Nyheter du 20 janvier. En fait, explique Georg Cederskog, si lui et Paul Hansen ont été les premiers journalistes européens à être admis à guantanamo, c’est que « la direction militaire s’est résolue à une politique médiatique “plus agressive” après les fortes réactions et les rumeurs qui ont entouré l’activité du camp après son ouverture le 11 janvier de l’année dernière ». Donc, ils ont pu accéder au camp et s’y déplacer, en passant 5 grilles et toujours sous escorte militaire, mais des prisonniers, ils n’en ont entrevu qu’un, un adolescent de 15 ans, qui était en soins à l’hôpital du camp, entouré de personnel portant des masques de protection pour se protéger des risques d’infection de tuberculose. Et la plupart des questions qu’ils avaient sont restées sans réponse. Toutes les interviews avec le personnel de garde et les officiers sont enregistrées et ensuite transcrites pour rapport au général Miller, un “2 étoiles” qui commande le camp. On apprend tout de même que les prisonniers, bien nourris 3 fois par jour, ont augmenté en moyenne de 8 kg. Les cellules sont des cages d’acier galvanisé avec un sol en ciment. Elles mesurent 2,13m. X 2,43m. Au pied du lit, une flèche bombée à l’aérosol indique la direction de la Mecque et la distance: 12 973 km. Les prisonniers peuvent se doucher, se raser et avoir 20 minutes de “récréation” dans une cour minuscule de 2 à 4 fois par semaine selon un système de récompenses à quatre degrés. S’ils se comportent bien, ils peuvent avoir un ballon de foot, une couverture supplémentaire, une bouteille d’eau, deux paquets supplémentaires de sel, un échiquier ou un jeu de dames. L’équipe médicale du capitaine Albert Shimkus dit avoir réalisé 70 opérations, surtout orthopédiques pour blessures de guerre mais c’est le besoin de soins psychiatriques qui a le plus augmenté. Des psychiatres ont donc été envoyés au camp. Selon Shimkus, « 5 à 7% des détenus ont des problèmes psychologiques et reçoivent des médicaments pour cela. Un certain nombre souffraient déjà auparavant de stress post-traumatique déclenché par leurs expériences de guerre. » Les gardiens et le personnel du camp se font généralement traiter d’ânes par les prisonniers, qui leur jettent de l’eau et des restes de nourriture ou crachent sur eux. Les relations entre les gardiens et les prisonniers se limitent au “strictement professionnel”, même si certaines gardiennes prétendent que des prisonniers flirtent avec elles. Les prisonniers passent leur journée à dormir, à réaliser des sculptures avec du papier hygiénique, à lire le Coran, mais il y a aussi des livres de Disney et des livres scolaires en langues étrangères. Mais la plupart du temps où ils sont réveillés, les prisonniers le passent à discuter entre eux à travers les grillages. Prochainement, une quatrième série de cellules vont être disponibles: les prisonniers les plus méritants pourront y être déplacés. Ils seront regroupés en groupes de douze et pourront se déplacer un peu plus librement.

À 7 km de cet enfer aseptisé et non-climatisé, il y a l’autre cauchemar climatisé, la “ville” où vivent les 5 000 militaires du camp, avec son parcours de golf, son club de bowling, son cinéma drive-in, qui projette “Harry Potter 2”, et son inévitable McDo. Plantée sur le territoire communiste de Cuba, la base est un morceau d’Amérique avec ses Levi’s, ses Big Mac et ses jeeps Chevrolet conduites par des jeunes gars, casquette vissée sur leur boule à zéro, qui font marcher à fond la sono de l’auto-radio d’où s’échappe la musique d’Eminem. Jusqu’à quand les prisonniers resteront-ils dans le royaume du Colonel Adolf Mac Queen?, ont demandé les journalistes au Général Miller. « Jusqu’à ce que nous gagnions la guerre contre le terrorisme », a répondu le 2-étoiles, « Nous faisons ici de grands progrès chaque jour, mais il s’agit d’une guerre globale contre le terrorisme. Je crois que ça va prendre du temps. » Oui, Général, beaucoup de temps. Et si, en un an, le “Joint interrogation group” qui interroge les prisonniers n’a pas trouvé l’adresse du Mollah Omar et de Ben Laden, il n’y a pas de raison qu’il la trouve de sitôt sous le soleil de plomb des Caraïbes. Et si ça continue comme ça, les tentatives de suicide - dix en un an - à l’aide d’un drap torsadé risquent de se multiplier, malgré tous les cocktails chimiques qu’on trouvera à administrer aux otages de l’Empire.

20/01/03 - Création du Groupe Guantanamo en Suède

Le Groupe Guantanamo a été fondé samedi 18 janvier à Stockholm à l’initiative de Gösta Hultén. Le Groupe demande au gouvernement suédois d’exiger la libération de Mehdi Mohamed Ghezali, le jeune Suédois de père algérien et de mère finlandaise détenu à Guantanamo depuis un an. Il comprend dans son conseil d’administration plusieurs députés, dont le conservateur  (Parti modéré) Henrik von Sydow, l’écologiste Gustav Fridolin (Parti de l’environnement) et la communiste Marianne Eriksson, député européenne du Parti de gauche, ainsi que l’avocat Peter Althin. « Nous considérons qu’il (Mehdi) est soumis à un meurtre judiciaire et nous allons nous battre pour qu’il soit libéré», a déclaré Gösta Hultén, qui a ajouté: «Mais notre priorité est faire pression sur le gouvernement pour qu’il sorte de son mutisme et exige sa libération.» Récemment, Mehdi Mohamed Ghezali a reçu la visite d’un membre de la police politique suédoise accompagné d’un fonctionnaire du ministère de la Défense ancien officier de renseignement. Ils ont pu le rencontrer deux jours de suite. Selon son avocat, le prisonnier a été très peu bavard durant les visites, qui se passaient en présence d’ «observateurs» US. Le père de Mehdi Ghezali a, dans le courant de l’année, mené deux grèves de la faim publiques, enfermé dans une cage de mêmes dimensions que celle dans laquelle son fils était enfermé à Guantanamo. Il prépare une tournée de sensibilisation en Europe. Mehdi Mohamed Ghezali, 23 ans, a été fait prisonnier le 19 décembre 2001 en tentant  de passer la frontière afghano-pakistanaise. Un mois plus tard, il était déporté à Guantanamo. Né en Suède, il est citoyen de ce pays. On ignore ce que les autorités US lui reprochent.

20/01/03 - Communiqué lu lors du rassemblement à Paris pour la libération des prisonniers de Guantanamo

A l’appel des associations  : Le Collectif des Associations Françaises pour la Libération des Prisonniers de Guantanamo, La Pierre et l'Olivier, réseau de solidarité avec le peuple de Palestine et du Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe, nous nous sommes rassemblés ce jeudi 9 janvier 2003 place de Fontenoy, face au siège de l’UNESCO, à Paris, pour protester énergiquement contre la séquestration de plus de 600 prisonniers de guerre dans le bagne de Guantanamo. Ces prisonniers-otages sont détenus dans des conditions inhumaines et dégradantes. Ils ont subi et continuent à subir des sévices physiques et psychologiques.

Nous déclarons solennellement que cette séquestration constitue une violation flagrante de la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre et de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Nous demandons à la communauté internationale de se mobiliser pour exiger la libération de ces prisonniers de guerre tant que les Etats-Unis continuent de violer le droit international en leur refusant ce statut et en les maintenant dans un flou juridique inacceptable. Si les Etats-Unis ont opté pour ce flou, c’est sans nul doute qu’ils craignent qu’une juridiction régulière ne révèle que cette opération n’est qu’un bluff politique pour justifier la guerre en Afghanistan, et les guerres actuelles contre les peuples iraqien et palestinien.

Paris, le 9 janvier 2003 

Associations et personnalités représentées :

Le Collectif des Associations Françaises pour la Libération des Prisonniers de Guantanamo ; Ginette Skandrani, La Pierre et l'Olivier, réseau de solidarité avec le peuple de Palestine ; Mondher Sfar, Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe ; Rassemblement des Tunisiens Libres ; Fausto Giudice - Alliance Zapatiste de Libération Sociale ;  Violette Daguerre, Présidente Commission Arabe des Droits Humains ; Association de Solidarité Franco-Palestinienne ; Musulmanes en Mouvement ; Claudine Roméo – Universitaire, Paris ; Maria Poumier – Universitaire, Paris ; Collectif des Ivoiriens de France pour les Droits Humains et la Démocratie ; Jean-François Poirier, Philosophe ; Ali Abdulla – Qatar ; Sultan Khalifa – Qatar ; Mohamad Ojan – Qatar ; Alain Le Cœur, Commission Transnationale des Verts ; Ahmed Manaï – Tunisie ; Larbi Alili – Pays-Bas ; Najeeb Al Nuaimi – Qatar ; Mohamed Al Mohd – Qatar ; Musulmanes en Mouvement ; Rabia Zibar ; Khadija Bouabdellah

18/01/03 - guantanamo, premier camp de concentration off shore de l’Empire - Appel du Collectif guant@namo - janvier 2003

Depuis un an, 625 citoyens de 42 pays sont enfermés dans le Camp baptisé X-Ray (“Rayon X”) de la base militaire US de guantanamo, sur l’île de Cuba. Étiquetés “combattants ennemis” par le Pentagone, ils n’ont aucun statut. Ils ne sont en effet ni prisonniers de guerre, ni prisonniers politiques, ni même détenus de droit commun. Enfermés dans des cages, ils sont otages du bon vouloir du chef de la première puissance mondiale, le nouveau croisé George Bush. La juridiction US ne s’appliquant pas sur le territoire de guantanamo, le Camp X Ray est le premier camp de concentration off shore (=extraterritorial) de l’Empire.

Hors du droit, les otages de guantanamo sont aussi maintenus hors du monde, pratiquement coupés de toute communication avec l’extérieur, que ce soit avec leurs parents, leurs avocats ou des élus de leur pays. Cette situation unique est une grande première dans l’histoire mondiale. Si nous ne nous y opposons pas, elle est appelée à se reproduire ailleurs, pour d’autres otages, par exemple demain des Iraquiens ou même des militants no global (=anti-mondialisation) de pays démocratiques. L’effet guantanamo se fait déjà sentir aux quatre coins de la planète. De très nombreux gouvernements, cédant aux pressions de la CIA et du Pentagone, ont déjà pris des dispositions pour créer dans leur pays des zones de non-droit, au nom de la “guerre contre le terrorisme”. Nous vous appelons donc à vous mobiliser pour animer une campagne mondiale contre Guantanamo, sur les thèmes suivants:

1° - Les otages de guantanamo ont des droits: droit à la défense, droit à la communication, droit à la justice.

2° - Ils doivent être soit jugés, soit libérés.

3° - Les Nations unies doivent constituer une commission indépendante d’enquête et d’instruction, composée d’experts des 5 continents, pour déterminer où et par qui les prisonniers doivent être jugés. Pendant les travaux de cette commission, les prisonniers doivent être transférés de guantanamo vers un pays neutre et confiés aux bons soins de la Croix-rouge et du Croissant-Rouge. La commission devra trancher entre 4 possibilités: remise en liberté, jugement aux USA, jugement en Afghanistan, jugement dans le pays d’origine du détenu. Elle devra établir un montant d’indemnités à verser par le gouvernement US à tous les prisonniers remis en liberté et à leurs familles

Depuis un an, des parents de ces otages se battent un peu partout dans une grande solitude, secondés par des avocats courageux mais impuissants. La bataille de Guantanamo concerne tous les citoyens du monde épris de liberté, de pluralité, de diversité et de justice. Contre l’Empire  , seules des multitudes multicolores peuvent empêcher que les pires cauchemars s’imposent à tous. Aujourd’hui à guantanamo, demain chez toi!

Nous constituons ce jour le Collectif guant@namo, partie prenante du Réseau mondial guant@namo, qui agit pour la fermeture de ce camp de concentration.

L’engagement dans ce collectif se fait uniquement sur une base individuelle. Nous appelons tous ceux qui le veulent à nous rejoindre ou bien à créer leur propre structure et à établir une relation de travail avec nous. Le gage de réussite de la campagne sera sa capacité à mobiliser des multitudes dans un esprit mondial égalitaire, dans le respect des spécificités et des motivations particulières, pour “un monde contenant tous les mondes”, contre toute forme de pensée unique et les monstruosités en découlant.

Pour tout contact avec le Collectif guant@namo, écrire à: xraydelta@lvo.info.

NOUS VOUS INFORMERONS EN RETOUR DE NOS ACTVITÉS. NOUS VOUS ENCOURAGEONS VIVEMENT À REPRODUIRE ET DIFFUSER CET APPEL! ENVOYEZ-NOUS L'ADRESSE DES SITES SUR LESQUELS VOUS L'AUREZ PUBLIÉ.

18/01/03 - 3 300 messages échangés entre les prisonniers et leurs familles

Le Comité international de la Croix-Rouge a déclaré la semaine dernière qu'il avait acheminé 3 300 lettres brèves entre les prisonniers de Guantanamo et leurs familles. Les prisonniers n'ont que ce moyen pour "communiquer" avec l'extérieur, ne pouvant ni téléphoner ni recevoir de visites. Leurs lettres, censurées et réduites à quelques lignes, sont acheminées soit par les postes US soit par la Croix-Rouge. Celle-ci a aussi la possibilité de visiter les prisonniers, ce qu'elle a fait à quatre reprises. Les USA refusant de publier les noms des détenus, les lettres sont souvent le seul moyen pour les familles de savoir qu'un des leurs est à Guantanamo.

17/01/2003 - Le camp de Guantanamo prêt à accueillir de nouveaux prisonniers

Le général Geoffrey Miller, qui dirige le camp de Guantanamo, a déclaré que la guerre contre l’Iraq pourrait conduire à l’arrestation de nouveaux suspects de terrorisme qui pourraient être déportés à Guantanamo. Des travaux de construction d’un nouveau bloc de détention ont étendu les capacités d’accueil à 1 000 places. Le général Miller a exprimé sa satisfaction: « La guerre contre le terrorisme est un énorme succès. C’est une guerre globale et comme pour toute activité globale, elle exige du temps, de la patience et de l’engagement. » Et, ajoute-t-il, les prisonniers jouissent de conditions humaines. La preuve, leur poids a augmenté en moyenne de 13 livres. Que dix d’entre eux aient tenté de se pendre ne le gêne pas.

14/01/03 - Les avocats norvégiens dénoncent les violations des droits humains Dans une lettre adressée notamment à l'ambassade US à Oslo, l'Association norvégienne des avocats dénonce la manière dont "les USA mènent la lutte contre le terrorisme". Elle dit comprendre que les USA essayent de démasquer et punir les responsables d'actes de terreur et tentent de s'en protéger, mais cela doit se faire dans le respect des droits humains fondamentaux. Dénonçant les conditions de détention à Guantanamo, l'Association écrit que les abus commis par les autorités US remplacent le droit par la force et ne font que nourrir l'opposition à leur politique et entraîner de nouveaux actes de terreur.

14/01/03 -Le gouvernement saoudien veut rapatrier les détenus saoudiens

Un porte-parole du ministère saoudien de l'Intérieur a déclaré dimanche que le gouvernement de Riyadh avait créé un bureau de liaison afin de recueillir des informations et de chercher à rapatrier les Saoudiens détenus à Guantanamo, en Afghanistan, au Pakistan et en Tchétchénie, "pour les juger en Arabie saoudite". Plus de 100 Saoudiens sont détenus à Guantanamo. Le bureau de liaison aura aussi pour tâche d'informer les familles des détenus sur leur état et leurs conditions.

13/01/03 - L'An II du premier camp de concentration off shore de l'Empire

Le 10 janvier, le camp de concentration de Guantanamo est entré dans deuxième année d'existence. 625 hommes de 42 nationalités y sont détenus dans des cages. La plupart ont été capturés en Afghanistan. En octobre, 4 d'entre eux ont été libérés et 30 autres ont été internés à  leur tour. Ces hommes ont été définis par le Pentagone "combattants ennemis" mais n'ont aucun statut juridique: ils ne sont ni prisonniers de guerre, ni prisonniers politiques ni même détenus de droit commun. En novembre 2001, George Bush a signé un décret instituant qu'ils pourraient être jugés par des commissions militaires. Devant ces commissions militaires, qui peuvent condamner à  la peine capitale, les avocats de la défense doivent obligatoirement être des membres de l'armée US. Hors du droit, les otages de Guantanamo sont aussi maintenus hors du monde: ils ne peuvent recevoir aucune visite de parents, d'avocats ou d'élus de leur pays. Certains d'entre eux ont pu être visités par des représentants des gouvernements ou des polices de leurs pays. Une partie d'entre eux ont été ponctuellement autorisés à  expédier des lettres sommaires. Un détenu saoudien vient d'être autorisé à  une communication téléphonique avec sa famille. La situation de Guantanamo, qui est une enclave US en territoire cubain, est unique. En effet, son territoire n'est pas soumis à  la juridiction US. L'avocat qatari d'une cinquantaine de prisonniers a demandé à  l'ambassadeur cubain: « Mais pourquoi Cuba ne les juge pas? Ça n'est pas un pays indépendant?» L'ambassadeur lui a répondu: « Ah! Vous croyez que Cuba est indépendant?»

Guantanamo, avec son camp X-Ray et son camp Delta est le premier camp de concentration off shore (= extraterritorial) de l'Empire. Tolérer son existence, c'est permettre que d'autres camps s'ouvrent sur la planète pour d'autres "combattants ennemis", demain des Iraquiens, après-demain des militants anti-mondialisation d'Europe ou d'ailleurs. Tous ceux et toutes celles qui sont opposés à  la globalisation US, qui croient en la liberté, en la justice et en la diversité doivent s'engager pour réclamer la fermeture des camps de Guantanamo. Les 625 otages doivent être libérés ou jugés! Désormais, sous la rubrique "Guantanamo", quibla publiera des informations et des contributions du monde entier sur les nouveaux camps de concentration mais aussi des informations sur "l'effet Guantanamo", c'est-à -dire tous ces actes de répression hystériques menés dans le monde entier au nom de la "guerre contre le terrorisme". De Stockholm à  Doha, de Cotabato à  Alger, nous sommes tous concernés.

13/01/03 - Nouvelles paroles pour une vieille chanson : Tout le monde connaît l'air de la veille chanson cubaine Guantanamera. Une internaute cubaine vous propose un nouveau texte en français à  chanter sur l'air  de cette chanson. Toutes autres propositions sont les bienvenues!

Refrain

1.Guantaaanamo! (- Guantanamera! )

condamnés , mêm' pas jugés : (guajira guantanamera!)

c'est l'Améri-ique (Guantanamera....)

On est tous des terrorisques ! (- Guajira guantanamera!)

Couplet

2 Iraq, Afghans, Palestine, (Yo soy un hombre sincero,)

Gloire aux martyrs pour la paix ! (De donde crece la palma;)

La terre entière massacré-ée ( Antes de morirme quiero)

Connaît ses vrais ennemi-is ! (-Echar mis penas del alma!)

[Sur l'air du refrain]

3. Non à  la guerre

Pour les beaux yeux d'l'Israël

Et d'l'Amérique

On est tous des terrorisques !

Couplet   

4.Aux armes frères du monde,

Formons partout nos bataillons :

Reprenons l'eau, le pétrole,

Bouchers, charognes go home!

[Refrain]

5.Guantanamo,

Condamnés , mêm' pas jugés :

C'est l'Amérique

On est tous des terrorisques !

Couplet

6.Bâillonnés ou torturés,

On est tous dans l'même bateau-ô !

Ne soyons plus les otages,

Debout, les damnés d'la terre !

[Sur l'air du refrain]

7.Non à  la guerre

Pour les beaux yeux d'l'Israël

Et d'l'Amérique

On est tous des terrorisques !

13/01/03 - L'hypocrisie du gouvernement algérien

“Dans une déclaration au Jeune Indépendant, Belkhadem affirme: «Guantanamo : on ne sait rien sur les prisonniers algériens»”. Sous ce titre, Sihem H. écrit dans le quotidien algérien Le Jeune Indépendant du 8 janvier 2003 ce qui suit:

L'Algérie n'a toujours pas été saisie officiellement à  propos des «prétendus» détenus algériens se trouvant dans la base militaire américaine de Guantanamo Bay située à  Cuba.

Dans une déclaration au Jeune Indépendant, en marge de la journée d'études organisée au Conseil de la Nation, le ministre des Affaires étrangères, M. Abdelaziz Belkhadem, a affirmé, hier, que c'est une situation très délicate qui implique des mesures en conséquence. Il ajoute, à  cet effet, que son département, à  l'exception de quelques informations officieuses et autres écrits de presse, ne connaît rien sur le nombre de ces détenus, encore moins sur les conditions dans lesquelles ils se trouvent. «Vous savez que les affaires de terrorisme donnent toujours du fil à  retordre dans la prise de décisions adéquates. C'est sans doute ce qui explique le fait que les autorités concernées n'ont toujours pas jugé utile de nous contacter pour une éventuelle extradition», dira M. Belkhadem qui ne nie pas, toutefois, que c'est une affaire «très sensible». D'autant plus, ajoute-t-il, que parmi les détenus figurent des binationaux qui, en plus d'être Algériens, ont la nationalité bosniaque. «On ne peut rien faire pour cette catégorie de personnes», affirme M. Belkhadem.

«Même les familles des détenus concernés ne nous ont pas sollicités pour une intervention, ce qui devrait être normalement élémentaire», dira-t-il en ajoutant que ce n'est que dimanche dernier que le frère de l'un des détenus a pris attache avec le département des Affaires étrangères.

«On ne peut pas se permettre de s'immiscer dans ce genre d'affaire, mais une fois saisis, les mesures adéquates seront prises», dira M. Belkhadem sans s'étaler sur la nature de ces mesures, en se contentant juste d'indiquer que ce sont les mêmes que celles prises dans pareilles circonstances dans le monde, dans le cadre diplomatique.

Huit Algériens sont emprisonnés, rappelle-t-on, dans cette base américaine depuis le début de l'année 2002. Six parmi eux sont détenteurs, en plus de la nationalité algérienne, de la nationalité bosniaque et deux autres sont Français d'origine algérienne.

Les six mis en cause ont été appréhendés par les services secrets américains à  Sarajevo, le jour de leur remise en liberté par la Cour suprême croato-bosniaque qui les a disculpés faute de preuve concrètes.

Ils étaient accusés d'appartenir au réseau d'Al Qaïda et d'avoir planifié un attentat contre l'ambassade américaine à  Sarajevo. Leur arrestation par les autorités américaines avait été sévèrement condamnée par les associations de défense des droits de l'homme. En Algérie, Me Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative pour la promotion des droits de l'homme, avait recommandé aux autorités algériennes, durant le mois de décembre écoulé, d'entamer officiellement des démarches auprès de l'Administration américaine à  propos de ces prisonniers.

Me Ksentini avait précisé qu'il a été informé de cette affaire par Human Rights Watch, lors du déplacement d'un représentant de cette organisation dans notre pays.

13/01/03 - Diego Garcia, un Guantanamo bis?

La flotte militaire US loue la base militaire britannique dans l'Océan Indien. Le 27 décembre dernier, une information paraissait dans le Washington Post et le Herald Tribune: « Les USA détiennent des prisonniers d'Afghanistan à  Diego Garcia dans des conditions similaires à  celles de Guantanamo». La Baronesse Amos, ministre du Foreign Office s'est empressée de démentir cette information le 8 janvier devant la Chambre des Lords en déclarant: « Il n'y a pas de suspects de terrorisme à  Diego Garcia et, selon la loi en cours sur le Territoire britannique de l'Océan Indien, il n'y aurait aucune autorité en mesure de détenir des suspects d'Al qaïda sur ce territoire». Interrogée pour savoir si les USA détenaient qui que ce soit à  Diego Garcia, la baronesse a simplement dit "ne pas être au courant d'une quelconque requête faite au gouvernement britannique". Question: peut-on croire aveuglément les déclarations d'une ministre de Tony Blair?

13/01/03 - "Le drapeau US mérite bien mieux que ça"

Khalid Al Odah n'a rien d'un ennemi de l'Amérique, bien au contraire. Cet ancien colonel de l'aviation koweïtienne a été formé aux USA et il a travaillé pour les renseignements militaires US pendant la Guerre du Golfe. Lorsqu'il a appris que son fils Faouzi, un enseignant de 25 ans, avait été arrêté par les forces US à  la frontière afghano-pakistanaise, il a eu confiance: le jeune homme pourrait expliquer facilement sa situation et serait donc rapidement relâché. Faouzi, un enseignant, profitait de ses vacances pour faire du travail humanitaire au Pakistan auprès des enfants de réfugiés afghans. Lorsque les bombardements US commencèrent sur l'Afghanistan, il s'est tout naturellement retrouvé en train d'aider des civils afghans à  se réfugier au Pakistan. «Quand j'ai appris qu'il avait été remis aux Américains, j'étais vraiment partiellement soulagé, parce qu'il s'agit d'un pays civilisé et d'une nation civilisée.» Puis, le choc est venu lorsque Al Odah a appris que son fils avait été transporté à  Guantanamo, au camp X-Ray. La famille de Faouzi et celles des autres détenus koweïtiens ont déposé une plainte contre le gouvernement US, demandant que leurs proches aient accès aux tribunaux US pour plaider leur cas. L'été dernier, un juge fédéral de Washington les a déboutés, décrétant que les prisonniers n'ont pas droit à  une protection constitutionnelle. L'affaire suit son chemin devant les cours d'appel fédérales. Faouzi a écrit à  sa famille. Il est sûr d'être bientôt à  la maison. Mais d'après les militaires US, la plupart des prisonniers ne reverront pas leur maison d'ici de longues années. Malgré cela, Khalid Al Odah n'a pas changé de position en faveur des USA et de leur "guerre contre le terrorisme". Il dit que ce qu'il connaît des USA lui rend encore plus difficile la compréhension de cette expérience. « Ce n'est pas le principe américain, ce n'est pas la voie américaine que je connais. Je pense que le drapeau US mérite bien mieux que ça.»

13/01/03 - Un citoyen US peut être traité en "combattant ennemi"

La 4ème Cour d'appel de circonscription Us a rendu un jugement important qui risque de faire jurisprudence, à  moins que la Cour suprême, une fois saisie de l'affaire, n'en décide autrement, ce qui serait étonnant, vu la "déférence" dont font montre les hauts magistrats Us à  l'égard de la Maison blanche, qui les nomme, et du Pentagone. La Cour d'appel a ainsi annulé la sentence d'une juridiction inférieure concernant le cas de Yasser Asem Hamdi. Ce jeune homme de 22 ans a été capturé, selon l'accusation, "un AK 47 à  la main" en Afghanistan. détenu à  Mazar-e-Sharif pendant la révolte et le massacre des prisonniers, il fut ensuite transféré à  Guantanamo avant qu'on découvre que ce Saoudien était né en Louisiane et était donc citoyen US. Il fut donc transféré sur un bateau-prison à  Norfolk, Virginie, mais néanmoins traité en "combattant ennemi", c'est-à -dire privé d'avocat et interdit d'accès aux preuves que disait détenir l'accusation. Le premier tribunal, à  Norfolk, ayant jugé qu'il avait, en tant que citoyen US, un droit à  la défense et à  la vision des preuves contre lui, l'accusation a fait appel et la Cour d'appel lui a donné raison. L'avocat commis d'office pour le "défendre" a été empêché de s'entretenir avec lui. La Cour d'appel, constituée de 3 juges, dont 2 nommés par Reagan et 1 par Clinton, a jugé que sa qualité de citoyen US ne s'opposait pas à  ce qu'il soit traité "selon les lois de la guerre", même si la guerre d'Afghanistan était "non conventionnelle", donc en tant que "combattant ennemi". La Cour a bien pris soin de préciser que cette "règle" s'appliquait à  un citoyen US pris les armes à  la main dans une zone de combat hors du territoire US et non pas à  un citoyen US arrêté aux USA mêmes. Elle entendait ainsi que son arrêt ne fasse par jurisprudence pour des prisonniers comme José Padilla, cet ancien membre d'un gang urbain converti à  l'Islam, arrêté à  l'aéroport de Chicago à  son retour du Pakistan et accusé d'avoir préparé un attentat avec une "bombe sale" nucléaire. Le jugement sur Hamdi a été fortement critiqué par de nombreux juristes et des organisations de défense des libertés. "Cette décision entérine la création d'un no man's land constitutionnel", a commenté Susan Herman, prof de droit à  l'École de Droit de Brooklyn. D'autres commentateurs ont comparé cette situation à  celle des citoyens US d'origine japonaise internés sans jugement durant la seconde Guerre Mondiale et qui ont eu droit, bien plus tard, à  des excuses du gouvernement US. Hamdi devra donc attendre maintenant une éventuelle sentence de la Cour suprême.

13/01/03 - Le combat du père algérien d'un "combattant ennemi" suédois

Mehdi Ghezali continue son combat solitaire dans le glacial hiver suédois de la ville d'à–rebro où il vit. Son fils Mehdi Mohamed a "fêté" ses 23 ans à  Guantanamo. Arrêté lors d'une tentative sanglante de fuite au Pakistan en décembre 2001, il est au camp X-Ray depuis janvier 2002. En un an, il a pu faire parvenir 5 messages. Les dernières nouvelles de lui remontent au 8 janvier: une lettre écrite le 6 novembre. Quelques lignes pour dire: « Je vais bien, salue tous ceux qui me connaissent. Prie pour que Dieu m'aide.» Il y a quelques jours, un policier suédois et un membre de l'ambassade suédoise à  Washington ont pu rencontre le prisonnier pendant deux jours. Mehdi ne l'a appris que lorsque les médias l'ont appelé. Puis son avocat lui a fait savoir que le ministère suédois des Affaires étrangères lui donnerait des nouvelles de cette visite dans quelques jours. «Lorsque je lis ses lettres, je pleure.» Mehdi a déjà  mené deux grèves de la faim, enfermé dans une cage minuscule pour dénoncer la situation de son fils. Il envisage maintenant de faire une tournée en Europe avec sa cage qui le conduira jusqu'à  Bruxelles "pour réveiller tous les gouvernements européens". « Je veux que le gouvernement suédois se batte pour faire rentrer le garçon avant qu'il pourrisse», dit-il. Et son avocat critique le gouvernement qui a pris tellement de temps pour organiser une visite au prisonnier. Pourtant, en septembre, le Premier ministre social-démocrate Göran Persson avait critiqué le camp de Guantanamo comme  "inacceptable".

13/01/03 - Le Parlement de Bahreïn s'engage pour les otages

Suivant l'exemple du Majlis Al Umma du Koweït, qui a constitué un comité parlementaire pour s'occuper activement du sort des citoyens koweïtis détenus à  Guantanamo, le Parlement du Bahreïn s'est à  son tour engagé dans la bataille et a constitué un comité, à  l'appel de Abdullah Al A'ali, vice-président du Comté des affaires législatives et légales. Le Comité s'occupera à  la fois du sort de 10 étudiants bahreïnis disparus en Iraq, où ils étudiaient, depuis septembre 1991, et de celui de six concitoyens détenus à  Guantanamo depuis octobre dernier. Les membres du comité tenteront de retrouver les disparus, de rencontrer les détenus et de coordonner le travail avec le ministère des Affaires étrangères et les ambassades compétentes de l'émirat. Pour Guantanamo, espérons qu'ils auront plus de chances que leurs collègues koweïtis, dont les demandes de visite à  Guantanamo ont essuyé des fins de non-recevoir, les USA laissant seulement des représentants du ministère de l'Intérieur du Koweït rencontrer les prisonniers.

31/12/02 - Les détenus algériens de Guantanamo abandonnés par leur pays

Les familles de six Algériens détenus à Guantanamo viennent d'écrire à Bush sur le sort réservé à leurs enfants détenus depuis plus d'un an. Au nom du collectif des familles, Abdelkader Aït Idir s'est déclaré "offusqué" par la "passivité" de l'Etat algérien et le "refus de ses responsables à défendre les Algériens en dépit du fait qu'ils soient innocents de toutes les charges retenues contre eux par le ministère américain de la Défense". Abdelkader Aït Idir a précisé que les six détenus, tous pères de famille, installés légalement en Bosnie depuis le début des années 90, ont été arrêtés par la police bosniaque pour des chefs d'accusation annulés par le tribunal quelques jours plus tard. "Ils ont été accusés d'appartenance au GIA et de préparation d'un attentat contre l'ambassade américaine, mais le tribunal les a vite relaxés faute de preuves. La veille de cette décision, les six détenus ont été enlevés par des militaires américains pour être transférés vers Guantanamo pour appartenance présumée à Al Qaïda", a déclaré M. Aït Idir.

Me Najib Al Nuaïmi, l'avocat qatari de sept détenus algériens, a révélé d'autre part avoir saisi le chef de la diplomatie algérienne Abdelaziz Belkhadem afin qu'une délégation de son ministère puisse rendre visite aux détenus. "Aucune réponse ne m'a été adressée. Je sais que le droit de visite a été accordé à des délégations saoudienne, marocaine, yéménite et bahreïnie, parce que les autorités de leurs pays ont intercédé auprès du ministère américain de la Défense, mais du côté des Algériens, c'est le black-out."

Selon Me Najib Al Nuaïmi, le ministère algérien des Affaires étrangères a été destinataire de la liste complète des Algériens détenus à Guantanamo. "Je le sais parce que je tiens l'information des autorités américaines qui m'ont d'ailleurs révélé qu'elles n'ont aucune objection à ce que l'on rende visite aux prisonniers pour peu que les autorités de leurs pays respectifs fassent part de leur demande. Pour ce qui est des Algériens, les Américains m'ont affirmé qu'ils n'ont jamais été destinataires d'une quelconque sollicitation", a noté l'avocat.

Pour sa part, Me Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de la promotion et de la défense des droits de l'Homme (CNCDDH), a indiqué que son organisation a été destinataire de neuf requêtes déposées par les familles des détenus algériens de Guantanamo.

24/12/02 Guantanamo: 59 prisonniers "n'ont rien à voir avec Al Qaïda"

Selon le Los Angeles Times de dimanche, 59 des plus de 600 prisonniers de la base US de Guantanamo Bay n'ont rien à voir avec Al Qaïda ou avec les Talibans. Ils figuraient sur une liste, dressée par les services de renseignements US après leurs interrogatoires en Afghanistan, des prisonniers ne présentant aucune "valeur du point de vue du renseignement". Il s'agit principalement de paysans, de chauffeurs de taxi ou de manoeuvres, dont certains ont été recrutés par les talibans dans les semaines qui ont précédé leur défaite.

23/12/02 Des détenus de Guantanamo autorisés à communiquer

Abdul Aziz, un détenu saoudien de Guantanamo, a été autorisé mercredi dernier à avoir une communication téléphonique de 45 minutes avec sa famille. D'autre part, Mohamed Al Fouzan a reçu mardi la première lettre de son fils Fahd, aussi détenu à Guantanamo, après 3 mois d'interruption des communications. Ces nouvelles ont été saluées par Elham Hassan, une avocate bahreïnie membre du Comité international pour la défense des prisonniers de Guantanamo, comme l'indice d'une évolution positive. Elle a demandé au gouvernement Us de relâcher ces prisonniers ou de les remettre à leurs gouvernements respectifs, dans la mesure où les USA ne détiennent aucune preuve justifiant leur détention. Elle a ajouté que le Comité se réunirait cette semaine à Doha pour discuter des nouveaux développements.

13/12/02 Le bâtonnier de Paris se commet d'office pour les Français de Guantanamo

 Le bâtonnier de l'ordre des avocats de Paris, Paul-Albert Iweins, annonce dans une démarche symbolique qu'il se commet d'office pour défendre trois Français détenus sur la base militaire US de Guantanamo à Cuba.

Dans un communiqué, le bâtonnier dit sa "ferme condamnation de toutes formes d'actions terroristes" mais ajoute qu'il se doit "de réagir et de mobiliser la communauté internationale des avocats dès lors que les droits de la défense sont ignorés".

Déplorant qu'il ne soit reconnu "aucun droit juridique" aux détenus, il annonce qu'il va demander aux autorités US le droit de s'entretenir à Guantanamo avec Mourad Ben Chellali et Nizar Sassi, originaires de Vénissieux (Rhône), et Khaled ben Mustapha, né dans la banlieue lyonnaise.

Cette démarche symbolique fait suite à une déclaration commune rendue publique en juillet par 32 barreaux du monde entier, qui ont souhaité que "la lutte contre le terrorisme ne porte pas atteinte à l'état de droit".

05/12/02 - L'OTAN arrête un suspect d'appartenance à Al Qaïda

Les forces de l'OTAN en Bosnie ont affirmé mardi que le musulman bosniaque interpellé le 26 octobre dernier était lié à Al Qaïda. Sabahudin Fijuljanin, 41 ans, avait été surpris en train d'espionner une base de la SFOR à Tuzla. Lors de l'enquête, la SFOR a découvert dans sa maison une arme antichar et plusieurs passeports. "Nous disposons d'informations établissant un lien entre Fijuljanin et Al Qaïda", a dit le capitaine de corvette Yves Vanier. Originaire de la région du Sandjak (sud-ouest de la Serbie), Fijuljanin vit depuis des années en Bosnie où il est marié et a quatre enfants.

Depuis le 11 septembre 2001, plusieurs personnes ont été interpellées en Bosnie dans le cadre de la lutte antiterroriste. Six Algériens, livrés aux autorités US, auraient été déportés à Guantanamo. Les autorités bosniaques ont aussi perquisitionné des associations humanitaires musulmanes et fermé trois d'entre elles: la Fondation islamique Al Haramain, la Fondation mondiale de secours et Bosanska Idealna Futura, filiale d'une association basée à Chicago.

27/11/02 Huit Russes détenus à Guantanamo

8 ressortissants russes sont actuellement détenus sur la base navale américaine de Guantanamo, à Cuba, parmi les 625 prisonniers soupçonnés d'être des talibans et des membres d'Al Qaïda, selon un responsable du bureau du procureur général russe. Vladimir Roudyak a précisé mardi que des représentants russes s'étaient rendus à Guantanamo et avaient interrogé les 8 ressortissants pour confirmer leur identité. Moscou adressera prochainement une demande officielle aux États-Unis afin de réclamer leur extradition, a-t-il ajouté. Il s'agit de Ravil Mingazov, d'Airat Vakhitov, de Roustam Akhmerov, de Timour Ichmouradov, Rouslan Odigov, Chamil Khazhiïev, Ravil Goumarov et Rasoul Koudaïev. Tous sont originaires de régions russes à majorité musulmane.

23/11/02 Abderrahim Al Nashiri détenu aux USA

L'identité du "haut responsable" d'Al Qaïda dont les USA avaient annoncé la capture il y a quelques jours a été révélée: il s'agit du Saoudien Abderrahim Al Nashiri, présenté comme l'un "des principaux planificateurs d'opérations d'Al Qaïda pour la péninsule arabe".

Capturé il y a plusieurs semaines au Koweït, il est maintenu en détention dans un lieu gardé secret. Il aurait travaillé avec Ben Laden depuis la guerre d'Afghanistan contre les Soviétiques. Les services US pensent qu'il a joué un rôle clé dans l'attentat d'octobre 2000 contre l'USS Cole, qui avait causé la mort de 17 marines US. Il serait un spécialiste de l'entraînement militaire et du maniement d'explosifs. C'est le troisième dirigeant présumé d'Al Qaïda capturé par les USA et détenus dans des lieux gardés secrets, après Abou Zoubaïda et Ramzi Ben Al Shibh.

19/11/02 Le sort des Français de Guantanamo

Reçu par son homologue américain, l'attorney general John Ashcroft, le 14 novembre, le ministre français de la Justice, Dominique Perben, a soulevé le problème posé par cette situation. "Il faut clarifier la situation juridique de ces détenus", a-t-il indiqué après ses entretiens avec Ashcroft. Le gouvernement estime "souhaitable qu'il y ait une coopération judiciaire" entre la France et les États-Unis au sujet de ces détenus, a précisé le ministre. Une telle coopération suppose que les autorités américaines entrent dans une logique judiciaire en précisant leurs charges contre ces six personnes et en répondant aux demandes d'information de la justice française. La section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert, en effet, une information judiciaire, et le juge Jean-Louis Bruguière a demandé à pouvoir se rendre à Guantanamo Bay pour interroger ces six Français. Les familles de deux de ces détenus, Nizar Sassi, 23 ans, capturé en Afghanistan, et Mourad Benchellali, 21 ans, arrêté au Pakistan, ont porté plainte, le 14 novembre, à Lyon, pour "détention illégale, enlèvement, séquestration et attentat aux libertés". Leurs avocats, William Bourdon et Jacques Debray, avaient introduit une première action, qui a échoué, en octobre, devant la justice française, demandant à celle-ci de reconnaître aux deux hommes le statut de prisonniers de guerre.

13/11/02 Moussaoui à Guantanamo?

Embarrassés à la perspective d'un procès public devant une juridiction civile normale, la Maison Blanche et le Pentagone envisageraient sérieusement de transférer Zakariya Moussaoui à Guantanamo. Son procès, initialement prévu en octobre à Alexandria, en Virginie, a été repoussé à deux reprises et est prévu maintenant pour juin 2003. Mais l'accusation est très embêtée par les demandes de Moussaoui, qui a décidé de se défendre seul, après avoir rejeté son avocat commis d'office comme 3suceur de sang2. En effet, Moussaoui demande qu'on lui communique des documents du FBI et de la CIA et d'autre part que soient entendus certains témoins, notamment le Yéménite Ramzi Ben Al Shibh, arrêté au pakistan l'été dernier. Le sixième amendement de la Constitution US stipule en effet que tout accusé puisse être confronté aux témoins qui l'accusent ou qui peuvent l'innocenter. Un transfert à Guantanamo réglerait d'un coup tous les problèmes mais serait un aveu cinglant de défaite pour les procureurs, pour la CIA, le FBI et la Maison blanche.

LE MONDE DU 09/11/02 - Un Pakistanais libéré de Guantanamo raconte sa détention

Mohammed Sanghir est de retour dans son village. Il témoigne sur la mort de prisonniers talibans dans des conteneurs lors des combats de Kunduz et sur son séjour dans la base américaine à Cuba. Il compte demander réparation aux Etats-Unis.

Pattan (province du Nord-Ouest) de notre envoyée spéciale

Nichée au creux d'une profonde vallée boisée sur les bords de l'Indus, la modeste maison de Mohammed Sanghir ne désemplit pas.    

Rentré chez lui, à Pattan, le 4 novembre, après plus d'un an d'absence et plusieurs mois de mortelle anxiété pour sa femme et ses neuf enfants, Mohammed Sanghir, premier Pakistanais libéré après avoir été détenu sur la base américaine de Guantanamo, à Cuba, est le nouveau héros de ce village situé dans la province du nord-ouest du Pakistan.

Abondante barbe grisonnante, pakol – sorte de chapeau à bord rond qui protège du froid – sur la tête, un gilet passé sur son salwar khamees (large pantalon et longue chemise que portent les Pakistanais), Mohammed Sanghir porte encore au poignet le bracelet de plastique vert mentionnant son identité "américaine" – US 9PK 0001 43 DP –, son âge (51 ans), sa taille, son poids et sa photographie.

Missionnaire prêcheur du Tablighi Jamaat, organisation non politique de propagation de l'islam qui compte plusieurs millions de fidèles dans le monde, Mohammed Sanghir se trouvait depuis quelque trois mois en Afghanistan quand la guerre a éclaté. Pris dans la tourmente de la reddition de Kunduz, dans le nord du pays, il est embarqué – "avec 250 personnes, dont 50 sont mortes" – dans un conteneur pour être conduit à la tristement célèbre prison du général Rachid Dostom, à Sheberghan. "Ils hurlaient pour de l'eau, ils tapaient leur tête contre les parois et là, juste à côté de moi, ils sont morts", dit-il de ses compagnons d'infortune.

Il passe quarante-cinq jours à Sheberghan, où se mêlent "Afghans, Pakistanais, Arabes, Bosniaques". Personne ne l'interroge, jusqu'au jour où des miliciens du général Dostom l'extirpent de sa cellule avec 15 autres prisonniers : "Ils nous ont livrés à des soldats américains qui nous ont bandé les yeux et nous ont emmenés par hélicoptère à Kandahar." Installé sous une tente avec neuf autres personnes, nourri de rations militaires américaines, Mohammed Sanghir est alors interrogé : "Il y avait un Américain et un interprète. Ils m'ont demandé d'où je venais, pourquoi j'étais en Afghanistan, si j'avais un lien avec Al-Qaida, si je connaissais des gens d'Al-Qaida, si j'avais déjà vu Oussama Ben Laden et si je pourrais le reconnaître."

Après cet unique interrogatoire sommaire, Mohammed Sanghir est appelé par un médecin. "Il a pris mes empreintes digitales et une empreinte à l'oreille", dit-il. Dix-huit jours après, "ils sont venus ; ils m'ont rasé la tête, la barbe et la moustache, m'ont mis un bandeau sur les yeux et mis dans une tente où j'ai attendu deux ou trois heures avec d'autres personnes. Avant de nous raser, une Américaine parlant un peu d'ourdou m'a juste dit : "On vous emmène dans un lieu où vous aurez plus de facilités et où vous serez mieux"", précise Mohammed, qui ajoute que les soldats américains sont restés sourds à ses tentatives pour conserver sa barbe, élément religieux. "J'ai protesté physiquement, mais ils ne voulaient rien entendre et m'ont dit : "C'est interdit"", raconte-t-il. Emmené à l'aéroport, Mohammed est ensuite attaché sur son siège – bandeau sur les yeux, masque sur la bouche, boules dans les oreilles – pour un voyage de vingt-deux heures. "Une femme nous a donné des pommes à deux reprises, un morceau de pain et de l'eau."

L'arrivée sur la base de Guantanamo est rude. "Alors que nous avions toujours les mains liées derrière le dos et les yeux bandés, des soldats m'ont jeté dehors et m'ont battu", affirme Mohammed Sanghir en montrant sa joue. Pendant trois mois et demi, Mohammed, qui a revêtu un survêtement rouge, reste dans une cage ouverte à tous vents, "aux millions de moustiques et à la chaleur" et sans une minute d'intimité.

INTERROGATOIRES

"Nous étions comme des animaux. Si nous étions des hommes, pourquoi nous mettre dans une cage ?", interroge Mohammed, dont le récit est suivi avec attention par la vingtaine d'hommes qui l'entourent. "Au début, ils ne nous permettaient pas de prier et de parler entre nous, mais après deux jours de grève de la faim, un officier supérieur est venu, nous a permis de prier et nous a accordé une demi-heure pour manger", dit-il.

"Deux fois par semaine, ils nous faisaient sortir pour marcher et, chaque semaine, on nous donnait un uniforme propre", précise Mohammed, qui ajoute qu'un médecin était toujours disponible. Après ces trois mois et demi, Mohammed est transféré dans une nouvelle cage, plus confortable, avec un coin toilette et de l'eau courante.

Durant les dix mois qu'il a passés à Guantanamo, Mohammed Sanghir a été interrogé une vingtaine de fois. "On faisait la queue pour les interrogatoires. Centrées uniquement sur Al-Qaida, les questions étaient toujours les mêmes mais présentées de façons différentes", affirme Mohammed. "Ils m'ont d'abord montré des photos de gens d'Al-Qaida pour savoir si je les connaissais ; ensuite ils m'ont demandé s'il y avait ici autour de moi des gens d'Al-Qaida ; ils voulaient savoir si j'avais rencontré Ben Laden et si je pourrais le reconnaître. Les photos représentaient des gens qui semblaient afghans et arabes", précise Mohammed, qui affirme n'avoir reconnu personne.

Les seules personnes qu'il a vues à Guantanamo –"une fois, au cours d'un déplacement"– sont le mollah Abdul Salam Zaeef, l'ancien ambassadeur des talibans au Pakistan livré par Islamabad aux Américains, "qui semblait très faible", Khairallah Kwaiwa, ancien gouverneur d'Herat, arrêté à Chaman, à la frontière pakistano-afghane, le mollah Fazl, ancien commandant de Kunduz et un autre commandant, le mollah Abdel Raouf.

"COMMENT FAIRE ?"

Mohammed, comme ses compagnons, a beaucoup prié à Guantanamo, où les journées se passaient en lecture du Coran, des hadiths, et en conversations avec les autres détenus. "Un jour, un nouveau général est venu et m'a dit : "Vous allez avoir des bonnes nouvelles la semaine prochaine"", raconte Mohammed pour expliquer sa libération, encore choqué qu'aucun responsable américain ne lui ait exprimé le moindre regret pour cette année perdue et les humiliations subies. "Ils m'ont juste dit : "Vous êtes innocent", mais personne ne s'est excusé", indique Mohammed qui, aujourd'hui, réclame des dédommagements aux Etats-Unis.

"A Guantanamo, des soldats m'avaient dit que je toucherais 400 dollars par mois de détention, mais je n'ai reçu que 100 dollars à mon arrivée à Islamabad", dit cet homme qui vivait d'une machine à couper et tailler le bois de construction, très utilisé dans cette région montagneuse et déshéritée.

"Pendant un an, ma famille a dû emprunter pour survivre et, maintenant, comment vais-je rembourser ?", interroge-t-il en montrant sa machine rouillée par le manque d'entretien. "Qu'est-ce que je peux faire contre les Etats-Unis ? C'est une grande puissance", affirme-t-il, fataliste, quand on lui demande ses sentiments à l'égard des Américains. Ses concitoyens, dans cette région extrêmement conservatrice, n'ont pas tous les mêmes réserves et, sur le mur de l'école de Pattan, peintes en noires, deux kalachnikovs entourent un appel sans ambiguïté : "Engagez le djihad [guerre sainte] contre ceux qui dénient le Coran."

Françoise Chipaux

08/11/02 Français de Guantanamo: information judiciaire à Paris

Le parquet de Paris a ouvert mardi une information judiciaire pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" contre X..., en l'occurrence visant les 6 Français détenus à Guantanamo. Cette information pourrait aboutir à la mise en examen des prisonniers et la demande de leur extradition vers la France pour y être jugés. La semaine dernière, le Quai d'Orsay avait réitéré sa position, demandant que les prisonniers soient jugés en France s'ils sont soupçonnés d'avoir commis "des actes punissables au regard du droit pénal français". L'avocat de 2 des prisonniers, originaires de Vénissieux, estime que "cela les sortirait du flou dans lequel ils se trouvent et leur donnerait des garanties de procédure."

05/11/02 Espoir pour le "taliban de Brême" :Bernhard Docke, l'avocat allemand du Turc de Brême Murat Kurnaz, 20 ans, détenu à Guantanamo, espère, après les libérations de certains détenus de Guantanamo, que son client sera relâché par les Américains. Le jeune Turc, charpentier de marine, s'était rendu au pakistan le 3 octobre 2001 pour y suivre des cours coraniques. Fin 2001, il a été arrêté, accusé d'être un combattant d'Al Qaïda et déporté à Guantanamo. En février, il clamait son innocence dans une lettre à sa mère. D'après son avocat, il n'est pas taliban: « Les seigneurs de guerre ont fait des prisonniers, pour les remettre contre des primes aux militaires US. Kurnaz est sans doute une comparse mais pas un gros poisson.»

03/11/02 Justice incompétente

Saisi par les avocats de 2 des 6 français détenus à Guantanamo, le juge des référés s'est déclaré incompétent, jeudi 31 octobre, pour reconnaître leur statut de prisonniers de guerre et leur accorder la protection des lois internationales régissant ce statut.

L'ordonnance, particulièrement brève, constate que les demandes "ne reposent sur aucune règle de procédure susceptible de permettre leur examen par le juge des référés". "Ce n'est que partie remise", a déclaré Me William Bourdon, l'un des avocats de Nizar sassi et Mourad Benchellali, qui a annoncé le prochain dépôt d'une plainte avec constitution de partie civile pour détention arbitraire contre les responsables du camp de Guantanamo.

Dans une lettre du 22 août à un ami, Nizar Sassi écrivait: «Si tu ceux une définition d'ici, on n'a pas le droit d'avoir de droits.»

30/10/02 3 libérations

3 Afghans détenus à la base US de Guantanamo, sur l'île de Cuba, viennent d'être "libérés". 13 Pakistanais devraient connaître le même sort d'après la presse pakistanaise. Lundi, c'est une trentaine de nouveaux détenus afghans qui ont été transférés à Guantanamo. Ils avaient été capturés en janvier par les forces US.

25/10/02 - Libérations ?

Donald Rumsfeld a confirmé la prochaine libération de plusieurs prisonniers de guerre capturés en Afghanistan et détenus à la base de Guantanamo, sur l'île de Cuba. Il s'agit de prisonniers n'ayant plus aucune importance pour les enquêteurs US et ne représentant aucun danger.

28/09/02 - Le business d’un vice-Président

La société de services Brown & Root a décroché un nouveau contrat de l’armée américaine face à 44 concurrents. cette fois-ci, il s’agissait de la construction et de la mise en place à Guantanamo des cages d’acier prévues pour les prisonniers capturés en Afghanistan. Petit hic: cette société est contrôlée par la compagnie Halliburton, dirigée par Dick Cheney jusqu’à ce qu’il devienne vice-Président. Coïncidence? La commission de contrôle du congrès US a déjà ouvert une enquête sur Brown & Root, soupçonnée d’avoir gonflé ses factures à l’armée US de quelques dizaines de millions de dollars et a recommandé de ne plus donner à cette société de contrats militaires. Un seul exemple: la fourniture d’énergie électrique aux troupes US cantonnées au Kosovo a été facturée 17 millions par an, soit le double du prix normal, selon la commission. Sur les bases des Balkans, l’enquête a été déclenchée par le fait que nombre d’employés de nettoyage fournis par Brown & Root avait doublé et leur travail était facturé comme s’ils travaillaient 24 heures sur 24. Jusque-là, rien que de très usuel, dira-t-on. Seulement voilà: les premiers contrats avec le Pentagone ont été obtenus par la compagnie seulement quelques semaines après que Cheney avait quitté son poste de Secrétaire d’Etat à la Défense de Bush père pour devenir administrateur délégué de Halliburton!  Il est évident que la nouvelle guerre en préparation contre l’Iraq entraînera beaucoup de nouveaux contrats juteux pour Brown & Root et les nombreuses sociétés auxquelles les dirigeants américains sont personnellement liés. Il suffit de rappeler que la première Guerre du Golfe avait rapporté à James Baker, personnellement, la coquette somme de 9 millions de dollars...

24/09/02 Même la nature est contre!

L'Ouragan Isidore à causé d'importants dégâts dans le golfe du Mexique et sur l'île de Cuba le 22 septembre. Des milliers de personnes ont été évacuées et se retrouve maintenant sans abris. Où les hommes du fils Bush s'installent, les éléments de déchaînent. L'Afghanistan, les Philippines et maintenant Guantanamo!

01/03/02 - Mutinerie et grève de la faim.

100 prisonniers du camp de concentration X-Ray de Guantanamo se sont mutinés pour protester contre les conditions de détention. L'interdiction de porter le turban aurait provoqué un incident et les détenus se seraient barricadés dans leurs cages à l'aide de leurs paillasses. Depuis mercredi et malgré la chaleur, une centaine d'entre eux ont entamé une grève de la faim.

20/02/02-  Injustice sans limite.

Les familles de trois détenus de Guantanamo (2 Britanniques et 1 Australien) portent plainte contre la décision de l’administration US de les maintenir en détention illimitée. Cette mesure serait contraire aux conventions de Genève, au droit international et à la constitution US.

12/02/02 -"Tout est fait pour choquer les prisonniers de Guantanamo"

[Email reçu le 12/02/02]

Le long isolement sensoriel, les entraves, la découverte brutale d'un nouvel environnement carcéral : tout est fait, de l'aveu même des Américains, "pour impressionner et désorienter les captifs", Taliban afghans ou membres du réseau Al Qaïda qui arrivent sur la base de Guantanamo. Ce traitement doit aussi permettre, selon les militaires, "de choquer et de rendre plus dociles" ces dangereux ennemis.

Une forme de torture psychologique ?

Des déclarations qui ne manqueront pas d'apporter de l'eau au moulin des défenseurs des droits de l'homme, des partisans du respect le plus scrupuleux des Conventions de Genève. Ces derniers réclament en effet que "le statut de prisonniers de guerre et la protection de ces conventions soient reconnus et appliqués à tous les détenus et que cesse la forme de torture psychologique dont ils sont victimes". Cette dernière accusation repose sur les observations des journalistes qui ont été autorisés à assister à l'arrivée des prisonniers et sur la description des conditions de transfert faite par les officiels américains eux-mêmes.

Ne rien voir, rien entendre, rien dire

A Kandahar, en Afghanistan, juste avant leur départ, les taliban et membres supposés d'Al Qaida ont le crâne et la barbe rasés. Ils enfilent ensuite une combinaison orange et embarquent pieds et poings liés dans l'avion. Ils sont attachés à leur siège et sont mis en condition "d'isolement sensoriel total". Ils portent des lunettes totalement opaques, des casques sur les oreilles et un masque chirurgical afin de ne pas pouvoir mordre leurs geôliers ou transmettre des maladies. Ainsi "équipés", ils ne voient et n'entendent quasiment rien et ne peuvent s'exprimer correctement. Le vol dure vingt-cinq heures dans le froid de l'avion-cargo militaire.

Choc thermique

A leur arrivée, déphasés par l'isolement sensoriel, la fatigue, le "jet-lag" (décalage horaire important) et le choc thermique, ils titubent. Dans la chaleur tropicale, ils doivent être soutenus ou portés par des soldats sous les ordres "aboyés" par les officiers. Lors du dernier transfert de prisonniers, il y a quelques jours, six des vingt-huit détenus sont sortis sur des brancards. Selon les observateurs présents, l'un était amputé des deux jambes, trois autres ont été blessés au combat, l'un était atteint de paludisme (le troisième prisonnier du camp à en être atteint) et le dernier présentait les symptômes de la tuberculose. Après un rapide "tri", ils sont enfermés dans des cages grillagées de petite taille.

"Qu'ils ne voient pas la mer ou le McDonald"

"Comme les précédents, ce groupe était calme et les hommes paraissaient choqués et désorientés", a commenté le major Steve Cox, porte-parole de l'unité chargée de la surveillance du camp X-Ray de Guantanamo où sont incarcérés les arrivants, au nombre de deux cent vingt aujourd'hui. L'officier affirme que l'isolement sensoriel "n'a pas pour but de déshumaniser ces personnes, mais d'établir notre autorité avant le vol, pendant et après, et garantir la sécurité des personnels américains".

Autre hypothèse : empêcher les prisonniers de se repérer et d'échafauder de très improbables plans d'évasion. "Avant de gagner le camp, ils n'auront pas vu la mer, pas repéré le McDonald de la base", déclare encore l'officier. Les organisations de défense des droits de l'homme, dont Human Rights Watch ou Amnesty International, demandent toujours que tous ces hommes soient placés sous la protection des Conventions de Genève et aient enfin le statut de prisonniers de guerre.

10/02/02 - Les Minguettes s'organisent

Depuis l’ annonce que deux habitants de la cité des Minguettes à Lyon étaient détenus à Guantanamo, les familles et les proches s’interrogeaient pour comprendre ce qui avait poussé ces jeunes à partir en Afghanistan. Ces débats informels ont évolué et un comité de soutien s’ est mis en place.

Selon Libération, un des participants à la réunion du comité aurait dit «Notre problème, ce n'est pas de savoir s'ils sont innocents ou pas. Nous devons seulement nous battre pour que leurs droits soient respectés, qu'ils reviennent en France pour y être jugés s'ils doivent l'être.».

Cette phrase suffit à définir le programme de ce comité et représente bien ce que la plupart des Musulmans de France ressentent. Mais la déportation à Guantanamo de jeunes Français doit également pousser les autorités française à l’ autocritique. Le fait que les initiatives de nombreuses associations intervenant sur le plan éducatif aient été ces dernières décennies systématiquement bloquées a poussé des centaines de jeunes Français musulmans à s’expatrier dans un premier temps vers des pays plus accueillants. L’ État français porte une part de responsabilité dans ce que ces jeunes ont pu faire par la suite.

08/02/02 - Diviser pour mieux régner

Le Pentagone a annoncé que les talibans de Guantanamo seront traités suivant les Conventions de Genève  mais qu'il ne bénéficieront pas du statut de prisonniers de guerre. En effet ce statut prévoit la libération automatique des prisonniers en fin de conflit et interdit leur torture pendant les interrogatoires. Les membres d' Al Qaïda continueront d'être traités suivant les humeurs de Donald Rumsfeld.

30/01/02 - Campagne médiatique contre les Français de Guantanamo

Que ceux qui ont commis des attentas ou participé à leurs organisations soient jugés comme terroristes et condamnés. Nul n’ est censé ignorer la loi et personne d’entre nous ne contestera les décisions de justice.

Mais le déchaînement des médias envers les détenus de Guantanamo est inadmissible.

Ils sont appelé “Les terroristes islamistes” par les commentateurs, alors que leur véritable identité, le lieu de leur arrestation, leur rôle en Afghanistan ne sont pas encore connus.

Les journalistes ne nous informent pas, ils manipulent les informations pour que les Musulmans de France ne se sentent pas solidaire de ces prisonniers de guerre à qui on refuse ce statut. C’ est aussi une bonne occasion pour salir l’ Islam.

Les moindre détails sont montés en épingle pour les discréditer. Ces supposés Français du camp X-Ray, ne sont peut être pas Français. Ils sont immatures, l’ un d’ entre eux, a abandonné sa famille, l’ autre sa boucherie, l’ autre s’ est converti de fraîche date avant de partir pour le Jihad. Le quatrième, c’ est pire, avait été arrêté dans le coup de filet préventif avant la Coupe du monde de football à Paris. Autrement dit, il voulait empêcher la France de gagner la Coupe, le traître!

Sauf que le journal Libération révèle ce que les autres cachent : il avait été “écroué trois mois pour «association de malfaiteurs liée à une entreprise terroriste», mais avait été blanchi par un non-lieu”.

Les pervers penseront que si l’ enquête avait été mieux conduite, il ne serait pas ressorti de prison et n’ aurait pas rejoint l’ Afghanistan.

On peut également affirmer l’ inverse. Le traumatisme causé par trois mois d’ emprisonnement arbitraire, l’ ont probablement conduit à franchir un cap décisif. Quitte à vivre traqué et être puni, autant que cela soit pour quelque chose.

Ce n’ est pas un hasard si la France est aussi bien représentée à Guantanamo. La politique d’ exclusion des Musulmans, les arrestations arbitraires, la répression systématique qu’ ont subi les associations islamiques depuis plus de dix ans, le chantage à la carte de séjour poussant des étrangers en position de faiblesse à faire sur ordre des RG ou des services de renseignement étrangers la “fitna” dans des associations des plus pacifiques. On ne parle même pas de l’ éducation déplorable que les enfants subissent dans les écoles de la république. Les enfants se révoltent contre leurs familles et leurs esprits ont perdu tout repère religieux.

Les tentatives du ministre de l’ Intérieur d’organiser le culte ou la communauté musulmane de France ( ce n'est pas très clair) interviennent bien tard.

26/01/02 - Bosnie : La Palestine contre l’Afghanistan, 6 Moudjahidines contre Karadzic

Selon le journal belge Le Soir, les Américains auraient persuadé Sarajevo de leur remettre les six ressortissants arabes soupçonnés de terrorisme et de liens avec Oussama ben Laden (expédiés à Guantanamo alors qu’ils ont été innocentés par un tribunal bosniaque), contre la garantie d'arrêter très prochainement Karadzic.

On se rappelle de la promesse faite aux gouvernements arabes de régler le problème palestinien contre une carte blanche en Afghanistan...

Ce genre de promesses n’engagent que les hypocrites qui font semblant d’y croire pour échapper à la vindicte populaire. Sans vouloir jouer les devins, il est sûr que les dirigeants bosniaques payeront tôt ou tard leur trahison.

23/01/02-  Droits de l’ homme, conventions de Genève et résolutions de l’ONU

La justice occidentale a une particularité, elle se repaît de grandes déclarations universelles, de conventions internationales et de résolutions votées par la majorité des nations. Ces textes qualifiés d’ universels et d’ internationaux ne concernent pourtant pas les Musulmans, qui sont presque un milliard sur terre.

Il nous suffit de prendre en exemple le camps de concentration de Guantanamo où des Musulmans parfois blessés sont parqués comme des bêtes dans des cages et subissent des tortures psychologiques chaque jour, pour mettre en valeur ce qui à nos yeux est le vrai fondement de la civilisation occidentale: la sauvagerie et l’ injustice et non l’ hellénisme et la démocratie.

Si toutefois cet exemple ne vous convenait pas, relisez les chroniques du vingtième siècle.

La guerre de Tchétchénie et l’ impunité des tyrans russes.

La guerre d’ Algérie et l’ impunité des tortionnaires français.

La colonisation de la Palestine et l’ impunité des colons israéliens.

Des résolutions des Nations unies qui ne s’appliquent pas au mouvement sioniste.

L’ Iraq est bombardé et subit un blocus économique strict depuis dix ans parce que Saddam Husein refuse d’ appliquer des résolutions de l’ ONU lui imposant des visites régulières de contrôleurs accrédités.

Mais l’ État d’ Israël n’ a pas subi de pression particulière alors qu’ aucune résolution de l’ ONU le concernant n’ a été appliquée. Au contraire, l’ Europe est le premier partenaire économique de ce pays hors la loi.

22/01/02 - Les prisons de la honte

Le journal anglais “The independant” appelle la base de Guantanamo comme il se doit : c’ est un camp de concentration.

2,40m x 1,80 m., voici la cote des cages de la prison de Guantanamo où sont enfermés les Musulmans capturés en Afghanistan, au Pakistan et en Bosnie. Ils sont soupçonné d' apartenir aux réseaux d' el-Qaïda ou d' avoir été un jour taliban, c'est à dire étudiant en théologie islamique.

Plus de cent prisonniers ont déjà été regroupé sur cette base US de l’ île de Cuba. En attendant de comparaître devant un tribunal militaire d’ exception et en attendant leurs exécutions programmées.

Allez voir les cages des babouins du zoo de Vincennes ou la cage du lion du zoo de Kaboul, elles sont beaucoup plus spacieuses.

16/01/02 - Des centaines de prisonniers des Croisés sont regroupés sur une base US de l’ île de Cuba.

Enchaînés, menottés, torturés, ils ne seront pas jugés par un tribunal US, ni par un tribunal international, des tribunaux d’ exceptions ont été constitués et détermineront si ces prisonniers doivent être exécutés ou bien exécutés.

En privilégiant une solution injuste, Bush prend un risque énorme. Les compagnons d'armes de ces Musulmans qui ont combattu contre l’invasion de l’ Afghanistan par les Russes et contre la colonisation de ce pays par les Occidentaux, ne les laisseront sûrement pas tomber. Ils pourront justifier facilement l’ emploi de techniques dites “terroristes” pour obtenir leur libération.

guantanamo:
   premier camp de concentration off shore de l’Empire!
Appel du Collectif guant@namo - janvier 2003
 
Depuis un an, 625 citoyens de 42 pays sont enfermés sur la base militaire US de guantanamo, sur l¹île de Cuba. D¹abord détenus dans des cages au Camp baptisé X-Ray (³Rayon X²), ils ont été transférés en avril dernier au Camp Delta. Étiquetés ³combattants ennemis illégaux² par le Pentagone, ils n¹ont aucun statut. Ils ne sont en effet ni prisonniers de guerre, ni prisonniers politiques, ni même détenus de droit commun. Enfermés dans des cages, ils sont otages du bon vouloir du chef de la première puissance mondiale, le nouveau croisé George Bush. La juridiction US ne s¹appliquant pas sur le territoire de guantanamo, les Camps X-Ray et Delta  sont les premiers camps  de concentration off shore (=extraterritoriaux) de l¹Empire
Hors du droit, les otages de guantanamo sont aussi maintenus hors du monde, pratiquement coupés de toute communication avec l’extérieur, que ce soit avec leurs parents, leurs avocats ou des élus de leur pays. Cette situation unique est une grande première dans l’histoire mondiale. Si nous ne nous y opposons pas, elle est appelée à se reproduire ailleurs, pour d’autres otages, par exemple demain des Iraqiens ou même des militants no global (= anti-mondialisation) de pays démocratiques. L’effet guantanamo se fait déjà sentir aux quatre coins de la planète. De très nombreux gouvernements, cédant aux pressions de la CIA et du Pentagone, ont déjà pris des dispositions pour créer dans leur pays des zones de non-droit, au nom de la “guerre contre le terrorisme”. Nous vous appelons donc à vous mobiliser pour animer une campagne mondiale contre guantanamo, sur les thèmes suivants:
1° - Les otages de guantanamo ont des droits: droit à la défense, droit à la communication, droit à la justice.
2° - Ils doivent être soit jugés, soit libérés
3° - Les Nations unies doivent constituer une commission indépendante d’enquête et d’instruction, composée d’experts des 5 continents, pour déterminer où et par qui les prisonniers doivent être jugés. Pendant les travaux de cette commission, les prisonniers doivent être transférés de guantanamo vers un pays neutre et confiés aux bons soins de la Croix-rouge et du Croissant-Rouge. La commission devra trancher entre 4 possibilités: remise en liberté, jugement aux USA, jugement en Afghanistan, jugement dans le pays d’origine du détenu. Elle devra établir un montant d’indemnités à verser par le gouvernement US à tous les prisonniers remis en liberté et à leurs familles.
Depuis un an, des parents de ces otages se battent un peu partout dans une grande solitude, secondés par des avocats courageux mais impuissants. La bataille de guantanamo concerne tous les citoyens du monde épris de liberté, de pluralité, de diversité et de justice. Contre l’Empire  , seules des multitudes multicolores peuvent empêcher que les pires cauchemars s’imposent à tous. Aujourd’hui à guantanamo, demain chez toi!
 
NOUS CONSTITUONS CE JOUR LE COLLECTIF guant@namo,
PARTIE PRENANTE DU RÉSEAU MONDIAL guant@namo, QUI AGIT POUR
LA FERMETURE DE CE CAMP DE CONCENTRATION.
 
L’engagement dans ce collectif se fait uniquement sur une base individuelle. Nous appelons tous ceux qui le veulent à nous rejoindre ou bien à créer leur propre structure et à établir une relation de travail avec nous. Le gage de réussite de la campagne sera sa capacité à mobiliser des multitudes dans un esprit mondial égalitaire, dans le respect des spécificités et des motivations particulières, pour “un monde contenant tous les mondes”, contre toute forme de pensée unique et les monstruosités en découlant.
Pour tout contact avec le Collectif guant@namo, écrire à: xraydelta@lvo.info,
ou appeler le 00 33 (0)6 13 99 28 86
NOUS VOUS INFORMERONS EN RETOUR DE NOS ACTVITÉS.
NOUS VOUS ENCOURAGEONS VIVEMENT À REPRODUIRE ET DIFFUSER CET APPEL!
ENVOYEZ-NOUS L'ADRESSE DES SITES SUR LESQUELS VOUS L'AUREZ PUBLIÉ.

Informations publiées par le site 

http://quibla.net

http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm

quotidien online pour les Musulmans francophones...et tous les autres!

Cari amici !
Vi mandiamo i documenti recenti che vi permetteranno di attualizzare la vostre pagina su guantanamo, che non lo è più dal 2003. Eppur non mancano le informazioni e i documenti prodotti dal Collettivo gauntanamo francia. Ecco comunuque gli   ultimi, frai i quali anche un comunicato in italiano
Tant saluti



10/01/2005 : 3ème anniversaire de/3rd anniversary of/3° compleanno di / 3.geburtstag von ... GUANTANAMO !


€ Communiqué du Collectif guantanamo France (en français)
€ Press release from the Collectif guantanamo France (in english)
€ Comunicato del Collettivo guantanamo Francia (in italiano)
€ Mitteilung des Kollektiv guantanamo Frankreich (auf deutsch)

Communiqué du Collectif guantanamo France
Lundi 10 janvier 2005

La plus longue et plus grande prise d'otages du XXIème siècle entre dans sa quatrième année : guantanamo, une atteinte au droit et à la souveraineté



Ce 10 janvier 2005, la détention par les USA de 545 citoyens d¹une quarantaine de pays dans le camp de concentration de guantanamo, situé sur sur le territoire de la République de Cuba, entre dans sa quatrième année. Au fil du temps, 202 autres détenus ont été rapatriés du camp.

Ce terme de ³camp de concentration² n¹a été inventé ni pas les nazis ni par les dirigeants soviétiques, mais par les autorités royales espagnoles sur ce même territoire de Cuba il y a 120 ans, lorsqu¹elles ont enfermé des paysans et des guérilleros en lutte contre l¹occupation coloniale. L¹expression espagnole a été traduite en allemand par les autorités coloniales allemandes dans le Sud-Ouest africain, puis par les autorités coloniales britanniques en Afrique du Sud. Guantanamo s¹inscrit dans cette tradition sinistre, à laquelle l¹Empire du Bien apporte des innovations terrifiantes, notamment l¹usage de la torture dite ³légère² (³light²).

A-t-on le droit qualifier la détention des ³combattants ennemis illégaux² à guantanamo de prise d¹otages ? Oui, pour plusieurs raisons :

1° - Les hommes déportés à guantanamo ont été pour une part littéralement kidnappés sur le territoire afghan par des miliciens du général ouzbek Rachid Dostom, un criminel de guerre avéré, et remis contre paiement à l¹armée US; pour une autre part, ils ont été enlevés par les services de sécurité pakistanais sur le territoire souverain du Pakistan et remis à l¹armée US sans aucun respect pour les procédures légales d¹extradition en vigueur dans ce pays.

2° - Aucune des clauses des Conventions de Genève sur le traitement des prisonniers de guerre n¹a été respectée par les autorités US.

3° - Les autorités US refusent de se plier à l¹injonction de la plus haute instance judiciaire US, la Cour suprême, qui, par une sentence émise le 28 juin 2004, a ordonné que les détenus aient la possibilité de remettre en cause leur détention devant une juridiction ordinaire US. Pour masquer ce mépris du droit, elles ont créé un organe sans aucune assise légale, le ³tribunal d¹examen du statut de combattant², qui a ³jugé² la plupart des détenus et a décidé de leur maintien en détention. Un seul détenu a été ³jugé² libérable.
Ces derniers jours, le pouvoir exécutif US a franchi une nouvelle frontière, en désignant comme Attorney General - ministre fédéral de la Justice - Alberto Gonzales, auteur de mémorandums adressés à la Maison blanche et recommandant l¹usage de la torture sur les ³terroristes² capturés en Iraq et ailleurs. Les faits graves de torture sur les prisonniers d¹Abou Ghraïb en Iraq, révélés par des photos ³scandaleuses², sont étroitement liés au camp de concentration de guantanamo. En effet, les policiers militaires inculpés pour Abou Ghraïb n¹ont fait qu¹obéir aux ordres des services de renseignement chargés des interrogatoires des captifs. Cette collaboration entre gardiens et interrogateurs a été instaurée tout d¹abord à guantanamo avant d¹être appliquée sur ordre du général Geoffrey Miller, devenu responsable des prisons US en Iraq après avoir été responsable du camp de guantanamo.

Les détenus de guantanamo ont été torturés, selon des témoignages de plusieurs détenus - les détenus britanniques aujourd¹hui libres ainsi que l¹Australien David Hicks et le Britannique Moazzam Begg, toujours détenus -, mais la pire torture à leur encontre est la totale incertitude quand à leur sort dans laquelle ils sont maintenus. Tout concourt à penser que les autorités US ont bien l¹intention de garder ces otages à vie, pendant au moins les 30 années à venir.

Cette détention de masse est une violation de l¹ensemble du droit international réglementant non seulement les droits humains et le droit humanitaire, mais même les rapports entre États souverains. Quels sont les recours possibles contre ce scandale, qualifié par les experts de ³trou noir juridique² ? Il y en a peu. Le recours à la Cour pénale internationale, à la Cour internationale de justice ou à la Cour interaméricaine des droits de l¹homme semble à peu près exclu pour des défauts de compétence, à moins que les États membres des Nations Unies demandent un avis consultatif à la Cour internationale de justice de La Haye. C¹est en connaissance de cause que les USA ont choisi le camp de guantanamo, le sachant à l¹abri des instances judiciaires universelles.

N¹étant pas experts du droit international, il nous semble cependant que le seul recours non encore exploité par les défenseurs des détenus est la justice cubaine.
En effet, le traité d¹accord instaurant la base militaire navale de guantanamo en 1903 reconnaît expressément la ³souveraineté éminente² de la République de Cuba sur le territoire de la base. Le Parquet général de la république de Cuba devrait donc ouvrir une enquête pour ³séquestration illégale² contre les USA. Même si cela n¹aurait aucune conséquence pratique immédiate, cela donnerait un poids supplémentaire au combat judiciaire et politique universel contre le scandale de guantanamo.

Étant basé en France, le Collectif guantanamo veut enfin attirer l¹attention sur le sort des 7 détenus français de guantanamo : 4 d¹entre eux ont été ³libérés² l¹été dernier de guantanamo pour être aussitôt incarcérés en France. Le dossier des charges retenues contre eux nous semble pour le moins léger. Une fois de plus, la France s¹est distinguée : elle est en effet le seul pays européen ayant accepté les conditions imposées par Washington pour ³libérer² ses ressortissants, à savoir de les emprisonner dans leur propre pays. Tous les autres pays ont remis en liberté leurs ressortissants : la Grande-Bretagne, le Danemark, la Suède, l¹Espagne et même la Russie. Le Maroc a lui aussi décidé de poursuivre sur son sol 5 détenus rapatriés de guantanamo, mais leur procès traîne de report en report à Casablanca, où la justice semble aussi écartelée entre le respect des injonctions de Washington, par le biais du Palais royal, et le constat d¹une carence de preuves et d¹indices sérieux d¹une quelconque culpabilité des inculpés.

Quant aux trois détenus français encore enfermés à guantanamo, le moins qu¹on puisse dire, c¹est que le gouvernement français ne semble pas pressé d¹obtenir leur rapatriement, sans doute par ce qu¹il sait très bien qu¹il n¹y aurait pas lieu de les poursuivre, une fois rapatriés et qu¹il serait donc obligé de les remettre purement et simplement en liberté, ce qui déplairait à Washington.

Pour conclure, le Collectif guantanamo ne peut que lancer un appel général à l¹opinion, aux sociétés civiles organisées, aux États soucieux du droit, à prendre fait et cause pour le droit en agissant pour que cesse le scandale de guantanamo.

Nous en appelons donc, notamment, au sens du droit et à la conscience des responsables cubains et français.

Nous restons à disposition de tout un chacun pour contribuer à toute initiative de nature à éclairer ce trou noir.

Le Collectif guantanamo France, 10 janvier 2005

-> Collectif guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris. tél. 00 33 6 13 99 28 86
-> Courriel : collectif.guantanamo@gwadaoka.org
-> Sites web : http://quibla.net et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm
-> Pour recevoir la Chronique de guantanamo, paraissant le 1er et le 15 de chaque mois, écrire au Collectif à l¹adresse indiquée.


Press release from the Collectif guantanamo France
Monday 10th January 2005
For publication and immediate circulation


The longest and biggest hostage taking of the 21st century enters its 4th year: guantanamo, a violation of right and sovereignty


On this Monday, January 10th, the detention by the USA of 545 citizens from 42 countries at the concentration camp of Guantanamo, located on the territory of the Republic of Cuba, enters its 4th year. 202 other detainees have so far been released or repatriated.

The expression Œconcentration camp¹ has not been invented by the Nazis or by the Soviet rulers, but by the Spanish Royal authorities on the same Cuban territory some 120 years ago, when they locked up farmers and guerilleros fighting against the colonial occupation. That Spanish word was translated into German by the German colonial authorities in South-West Africa, then by the British colonial authorities in South Africa. Guantanamo adds to this sinister tradition, to which the Empire of Good provided terrifying innovations, namely the use of torture called Œtorture lite¹.

Do we have the right to characterize the detention of Œenemy combatants¹ or Œunlawful combatants¹ as hostage taking? Yes, and this for several reasons:

1.    Some of the men deported to guantanamo have literally been kidnapped on Afghan territory by the Uzbek General Rachid Dostum¹s militia men, a proven war criminal, and rendered against payment to the US army. Others were kidnapped by Pakistani security forces on sovereign Pakistani territory and were also rendered to the US army with no respect for the country¹s ruling legal procedures on extradition.

2.    None of the clauses of the Geneva Conventions on the treatment of prisoners of war has been respected by the US army.

3.    The US Government refuses to comply with the judicial order of the highest
judicial authority in the country, the US Supreme Court, that in its sentence pronounced on June 28th, 2004, ruled that the detainees have the possibility to challenge their detention in front of ordinary tribunals in the United States. In order to hide this disregard of law, they created a body without any legal asset, the socalled ³status reveiw panels² , which ³reviewed² 539 detainees. Only two detainees has been ³judged² as able to be freed so far.

These last days, the US executive power crossed a new frontier by designating as Attorney General Alberto Gonzales, author of memorandums addressed to the White House and recommending the use of torture on Œterrorists¹ captured in Iraq and elsewhere. The serious acts of torture of prisoners at Abu Ghraib in Iraq, revealed by the scandalous photos are tightly linked to the concentration camp of Guantanamo. In fact, the military police charged for abuses at Abu Ghraib only obeyed orders given by the intelligence services in charge of interrogating detainees. That collaboration between guards and interrogators was first established at Guantanamo before being applied under the commandment of General Geoffrey Miller, in charge of US prisons in Iraq after having been in charge at Guantanamo.


According to testimony given by several released detainees ­ the British detainees who were freed and by the Australian David Hicks and the Briton Moazzam Begg, who are still in detention ­ the prisoners at Guantanamo are tortured, but the worst of torture is the total uncertainty about their fate. Everything seems to point to the fact that the US authorities have the intention to keep the hostages in captivity for life, for at least the 30 years to come.

This mass detention is a violation of law of all international agreements, not only of human rights and of humanitarian law, but also of relations between sovereign states. What is the possible recourse against this scandal, labeled as a Œlegal black hole¹ by experts? There is not much. The recourse to the International Court  of Justice or to the Interamerican Court of Human rights seems to be excluded for reasons of absence of competence, unless member countries of the United Nations ask their advice to the International Court  of Justice   in de Hague. The USA knowingly chose Guantanamo, as it is shielded form the universal judicial authorities.

Not being experts on international law, it nevertheless seems to us that the only recourse not yet considered by the defenders of the detainees is the Cuban justice. In fact, the treaty establishing the military naval base of Guantanamo in 1903 explicitly recognizes the ³eminent sovereignty² of the Republic of Cuba on the territory of the naval base. The judicial body of the Republic of Cuba should open an inquiry on illegal detention against the USA. Even if this has no immediate practical consequences, it would add some additional weight to the legal and political universal fight against the guantanamo scandal.

Based in France, the Collectif guantanamo would like to attract some attention to the fate of 7 French Guantanamo detainees: 4 have been freed last summer from guantanamo to be then jailed in France. The case held against them seems rather thin to us. Once again France has distinguished itself: it is in fact the only European country having accepted the conditions imposed by Washington to Œfree¹ its nationals, i.e. to imprison them in their own country. All the other countries have freed their nationals: Great Britain, Denmark, Sweden, Spain and even Russia. Morocco has also decided to prosecute on its territory 5 repatriated Guantanamo detainees, but their trial drags on from one adjournment to the next in Casablanca, where the justice seems to be torn between the consideration of the injunctions from Washington -  by means of the Royal Palace - and the determination of a lack of proof and serious evidence hinting at the guilt of the accused.

As for the 3 French prisoners still detained at Guantanamo, the least we can say is that the French Government does not seem to be in a hurry to obtain their repatriation, surely because it knows quite well there would be no reason to prosecute them, and once repatriated, it would thus be forced to purely and simply set them free, much to the dislike of Washington.

In conclusion, the Collectif Guantanamo can only launch an appeal to the public opinion, to the organized grassroots movements, to states concerned by law, to act so that the Guantanamo scandal should stop.

So we appeal to the sense of righteousness and to the conscience of the Cuban and French policy makers.

We remain at the disposal of everyone wishing to contribute to any initiative aimed at throwing light into this dark hole.

The Collectif guantanamo France, 10 janvier 2005

-> Collectif guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris. tél. 00 33 6 13 99 28 86
-> Email : collectif.guantanamo@gwadaoka.org
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Comunicato del Collettivo guantanamo Francia in occasione del 3° anniversario del campo di concentrazione

Lunedì 10 gennaio 2005

La più lunga e più grande presa di ostaggi del XXI° secolo entra nel suo quarto anno : guantanamo, un offesa al diritto ed alla sovranità


Questo 10 gennaio 2005, la detenzione da parte degli USA di 545 cittadini di una quarantina di paese nel campo di concentrazione di guantanamo, situato su sul territorio della repubblica di Cuba, entra nel suo quarto anno. Nel tempo, 202 altri prigionieri sono stati rimpatriati dal campo.

Questo termine ³di campo di concentrazione² non è stato inventato né dai nazisti né dai dirigenti sovietici, ma dalle autorità reali spagnole su questo stesso territorio di Cuba 120 anni fa, quando hanno rinchiuso contadini e guerriglieri in lotta contro l'occupazione coloniale. L'espressione spagnola è stata tradotta in tedesco dalle autorità coloniali tedesche nel Sud-ovest africano, quindi dalle autorità coloniali britanniche in Sudafrica. Guantanamo si iscrive in questa tradizione sinistra, alla quale l'Impero del Bene porta innovazioni terrificanti, in particolare l'impiego della tortura detta ³leggera² (³light²).

SI HA il diritto qualificare la detenzione ³dei combattenti nemici-alieni-illegali² a guantanamo di presa di ostaggi ? Sì, per molte ragioni:

1° - gli uomini deportati a guantanamo sono stati per una parte letteralmente rapiti sul territorio afgano da miliziani del generale ouzbeco Rachid Dostom, un criminale di guerra avverato, e rimessi contro pagamento all'esercito US; per un'altra parte, sono stati rapiti dai servizi di sicurezza pakistani sul territorio sovrano del Pakistan e rimessi all'esercito US senza alcuno rispetto per le procedure legali d'estradizione in vigore in questo paese.

2° - nessuna delle clausole delle Convenzioni di Ginevra sul trattamento dei prigionieri di guerra è stata rispettata dalle autorità US.

3° - le autorità US rifiutano di piegarsi all'ingiunzione della più alta istanza giudiziaria US, la Corte suprema, che, con una sentenza emessa il 28 giugno 2004, ha ordinato che i prigionieri abbiano la possibilità di rimettere in discussione la loro detenzione dinanzi ad una giurisdizione ordinaria US. Per mascherare questo dispetto del diritto, hanno creato un organo senza alcuna base legale, ³il tribunale d'esame dello statuto di combattente², che ha ³giudicato² la maggior parte dei prigionieri ed ha deciso il loro mantenimento in detenzione. Due soli prigionieri sono stato ³giudicato² liberabili.

Questi ultimi giorni, il potere esecutivo US ha varcato una nuova frontiera, designando come Attorney General - ministro federale di Giustizia - Alberto Gonzales, autore di memorandum indirizzati alla Casa bianca e che raccomandavano l'impiego della tortura sui ³terroristi² catturati in Iraq ed altrove. I fatti gravi di tortura sui prigionieri di Abu Ghraïb in Iraq, rivelati da fotografie ³scandalose², sono strettamente legati al campo di concentrazione di guantanamo. In effetti, i poliziotti militari accusati per Abu Ghraïb non hanno fatto che obbedire agli ordini dei servizi informazioni incaricati degli interrogatori dei prigionieri. Questa collaborazione tra custodi ed ³investigatori² è stata instaurata innanzitutto a guantanamo prima di essere applicata su ordine del generale Geoffrey Miller, diventato responsabile delle prigioni US in Iraq dopo essere stato responsabile del campo di guantanamo.

I prigionieri di guantanamo sono stati torturati, secondo prove di molti prigionieri - i prigionieri britannici oggi liberi e l¹Australiano David Hicks ed il Britannico Moazzam Begg, sempre prigionieri -, ma la tortura peggiore al loro incontro è l'incertezza totale quando alla loro sorte nella quale sono mantenuti. Tutto contribuisce a pensare che le autorità US abbiano l'intenzione di conservare questi ostaggi a vita, durante almeno i 30 prossimi anni.

Questa detenzione di massa è una violazione dell'insieme del diritto internazionale che regolamenta non soltanto i diritti umani ed il diritto umanitario, ma anche le relazioni tra stati sovrani. Quali sono i ricorsi possibili contro questo scandalo, qualificato dagli esperti di ³buco nero giuridico²? Ce ne sono pochi. Il ricorso alla Corte penale internazionale, alla Corte internazionale di giustizia o alla Corte interamericana dei diritti umani sembra quasi escluso per difetti di competenza, a meno che gli Stati membri delle Nazioni Unite chiedano un parere consultivo alla Corte internazionale di giustizia dell¹'Aia. È con cognizione di causa che gli USA hanno scelto il campo di guantanamo, sapendolo al riparo dalle istanze giudiziarie universali.

Non essendo specializzati del diritto internazionale, ci sembra tuttavia che il solo ricorso non ancora sfruttato dai difensori dei prigionieri è la giustizia cubana. In effetti, il trattato d'accordo che instaura la base militare navale di guantanamo nel 1903 riconosce espressamente la ³sovranità eminente² della repubblica di Cuba sul territorio della base. La giustizia della repubblica di Cuba dovrebbe dunque aprire un'indagine per ³sequestro illegale² contro gli USA. Anche se ciò non avrebbe alcuna conseguenza pratica immediata, ciò darebbe un peso supplementare alla lotta giudiziaria e politica universale contro lo scandalo di guantanamo.

Essendo basato in Francia, il Collettivo guantanamo vuole infine richiamare l'attenzione sulla sorte dei 7 prigionieri francesi di guantanamo: 4 di loro sono stati ³liberati² l'estate scorsa da guantanamo per essere immediatamente imprigionati in Francia. La cartella delle imputazioni contro di loro ci sembra per lo meno leggera. Ancora una volta, la Francia si è distinta: è in effetti il solo paese europeo che ha accettato le condizioni imposte da Washington per ³liberare² i suoi cittadini, cioè di imprigionarli nel loro paese. Tutti gli altri paesi hanno rimesso in libertà i loro cittadini: la Gran Bretagna, la Danimarca, la Svezia, la Spagna e persino la Russia. Il Marocco anche lui ha deciso di proseguire sul suo suolo 5 prigionieri rimpatriati da guantanamo, ma il loro processo si trascina di riporto in riporto a Casablanca, dove la giustizia sembra così divisa tra il rispetto delle ingiunzioni di Washington, tramite il palazzo reale, e la constatazione di una carenza di prove e di indici seri di una colpevolezza qualsiasi degli imputati.
Quanto ai tre prigionieri francesi ancora rinchiusi a guantanamo, il meno che si possa dire, è che il governo francese non sembra aver fretta di ottenere il loro rimpatrio, certamente con ciò che sa molto bene che non ci sarebbe luogo di proseguirli, una volta rimpatriati e che sarebbe dunque costretto a rimetterli puramente e semplicemente in libertà, cosa che dispiacerebbe a Washington.

Per concludere, il Collettivo guantanamo può soltanto lanciare un appello generale all'opinione, alle società civili organizzate, agli stati interessati del diritto, di prendere fatto e causa per il diritto agendo perché cessi lo scandalo di guantanamo.

Chiamiamo dunque, in particolare, al senso del diritto ed alla coscienza dei responsabili cubani e francesi.

Restiamo a disposizione di ogni gruppo o individuo disposto a contribuire a qualsiasi iniziativa tale da mettere luce in questo buco nero.

Il Collettivo guantanamo Francia, 10 gennaio 2005

Collettivo guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris. tel. 00 33 6 13 99 28 86
Courriel: collectif.guantanamo@gwadaoka.org

Siti web: http://quibla.net e http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm

Per ricevere la cronaca di guantanamo, pubblicata ogni 1° ed i 15° di ogni mese, scrivere al Collettivo all'indirizzo indicato.


Mitteilung des Kollektiv Guantanamo Frankreich
Montag, den 10. Januar 2005
Zur sofortigen Veröffentlichung und Verbreitung
Im Falle einer Veröffentlichung bitten wir Sie darum, uns über die email Adresse collectif.guantanamo@gwadaoka.org zu informieren. Wir bedanken uns im Voraus.

Die längste und grösste Geiselnahme des 21. Jahrhunderts geht in ihr 4. Jahr über : Guantanamo, ein Gesetzesbruch und eine Verletzung der Souveränität
An diesem 10. Januar 2005 beginnt das vierte Jahr der Gefangenschaft von 545 Bürgern aus etwa 40 Staaten, die im Konzentrationslager von Guantanamo, das sich auf dem Gebiet der Republik Kuba befindet, von den USA festgehalten werden. Im Laufe der Zeit durften 202 Gefangene das Lager verlassen und in ihre jeweilige Heimat zurückkehren.
Die Bezeichnung “Konzentrationslager³ ist nicht etwa eine Erfindung der Nazis oder der sowjetischen Anführer, sondern eine Erfindung der königlich-spanischen Befehlshaber auf eben diesem kubanischen Territorium, als sie vor etwa 120 Jahren Bauern und Guerillakämpfer einsperrten, die sich gegen die Kolonialherrschaft auflehnten. Der spanische Begriff wurde von den deutschen Kolonialmächten in Süd-West-Afrika ins deutsche übersetzt und dann von den britischen Kolonialmächten in Südafrika übernommen. Guantanamo ist eine weitere Etappe auf dieser finsteren Liste, doch das Reich des Guten  hat erschreckende Neuerungen eingeführt, zum Beispiel den Gebrauch der sogenannten leichten (“light³) Folter.
Haben wir das Recht, die Gefangenschaft von “illegalen feindlichen Kämpfern³ in Guantanamo als Geiselnahme zu bezeichnen? Ja, und das aus mehreren Gründen:
1.    Ein Teil der nach Guantanamo verschleppten Menschen wurden buchstäblich auf dem afghanischen Territorium gekidnappt von den Milizen des uzbekischen Generals Rachid Dostom, bewiesenermassen ein Kriegsverbrecher, und gegen Bezahlung der amerikanischen Armee ausgehändigt; ein anderer Teil wurde von den pakistanischen Sicherheitsbehörden auf dem souveränen Staatsgebiet Pakistans gekidnappt und der amerikanischen Armee übergeben, ohne Beachtung der juristischen Auslieferungsbestimmungen, die in diesem Land gelten.
2.    Keine der Klauseln der Genfer Konvention über die Behandlung von Kriegsgefangenen wurde von den amerikanischen Behörden respektiert.
3.    Die amerikanische Obrigkeit weigert sich, den Befehlen der höchsten gerichtlichen Instanz der USA, dem Obersten Gerichtshof, Folge zu leisten, die in einem Urteil vom 28. Juni 2004 bestimmt hat, dass die Gefangenen gegen ihre Haft vor einem gewöhnlichen amerikanischen Gericht Einspruch einlegen könnten. Um diese Missachtung des Rechts zu vertuschen, haben sie ein Organ geschaffen, ohne jegliche rechtliche Wirksamkeit, das “Tribunal zur Überprüfung des Kämpferstatus³, das die meisten Gefangenen “verurteilt³ hat und darüber entschied, sie müssten weiterhin in Gefangenschaft verweilen. Nur zwei Gefangenen wurden als freizulassen “beurteilt³.
In den letzten Tagen hat die amerikanische Exekutive mit ihrer Nominierung von Alberto Gonzales zum Attorney General ( Bundesjustizminister) eine weitere Grenze überschritten. Dieser ist der Verfasser mehrerer Memoranden an das Weisse Haus, in denen er den Gebrauch der Folter an gefangenen “Terroristen³ in Afghansitan, auf Guantanamo und im Irak und anderswo empfiehlt. Die schwerwiegenden Folterungen an den Gefangenen von Abu Ghraïb im Irak, die anhand von skandalösen Fotos ans Tageslicht kamen, sind eng mit dem Konzentrationslager von Guantanamo verbunden. Tatsächlich haben die für die Vorfälle in Abou Ghraïb verurteilten Militärpolizisten nur den Befehlen der Geheimdienstmitarbeiter gehorcht, die mit den Befragungen der Gefangenen betraut waren. Diese Zusammenarbeit zwischen Aufsichts-und Befragungspersonal wurde zuallererst in Guantanamo eingeführt, bevor sie auf Befehl von General Geoffrey Miller, ehemaliger Verantwortlicher des Lagers in Guantanamo und neuer Verantwortlicher der amerikanischen Gefängnisse im Irak, auch in seinem neuen Wirkungsbereicht angewendet wurde.
Die Gefangenen von Guantanmo wurden gefoltert, nach Aussagen mehrerer Gefangener ­ sowohl die der heute befreiten britischen Gefangenen als auch die der immer noch gefangenen, des Australiers David Hicks und des Briten Moazzam Begg ­ doch die schlimmste Folter, die man ihnen antun kann ist die völlige Unsicherheit über ihr Schicksal, in der sie gehalten werden. Alles lässt darauf schliessen, dass die amerikanischen Behörden wohl die Absicht haben, diese Geisel auf Lebenszeit festzuhalten, zumindest aber für die nächsten dreissig Jahre.
Diese Massengefangenenhaltung ist eine Verletzung des gesamten internationalen Rechts, das nicht nur die Menschenrechte und die humanitären Rechte regelt, sondern auch die Beziehungen zwischen souveränen Staaten. Welche Massnahmen kann man gegen diesen Skandal ergreifen, der von den Experten als “juristisches schwarzes Loch³ bezeichnet wird? Es gibt nur wenige Möglichkeiten. An den Internationalen Strafgerichtshof, den Internationalen Gerichtshof oder an den Interamerikanischen Gerichtshof für Menschenrechte zu appellieren scheint wegen mangelnder Zuständigkeit ausgeschlossen, ausser die Mitgliedsstaaten der Vereinten Nationen verlangen eine Einschätzung vom Internationalen Gerichtshof in Den Haag. Das Lager von Guantanamo war also von den USA wissentlich gewählt, da sie dieser Standort vor den universellen gerichtlichen Instanzen schützt.
Wir sind zwar keine Experten des internationalen Rechts, doch es scheint uns, als wäre die einzig mögliche Verteidigung der Gefangenen, auf die bisher noch nicht zurückgegriffen wurde, die kubanische Justiz.
In der Tat erkennt die Vereinbarung bei der Schaffung des Marinestützpunkts Guantanamo von 1903 ausdrücklich “die eminente Souveränität³ der Republik Kuba auf dem Gebiet der Basis an. Die Generalstaatsanwaltschaft der Republik Kuba müsste also ein Verfahren gegen die USA wegen “illegaler Freiheitsberaubung³ eröffnen. Auch wenn dies keine sofortigen praktischen Konsequenzen hätte, würde dies doch bei einem universellen gerichtlichen und politischen Kampf gegen den Guantanamoskandal ins Gewicht fallen.
Da das Kollektiv Guantanamo in Frankreich tätig ist, möchten wir schliesslich auf das Schicksal der sieben französischen Inhaftierten von Guantanamo aufmerksam machen: vier von ihnen wurden letzten Sommer in Guantanamo “freigelassen³, nur um sofort in Frankreich inhaftiert zu werden. Die Anklagen, die gegen sie erhoben werden, erscheinen uns recht dünn. Wieder einmal nimmt Frankreich eine besondere Stellung ein: Frankreich ist in der Tat das einzige europäische Land, das die von Washington auferlegten Bedingungen zur “Befreiung³ seiner Staatsbürger akzeptiert hat, nämlich sie in ihrem eigenen Land einzusperren. Alle anderen Länder haben ihre Staatsbürger in die Freiheit entlassen: Grossbritannien, Dänemark, Schweden, Spanien und sogar Russland. Marokko hat sich ebenfalls dazu entschieden, seine heimgekehrten Gefangenen aus Guantanamo gerichtlich zu verfolgen, doch die Prozesse werden in Casablanca immer wieder verschoben und die Justiz scheint hin und hergerissen zwischen dem königlichen Hof einerseits, der die von Washington auferlegten Bedingungen beachten möchte, und zwischen mangelnden Beweisen und Indizien einer wie auch immer gearteten Schuld der Angeklagten andererseits.
Was die drei restlichen französischen Gefangenen von Guantanamo betrifft, kann man nur sagen, dass die französische Regierung es scheinbar nicht eilig hat, ihre Rückkehr voranzutreiben, wahrscheinlich weil sie ganz genau weiss, dass es keinen Grund gäbe, sie nach ihrer Rückkehr gerichtlich zu verfolgen und dass sie sie ganz einfach freilassen müsste, was wiederum Washington missfallen würde.
Das Kollektiv Guantanamo kann nur einen allgemeinen Appel aussenden an die öffentliche Meinung, an die organisierten zivilen Gesellschaften, an die Staaten, die um Recht und Ordnung besorgt sind, sich dafür einzusetzen, das der Skandal Guantanamo endlich ein Ende findet.
Wir appellieren also an den Gerechtigkeitssinn und an das Gewissen der kubanischen und französischen Verantwortlichen.

Kollektiv Guantanamo Frankreich, 10. Januar 2005
Kollektiv Guantanamo, 5 rue de Douai, F-75009 Paris
Tel.: 00 33 6 13 99 28 86
Email : collectif.guantanamo@gwadaoka.org
Webseiten :
http://quibla.net und http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm
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Fausto Giudice
président du Collectif guantanamo France
11 janvier 2005

Ce qu¹ils entendent par ³torture light²

À propos du troisième anniversaire du camp de Guantanamo

« La possibilité, pour le pouvoir exécutif, de jeter un homme en prison sans formuler aucune charge reconnue par la loi contre lui, et notamment de lui refuser le jugement par ses pairs, est odieuse au plus haut degré et elle est le fondement de tout gouvernement totalitaire, qu¹il soit nazi ou communiste. » Winston Churchill


« Aucune circonstance exceptionnelle que ce soit, ni un état ou une menace de guerre, ni une instabilité politique interne ni aucune autre urgence publique, ne peut être invoquée pour justifier la torture. » Convention des Nations unies contre la torture, Article 2, Section 2

À guantanamo, on n¹utilise pas la gégène pour infliger des secousses électriques aux détenus, comme on le fait un peu partout dans le monde, comme on le faisait (et le fait encore) en Algérie, on ne pratique pas la ³falaka² comme en Grèce, en Turquie, en Tunisie et ailleurs, on ne fait pas s¹asseoir les détenus sur des bouteilles brisées. Non, rien de tout cela. À guantanamo, on pratique la ³torture light² et les médias anglo-US utilisent généralement à ce sujet l¹expression ³allégations d¹abus². Mais le but des tortures infligées aux détenus de guantanamo - comme celles infligées aux détenus d¹Abou Ghraïb, est le même : briser les hommes emprisonnés, casser définitivement leur résistance et leur volonté de vivre.

La torture est une arme de guerre contre les combattants qui n¹entrent pas dans la logique bureaucratique et civilisatrice de la machine de guerre impériale. Contre les combattants et tous ceux qui sont suspects de l¹être. Oh bien sûr, cela n¹est jamais affirmé. Officiellement, il s¹agit d¹extraire des ³informations vitales² visant à empêcher que de nouveaux actes terroristes soient commis. Cet argument est uniquement pour la galerie, car même un enfant peut comprendre qu¹un homme détenu au secret depuis 3 ans ne pourra plus jamais fournir des informations exploitables. Mais il pourra être forcé à inventer des projets et complots, à ³avouer² des crimes imaginaires. Et ainsi la torture s¹en trouvera justifiée.

Les formes de torture recensées à guantanamo, comme celles révélées à Abou Ghraïb, visent à ³attendrir² ou ³préparer² les ³clients² avant leurs interrogatoires. Les US ont donc innové dans le domaine de la culture carcérale, en instaurant une collaboration étroite et une complémentarité entre le personnel chargé du gardiennage (policiers militaires, souvent anciens gardiens de prison dans le civil et membres de la Garde nationale) et le personnel chargé des interrogatoires (CIA, FBI, services de renseignement militaires US et de certains pays d¹origine des détenus, et enfin personnel civil appartenant à des entreprises privées ayant conclu des contrats de sous-traitance avec le Pentagone).

Une des bibles utilisées par les tortionnaires a été un livre d¹un obscur professeur yankee sur la psychologie musulmane, où ils ont puisé des idées sur la meilleure manière d¹humilier et de tenter de briser des résistants -ou supposés tels - musulmans. Ce qui a conduit à certaines innovations, parfois inspirées des méthodes pratiquées par les Israéliens. Ainsi, des témoignages de prisonnières palestiniennes font état de viols, dûment filmés et photographiés. Lorsque les victimes sont remises en liberté, les tortionnaires leur disent simplement : « Si tu parles, on envoie les vidéos ou les photos à ta famille. » À guantanamo, on n¹a pas été jusque-là. mais on pratiqué des ³traitements² tout aussi pervers.

Deux exemples :

-> un détenu est déshabillé, enveloppé dans un grand drapeau israélien, enchaîné au sol et soumis pendant des heures à des lumières stroboscopiques (comme dans les discothèques) et à une musique assourdissante. Objectif : la déprivation sensorielle. La victime, déjà isolée depuis des années, coupée du monde et même de ses codétenus, perd ses repères. Quand elle craque, elle est prête à signer n¹importe quoi.

-> les gardiens ont fait défiler des prostituées quasiment nues devant les détenus enfermés dans des cages. Comble de la provocation, une des prostituées a jeté au visage d¹un détenu - sélectionné - une serviette hygiénique imprégnée de sang menstruel. Une humiliation inqualifiable, et pas seulement pour un musulman pieux, mais pour n¹importe quel homme.

Et puis, il y a le grand classique : la privation de sommeil et la rupture forcée des cycles normaux de veille et de sommeil. Cette forme de torture apparemment anodine pour qui ne l¹a pas vécue a des effets dévastateurs sur la santé psychique et physique des victimes. Des anciens détenus privés de sommeil en souffrent encore, dix ou vingt ans plus tard.

Les enquêtes diligentées par le Pentagone pourront éventuellement conduire à l¹inculpation de quelques exécutants, comme cŒest le cas pour Abou Ghraïb, mais elles ne voudront jamais reconnaître que ces exécutants n¹agissent jamais de leur initiative mais sur ordre. Évidemment, les donneurs d¹ordre se gardent bien de laisser traîner des traces écrites de ces ordres, qui sont généralement verbaux. C¹est pourquoi les mémorandums adressés à la Maison blanche par Alberto Gonzales, conseiller juridique de Bush devenu ministre le Justice, sont si importants : ils prouvent noir sur blanc que les ordres venaient de très haut, du sommet même de la hiérarchie, le Président en personne, ou que, du moins, celui-ci était parfaitement au courant de ce qui se passait à guantanamo, à Abou Ghraïb, Bagram, Diego Garcia et ailleurs.

Ainsi Gonzales écrivait dès le 25 janvier 2002, soit 15 jours après l¹inauguration du camp de guantanamo : «  [La lutte contre le terrorisme] rend obsolètes les strictes limitations apportées par les Convention des Genève aux interrogatoires de prisonniers ennemis, et rend désuètes certaines de leurs dispositions. » Douze jours plus tard, Bush signe un ordre par lequel il s¹arroge le droit de suspendre l¹application des Conventions de Genève dans le présent conflit (en Afghanistan et donc, à guantanamo) et dans les conflits à venir (l¹Iraq).

Un Président couvrant des crimes contre l¹humanité perd toute légitimité. Mais il ne risque pas grand-chose. Dans l¹Amérique pseudo-puritaine et soi-disant politiquement correcte, une fellation administrée au Président dans le bureau ovale par une stagiaire ambitieuse est autrement plus grave et condamnable qu¹un peu de ³torture light² administrée à d¹obscurs barbares barbus. Loin des yeux, loin du c¦ur...

On peut lire le communiqué du Collectif guantanamo  du 10 janvier 2005 à l¹occasion du troisième anniversaire du camp de guantanamo sur le site http://quibla.net

Pour recevoir le 1er et le 15 de chaque mois la Chronique de guantanamo, écrire à collectif.guantanamo@gwadaoka.org
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3° -

 

AVEZ-VOUS ENTENDU PARLER DE GUANTANAMO ?
BIEN SÛR, DIREZ-VOUS.
MAIS QU¹EN SAVEZ-VOUS EXACTEMENT ?
Présentation de la Chronique de guantanamo,
publiée par le Collectif guantanamo France

« Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé »
Article 9 de la Déclaration universelle des Droits de l¹Homme.

La CHRONIQUE DE GUANTANAMO est une ³newsletter² électronique publiée par le Collectif guantanamo, lancée en février 2003. Depuis avril 2004, elle paraît 2 fois par mois, le 1er et le 15 du mois. Elle entre aujourd¹hui dans sa troisième année. En 23 mois, nous avons constitué la plus importante base de données en langue française sur guantanamo, soit l¹équivalent d¹une dizaine de livres de 220 pages, accessible à tous ceux qui savent lire sur 2 sites web. Nous entendons continuer, élargir et approfondir ce travail. Mais cela ne sera pas possible sans vous.

Le 10 janvier 2005, cela fera 3 ans que 545 hommes de 40 pays sont détenus illégalement par les USA. 202 autres ont été libérés, dont une partie ont été emprisonnés dans leur pays. Exiger qu¹ils soient libérés ou jugés équitablement nous semble naturel. Ce n¹est pas l¹avis de la Maison blanche et du Pentagone, qui ignorent depuis 6 mois un verdict de la Cour suprême US ordonnant que ces prisonniers aient la possibilité de remettre en cause leur détention devant une juridiction ordinaire.

Le Collectif guantanamo a été créé en France en février 2003. Cette association a pour but d¹organiser une campagne mondiale d¹information et de solidarité pour défendre les droits de toutes les personnes détenues par les USA comme ³combattants ennemis illégaux² à Guantanamo, Bagram et ailleurs.

Son appel fondateur, ³guantanamo : premier camp de concentration off shore de l¹Empire !², peut être lu en 9 langues [ allemand, anglais, arabe, créole, danois, espagnol, français, russe, suédois ] en allant à : http://www.gwadaoka.org/guantanamo_appel_fr.htm

Son outil principal est le travail d¹information. Le Collectif publie des informations sur la ³galaxie guantanamo² à un rythme quasi-quotidien sur deux sites internet. Ces informations sont reprises et diffusées tous les 15 jours dans une lettre électronique appelée CHRONIQUE DE GUANTANAMO. Si vous voulez lire, puis vous abonner à cette CHRONIQUE , il suffit de nous envoyer un mailà collectif.guantanamo@gwadaoka.org

Cette Chronique contient donc toutes les informations publiées au jour le jour sur les sites  http://quibla.net et http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm


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Nos v¦ux pour 2005 sont simples, clairs et nets : le Pentagone et la Maison blanche doivent libérer les 545 otages détenus illégalement sur la base yankee de guantanamo depuis le 10 janvier 2002. Ou au moins, ils doivent respecter la sentence émise en juin 2004 par la Cour suprême US, stipulant que les détenus ont le droit de remettre en cause leur détention devant une juridiction ordinaire. Le martyre des hommes enfermés dans le premier camp de concentration off shore de l¹Empire, entrera le 10 janvier dans sa quatrième année. C'est une insulte à l¹humanité. Pensez à eux !

Merci de votre attention
pour le Collectif guantanamo,
le président
Fausto Giudice
1er janvier 2005 /20 Dhul Qa¹dah 1425

PS : NOTRE TRAVAIL ÉTANT TOTALEMENT BÉNÉVOLE, TOUTE CONTRIBUTION FINANCIÈRE VOLONTAIRE EST LA BIENVENUE. EN NOUS SIGNALANT VOTRE ABONNEMENT, INDIQUEZ-NOUS ÉVENTUELLEMENT SI VOUS SOUHAITER VERSER UNE CONTRIBUTION. NOUS VOUS INDIQUERONS ALORS COMMENT PROCÉDER. MERCI D¹AVANCE.
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3ème année - N° 1 - 1er janvier 2005
Publication bimensuelle du Collectif guantanamo, 5 rue de Douai, 75009 Paris
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Cette Chronique contient toutes les informations publiées au jour le jour sur les sites http://quibla.net et  http://www.gwadaoka.org/guantanamo.htm

Nos v¦ux pour 2005 sont simples, clairs et nets : le Pentagone et la Maison blanche doivent libérer les 545 otages détenus illégalement sur la base yankee de guantanamo depuis le 10 janvier 2002. Ou au moins, ils doivent respecter la sentence émise en juin 2004 par la Cour suprême US, stipulant que les détenus ont le droit de remettre en cause leur détention devant une juridiction ordinaire. Le martyre des hommes enfermés dans le premier camp de concentration off shore de l¹Empire, entrera le 10 janvier  dans sa quatrième année. C'est une insulte à l¹humanité. Pensez à eux !

LES INFORMATIONS SONT CLASSÉES EN ORDRE CHRONOLOGIQUE DÉCROISSANT

28/12/04 - À Rabat, le procès d¹Abdallah Tabarak renvoyé au 3 janvier
Abdallah Tabarak, un Marocain de 49 ans, soupçonné d'avoir été un garde du corps d'Oussama Ben Laden, a comparu libre lundi devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Rabat.
Tabarak fait partie d'un groupe de cinq Marocains transférés en août dernier de guantanamo vers le Maroc. Interpellés fin 2001 en Afghanistan, les cinq hommes, tous barbus et affichant leurs convictions religieuses, comparaissent notamment pour "appartenance à une bande criminelle en relation avec une entreprise terroriste" et "atteinte à la sûreté de l'État". Ils encourent théoriquement la peine de mort, qui n'est plus exécutée au Maroc depuis 1993.
A l'issue d'une audience d'une heure, placée sous haute surveillance policière, le procès a été renvoyé au 3 janvier.
Souriant, vêtu d'une djellaba bleue et coiffé d'un kemis (calotte traditionnelle marocaine portés par les plus religieux), Tabarak a caressé sa barbe en écoutant ses avocats plaider la remise en liberté de deux de ses complices présumés, lors d'une audience de procédure.
Présenté par les enquêteurs US et marocains comme "un proche de Ben Laden", Tabarak aurait couvert la fuite du chef d'Al Qaïda. Selon le journal US Washington Post, Tabarak aurait leurré les forces US en utilisant le téléphone satellite de Ben Laden, parti lui dans une direction opposée.
Le suspect avait été remis en liberté provisoire à la surprise générale lors d'une première audience, le 20 décembre. Depuis, "il vit chez sa mère dans le quartier de Sebatat à Casablanca", a expliqué son avocat, Me Abdelfettah Zarach.
"La cour a eu raison de remettre mon client en liberté", a-t-il ajouté: "il n'a aucun lien avec Ben Laden et il n'a jamais été son garde du corps". Anglophone et francophone, Tabarak, ancien receveur des transports publics de Casablanca, a voyagé en Arabie saoudite, au Soudan, au Pakistan, pour finalement s'établir en Afghanistan où il affirme avoir donné des cours de théologie islamique.
De petite carrure, en apparence difficilement compatible avec un travail de protection rapprochée, Abdallah Tabarak est père de huit enfants "qui vivent toujours avec leur mère en Afghanistan" a affirmé Me Zarach.
"Les liens personnels de Tabarak avec Ben Laden sont clairement établis, il les a lui-même reconnus lors de sa détention à guantanamo", a en revanche déclaré à l'AP une source proche de l'enquête.
Les quatre autres prévenus sont Mohamed Ouzar, Redouane Chekkouri (tous deux également remis en liberté), Brahim Benchekroun et Mohamed Mazzouz, détenus. Ils sont également soupçonnés de liens directs avec certains membres du Groupe islamique des combattants marocains (GICM) à qui la justice espagnole impute l'organisation des attentats du 11 mars dernier à Madrid.
Source : AP, 27 décembre 2004
 

28/12/04 - 2 nouveaux Marocains accusés en Espagne
Le juge d'instruction espagnol Fernando Andreu a accusé deux Marocains, Majid Bakkali et Mohamed Douha, d'appartenance à une organisation terroriste et de projet d'achat d'explosifs destinés à la préparation d'un attentat en Espagne ou au Maroc, a-t-on appris lundi de source judiciaire.
Les deux hommes ont été arrêtés dans le nord-est de l'Espagne mercredi. Ils n'ont pas été officiellement inculpés mais leur mise en accusation suggère que la justice dispose d'éléments solides contre eux. Un troisième Marocain détenu avec eux a été remis en liberté.
Selon le ministère de l'Intérieur, la police surveillait le groupe depuis septembre, lorsqu'il était entré en contact avec un intermédiaire présumé dans un pays d'Europe centrale pour acheter des explosifs.
Majid Bakkali et Mohamed Douha ont reconnu avoir rencontré un Tchèque pour affaires mais nient appartenir à une organisation terroriste ou avoir préparé des attentats, d'après la même source.
Des dizaines d'islamistes radicaux présumés ont été arrêtés en Espagne depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux USA et ceux du 11 mars dernier à Madrid, qui ont fait 191 morts et plus de 1.800 blessés.
Source : AP, 27 décembre 2004

25/12/04 - Ottawa fait le black-out sur l¹affaire Maher Arar
Le gouvernement fédéral canadien a été sévèrement critiqué par le juge Dennis O¹Connor, qui dirige l¹enquête publique sur l¹affaire Maher Arar, pour avoir publié un résumé presque entièrement noirci (censuré) des témoignages de neuf membres des services de renseignement canadiens devant la commission d¹enquête. Dans le communiqué ci-dessous, la Ligue des droits et libertés demande la divulgation des faits
La Ligue des droits et libertés dénonce le fait qu¹un premier résumé, rédigé par la Commission, qui devait permettre au public de mieux comprendre les enjeux débattus lors des audiences à huis-clos, a été grossièrement expurgé par les avocats du gouvernement fédéral. Ce matin, la Commission devait rendre public un résumé de 10 pages de la preuve présentée à huis-clos. La Ligue des droits et libertés presse le gouvernement fédéral de rendre publique les éléments de preuve reliés à l¹affaire Arar afin que le public sache véritablement ce qui est advenu à ce citoyen canadien qui a été déporté vers la Syrie pour y être interrogé et torturé. Le gouvernement fédéral doit cesser son obstruction systématique, via ses avocats, au bon déroulement de l¹enquête publique de la Commission d¹enquête sur les actions des responsables canadiens relativement à Maher Arar.
La Commission tient des audiences à huis-clos depuis juillet dernier suite aux objections répétées des avocats du gouvernement prétextant la protection de la sécurité nationale. En réalité, le comportement du Procureur général du Canada consiste en une stratégie d¹obstruction au déroulement normal d¹une commission d¹enquête publique. Les services secrets ont un intérêt évident à cacher leur responsabilité dans cette affaire.
La Ligue des droits et libertés est consternée de constater que le gouvernement n¹accepte pas que les réponses complètes données par le SCRS [Service canadien du renseignement de sécurité] et la GRC [gendarmerie royale du Canada] soient incluses dans le résumé expurgé. Nous trouvons inacceptable que le gouvernement retienne la divulgation d¹informations qui pourraient être favorables à Maher Arar.
Pourtant, de l¹avis du Juge O¹Connor, ce résumé minimaliste des faits ne porte pas préjudice à la sécurité nationale. En agissant ainsi, non seulement le gouvernement renie-t-il sa décision de tenir une commission d¹enquête publique mais de plus, il sape la crédibilité de la Commission.
La Ligue des droits et libertés enjoint le gouvernement fédéral, particulièrement madame Anne McLellan (Sécurité publique) et monsieur Geoff Regan (Procureur général désigné), à accorder une coopération complète et immédiate à l¹enquête. De même, monsieur Paul Martin [Premier ministre] devra assumer la responsabilité ultime de cette tentative de camouflage. Ce gouvernement, qui a ordonné la tenue d¹une enquête publique, se doit maintenant d¹en garantir la transparence.
Pour tout renseignement : Denis Barrette, avocat conseil pour la Ligue des droits et libertés et la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles
Téléphone : (514) 258-3945, courriel : dbarrette@vif.com
Source : Ligue des droits et libertés, Montréal, 20 décembre 2004

25/12/04 -  « Oh mon Protecteur, nos ventres son pleins d'enfants, fruits de  viols commis sur nos personnes » : lettre de Fatima, prisonnière à Abou Ghraïb
Fatima est la s¦ur d¹un commandant de la résistance islamique iraquienne. Elle a été arrêtée par les occupants qui ne parvenaient pas à trouver son frère. Elle est enfermée dans la prison d¹Abou Ghraïb, d¹où elle a pu faire sortir cette lettre.
« Au nom d'Allah Clément et très Miséricordieux, " Dis : Il est  Allah, Unique. Allah, Le Seul à être imploré pour ce que nous  désirons. Il n'a jamais engendré, n'a pas été engendré  non plus. Et nul n'est égal à Lui » (Sourate La loyauté, 112).
J'ai choisi cette sourate du Noble Livre de notre Seigneur,
parce que c'est elle qui me bouleverse le plus et vous
touchera le plus, c'est cette sourate qui a la plus
grande valeur dans le c¦ur des croyants.
Mes frères Moujahidine dans le sentier d'Allah, que
voulez vous que je vous dise? Je vais vous dire que nos
ventres sont pleins des enfants, issus de ceux qui
nous ont violés. Ces descendants de porcs et de singes!
Ou bien voulez vous que je vous dise comment ils ont
mutilé nos corps, comment ils ont craché sur nos visages,
comment ils  ont détruit le Noble Livre Saint qui est dans tous nos
c¦urs! Allahou Akbar, Allah SOUBHANAHOU WA TAALA est
le plus  Grand! Est-ce que vous savez réellement ce qui se passe
ici  ? Est-il vrai que vous ne savez pas ce qui se passe ici ?
Nous sommes  vos s¦urs, Allah vous jugera demain. Je jure par Allah
qu'il n'y a pas une nuit qui n'est passée dans cette prison
sans que les  descendants des porcs et des singes ne s'acharnent
sur nous avec des pulsions sataniques, ils s'acharnaient
sur nous, celles  d'entre nous portant virginité et pudeur par crainte d'Allah,
alors nous vous disons de craindre Allah...Tuez-nous avec eux. Détruisez-nous avec eux. Laissez les tanks et les avions dehors et dirigez-vous vers nous dans la prison de Abou Ghraïb.
Moi, je suis votre s¦ur en Allah, Fatima, ils m'ont violé plus de 9 fois en un seul jour. Est ce que vous vous rendez compte de  cela? Imaginez l'une de vos s¦urs en train de se faire  violer!!! Pourquoi vous ne voulez pas l'imaginer cela pour nos cas, nous
sommes vos s¦urs en ALLAH ? Avec moi il y a 13 jeunes femmes célibataires ici, qui sont toutes entrain d'être violées devant  tout le monde.
Ils nous ont même interdit la prière, ils nous ont mises nues, ils nous ont interdit de mettre des vêtements. A l'heure ou je vous écris cette lettre, une jeune femme vient de se suicider,  après qu'elle a été encore une fais violée et traitée de la façon la plus barbare. Un soldat US l'a  frappée au niveau au thorax et aux jambes  après l'avoir violée, il l'a torturée comme vous ne pouvez pas l'imaginer. Elle a commencé à frapper sa tête contre le mur jusqu'à en mourir. Nous savons que c'est interdit en Islam de se suicider, mais moi je peux lui trouver des excuses, et je demande à Allah swt de lui pardonner cela, car il est le plus Clément.
Mes frères, je vous dis encore une fois, ayez crainte d'Allah, tuez-nous avec eux, peut-être trouverons-nous le repos.« Ah Mon Protecteur, Oh Mon Protecteur, Oh Mon Protecteur ! »

23/12/04 - De nouveaux cas de mauvais traitements infligés à des prisonniers iraquiens
Des documents internes de l'armée américaine dévoilent de nouveaux cas de mauvais traitements infligés par des soldats à des prisonniers irakiens. Ils font notamment état de la mort d'un détenu dans des circonstances suspectes et de vols d'argent lors de fouilles de maisons.
Ces rapports d'enquête, longs de plusieurs centaines de pages, ont été obtenus par l'Union américaine des droits civils (ACLU) en vertu de la loi américaine sur la liberté de l'information.
L'un d'entre eux affirme qu'un soldat américain a abattu en septembre 2003 un prisonnier irakien à Tikrit (nord de l'Irak) qui, selon lui, tentait de s'enfuir. L'enquête a montré que le militaire n'avait pas procédé aux sommations d'usage. Il a été dégradé mais pas inquiété pénalement.
Dans un autre cas, un soldat a menacé de tuer un détenu lors d'un interrogatoire s'il ne coopérait pas. Selon les enquêteurs militaire, ce genre de pratiques peuvent être considérées comme une violation des conventions de Genève, mais l'ACLU n'a découvert aucune trace de poursuites à l'encontre du soldat concerné.
Enfin, des enquêteurs militaires affirment qu'un soldat s'est tiré délibérément une balle dans le pied gauche en mai 2003 après avoir fouillé les maisons d'insurgés irakiens. Selon eux, le soldat en question avait volé 180.000 dinars irakiens et s'était volontairement tiré dans le pied lorsqu'il a appris qu'une procédure disciplinaire serait engagée contre lui. L'argent a ensuite été découvert dans son gilet pare-balles et rendu aux Irakiens.
Ces nouvelles révélations font suite à d'autres informations, dévoilées la semaine dernière, selon lesquelles des agents du FBI ont infligé des sévices à des prisonniers de Guantanamo (Cuba).
Le président américain George W. Bush exige que des enquêtes approfondies soient menées pour faire la lumière sur ces affaires, a affirmé mardi un porte-parole de la Maison Blanche. "Des gens doivent être tenus responsables et traînés en justice s'ils sont impliqués dans des méfaits et des mesures de punition et de prévention doivent être mises en place pour empêcher que cela ne se reproduise", a déclaré Scott McClellan.
Source : AP, 22 décembre 2004
 
23/12/04 - Le scandale des abus sur des prisonniers rebondit à guantanamo
Après la prison d'Abou Ghraïb en Irak, les conditions de détention des prisonniers étrangers par l'armée américaine sont à nouveau dénoncées avec la révélation d'abus sur la base militaire de Guantanamo (Cuba).
Un détenu laissé sur le sol, en position f¦tale, pendant plus de 24 heures sans manger ni boire est l'un des exemples décrits par les nouveaux documents divulgués lundi par la plus grande organisation de défense des libertés individuelles aux États-Unis, l'ACLU.
Ces témoignages proviennent de messages électroniques envoyés par des agents du FBI, la police fédérale, à leur hiérarchie dans lesquels ils témoignent de ce qu'ils ont vu et constaté à Guantanamo.
"Le président (George W. Bush) souhaite que toutes les accusations de tortures soient prises au sérieux, qu'une enquête complète soit menée et que des mesures soient prises pour s'assurer que tels abus ne se reproduisent pas", a dit le porte-parole de la Maison Blanche Scott McClellan au cours de son point de presse quotidien.
Il a indiqué que si des personnes s'étaient mal comportées, elles devaient être traduites en justice.
L'ACLU a obtenu auprès d'un tribunal fédéral la divulgation de ces courriels, écrits en 2003 et 2004, en vertu de la loi sur la liberté de l'information.
Dans l'un des e-mails, adressé en août au directeur du FBI, Robert Mueller, un agent de la police raconte avoir vu un détenu "laissé dans une pièce non ventilée, à une température probablement bien supérieure à 35 degrés". Il était "quasiment inconscient sur le sol, un tas de cheveux à côté. Il s'était apparemment arraché sa propre chevelure durant la nuit", témoigne l'agent, dont l'identité a été gommée.
En plus des abus et actes humiliants, les messages mettent en cause l'attitude des enquêteurs militaires. Selon l'un d'entre eux, des enquêteurs du département de la Défense (DoD) se sont fait passer auprès de détenus pour des agents du FBI, jugés mieux disposés. Ainsi, "si le détenu est relâché ou si son cas est révélé, les enquêteurs de la Défense ne seront pas tenus responsables car ces techniques auront été mises en ¦uvre par des agents du FBI", témoigne-t-il.
"Les méthodes adoptées par le Pentagone sont illégales, amorales et contre-productives", a réagi Jameel Jaffer, un avocat de l'ACLU, en jugeant "incroyable" que de telles méthodes aient pu être approuvées aux plus hauts niveaux de l'État.
Ces révélations interviennent dans un contexte délicat pour le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, critiqué ces dernières semaines par des parlementaires et dont une majorité d'Américains souhaitent désormais le départ, selon deux sondages publiés lundi.
Les conditions de détention des quelque 550 prisonniers de Guantanamo, qui sont soupçonnés de liens présumés avec Al Qaïda ou les talibans d'Afghanistan, restent entourées du plus grand secret.
Elles sont cependant régulièrement critiquées par les associations de défense de droits de l'Homme. Fin novembre, le New York Times avait ainsi dévoilé un rapport confidentiel du Comité international de la Croix Rouge (CICR) dénonçant un "système intentionnellement cruel et de traitements dégradants", notamment par l'utilisation "d'actes humiliants" à l'encontre de détenus ou leur mise "en isolement".
Le Pentagone a démenti toute maltraitance ou torture à Guantanamo et précisé que chaque cas soulevé faisait l'objet d'une enquête.
Il a également attribué la responsabilité des abus commis dans les prisons militaires, notamment celle d'Abou Ghraïb en Irak, à un petit nombre de soldats américains n'ayant pas respecté les directives.
L'ACLU, qui indique avoir déjà reçu plus de 9.000 documents de différentes administrations américaines, cherche désormais à en obtenir de l'Agence Centrale du Renseignement (CIA), qui aurait disposé d'un centre de détention, jusqu'à présent inconnu, à Guantanamo, selon le Washington Post.
Source : AFP, 21 décembre 2004
 
23/12/04 - Attentats du 11 mars en Espagne: nouvelles mises en détention
Le chef présumé d'une cellule terroriste démantelée vendredi en Espagne, Hassan el Haski, a été placé en détention provisoire mardi pour sa participation présumée aux attentats du 11 mars à Madrid, par le juge Juan del Olmo, a-t-on appris de source judiciaire.
Ce marocain de 41 ans s'est vu signifier dans la soirée un second mandat de dépôt par un autre juge madrilène, Baltazar Garzon, pour appartenance présumée au Groupe islamique des combattants du Maroc (GICM), impliqué dans les attentats de mai 2003 à Casablanca (45 morts) et lié à Al Qaïda.
Le juge Baltazar Garzon a également placé en détention provisoire un imam marocain, Abdallah Mourib, interpellé en même temps que el Haski sur l'île de Lanzarote, dans l'archipel espagnol de Canaries.
Deux autres Marocains interpellés lors de la même opération de police ont été laissés en liberté par le magistrat, fautes de charges suffisantes.
El Haski "serait intervenu dans la conception, la préparation et aurait contribué de manière active à la réalisation des attentats", qui ont fait 191 morts et 1.900 blessés le 11 mars dernier à Madrid, selon l'acte de placement en détention du juge del Olmo dont l'AFP a obtenu copie.
Il a été mis en cause par trois membres du GICM aujourd'hui détenus en France, selon ce procès verbal.
El Haski a quitté l'Espagne quelques jours avant les attentats de Madrid pour la France où il a été accueilli par ces suspects quelques jours avant de se rendre probablement en Belgique.
L'un de ces suspects, Attila Turk, qui reconnaît son appartenance au GICM l'a décrit "comme responsable des attentats de Madrid et Casablanca".
El Haski lui aurait confié que c'était "son groupe de Marocains en Espagne qui avaient fait le coup" de Madrid. Devant le juge del Olmo, El Haski a nié toute participation à des attentats et à un groupe terroriste.
Mais dans la soirée, devant le juge Garzon, il a reconnu avoir tenu une réunion en mars à Mantes-la-Jolie, près de Paris, avec les trois suspects qui l'ont mis en cause, Bachir Ghoumid, Attila Turk et Fouad Charouali, selon le procès verbal rédigé par ce magistrat.
Selon le juge Garzon, "El Haski occupe un poste important dans la structure du GICM" depuis les arrestations de certains de ses cadres en Belgique, en mars et juillet 2004, et en France, les 4 et 5 avril 2004.
Son rôle dans la mouvance islamiste européenne a été signalé par la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage français) aux autorités belges qui l'ont ensuite localisé en Espagne, avait indiqué lundi à l'AFP une source policière française.
Le juge Garzon ne l'a toutefois pas impliqué directement dans les attentats de Casablanca ni dans l'assassinat du cinéaste néerlandais Theo Van Gogh, le 2 novembre à Amsterdam, comme l'avait suggéré ces derniers jours la presse espagnole.
L'implication du GICM dans l'assassinat du cinéaste et polémiste néerlandais est "une hypothèse de travail" en l'état des investigations menées en Europe, a indiqué lundi à l'AFP une source judiciaire française.
Ce mouvement a été créé dans les années 1990 par d'anciens marocains engagés dans la guerre sainte contre les troupes soviétiques en Afghanistan.
Selon les juges espagnols, el Haski tentait de créer une nouvelle structure logistique du GICM dans l'archipel des Canaries (ouest de la côte atlantique du Maroc), jugé plus sûr après les coups de filets policiers menés en Europe.
Dix-neuf personnes sont désormais détenues en Espagne pour les attentats de Madrid. Sept autres suspects se sont donné la mort le 3 avril près de Madrid et au moins six autres sont recherchés.
Source : AFP, 21 décembre 2004
 
23/12/04 - La police espagnole démantèle une cellule islamiste qui cherchait à acheter des explosifs
La police espagnole a démantelé une cellule islamiste qui cherchait à acheter des explosifs en vue d'un attentat en Espagne, a annoncé le ministère de l'Intérieur, mercredi.
Trois Marocains, identifiés comme étant Majid Bakkali, Mohamed Douha et Abdelkader Farhaoui, ont été arrêtés dans différentes villes de la Catalogne, dans le nord-est de l'Espagne.
Les trois hommes appartenaient à une cellule islamiste "qui était engagé dans différentes activités conduisant à l'achat d'explosifs, avec pour objectif des attentats terroristes dans notre pays", précise le communiqué du ministère de l'Intérieur qui ajoute sans plus de détails que les suspects cherchaient également à obtenir des explosifs à l'étranger.
Des perquisitions sont en cours au domicile des suspects, dans une boutique de téléphone et une boucherie musulmane.
Au début du mois, l'Espagne avait en accord avec l'Italie et la France d'échanger des renseignements sur les vols d'explosifs.
Les autorités espagnoles pensent que la dynamite qui a servi dans les attentats de Madrid le 11 mars dernier avait été volée dans des mines espagnoles. Ces attentats qui avaient fait 191 morts ont été attribués aux islamistes dont les autorités espagnoles pensent qu'ils ont pu obtenir les explosifs en échange d'argent et de haschisch.
Source : AP, 22 décembre 2004
 
23/12/04 - De sa prison, Abou Hamza Al Masry réclame ses allocations
L¹imam radical Abou Hamza, actuellement détenu en Grande-Bretagne pour incitation au meurtre, va poursuivre l¹Administration britannique pour le non-versement d¹allocations d¹un montant de plusieurs milliers de livres, a rapporté hier le quotidien Sun. Abou Hamza, dont le procès doit commencer en janvier prochain, affirme avoir été privé d¹allocations d¹une valeur de 200 livres (290 Euros) par semaine pendant près de trois ans, indique le journal. Sa famille reçoit toutefois déjà des allocations de plus de 1 000 livres par semaine, précise le quotidien.
L¹ancien imam londonien, détenu aux frais du contribuable britannique, a sa propre infirmière et s¹est même vu offrir un nouveau crochet d¹une valeur de 5 000 livres, qu¹il porte à la main droite, selon la même source. Le religieux affirme avoir perdu ses deux mains ­ il n¹a également plus qu¹un moignon à la main gauche ­ et un ¦il en Afghanistan dans l¹explosion d¹une mine soviétique, pendant le « jihad » contre l¹Armée rouge. Abou Hamza, 47 ans, un Britannique d¹origine égyptienne, a été inculpé en octobre dernier d¹incitation au meurtre et risque la prison à vie.
Source : L¹Orient-Le Jour, 22 décembre 2004
 
22/12/04 - L'armée ordonne la libération d'un détenu de guantanamo
Un prisonnier détenu à guantanamo sera bientôt remis en liberté et renvoyé dans son pays, un tribunal militaire ayant estimé qu'il avait été injustement considéré comme un combattant ennemi des USA, a annoncé lundi un responsable du Pentagone. C'est le deuxième cas de ce type.
Le secrétaire à la Marine Gordon England a refusé de livrer l'identité de l'homme et sa nationalité ainsi que les circonstances de sa capture. Le ministère de la Défense a été informé de la décision et prendra les dispositions pour le renvoyer chez lui.
Le détenu sera le deuxième à retrouver la liberté dans le cadre du processus militaire lancé après que la Cour suprême eût autorisé cet été les prisonniers de Guantanamo à contester leur détention devant la justice américaine.
Source : AP, 20 décembre 2004
 
22/12/04 - Des enquêteurs du Pentagone se sont faits passer pour des agents du FBI
Des enquêteurs du Pentagone se sont fait passer pour des agents du FBI à la prison de Guantanamo afin de ne pas être tenus pour responsables d'actes de torture à l'encontre d'un détenu, montrent des e-mails du FBI divulgués lundi par l'union américaine des libertés civiles (ACLU).
Dans un autre courrier électronique du FBI, il est écrit que le président George Bush a émis un "executive order" autorisant l'emploi d'une série de méthodes "dures" dans les interrogatoires. La Maison blanche a démenti l'existence de cette directive.
L'ACLU a obtenu ces documents en vertu de la loi sur la liberté de l'information.
Dans une série d'e-mails envoyés de décembre 2003 à janvier 2004, des responsables du FBI se plaignent que des enquêteurs du DOD (département de la défense) se soient fait passer pour des agents spéciaux du FBI (Federal Bureau of Investigation).
"Ces tactiques n'ont fourni aucun renseignement susceptible de neutraliser une menace" et "ces techniques ont annihilé toute chance de poursuivre ce détenu", peut-on lire dans un message daté du 5 décembre 2003.
"Si ce détenu est relâché un jour, ou si son histoire est rendue publique, les enquêteurs du DOD ne seront pas tenus pour responsables car ces techniques de torture ont été officiellement mises en ¦uvre par des enquêteurs du FBI."
La dissimulation a été "approuvée" par le secrétaire adjoint à la Défense Paul Wolfowitz, affirme un e-mail du 21 janvier 2004. Interrogé à ce sujet, le porte-parole du Pentagone Bryan Whitman a assuré que Wolfowitz n'approuvait pas les techniques d'interrogation en cause.
Un e-mail du 22 mai 2004 envoyé par un agent du FBI en Iraq à sa hiérarchie, fait par ailleurs allusion à plusieurs reprises à un "executive order" signé par George Bush et cite certaines des méthodes autorisées par ce décret.
Parmi elles figurent la privation de sommeil ou la privation sensorielle par le port de cagoules.
Un haut responsable de l'administration Bush a déclaré que l'agent du FBI s'était mépris sur l'existence d'un tel décret. "Aucun décret de la sorte n'existe et n'a jamais existé. C'est le département de la Défense qui détermine les méthodes d'interrogation des détenus militaires dans le conflit iraquien", a-t-il dit sous le sceau de l'anonymat.
Les noms figurant sur les e-mails ont été masqués pour la plupart.
Une note "urgente" datée du 25 juin et adressée au directeur du FBI fournit des descriptions "d'abus physiques graves à l'encontre de détenus civils", tels que strangulation et passages à tabac. Elle mentionne le fait que ces abus sont "couverts" par la hiérarchie.
Jameel Jaffer, un avocat de l'ACLU, estime que ces documents prouvent que les abus commis par des soldats US à l'encontre des prisonniers sont "le résultat de politiques adoptées aux plus hauts niveaux du gouvernement", ce que ce dernier dément.
Source : Reuters, 21 décembre 2004
 
22/12/04 - Un avocat commis d'office dénonce les lois antiterroristes britanniques
Un avocat commis d'office à la défense de personnes incarcérées en Grande-Bretagne sans jugement préalable a renoncé hier à poursuivre sa tâche, estimant que les droits élémentaires de ses clients n'étaient pas respectés. Ian McDonald, qui faisait partie d'une équipe d'avocats nommés par le gouvernement pour assurer la défense de musulmans soupçonnés d'être liés à une entreprise terroriste, s'est justifié en disant que les lois antiterroristes britanniques allaient à l'encontre de sa conscience.
Jeudi dernier, la Chambre des lords a jugé que les pouvoirs attribués au gouvernement dans le cadre de ces lois représentaient une violation des droits de l'homme. Peu après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, la Grande-Bretagne avait déclaré l'état d'urgence, qui, selon le gouvernement de Tony Blair, suspendait de facto le droit à un procès équitable garanti par le droit européen.
Source : L'Orient-Le Jour, 21 décembre 2004
 
22/12/04 -  Nouveau report du procès des cinq Marocains de guantanamo à Rabat
La chambre criminelle de la cour d'appel de Rabat a décidé lundi de reporter au 27 décembre le procès des cinq Marocains détenus pendant plus de deux ans à guantanamo. A la demande des avocats, elle a accepté une remise en liberté provisoire pour trois des prévenus.
En reportant le procès d'une semaine, la cour s'accorde un délai pour examiner la demande du procureur du roi de voir nommer un magistrat pour un complément d'information.
Le procureur souhaite que les cinq personnes inculpées soient confrontées à Noureddine Nafia, condamné à 20 ans de prison pour appartenance au GICM (Groupe islamiste combattant marocain), dans le cadre des attentats de Casablanca qui avaient fait 45 morts le 16 mai 2003.
Les avocats de la défense ont pour leur part demandé la comparution en tant que témoins du ministre marocain de la Justice, Mohamed Bouzoubâa, et de l'ambassadeur des USA au Maroc, Thomas T. Riley. Demande rejetée par la cour.
La défense voulait leur demander dans quel cadre, et à partir de quelle convention qui pourrait lier les USA et le Maroc, les cinq prévenus ont été transférés de guantanamo vers le Maroc.
Les avocats ont en revanche obtenu la liberté provisoire pour trois des cinq inculpés, demande qui avait pourtant été rejetée lors de la première audience du procès 15 jours auparavant. La cour n'a pas motivé sa décision sur le moment.
Parmi les cinq Marocains arrêtés fin 2001 au Pakistan et en Afghanistan figure Abdellah Tabarak, alias "Abou Omar", 49 ans, soupçonné d'avoir été l'un des gardes du corps d'Oussama ben Laden au Soudan et en Afghanistan. Il a obtenu la liberté provisoire.
Les cinq inculpés avaient été remis aux autorités marocaines à la fin du mois de juillet, après un séjour de deux ans et huit mois à guantanamo. Ils comparaissent pour "atteinte à la sûreté de l'État" et "appartenance à une bande criminelle".
La justice marocaine leur reproche notamment d'avoir participé à des stages d'entraînement au maniement d'armes et à la fabrication d'explosifs. Il leur est également reproché de ne pas avoir dénoncé l'appartenance de ressortissants marocains au GICM, un groupe radical qui veut créer un État islamiste au Maroc.
Source : AP, 20 décembre 2004
 
21/12/04 - À Guantanamo Bay, une prison dans la prison
"La CIA a maintenu, dans le plus grand secret, un centre de détention sur la base navale américaine de Guantanamo Bay, à Cuba", rapporte The Washington Post sur la base d'informations fournies par des responsables militaires et par d'anciens membres des services de renseignement. Situés à l'intérieur de la prison bien connue gérée par le ministère de la Défense, "les bâtiments utilisés par la CIA sont entourés de hautes barrières, couverts d'épaisses bâches en plastique vert et entourés de projecteurs", poursuit le quotidien, avant de préciser qu' "il n'est pas certain que ce centre soit encore opérationnel. La CIA et le ministère de la Défense se sont abstenus de tout commentaire."
Ce centre, dont l'existence n'avait jamais été mentionnée auparavant, servait à interroger des suspects du terrorisme. "Situé dans le complexe du Camp Echo, il a permis de détenir au secret des prisonniers du Pakistan, d'Afrique de l'Ouest, du Yémen et d'autres pays. Des gens entraient et sortaient constamment", signale le journal.
Le quotidien explique que "la CIA, en conformité avec des directives présidentielles, est autorisée à arrêter et à garder au secret certains suspects. La liste des personnes détenues par la CIA n'est pas connue. Mais d'anciens membres des services de renseignement ont déclaré que l'agence détenait plusieurs membres importants d'Al Qaïda, ainsi que des éléments subalternes qui détiennent des informations sur la logistique du réseau terroriste et sur ses moyens de financement." Le centre aurait été mis en place l'année dernière, "pour répondre à un problème jusque-là imprévu : où garder des terroristes dont l'interrogatoire pouvait prendre des années ?"
Source : Courrier international, 17 décembre 2004
 
21/12/04 - Arrivée à Madrid de 4 islamistes marocains arrêtés aux Canaries
Quatre militants présumés du Groupe islamique des combattants du Maroc (GICM), placés en détention à Lanzarote, dans l'archipel des Canaries, sont arrivés samedi soir à Madrid, ont indiqué à l'AFP des sources du ministère espagnol de l'Intérieur.
Un des quatre, Hassan El Haski, 41 ans, fait l'objet d'un avis de recherche et de mise en détention pour son implication présumée dans les attentats de Madrid du 11 mars, qui ont fait 191 morts et 1 900 blessés. La police espagnole considère Hassan El Haski comme l'actuel chef en Europe du Groupe islamique des combattants du Maroc, rapportaient hier les quotidiens ABC et El Mundo. Il pourrait également être impliqué dans l'assassinat du cinéaste néerlandais Theo Van Gogh, le 2 novembre à Amsterdam, selon ABC. Les trois autres sont Ali Fahimi, 31 ans, Abdallah Mourib, un imam de 36 ans, et Brahim Atia El Hammouchi, 40 ans. Les quatre devraient comparaître aujourd'hui devant l'Audience nationale, la plus haute instance pénale espagnole. Selon la police espagnole, les suspects cherchaient à créer une base logistique du GICM aux Canaries où ils se sentaient davantage en sécurité après l'arrestation d'autres membres du groupe en France et en Belgique. Le GICM, mouvement idéologique d'inspiration salafiste, a été créé par d'anciens combattants marocains en Afghanistan. Il ferait partie du réseau Al Qaïda et a revendiqué les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca (ouest du Maroc), qui ont fait 45 morts.
Source : AFP, 20 décembre 2004

18/12/04 - La Chambre des Lords déclare illégal le ³guantanamo britannique²
Une commission composée de 9 membres de la Chambre des lords, qui constitue la plus haute instance judiciaire britannique, a jugé que la détention sans inculpation et au secret de musulmans étrangers suspectés de terrorisme était illégale. 12 étrangers sont ainsi détenus depuis presque trois ans en vertu d¹une loi antiterroriste spéciale adoptée après le 11 septembre, en dérogation à certaines dispositions de la Convention européenne sur les droits humains, et qui stipule que des étrangers suspects de terrorisme peuvent être soit détenus indéfiniment sans inculpation soit expulsés. « La véritable menace à la vie de cette nation vient non pas du terrorisme, mais de lois de ce type », a asséné Leonard Hoffmann, l¹un des neuf Law Lords, estimant qu¹une telle législation était « une victoire des terroristes .» Les détenus ont donc finalement obtenu gain de cause. Mais ils restent en prison - ou, pour quatre d¹entre eux, en hôpital psychiatrique pénal - jusqu¹à ce que la loi soit modifiée en tenant compte des critiques des Lords, ce qui n¹est pas encore acquis. En tout cas, le nouveau ministre de l¹Intérieur, Charles Clarke, a affirmé aussitôt qu¹il refusait de libérer les détenus incarcérés.
Source : BBC, AFP, 16 décembre 2004

18/12/04 - Tentative d¹évasion à Kaboul : 5 morts
Trois gardiens de prison afghans et deux prisonniers ont été tués vendredi au cours d'une tentative d'évasion de membres supposés d'Al Qaïda et une fusillade se poursuit avec deux autres détenus, a déclaré à Reuters le directeur de la prison Pul-i-Charki de Kaboul.
Les prisonniers tués par des gardiens étaient des membres pakistanais et irakien supposés d'Al Qaïda et ils avaient été arrêtés à Kaboul par les forces de sécurité afghanes, a dit le directeur de la prison, Abdul Salam Bakhshi.
Deux autres détenus, tous deux pakistanais, se sont retranchés dans une aile de la prison et ils étaient encerclés, vendredi, par les forces de l'ordre armées de mitrailleuses et de fusils RPG.
Quatre véhicules blindés appartenant à la Force internationale à la sécurité (Isaf, dominée par l'Otan) sont stationnés devant la prison, a rapporté un témoin.
Les troubles ont éclaté lorsque des prisonniers ont poignardé et tué un gardien, se sont emparés de son arme et ont ouvert le feu, tuant deux autres gardiens, a expliqué Bakhshi. Deux prisonniers ont ensuite été tués au cours d'une fusillade alors qu'ils tentaient de s'évader.
Source : Reuters, 17 décembre 2004

18/12/04 - 130 militaires US poursuivis ou punis pour abus contre des prisonniers
Selon le Pentagone, 130 militaires US ont été poursuivis ou sanctionnés pour des abus contre de prisonniers en Iraq, en Afghanistan et à guantanamo. Plus de 100 appartiennent à l¹armée de terre et le reste aux Marines ou la Navy. 26 soldats de l¹armée de terre ont été déférés devant des cours martiales, 46 ont reçu des sanctions non-judiciaires ou administratives, 13 ont reçu des blâmes écrits et 17 ont été démis de l¹armée. La générale de brigade Janis Karpinski a été suspendue en mai dernier du commandement de la 800ème brigade de police militaire en poste à Abou Ghraïb.
18 Marines, tous rattachés à la Première force expéditionnaire basée à Camp Pendelton, près de San Diego, ont été punis pour avoir exercé des sévices contre des prisonniers en Iraq. Sur 27 autres marines identifiés au cours de 12 enquêtes sur des allégations de sévices, 14 ont été déférés aux cours martiales et 4 autres ont reçu des sanctions non-judiciaires ou administratives. un sergent et un major responsables de la mort d¹un prisonnier iraquien en juin 2003 ont été condamnés en cour martial en septembre et novembre à Camp Pendelton.
Enfin, 9 membres des troupes d¹élite de la Navy, les ³Seals² [les ³Phoques²], ont été accusés d¹abus sur des prisonniers en Iraq. plusieurs membres de l¹Équipe Sept des Seals basée à Coronado ont été accusés d¹avoir battu à mort un détenu un détenu à ABou Ghraïb en novembre 2003. Un des tortionnaires a reçu une sanction non-judiciaire et les autres attendent les conclusions de l¹enquête.
Source : AP, 16 décembre 2004

18/12/04 - Inquiétudes d'Amnesty International sur la situation dans les prisons  saoudiennes
Amnesty International a fait part mercredi de ses "nombreuses inquiétudes" concernant la situation dans les prisons saoudiennes, après la diffusion par les autorités de Riyad d'une émission dans laquelle des prisonniers vantaient les mérites de la vie carcérale.
Les autorités saoudiennes visent ainsi à encourager les militants islamistes recherchés à se rendre et à contrer les allégations selon lesquelles ceux qui se rendent sont maltraités, voire torturés.
"Je jure devant Dieu" que les gardiens "sont plus gentils que nos parents", a cependant affirmé Othman Hadi Al Maqboul Al Amri, un prisonnier incarcéré au centre pénitentiaire d'Al Hayer à la périphérie de Riyad.
"Nous avons entendu des choses sur les violences et les persécutions qu'on peut croire ou ne peut pas croire. Mais j'ai trouvé Al Hayer totalement différent", a affirmé un autre détenu, Abderrahmane Al Ahmari au cours de l'émission diffusée tard lundi soir.
Nicole Choueiry, porte-parole d'Amnesty International pour le Moyen-Orient, a fait part de son inquiétude. Même si les prisonniers "disent qu'ils ne sont pas torturés, il est important qu'ils puissent bénéficier d'un procès équitable et ne pas risquer la peine de mort. Un procès équitable est le principal, avec des garanties minimum comme l'accès à un avocat, à leurs familles et un traitement humain", a-t-elle souligné.
Source : AP, 15 décembre 2004

17/12/04 - Les prisons saoudiennes, antichambre du paradis...
Sept activistes saoudiens, emprisonnés dans un établissement près de Riyad, ont invité les partisans d¹Al Qaïda dans le royaume à se rendre, affirmant avoir été traités en prison comme dans une famille.
Ces présumés repentis sont apparus sur les écrans de la télévision publique saoudienne pour tenter de persuader les extrémistes islamistes actifs en Arabie saoudite qu¹ils ne seraient pas maltraités en cas de reddition. Au cours de ce programme, on peut voir des couloirs lumineux, des rangées de lits colorés et des piles de livres sur les tables de chevet dans la prison de Riyad. « Quiconque a connu la réalité trouve qu¹il y a une grande différence entre les nombreux cas de torture qui sont rapportés et ce que nous avons découvert », déclare l¹un des prisonniers, Abderrrahmane Al Ahmari. « Les relations avec l¹administration pénitentiaire, le respect des volontés des prisonniers (...) je peux parler de relation familiale », ajoute-t-il.
Dans le cadre de la lutte contre les violences islamistes en Arabie saoudite, les chaînes de télévision du royaume ont déjà par le passé diffusé des appels de prisonniers invitant leurs camarades à se rendre, mais jamais de reportages aussi élogieux que celui-ci sur les prisons saoudiennes.
« Si j¹avais su que je serais reçu ainsi, au nom de Dieu, je me serais rendu depuis longtemps », affirme pour sa part Abdoullah As Silmi. « (...) Je conseille à mes frères qui sont recherchés et qui partagent ces idées de se rendre. » Osmane Al Amri, qui était en 19e position de la liste des 26 activistes les plus recherchés en Arabie saoudite avant sa reddition en juin, a abondé dans ce sens : « Après avoir vu la situation de ces personnes, je jure devant Dieu que c¹est mieux que notre famille. »
Dans un rapport sur l¹Arabie saoudite, Amnesty International affirmait en 2000 que « la torture est utilisée pour obtenir des aveux et pour renforcer la discipline (et parfois) apparemment sans raison ». Riyad, pour sa part, dément les accusations de torture et d¹arrestations arbitraires.
Source : L¹Orient-Le Jour, 16 décembre 2004

17/12/04 - Procès d¹Abou Bakar Bachir : un témoin clé revient sur ses déclarations
L'accusation a subi un nouveau revers, jeudi, au procès du chef religieux indonésien Abou Bakar Bachir, quand un témoin clé est revenu sur ses déclarations selon lesquelles Bachir était en lien étroit avec des activistes islamistes actifs en Asie du Sud-Est.
Imron Baehaqi, condamné pour terrorisme, a infirmé ses précédents aveux selon lesquels il avait vu Bachir dans un camp d'entraînement paramilitaire aux Philippines. Il a n'a par ailleurs pas confirmé que Bachir dirigeait le réseau islamiste régional Jamaa Islamiya (JI).
"Je reviens sur cette déclaration car je n'étais pas en bon état quand je l'ai faite. Je n'ai jamais vu le professeur Abou Bakar Bachir à la cérémonie moro" (au camp Abou Bakar, sur l'île de Mindanao, dans le sud des Philippines, où s'entraîne le Front moro islamique de libération), a déclaré à l'audience Baehaqi.
Il a précisé qu'il avait entendu dire que Bachir avait été nommé à la tête de la JI suite au décès en 1999 de l'un de ses fondateurs, Abdullah Sungkar. Mais il a assuré ne pas avoir cherché à obtenir une confirmation de cette promotion en apprenant que Bachir avait été aussi nommé à la tête du Conseil indonésien des Moujahidine.
Le chef islamiste est jugé pour son rôle présumé dans les attentats de Bali et contre l'hôtel Marriott de Jakarta. Il encourt la peine capitale.
Le 9 décembre dernier, l'accusation avait déjà subi un revers, quand cinq extrémistes condamnés pour des attentats avaient nié qu'il ait été impliqué dans des actes de terrorisme.
Concernant l'attentat contre l'hôtel Marriott, qui avait fait 12 morts le 5 août 2003, Bachir est accusé d'avoir depuis sa cellule de prison "organisé ou motivé des personnes afin de perpétrer des actes terroristes" et "fourni de l'assistance ou facilité la réalisation d'un acte terroriste".
Concernant les attentats de Bali qui avaient fait 202 morts le 12 octobre 2002, Bachir est soupçonné d'être impliqué de façon moins directe, en ayant donné un feu vert tacite, une accusation relevant du code pénal.
Bachir avait été relaxé l'an passé de l'accusation de diriger la Jamaa Islamiya. Dans un contexte de fortes pressions internationales, il avait été à nouveau arrêté. Il a toujours nié diriger la JI en dépit d'accusations des USA et de l'Australie.
Source : AFP, 16 décembre 2004

16/12/04 - Seconde phase de l'²évaluation² des détenus de guantanamo
L'armée US a ouvert mardi 14 décembre ses premières audiences visant à déterminer si les détenus de la base de guantanamo considérés comme des "combattants ennemis" peuvent ou non être autorisés à rentrer chez eux, a déclaré un porte-parole du Pentagone.
Ces audiences, qui s'apparentent à des audiences de mise en liberté conditionnelle, marquent le début de la seconde phase du processus d'évaluation des prisonniers de guantanamo.
Ce processus a été dénoncée par de nombreux juristes, par des responsables étrangers et par des organisations de défense des droits de l'homme comme fondamentalement injuste.
Plus de 550 membres présumés de l'organisation Al Qaïda et des milices taliban sont détenus, pour certains depuis trois ans, sur la base militaire américaine de guantanamo, située sur l'île de Cuba. Ils ont pour la plupart été capturés lors de la guerre en Afghanistan.
La Cour suprême US a décidé en juin dernier que ces prisonniers pouvaient contester les conditions de leur détention, qui échappent jusqu'à présent aux standards du droit international.
A la suite de cette décision, le Pentagone a mis en place un processus d'évaluation en deux phases, qui est lui-même contesté devant des tribunaux américains.
Lors de la première phase, des commissions militaires formées de trois officiers US ont eu pour mission d'évaluer si chaque prisonnier méritait son statut de "combattant ennemi".
A ce stade, 493 détenus ont été entendus, et 207 jugements ont été rendus par les commissions. Celles-ci n'ont décidé qu'une seule fois qu'un détenu ne méritait pas d'être considéré comme un "combattant ennemi". Le prisonnier en question, un Pakistanais, a été autorisé en septembre à rentrer chez lui.
"Toutes les évaluations devraient être terminées à la mi-janvier", a déclaré Daryl Borgquist, porte-parole du Pentagone.
Dans le cadre de la seconde phase du processus d'évaluation, d'autres commissions militaires doivent désormais décider si les personnes reconnues comme des "combattants ennemis" constituent une menace.
Elles devront évaluer si ces derniers risquent de reprendre les armes. Borgquist a précisé que, pour se faire leur opinion, elles prendraient en compte des paramètres propres au détenu, comme son âge et son état de santé, et des informations recueillies auprès du prisonnier, de ses codétenus ou encore de sa famille.
"Le fait qu'ils sont des combattants ne signifie nécessairement pas qu'ils constituent une menace pour les USA", a dit Borgquist.
Les détracteurs du processus amorcé par le Pentagone affirment que la seconde phase présente les mêmes lacunes juridiques que la première. La principale étant le fait que les détenus ne peuvent être aidés d'un avocat et qu'ils ne peuvent avoir accès à toutes les informations concernant leur dossier. Par ailleurs, ils ne peuvent obtenir une aide extérieure.
"Il aurait été bien que ces évaluations soient menées au bon moment et au bon endroit", a déclaré l'avocat de Washington Eugene Fidell. "Elles ont lieu avec trois ans de retard et à 13 000 km du lieu des arrestations. Cette procédure est une comédie".
Source : Reuters, 15 décembre 2004

16/12/04 - Nouveau document militaire sur les sévices contre des détenus iraquiens
Un document militaire US rendu public mardi fait état de nouveaux sévices pratiqués par des "marines" US contre des détenus iraquiens, comme l'utilisation de la torture à l'électricité ou la mise en scène de simulacres d'exécutions.
Ce document de la Navy daté du 16 juin dresse la liste de dix incidents remontant pour les plus anciens à mai 2003 et concernant des sévices pratiqués contre des Iraquiens. Au total, 24 "marines" sont mis en cause. Le Corps des "marines" précise que 13 militaires ont été traduits en Cour martiale et condamnés à des peines allant jusqu'à 15 mois d'emprisonnement.
Ce document a été rédigé sept semaines après la publication des photos qui ont déclenché le scandale des sévices pratiqués à la prison d'Abou Ghraïb.
Le document a été diffusé par l'Union américaine des libertés civiles (ACLU) qui l'a obtenu grâce au Freedom of Information Act. Dans un e-mail daté du 14 juin, un enquêteur de la Navy affirme que le "nombre de dossiers iraquiens à traiter explose".
"Le département de la Défense a indiqué dès le début qu'il considérait ces sévices aberrants, s'ils existaient", a déclaré Jameel Jaffer, un avocat de l'ACLU. "Nous avons désormais les preuves évidentes que ce n'est pas vrai, que les sévices ont été généralisés et systématiques parce qu'ils étaient le résultat de politiques décidées au Département de la Défense".
Le colonel John Skinner, porte-parole du Pentagone, a déclaré: "Nous n'avons jamais nié que des fautes pouvaient être commises. Mais dans tous les cas, nous menons une enquête pour déterminer les faits et établir les responsabilités."
Le document diffusé évoque notamment un incident survenu en avril dernier à Al Mahmoudia lors duquel des "marines" ont infligé à l'aide d'un transformateur des décharges électriques à un détenu iraquien, notant que ce dernier "dansait lorsqu'il recevait les secousses".
Le Corps des "marines" a annoncé que quatre "marines" avaient été reconnus coupables d'agression, acte de cruauté, mauvais traitement et fausse déclaration. Ils ont été condamnés à des peines allant de 60 jours à 15 mois d'emprisonnement. Un cinquième militaire a reçu des sanctions administratives.
Le document évoque par ailleurs des incidents survenus en juin et juillet 2003 à Adiouaniah.
Des "marines" ont "ordonné à quatre jeunes Iraquiens accusés de pillage de se mettre à genou devant des trous et un pistolet a été entièrement déchargé pour faire croire à une exécution". Des "marines" ont également été accusés d'avoir enfermé des pillards présumés dans un conteneur avant de les asperger à l'aide d'un extincteur.
Trois "marines" ont été inculpés pour sévices contre des prisonniers et manquement au devoir. Tous ont été dégradés. Deux ont été condamnés à 30 jours de travaux forcés.
Source : Reuters, 15 décembre 2004


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