GUANTANAMO - CUBA

I CONTRIBUTI A QUESTA VERGOGNA GIUNTI DA ASSOCIAZIONI, COLLETTIVI, PARTITI ED ISTITUZIONI

CHRONIQUE DE GUANTANAMO

Informations publiées par le site quotidien online pour les Musulmans francophones

« Quelles que soient les procédures liées au fonctionnement des tribunaux militaires, notre système est plus loyal que celui de Ben Laden et des talibans. Les prisonniers que nous avons capturés et qui seront jugés auront un procès loyal et plus de chances de se défendre que nos citoyens qui se trouvaient dans le World Trade Center et au Pentagone »

George W. Bush, 28 décembre 2001 

LES INFORMATIONS SONT CLASSÉES EN ORDRE CHRONOLOGIQUE DÉCROISSANT

27/02/03 - L’ONU critique les USA
Le groupe de travail de la Commission des droits de l'homme de l'ONU sur la détention arbitraire a critiqué mercredi 19 février à Genève les conditions de détention des personnes arrêtées aux USA, soupçonnés d'avoir été impliquées dans les attentats du 11 septembre 2001.
Le groupe d'experts, sous la direction du Français Louis Joinet considère que, dans deux cas, qui lui ont été soumis, de personnes détenues sur le territoire des USA, depuis plus de 14 mois, «apparemment en isolement, sans qu'aucun chef d'inculpation ne leur soit officiellement notifié, sans pouvoir communiquer avec leurs familles et sans qu'un tribunal ait eu à statuer sur la légalité de leur détention, cette situation est de nature à conférer un caractère arbitraire à leur détention».
Pour les personnes détenues à guantanamo, le rapport prend note que les autorités US les considèrent comme des «combattants ennemis» étrangers et refusent de leur accorder le statut de prisonniers de guerre prévu par les Conventions de Genève de 1949 sur la protection des civils dans les conflits et des prisonniers de guerre.
«Outre que cette interprétation est en débat, le groupe de travail rappelle que l'autorité compétente pour déterminer le statut de prisonnier de guerre n'est pas l'autorité exécutive, mais l'autorité judiciaire», comme le stipule la troisième Convention de Genève.
Tant qu'une juridiction compétente n'aura pas tranché sur ce point, les personnes détenues bénéficient de la protection de la Convention (traitement humain, contrôle de la légalité de la détention, droit à un procès équitable), poursuivent les experts, «de telle sorte que l'absence de ces garanties est susceptible de rendre leur détention arbitraire».

27/02/03 - Le Canada aurait contrevenu à la Convention de Genève
Un ancien député du Bloc québécois a demandé jeudi 20 février à la Cour supérieure du Québec de déterminer si le Canada a contrevenu à la Convention de Genève en remettant ses prisonniers afghans aux autorités US, l'année dernière.
Daniel Turp, qui est également professeur de droit, et 16 de ses étudiants de l'Université de Montréal ont présenté à la cour une motion visant le premier ministre Jean Chrétien, l'ancien ministre de la Défense, Art Eggleton, le ministre des Affaires extérieures, Bill Graham et le ministre de la Justice, Martin Cauchon.
Les prisonniers afghans capturés par les forces canadiennes ont été remis aux US qui les ont internés avec leurs propres prisonniers dans leur base de guantanamo.
L'avocat du ministère fédéral de la Justice, René Leblanc, estime que M. Turp et ses étudiants font fausse route en s'adressant à la Cour supérieure du Québec sur cette question. Selon lui, les requérants n'ont pas de lien direct sur ce qui se passe en Afghanistan.
«Nous croyons que la jurisprudence en la matière est très claire et que les cours ne sont pas l'endroit privilégié pour discuter de telles choses, a soutenu Me Leblanc. Ce genre de chose concerne le Parlement.»
M. Turp a répliqué que les citoyens ont le droit de soulever des inquiétudes à propos des obligations canadiennes en matière de lois internationales.
«Nous croyons que c'est une question d'intérêt public et qu'il est de mon devoir de soulever la possibilité que le Canada ait contrevenu à la loi et à ses obligations internationales en remettant certains prisonniers aux autorités américaines l'année dernière.»

27/02/03 - Les futurs prisonniers irakiens seront-ils transférés à guantanamo ?
Amnistie internationale (Canada francophone) lance une pétition demandant au secrétaire américain à la Défense, M. Donald Rumsfeld, de préciser le statut juridique des prisonniers de guantanamo et de les libérer ou de les rapatrier dans leur pays, à moins qu'ils ne soient accusés d'un crime prévu par la loi et jugés au cours d'un procès public juste et équitable.
Depuis le 10 janvier 2002, les États-Unis détiennent, hors de tout cadre juridique, plus de 600 « combattants » sur la base militaire de guantanamo à Cuba. Ils n'ont été ni accusés ni jugés, et ce, depuis plus d'un an pour certains. Les détenus sont privés de contact avec les tribunaux et leurs avocats. Ils sont soumis à la perspective de rester en détention pour une durée indéterminée, dans des cellules exiguës, enfermés parfois vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et confrontés à l'éventualité d'être jugés par des commissions militaires exécutives, habilitées à prononcer la peine de mort, sans droit d'appel. On leur refuse tout statut juridique, en particulier celui de prisonniers de guerre , ce qui les assurerait de protections garanties par les Conventions de Genève.
« Ces détentions sont totalement arbitraires. Le statut de « combattant illégal » n'appartient à aucun cadre juridique. Le centre de détention de guantanamo est un dangereux précédent. Cette pratique commence déjà à s'étendre à d'autres pays comme Israël, la Russie et le Royaume Uni, c'est pourquoi il faut y mettre fin le plus rapidement possible. » a déclaré Gilles Sabourin, coordonnateur pour l'abolition de la peine de mort d'Amnistie internationale. « Comment les Américains et leurs alliés pourront-ils bénéficier des protections des Conventions de Genève à l'avenir si eux-mêmes ne les accordent pas aujourd'hui ? » a-t-il ajouté.
D'autre part, selon les Conventions de Genève, le Canada reste responsable des prisonniers capturés en Afghanistan ou ailleurs. Il ne devrait pas les livrer aux Américains si les États-Unis ne respectent pas les protections que celles-ci leur accordent. Il est aussi responsable d'assurer à ses ressortissants le respect de leurs droits dont ceux d'Omar Khadr, un citoyen canadien âgé de 15 ans au moment de son arrestation et toujours détenu sans inculpation ni jugement dans les « limbes juridiques » de guantanamo. En raison de son statut de mineur, il aurait droit à un traitement différent de celui infligé aux adultes, ce qui lui est présentement refusé. Le gouvernement canadien doit exiger que ses droits consulaires et ses droits juridiques soient respectés immédiatement.
Par ailleurs, Amnistie internationale est très inquiète des préparatifs de guerre visant l'Irak. Elle a demandé au Conseil de sécurité des Nations Unies d'évaluer immédiatement l'impact d'une guerre sur les droits fondamentaux du peuple irakien et de le prendre en considération lors de toute délibération sur l'utilisation de la force contre l'Irak. Elle demande un déploiement immédiat d'observateurs des droits humains en Irak qui signaleraient toute violation par quelque partie que ce soit.
« Les États-Unis insistent sur les liens entre l'Irak et Al-Qaïda. Nous craignons que de futurs prisonniers irakiens subissent le même sort que les "combattants" détenus à Guantanamo et sur d'autres bases militaires américaines ailleurs dans le monde » a déclaré Michel Frenette, directeur général de la section canadienne-francophone d'Amnistie internationale.
La pétition pour le respect des droits fondamentaux des prisonniers de Guantanamo est disponible sur le site internet d'Amnistie internationale à l'adresse suivante : http://www.amnistie.qc.ca/ (faire le lien avec les codes SPIP) ou en téléphonant au (514) 766-9766.

27/02/03 - Des officiels canadiens ont visité Omar Khadr à guantanamo 
Des responsables canadiens des services de renseignement et du ministère  des affaires étrangères ont pu rendre visite à Omar Khadr, le seul prisonnier canadien détenu à guantanamo, du 13 au 17 février, où ils l’ont interrogé, notamment sur son père, Ahmed Khadr, actuellement recherché pour ses liens supposés avec Al Qaïda. Omar Khadr, 16 ans, a été capturé le 27 juillet dernier lors d’une attaque par des troupes US d’un camp près de Khost en Afghanistan. Blessé, il a été soigné et interrogé en Afghanistan et transféré à guantanamo le 28 octobre dernier. Il est accusé d’avoir tué un sergent US lors des combats qui ont duré plus de 4 heures. Il est né à Scarborough, dans l’Ontario. Son frère Abdurrahmane, 20 ans, a été capturé en Afghanistan en novembre 2001. Son autre frère Abdullah, 22 ans, et son père sont actuellement recherchés.

27/02/03 - Le Britannique Moazzam Begg transféré à guantanamo 
Arrêté au Pakistan en février 2002, le Britannique Moazzam Begg, 35 ans, de Birmingham, vient d’être transféré de la base de bagram, en Afghanistan, à guantanamo, selon le Foreign Office, dont un porte-parole a dit espérer : « Nous espérons pouvoir le visiter rapidement. » Begg a passé une année dans une cellule sans fenêtre à bagram.

27/02/03 - Les tentatives de suicide inquiètent le CICR
Les tentatives de suicide des détenus de guantanamo inquiètent le Comité international de la Croix-Rouge.
Dix-neuf détenus ont tenté de se suicider, a indiqué dimanche 23 février le Pentagone. Selon l'organisation, ces actes désespérés s'expliquent par le statut légal peu clair des prisonniers.
«La dernière tentative de suicide a eu lieu le 19 janvier», a précisé un porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Gary Keck.
Les USA doivent urgemment entreprendre des démarches pour clarifier le statut des prisonniers de guantanamo, a déclaré le porte-parole du CICR, Florian Westphal. Les tentatives de suicide démontrent que le statut des détenus n'est pas qu'une question juridique, mais aussi humanitaire.
Le CICR a intensifié ces derniers mois les discussions avec Washington sur les conditions de détention dans la base américaine. Début janvier, l'organisation humanitaire avait rendu visite à 619 détenus du camp. La prochaine série de visites commencera à la fin du mois de février.

27/02/03 - Mémorandum d’un avocat saoudien au CICR
Kateb Al Shemmary, avocat d’une partie des 150 détenus saoudiens de guantanamo, a adressé la semaine dernière un mémorandum au CICR du Koweït, demandant à cet organisme d’enquêter sur les tentatives de suicide à guantanamo et d’ è intervenir auprès des autorités US pour trouver une solution humanitaire pour les prisonniers. »

27/02/03 - La famille de Hamed Abderrahmane Ahmed collecte des fonds
Hamed Abderrahmane Ahmed, originaire de Ceuta, l’enclave espagnole au Maroc, est le seul détenu espagnol à guantanamo. Sa famille vient de lancer une collecte de fonds pour payer des frais d’avocat. Selon le porte-parole de la famille, Abdessalam Hamadi, l’avocat espagnol de Hamed a demandé au gouvernement espagnol une compensation financière de 50 000 € pour pouvoir payer les frais de justice pour les démarches engagées aux USA. En attendant une réponse, la famille collecte des fonds à Ceuta.

27/02/03 - Suisse : un Tunisien extradé en Italie
La Suisse a livré à l'Italie un Tunisien âgé de 34 ans. Sous le coup d'une procédure judiciaire en Italie pour acte de terrorisme depuis 1998, il avait été condamné en janvier dernier par défaut à cinq ans et demi de réclusion par un tribunal de Bologne, a annoncé mardi l'Office fédéral des réfugiés (ODR).
Le ressortissant tunisien s'est présenté vendredi 21 février au centre d'enregistrement des réfugiés de Chiasso. En vertu des accords bilatéraux conclus avec l'Italie, il a été remis aux autorités italiennes le jour même. Son arrestation a été le fruit d'une collaboration entre l'ODR, la police fédérale et la police tessinoise, ajoutait-on de même source.
Le Tunisien a séjourné en Bosnie jusqu'à il y a une année. Il devra purger en Italie une peine de prison notamment pour participation à une organisation criminelle.

27/02/03 - USA : audience de Sami Al Arian reportée au 24 mars
« On m’a pris ma liberté non parce que je suis un criminel ou que j’ai des mauvaises intentions à l’égard de cette grande nation. Je suis crucifié aujourd’hui pour ce que je suis, un Palestinien apatride. » Une cinquantaine de personnes étaient rassemblées devant le Palais de justice de Tampa, Floride, mardi 25 février, pour entendre un message du Dr Sami Al Arian lu par sa fille Lina. Accusé d’être le chef du Jihad islamique aux USA, Al Arian a été arrêté avec 3 autres personnes jeudi 20 février et a entamé une grève de la faim, bien qu’il soit diabétique.
Le tribunal fédéral qui devait examiner une demande de remise en liberté sous caution mardi a reporté l’audience au 24 mars, à la demande de la défense, qui a invoqué le caractère complexe de l’accusation, laquelle comprend 50 chefs d’inculpation, exposés dans un document de 121 pages. Les procureurs ont fait savoir qu’ils utiliseraient les renseignements collectés par des agences de renseignement étrangères pour étayer leur accusation contre Al Arian et ses co-inculpés. Cela serait la première fois que le gouvernement recourrait à la loi dite Foreign Intelligence Surveillance Act devant un tribunal public.
Pendant ce temps, l’homme qui est à l’origine de l’arrestation du Dr Al Arian est apparu au grand jour. Il s’agit de l’ancien procureur fédéral John Loftus, qui a déposé une plainte contre Al Arian, afin de faire pression sur les procureurs fédéraux pour qu’ils le fassent arrêter. Selon lui, il s’agit du “cas de terrorisme le plus ancien aux USA”: « Nous savions qu’il était un terroriste depuis 1989, mais les Fédéraux n’ont pas voulu agir pour ne pas embarrasser le gouvernement saoudien. » Selon Loftus, qui a déposé sa plainte en mars 2002, les fonds recueillis en Arabie saoudite par les organisations humanitaires liées à Al Arian servaient à financer le Jihad islamique: « Sami n’est qu’un détail. Le vrai problème, ce sont les Saoudiens. Ça a toujours été les Saoudiens. »

27/02/03 - USA : Audience préliminaire pour les “Cinq de Portland”
October Martinique Lewis, Jeffrey Leon Battle, Patrice Lumumba Ford, Ahmed Ibrahim Bilal et Mohamed Ibrahim Bilal ont été arrêtés en octobre dernier à Portland, Oregon, en application de la loi de 1978 instituant des tribunaux spéciaux pour juger les affaires d’espionnage (Foreign Intelligence surveillance Act) et dont les pouvoirs ont été étendus par l’US Patriot Act adopté après le 11 septembre. Un sixième suspect, Habis Abdulla Al Saoub, est en fuite. La Cour fédérale de district de Portland a siégé les 25 et 26 février pour examiner les preuves contre les inculpés, accusés de “conspiration” en vue de soutenir Al Qaïda et les talibans. L’accusation repose en grande partie sur les informations fournies aux services de police par un informateur d’origine égyptienne, le mécanicien Khalid Ibrahim Mostafa. Le juge a ordonné aux procureurs fédéraux de révéler pour quelles agences l’informateur avait travaillé et combien d’argent il avait reçu pour les enregistrements qu’il avait réalisé. La défense des inculpés a exigé que toutes les “preuves secrètes” détenues par les procureurs lui soient transmises. Cela inclut des fiches de renseignement provenant de deux douzaines d’agences US de renseignements ainsi qu’une liste de tous les détenus de guantanamo. Le juge Robert Jones a rejeté cette requête mais a demandé au procureur fédéral Charles Gorder de garantir qu’aucune information provenant des détenus de guantanamo ne serait utilisée devant le tribunal. Le procureur a déclaré qu’il avait déclassifié 271 notes d’interception et en avait transmis 86 à la défense. Les “preuves” sont constituées par 7 500 pages de rapports du FBI et 75 CD contenant des enregistrements de conversations de l’informateur avec Battle et Ford. 5 des 6 inculpés sont accusés d’être allés en Chine à la fin de 2001 avec l’intention de se rendre en Afghanistan pour combattre aux côtés des talibans contre les forces US. October Lewis, ex-épouse de Jeffrey Battle, est accusée de lui avoir viré de l’argent pour financer l’entreprise.

25/02/03 - USA : offensive judiciaire contre des Palestiniens
C’est une grosse affaire qui a éclaté la semaine dernière aux USA. Jeudi 20 février, le FBI a arrêté à Tampa, en Floride, Sami Al Arian, Sameeh Hammoudeh et Hatim Naji Fariz et à Chicago Ghassan Zayed Ballut. Quatre autres Palestiniens, résidant en Palestine et en Syrie, sont recherchés. Il s’agit de : Ramadan Abdullah Shallah, Bashir Musa Mohamed Nafi, Mohamed Tasir Hassan Al Khatib et Abdelaziz Aouda.
Les 8 hommes sont accusés d’appartenance au Jihad islamique palestinien et risquent la prison à vie pour une série de charges allant de “rackett” à “violation des lois sur l’immigration” en passant par divers chefs d’appui à une entreprise terroriste. Le principal accusé est bien connu.
Sami Al Arian, un Palestinien de 45 ans né au Koweit, vit aux USA depuis 1978. En 1985, il a eu un doctorat en sciences de l’informatique à l’Université de Caroline du Nord. Professeur à l’Université de Floride du Sud depuis 1986, il a été suspendu d’enseignement le 28 septembre 2001, pour des propos tenus dans une émission télévisée. Mais ses ennuis remontent à 1995, lorsque le FBI fit une descente contre le think tank (groupe de réflexion) qu’il avait créé en 1991 avec son beau-frère Mazen Al Najjar, le World and Islam Studies Enterprise (WISE). Ramadan Abdullah Shallah, qui avait collaboré à WISE, venait de prendre, à Damas, la succession du Secrétaire général du Jihad islamique, Fathi Shiqaqi, assassiné par le Mossad à Malte en octobre 1995.
Le FBI s’en est d’abord pris à Mazen Al Najjar, qui a passé plus de 3 ans et demi en prison en vertu de “preuves secrètes” d’activités terroristes, et a finalement été expulsé en août dernier vers le Liban, d’où il a rejoint sa famille dans un autre pays non spécifié.
Après WISE, Al Arian a fondé le Islamic Committe for Palestine et le Islamic Concern Project. D’après l’acte d’accusation, ces deux structures n’étaient que des couvertures pour les activités de soutien financier au Jihad islamique. Al Arian, qui est naturalisé américain, a pu être arrêté grâce au Patriot Act, adopté par les USA après le 11 septembre, qui élargit la notion juridique de “terrorisme” et autorise l’utilisation d’informations provenant de services de renseignement étrangers pour des poursuites contre des citoyens US ou étrangers résidant aux USA. En application de cette loi, les accusés ont été mis au secret et seront dans la quasi-impossibilité de se défendre.
Les autres personnes arrêtées sont moins connues. Sameeh Hammoudeh, 42 ans, est né en Cisjordanie. Enseignant à l’Université de Floride du Sud, il est administrateur de l’Académie islamique de Floride et vit à Temple Terrace. Hatim Naji Fariz, 30 ans, est né à Porto Rico. Il dirige une clinique médicale et vit à Spring Hill. Ghassan Zayed Ballut, 41 ans, est né en Cisjordanie et vit à Tinley Park, Illinois, près de Chicago, où il gère une petite entreprise.
Sami Al Arian a, dès son incarcération, entamé une grève de la faim et de la soif pour protester de son innocence. Son arrestation a causé une grande émotion dans les communautés musulmane et universitaire des USA. Elle a été saluée avec enthousiasme par les milieux sionistes, par exemple le magazine FrontPage, qui ouvre ses colonnes à J. Michael Weller, vice-président du Center for Security Policy de Washington. Selon lui, les organisations représentatives de Musulmans aux USA doivent être combattues parce qu'elles sont de gauche et s'opposent au fichage nominatif actuellement réalisé par le FBI de tous les Musulmans pratiquants, qu'ils soient étrangers ou nationaux. Il se félicite de l'arrestation du professeur Sami Al Arian. Le Center for Security Policy profite de cette arrestation pour appeler à la création de nouvelles associations de Musulmans en phase avec la politique Bush.

25/02/03 - USA : 600 camps de concentration prêts à servir
Il existe sur le territoire des USA plus de 600 camps de concentration opérationnels. Surveillés par des gardes armés 24 heures sur 24, ces camps entreraient en fonction en cas de proclamation de la loi martiale et seraient gérés par l’Agence fédérale de gestion des situations d’urgence (FEMA = Federal Emergency Management Agency) créée par le président Reagan lors de l’opération Rex 84. Cette opération prévoyait un scénario d’invasion des USA par des foules d’immigrants clandestins venus du Mexique. Rex 84 a permis que des bases militaires fermées soient transformées en camps de concentration. Tous ces camps sont facilement accessibles par la route, par le rail ou par les airs. La plupart d’entre eux peuvent héberger 20 000 personnes. Le plus grand est situé à Fairbanks, en Alaska et a une capacité de...2 millions de personnes! Après le 11 septembre, la FEMA est passée sous l’autorité du nouveau ministère de l’Intérieur, le Department of Homeland Security, et s’est mise au travail pour ficher les suspects susceptibles d’être internés. Cela n’a pas plu au FBI, auquel la FEMA a du restituer 12 000 dossiers de suspects qu’elle avait constitué. Depuis, l’administration Bush et en premier lieu John Ashcroft, le minstre de la Justice, a aplani les difficultés et travaille à harmoniser les activités du FBI et de la FEMA. Des voix se sont déjà élevées pour préconiser un internement des Arabes-Américains, sur le modèle de l’internement des Américains d’origine japonaise pendant la deuxième guerre mondiale. En tout cas, les camps sont prêts à les accueillir.

24/02/03 - 3 nouvelles tentatives de suicide : Barbara Burfeind, porte-parole du Pentagone, a reconnu le mercredi 19 février que trois nouvelles tentatives de suicide avaient eu lieu parmi les prisonniers de guantanamo au cours de la semaine précédente. Elle a aussi annoncé que les autorités US étaient en train de transférer certains prisonniers dans d'autres lieux de détention, sans préciser de qui il s'agissait et dans quels pays ils étaient déportés. Elle a ajouté : « De temps en temps, le transfert ou la remise en liberté de détenus aura lieu, sans avis ni mention. » Les 3 prisonniers ont été traités à l'hôpital de la base après leur tentative et ont regagné leurs cellules, a-t-elle fait savoir. Quant au prisonnier traité depuis sa tentative de suicide le 16 janvier, elle a précisé qu'il "respirait encore" mais que son état "demeure incertain". La semaine précédente, Amnesty International avait réclamé une enquête pour établir si les méthodes d'interrogatoire utilisées contribuent aux tentatives de suicide. Les responsables US ont rétorqué que les méthodes d'interrogatoire étaient "humaines". « Est-ce qu'il faut que l'un de ces prisonniers meure avant qu'une investigation complète soit menée ? », a demandé Alistair Hodgett, porte-parole d'Amnesty à Washington. Depuis 13 mois, le nombre officiel des tentatives de suicide à guantanamo s'élève donc à 19. Certains prisonniers auraient tenté de se suicider à deux reprises.

24/02/03 - Condamnations au Maroc : Un tribunal marocain a condamné vendredi 21 février à  dix ans de prison trois membres saoudiens du réseau Al Qaïda pour avoir projeté d'attaquer des navires de guerre US et britanniques dans le détroit de Gibraltar. L'un de leurs avocats, Khalil Idrissi, a précisé que la Cour d'appel de Casablanca avait acquitté les trois hommes des charges de tentative de sabotage et de tentative de meurtre. "Ils ont été reconnus coupables de complot criminel, d'utilisation de faux documents et de séjour illégal au Maroc. Mais nous allons faire appel de ce verdict", a déclaré Idrissi.
La Cour d'appel a également condamné plusieurs complices de nationalité marocaine à  des peines moins lourdes, et notamment trois femmes condamnées à  six mois de prison pour utilisation de faux documents et destruction de preuves, rapporte l'agence officielle Map.
Les autorités avaient arrêté les dix suspects en mai et juin derniers. Elles les avaient accusés de planifier des "attentats terroristes" en territoire marocain et contre des navires empruntant le détroit qui sépare l'Afrique de l'Europe, ainsi que d'appartenance au réseau Al Qaïda.
D'après l'agence, un Marocain au moins a été acquitté. Les suspects étaient notamment accusés de complot, tentative de meurtre, sabotage au moyen d'explosifs et contrefaçon.
La défense avait affirmé que les suspects avaient été torturés par les services de sécurité et que le dossier à  charge avait été forgé de toutes pièces par les services secrets marocains.
Amnesty International affirme avoir été contactée par de nombreux détenus des prisons marocaines qui se plaignent de tortures et de mauvais traitements visant à  leur arracher des aveux ou à  les contraindre à  signer des déclarations qu'ils renient par la suite. "Amnesty International craint que cette affaire concernant dix hommes et femmes saoudiens et marocains (...) ne soit qu'un exemple parmi d'autres du recours aux détentions secrètes et aux tortures", a déclaré l'organisation.

24/02/03 - 90 suspects détenus en Arabie saoudite : Le prince Nayef, ministre saoudien de l'Intérieur, a déclaré le 19 février au journal Okaz que 90 des 250 suspects interrogés sur leurs liens avec Al Qaïda restaient maintenus en détention en Arabie saoudite. Selon le prince, les 250 suspects "ont des liens avec Al Qaïda et autres réseaux similaires, mais il nous faut encore déterminer le niveau d'engagement de chacun d'eux".  Parmi les suspects se trouvent environ 200 Saoudiens réfugiés d'Afghanistan en Iran et déportés de ce pays vers l'Arabie saoudite en janvier dernier. Un autre groupe de 13 personnes, dont un Soudanais, sont soupçonnés d'avoir tiré un missile contre un avion de guerre US qui s'envolait de la base aérienne Prince Sultan. D'autres ont été arrêtés sur la base de leurs activités religieuses. Ali Al Ahmed, de l'Institut saoudien de Washington, a déclaré au journal britannique The Guardian que certains des détenus mentionnés par le prince Nayef ont déjà été condamnés à des peines de 2 ans 1/2 à 3 ans de prison. D'autres seront, selon lui, condamnés à des peines plus lourdes, de 5 à 10 ans de prison, mais aucun ne semble risquer la peine capitale.

03/02/01 - Guéguerre humanitaire à Harvard - Sous ce titre, l'agence swissinfo écrit le 30 janvier 2003 :

La conférence de Harvard sur le droit humanitaire est critiquée par les ONG. Non invitées aux débats, elles craignent une réécriture des Conventions de Genève dont la Suisse est dépositaire.

Mais pour l'organisateur suisse de ce 'brainstorming', il y a malentendu. «Il s'agit de bâtir des réseaux de praticiens, de juges militaires, d'avocats pour mieux expliquer les Conventions», déclare à swissinfo Claude Bruderlein, organisateur de la conférence en tant que directeur du Programme des Politiques Humanitaires et de Recherche sur les Conflits à Harvard.

Pour lui, cette conférence qui s'est tenue de lundi à mercredi derniers sur le prestigieux campus de Harvard marque le début d'un processus de réflexion sur l'application des Conventions de Genève. Cela dans un contexte marqué par l'émergence de groupes armés non-étatiques qui modifie la nature des conflits.

ONG et presse mises de côté

Du côté des organisations non gouvernementales (ONG), l'heure est plutôt à l'irritation. Ainsi, Human Rights Watch déplore la mise à l'écart des ONG de ce processus.

«Nous sommes déçus de voir que le gouvernement suisse a insisté pour que les portes soient fermées», précise à swissinfo Kenneth Roth, le directeur de l'organisation humanitaire américaine.

Un point de vue réfuté par Claude Bruderlein. Ce dernier affirme que les ONG ont été consultées.

«Nous avons invité les ONG à faire des contributions écrites et à suggérer des experts indépendants, mais au lieu de ça, elles ont proposé des experts à elles», explique ce Suisse qui, avant de rejoindre Harvard, a travaillé au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et à la représentation helvétique à l'ONU.

Claude Bruderlein reconnaît cependant que l'absence des ONG reflète les souhaits des 25 gouvernements qui participent au processus de Harvard

Sortir du syndrome Guantanamo

«Les experts des gouvernements ont demandé à ce que nous limitions la participation des ONG et l'implication de la presse», souligne Claude Bruderlein.

«Les experts des gouvernements voulaient un certain niveau de confidentialité afin de pouvoir débattre librement, sans avoir peur que leur débat ne se retrouve dans la presse ou ailleurs», explique-t-il.

Le débat en question et la polémique qu'il provoque interviennent dans un climat exacerbé depuis le début de la guerre contre le terrorisme et la détention d'individus capturés en Afghanistan sur l'île de Guantanamo.

Les Etats-Unis ne considèrent pas ces détenus comme des prisonniers de guerre. Le CICR n'est pas d'accord avec cette interprétation des Conventions de Genève. Et Human Rights Watch craint que la conférence de Harvard ne vise à réécrire le droit humanitaire international.

«C'est un malentendu incompréhensible», répond l'organisateur de la conférence. «Il y a au contraire consensus pour dire qu'on ne doit pas réviser les conventions», ajoute Claude Bruderlein.

Il précise qu'en plus des experts gouvernementaux, la conférence a réuni quatre experts du CICR, un représentant de l'ONU, des universitaires et douze experts indépendants. Claude Bruderlein invite aussi les ONG à «sortir du syndrome Guantanamo».

«Il ne faut pas seulement dire aux responsables américains qu'ils se trompent, mais il faut également dialoguer avec eux, réaffirmer le droit, le soutenir avec des arguments clairs», dit-il.

«Il ne faut pas perdre de vue que, certes, il y a des problèmes à Guantanamo, mais qu'il y en a beaucoup d'autres ailleurs dans le monde», souligne Claude Bruderlein en précisant que la délégation américaine à la conférence était constituée de deux experts du Département d'Etat et deux autres du Pentagone.

Le Programme des Politiques Humanitaires et de Recherche sur les Conflits de l'université de Harvard a été créé il y a trois ans, à l'initiative de Berne. Il emploie une trentaine de personnes.

La Suisse assure la moitié du budget à hauteur de 500 000 dollars par an, le reste étant financé en particulier par la Grande-Bretagne, la Norvège et le Canada.

03/02/01 - Une tentative de suicide "sérieuse" : Le quotidien The Miami Herald du 2 février rapporte qu'un détenu de guantanamo a fait une tentative "sérieuse" de suicide dans sa cellule, en se pendant avec son drap, le 16 janvier dernier. Il est impossible de connaître son identité et son état exact. Mais l'affaire a été suffisamment prise au sérieux pour le Pentagone instruise le Département d'État pour que celui-ci informe le pays d'origine du détenu de son état. Selon le journal, les autorités du camp s'attendent à tout. Le personnel médical militaire a donc été informé des procédures à suivre pour respecter les rites mortuaires musulmans en cas de décès de détenus. Plusieurs dizaines d'actes d'auto-mutilations ou de tentatives de suicides ont eu lieu parmi les prisonniers de guantanamo depuis un an.Démarche du Parlement européen

Le Parlement européen a demandé jeudi 30 janvier à la Commission européenne de soutenir une résolution demandant aux USA de fournir immédiatement une information sur la situation ds prisonniers de guantanamo, y compris ceux qui ont été transférés de cette base vers d'autres lieux de détention, aux USA. Le parlement demande également aux autorités US de "libérer les prisonniers contre lesquels il n'existe pas de preuves tangibles".

03/02/01 - Démarche du Parlement européen

Le Parlement européen a demandé jeudi 30 janvier à la Commission européenne de soutenir une résolution demandant aux USA de fournir immédiatement une information sur la situation ds prisonniers de guantanamo, y compris ceux qui ont été transférés de cette base vers d’autres lieux de détention, aux USA. Le parlement demande également aux autorités US de “libérer les prisonniers contre lesquels il n’existe pas de preuves tangibles”

25/01/03 - Jack Thomas sera sans doute inculpé au Pakistan

Arrêté le 4 janvier 2003 à Karachi, l’Australien Jack Thomas, un ancien chauffeur de taxi de Melbourne converti à l’Islam, sera sans doute inculpé et jugé au Pakistan, d’après ce que croit savoir le consul d’Australie, qui a pu lui rendre visite et s’entretenir avec lui pendant 2 heures. Thomas, soupçonné d’avoir été entraîné dans un camp d’Al Qaïda en Afghanistan, ne devrait donc pas être livré aux USA. Deux Australiens sont détenus à guantanamo: David Hicks, capturé en Afghanistan, et Mamdouh Habib, qui a été arrêté au Pakistan. La nouvelle loi sécuritaire pakistanaise permet de détenir des suspects de terrorisme jusqu’à un an sans inculpation.

25/01/03 - Le cas du prisonnier danois et la “diplomatie discrète”

Un citoyen danois est détenu à guantanamo depuis le 12 février après avoir été capturé en Afghanistan. Arguant que sa famille avait peur, le gouvernement danois a tout fait pour empêcher que son identité soit divulguée. Le ministre des Affaires étrangères Per Stig Møller, qui a pu visiter le prisonnier il y a plusieurs mois, vient de faire de nouvelles déclarations fracassantes, critiquant directement l’attitude plus offensive adoptée par le gouvernement suédois pour le cas de Mehdi Mohamed Ghezali, dont la détention a été critiquée publiquement par le Premier ministre Göran Persson. Selon Møller, les prisonniers pourraient rester à guantanamo “20 ou 30 ans”, vu que la guerre contre le terrorisme sera longue et “il ne sert à rien de crier”. Et il a ajouté : « La Suède est le seul pays à avoir adopté un profil haut mais ça n’a pas eu de résultats. Par exemple, le prisonnier danois a pu recevoir plus de visites que le prisonnier suédois. Une diplomatie discrète est recommandée: cela donne de meilleurs résultats ».

25/01/03 - “Qui s’occupe d’orphelins et donne à manger aux pauvres est destiné à finir à guantanamo”

Ce texte était inscrit sur une des pancartes brandies dimanches dernier par des centaines de femmes qui ont manifesté devant l’ambassade allemande de Sanaa, au Yémen, pour protester contre l’arrestation le 10 janvier à Francfort de Cheikh Mohamed Ali Hassan Al Moayed et de son secrétaire mohamed Yahya Zayed. Les deux hommes sont détenus à la prison de Weiterstadt en attendant que la justice allemande examine la demande d’extradition des autorités US. La presse allemande a révélé que le Cheikh et Zayed ont été attirés dans un guet-apens par deux agents US qui s’étaient présentés comme des Musulmans voulant faire des donations pour les bonnes œuvres du Cheikh, qui dirige un centre d’aide communautaire à Sanaa.

25/01/03 - Le point sur les activités  du CICR

Le Comité international de la croix-Rouge (CICR) a publié le 6 janvier 2003 le document suivant, qui fait le point sur ses activités à guantanamo:

Le CICR visite régulièrement les personnes détenues par les États-Unis dans leur base de Guantanamo Bay, à Cuba, depuis l'arrivée des premières d'entre elles en janvier 2002. Les visites sont conduites par la délégation du CICR de Washington, avec l'accord des autorités américaines. Cette activité n'est pas spécifique à Guantanamo : en 2001, le CICR a visité près de 350 000 personnes détenues suite à des conflits armés partout dans le monde.

Résumé des activités

*        Le CICR visite plus de 600 détenus à Guantanamo Bay ; 40 nationalités y sont représentées et 17 langues principales parlées.

*        Au cours de l'année 2002, les équipes du CICR ont passé en tout environ 33 semaines à Guantanamo Bay. Les dernières visites ont pris fin le 3 janvier 2003.

*        Les équipes sont composées de délégués expérimentés connaissant bien les pays d'origine des détenus, ainsi que de spécialistes médicaux et d'interprètes.

*        Au début 2003, le CICR avait facilité l'échange de près de 3'200 messages Croix-Rouge entre les détenus et leurs familles, dont plus de 1'300 messages lors des dernières visites.

*        Le CICR a fourni à l'intention des détenus divers articles de culte et de loisirs, dont près de 600 livres dans des langues telles que le Santo, le russe, le chinois et le tadjik, ainsi que des chapelets et des couvre-chefs.

L'objectif des visites du CICR

Les visites à Guantanamo Bay, comme partout ailleurs, ont un but strictement humanitaire : faire en sorte que la dignité des détenus soit respectée et que ces personnes soient traitées avec humanité. Les délégués du CICR suivent en permanence la situation des détenus concernant la nourriture et les conditions d'hygiène et s'assurent qu'ils peuvent sortir à l'air libre et s'adonner à des exercices physiques. L'objectif visé est en effet de s'assurer qu'ils sont traités conformément aux normes juridiques reconnues à l'échelon international, en particulier aux Conventions de Genève de 1949. En tant qu'organisation humanitaire neutre, le CICR ne se prononce pas sur la culpabilité ou l'innocence d'un détenu.

Pourquoi le CICR ?

Le CICR visite les personnes détenues dans le cadre de conflits armés depuis 1915, lorsque ses délégués négocièrent l'accès aux prisonniers de guerre de la Première Guerre mondiale. La pratique selon laquelle l'institution visite les prisonniers de guerre – combattants capturés au cours d'un conflit armé international – est codifiée dans la Elie Convention de Genève, à laquelle les États-Unis et 189 autres États sont parties. L'article 3 commun aux quatre Conventions de Genève accorde également le droit au CICR de demander l'accès aux personnes détenues lors de guerres civiles.

Prisonniers de guerre – Oui ou non ?

La question de savoir si les personnes détenues à Guantanamo Bay sont des prisonniers de guerre ou non a donné lieu à une vaste polémique. Le CICR est d'avis que le statut juridique de chacun des détenus doit être précisé individuellement; à plusieurs reprises, il a demandé instamment aux États-Unis de le faire. Quoi qu'il en soit, les États-Unis ont le droit d'engager des poursuites à l'encontre de toute personne détenue à Guantanamo Bay soupçonnée de crimes de guerre ou d'autres infractions pénales, quelles qu'elles soient, punissables aux termes de la loi américaine, qu'elles aient été commises avant ou pendant les hostilités.

« Il était particulièrement important [...] de démontrer que le CICR n'était du côté d'aucune des parties, afin de gagner la confiance des autorités et des détenus. Il y avait bien sûr un certain degré de suspicion, mais heureusement, grâce au dialogue et par notre comportement, nous sommes parvenus à faire comprendre qui nous sommes et ce que nous faisons dans le monde entier. »

Responsable de l'équipe du CICR à Guantanamo Bay, avril-juin 2002

Modalités

À Guantanamo Bay, comme dans tout autre endroit où il visite des personnes privées de liberté, le CICR observe les mêmes modalités. Le plus important est que le personnel du CICR puisse s'entretenir sans témoin avec les détenus, hors supervision des autorités, de manière à pouvoir se faire une idée complète des conditions de détention. Les délégués du CICR doivent être autorisés à enregistrer les détenus, à inspecter librement toutes les cellules et autres installations utilisées par les détenus dans un lieu de détention. Ils doivent en outre pouvoir répéter leurs visites pour être en mesure de suivre la situation humanitaire pendant une certaine période.

Relations avec les autorités américaines

Au début et à la fin de chaque visite à la base de Guantanamo Bay, le CICR fait part de ses observations aux autorités militaires détentrices. Le CICR s'efforce de proposer des solutions concrètes à tout problème constaté par ses délégués. Le CICR communique aussi régulièrement le résultat de ses observations aux autorités militaires et civiles concernées à Washington.

Confidentialité

Le CICR ne fait pas de déclarations publiques concernant la situation à Guantanamo Bay. En règle générale, il discute de toutes les questions liées à ses visites dans les lieux de détention avec les autorités concernées exclusivement. Cela évite que des informations confidentielles soient exploitées à des fins politiques et permet à l'institution d'avoir en tout temps accès aux détenus. Très fréquemment, les visites des délégués du CICR sont le seul contact des détenus avec le monde extérieur ; des déclarations publiques pourraient rapidement entraîner la suspension des visites par les autorités, ce qui serait contre l'intérêt des prisonniers. La règle de la confidentialité découle de la pratique générale du CICR ; elle a permis à l'institution de visiter des millions de détenus dans le monde entier depuis près d'un siècle.

Messages Croix-Rouge

Ces messages permettent aux détenus de Guantanamo Bay de rester en contact avec leur famille. Ils ne contiennent que des nouvelles personnelles et sont vérifiés par les autorités américaines avant d'entrer à Guantanamo Bay ou d'en sortir. Les messages Croix-Rouge sont pour les détenus un lien essentiel qui les relie au monde extérieur. Chaque message Croix-Rouge écrit à Guantanamo Bay est remis en main propre à son destinataire par le CICR, qui coopère avec les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ; celles-ci se chargent en outre de collecter les réponses écrites par les familles des détenus.

25/01/03 - Des nouveaux prisonniers à guantanamo?

Selon Amnesty international, le camp de prisonniers de guantanamo continuerait de recevoir de nouveaux prisonniers. Ainsi l’organisation est en train d’enquêter sur le cas de deux hommes arrêtés en novembre dernier en Gambie et qui auraient été déportés en secret à guantanamo. Le CICR, unique organisation indépendante autorisée à visiter le camp, ne peut ni confirmer ni infirmer l’information, étant tenu à la confidentialité. Durant sa dernière visite au camp début janvier, le CICR a pu s’entretenir avec 619 prisonniers.

25/01/03 - Réunion d’experts à Boston

Le gouvernement suisse organise à la fin du mois à Boston, USA, une réunion d’experts accueillie par le Harvard program on humanitarian policy and conflict research. Des experts gouvernementaux et universitaires, des représentants de l’ONU et du CICR, en tout 70 personnes, réfléchiront aux éventuelles adaptations du droit humanitaire international face à l’évolution des conflits actuels dans le monde et à la privatisation de la violence. Entre autres, ils aborderont la question du statut des prisonniers de guantanamo et les conséquences de la “guerre contre le terrorisme”.

22/01/03 - Une visite dans le royaume du colonel Adolf McQueen

Un nom pareil, ça ne s’invente pas: c’est celui du chef opérationnel du Camp Delta, à la base de guantanamo, où sont détenus dans des cages de 5 mètres carrés 625 hommes accusés d’être des “combattants ennemis”. Deux journalistes suédois ont pu y passer 3 jours et racontent ce qu’ils ont vu et entendu dans le quotidien Dagens Nyheter du 20 janvier. En fait, explique Georg Cederskog, si lui et Paul Hansen ont été les premiers journalistes européens à être admis à guantanamo, c’est que « la direction militaire s’est résolue à une politique médiatique “plus agressive” après les fortes réactions et les rumeurs qui ont entouré l’activité du camp après son ouverture le 11 janvier de l’année dernière ». Donc, ils ont pu accéder au camp et s’y déplacer, en passant 5 grilles et toujours sous escorte militaire, mais des prisonniers, ils n’en ont entrevu qu’un, un adolescent de 15 ans, qui était en soins à l’hôpital du camp, entouré de personnel portant des masques de protection pour se protéger des risques d’infection de tuberculose. Et la plupart des questions qu’ils avaient sont restées sans réponse. Toutes les interviews avec le personnel de garde et les officiers sont enregistrées et ensuite transcrites pour rapport au général Miller, un “2 étoiles” qui commande le camp. On apprend tout de même que les prisonniers, bien nourris 3 fois par jour, ont augmenté en moyenne de 8 kg. Les cellules sont des cages d’acier galvanisé avec un sol en ciment. Elles mesurent 2,13m. X 2,43m. Au pied du lit, une flèche bombée à l’aérosol indique la direction de la Mecque et la distance: 12 973 km. Les prisonniers peuvent se doucher, se raser et avoir 20 minutes de “récréation” dans une cour minuscule de 2 à 4 fois par semaine selon un système de récompenses à quatre degrés. S’ils se comportent bien, ils peuvent avoir un ballon de foot, une couverture supplémentaire, une bouteille d’eau, deux paquets supplémentaires de sel, un échiquier ou un jeu de dames. L’équipe médicale du capitaine Albert Shimkus dit avoir réalisé 70 opérations, surtout orthopédiques pour blessures de guerre mais c’est le besoin de soins psychiatriques qui a le plus augmenté. Des psychiatres ont donc été envoyés au camp. Selon Shimkus, « 5 à 7% des détenus ont des problèmes psychologiques et reçoivent des médicaments pour cela. Un certain nombre souffraient déjà auparavant de stress post-traumatique déclenché par leurs expériences de guerre. » Les gardiens et le personnel du camp se font généralement traiter d’ânes par les prisonniers, qui leur jettent de l’eau et des restes de nourriture ou crachent sur eux. Les relations entre les gardiens et les prisonniers se limitent au “strictement professionnel”, même si certaines gardiennes prétendent que des prisonniers flirtent avec elles. Les prisonniers passent leur journée à dormir, à réaliser des sculptures avec du papier hygiénique, à lire le Coran, mais il y a aussi des livres de Disney et des livres scolaires en langues étrangères. Mais la plupart du temps où ils sont réveillés, les prisonniers le passent à discuter entre eux à travers les grillages. Prochainement, une quatrième série de cellules vont être disponibles: les prisonniers les plus méritants pourront y être déplacés. Ils seront regroupés en groupes de douze et pourront se déplacer un peu plus librement.

À 7 km de cet enfer aseptisé et non-climatisé, il y a l’autre cauchemar climatisé, la “ville” où vivent les 5 000 militaires du camp, avec son parcours de golf, son club de bowling, son cinéma drive-in, qui projette “Harry Potter 2”, et son inévitable McDo. Plantée sur le territoire communiste de Cuba, la base est un morceau d’Amérique avec ses Levi’s, ses Big Mac et ses jeeps Chevrolet conduites par des jeunes gars, casquette vissée sur leur boule à zéro, qui font marcher à fond la sono de l’auto-radio d’où s’échappe la musique d’Eminem. Jusqu’à quand les prisonniers resteront-ils dans le royaume du Colonel Adolf Mac Queen?, ont demandé les journalistes au Général Miller. « Jusqu’à ce que nous gagnions la guerre contre le terrorisme », a répondu le 2-étoiles, « Nous faisons ici de grands progrès chaque jour, mais il s’agit d’une guerre globale contre le terrorisme. Je crois que ça va prendre du temps. » Oui, Général, beaucoup de temps. Et si, en un an, le “Joint interrogation group” qui interroge les prisonniers n’a pas trouvé l’adresse du Mollah Omar et de Ben Laden, il n’y a pas de raison qu’il la trouve de sitôt sous le soleil de plomb des Caraïbes. Et si ça continue comme ça, les tentatives de suicide - dix en un an - à l’aide d’un drap torsadé risquent de se multiplier, malgré tous les cocktails chimiques qu’on trouvera à administrer aux otages de l’Empire.

20/01/03 - Création du Groupe Guantanamo en Suède

Le Groupe Guantanamo a été fondé samedi 18 janvier à Stockholm à l’initiative de Gösta Hultén. Le Groupe demande au gouvernement suédois d’exiger la libération de Mehdi Mohamed Ghezali, le jeune Suédois de père algérien et de mère finlandaise détenu à Guantanamo depuis un an. Il comprend dans son conseil d’administration plusieurs députés, dont le conservateur  (Parti modéré) Henrik von Sydow, l’écologiste Gustav Fridolin (Parti de l’environnement) et la communiste Marianne Eriksson, député européenne du Parti de gauche, ainsi que l’avocat Peter Althin. « Nous considérons qu’il (Mehdi) est soumis à un meurtre judiciaire et nous allons nous battre pour qu’il soit libéré», a déclaré Gösta Hultén, qui a ajouté: «Mais notre priorité est faire pression sur le gouvernement pour qu’il sorte de son mutisme et exige sa libération.» Récemment, Mehdi Mohamed Ghezali a reçu la visite d’un membre de la police politique suédoise accompagné d’un fonctionnaire du ministère de la Défense ancien officier de renseignement. Ils ont pu le rencontrer deux jours de suite. Selon son avocat, le prisonnier a été très peu bavard durant les visites, qui se passaient en présence d’ «observateurs» US. Le père de Mehdi Ghezali a, dans le courant de l’année, mené deux grèves de la faim publiques, enfermé dans une cage de mêmes dimensions que celle dans laquelle son fils était enfermé à Guantanamo. Il prépare une tournée de sensibilisation en Europe. Mehdi Mohamed Ghezali, 23 ans, a été fait prisonnier le 19 décembre 2001 en tentant  de passer la frontière afghano-pakistanaise. Un mois plus tard, il était déporté à Guantanamo. Né en Suède, il est citoyen de ce pays. On ignore ce que les autorités US lui reprochent.

20/01/03 - Communiqué lu lors du rassemblement à Paris pour la libération des prisonniers de Guantanamo

A l’appel des associations  : Le Collectif des Associations Françaises pour la Libération des Prisonniers de Guantanamo, La Pierre et l'Olivier, réseau de solidarité avec le peuple de Palestine et du Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe, nous nous sommes rassemblés ce jeudi 9 janvier 2003 place de Fontenoy, face au siège de l’UNESCO, à Paris, pour protester énergiquement contre la séquestration de plus de 600 prisonniers de guerre dans le bagne de Guantanamo. Ces prisonniers-otages sont détenus dans des conditions inhumaines et dégradantes. Ils ont subi et continuent à subir des sévices physiques et psychologiques.

Nous déclarons solennellement que cette séquestration constitue une violation flagrante de la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre et de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Nous demandons à la communauté internationale de se mobiliser pour exiger la libération de ces prisonniers de guerre tant que les Etats-Unis continuent de violer le droit international en leur refusant ce statut et en les maintenant dans un flou juridique inacceptable. Si les Etats-Unis ont opté pour ce flou, c’est sans nul doute qu’ils craignent qu’une juridiction régulière ne révèle que cette opération n’est qu’un bluff politique pour justifier la guerre en Afghanistan, et les guerres actuelles contre les peuples iraqien et palestinien.

Paris, le 9 janvier 2003 

Associations et personnalités représentées :

Le Collectif des Associations Françaises pour la Libération des Prisonniers de Guantanamo ; Ginette Skandrani, La Pierre et l'Olivier, réseau de solidarité avec le peuple de Palestine ; Mondher Sfar, Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe ; Rassemblement des Tunisiens Libres ; Fausto Giudice - Alliance Zapatiste de Libération Sociale ;  Violette Daguerre, Présidente Commission Arabe des Droits Humains ; Association de Solidarité Franco-Palestinienne ; Musulmanes en Mouvement ; Claudine Roméo – Universitaire, Paris ; Maria Poumier – Universitaire, Paris ; Collectif des Ivoiriens de France pour les Droits Humains et la Démocratie ; Jean-François Poirier, Philosophe ; Ali Abdulla – Qatar ; Sultan Khalifa – Qatar ; Mohamad Ojan – Qatar ; Alain Le Cœur, Commission Transnationale des Verts ; Ahmed Manaï – Tunisie ; Larbi Alili – Pays-Bas ; Najeeb Al Nuaimi – Qatar ; Mohamed Al Mohd – Qatar ; Musulmanes en Mouvement ; Rabia Zibar ; Khadija Bouabdellah

18/01/03 - guantanamo, premier camp de concentration off shore de l’Empire - Appel du Collectif guant@namo - janvier 2003

Depuis un an, 625 citoyens de 42 pays sont enfermés dans le Camp baptisé X-Ray (“Rayon X”) de la base militaire US de guantanamo, sur l’île de Cuba. Étiquetés “combattants ennemis” par le Pentagone, ils n’ont aucun statut. Ils ne sont en effet ni prisonniers de guerre, ni prisonniers politiques, ni même détenus de droit commun. Enfermés dans des cages, ils sont otages du bon vouloir du chef de la première puissance mondiale, le nouveau croisé George Bush. La juridiction US ne s’appliquant pas sur le territoire de guantanamo, le Camp X Ray est le premier camp de concentration off shore (=extraterritorial) de l’Empire.

Hors du droit, les otages de guantanamo sont aussi maintenus hors du monde, pratiquement coupés de toute communication avec l’extérieur, que ce soit avec leurs parents, leurs avocats ou des élus de leur pays. Cette situation unique est une grande première dans l’histoire mondiale. Si nous ne nous y opposons pas, elle est appelée à se reproduire ailleurs, pour d’autres otages, par exemple demain des Iraquiens ou même des militants no global (=anti-mondialisation) de pays démocratiques. L’effet guantanamo se fait déjà sentir aux quatre coins de la planète. De très nombreux gouvernements, cédant aux pressions de la CIA et du Pentagone, ont déjà pris des dispositions pour créer dans leur pays des zones de non-droit, au nom de la “guerre contre le terrorisme”. Nous vous appelons donc à vous mobiliser pour animer une campagne mondiale contre Guantanamo, sur les thèmes suivants:

1° - Les otages de guantanamo ont des droits: droit à la défense, droit à la communication, droit à la justice.

2° - Ils doivent être soit jugés, soit libérés.

3° - Les Nations unies doivent constituer une commission indépendante d’enquête et d’instruction, composée d’experts des 5 continents, pour déterminer où et par qui les prisonniers doivent être jugés. Pendant les travaux de cette commission, les prisonniers doivent être transférés de guantanamo vers un pays neutre et confiés aux bons soins de la Croix-rouge et du Croissant-Rouge. La commission devra trancher entre 4 possibilités: remise en liberté, jugement aux USA, jugement en Afghanistan, jugement dans le pays d’origine du détenu. Elle devra établir un montant d’indemnités à verser par le gouvernement US à tous les prisonniers remis en liberté et à leurs familles

Depuis un an, des parents de ces otages se battent un peu partout dans une grande solitude, secondés par des avocats courageux mais impuissants. La bataille de Guantanamo concerne tous les citoyens du monde épris de liberté, de pluralité, de diversité et de justice. Contre l’Empire  , seules des multitudes multicolores peuvent empêcher que les pires cauchemars s’imposent à tous. Aujourd’hui à guantanamo, demain chez toi!

Nous constituons ce jour le Collectif guant@namo, partie prenante du Réseau mondial guant@namo, qui agit pour la fermeture de ce camp de concentration.

L’engagement dans ce collectif se fait uniquement sur une base individuelle. Nous appelons tous ceux qui le veulent à nous rejoindre ou bien à créer leur propre structure et à établir une relation de travail avec nous. Le gage de réussite de la campagne sera sa capacité à mobiliser des multitudes dans un esprit mondial égalitaire, dans le respect des spécificités et des motivations particulières, pour “un monde contenant tous les mondes”, contre toute forme de pensée unique et les monstruosités en découlant.

Pour tout contact avec le Collectif guant@namo, écrire à: xraydelta@lvo.info.

NOUS VOUS INFORMERONS EN RETOUR DE NOS ACTVITÉS. NOUS VOUS ENCOURAGEONS VIVEMENT À REPRODUIRE ET DIFFUSER CET APPEL! ENVOYEZ-NOUS L'ADRESSE DES SITES SUR LESQUELS VOUS L'AUREZ PUBLIÉ.

18/01/03 - 3 300 messages échangés entre les prisonniers et leurs familles

Le Comité international de la Croix-Rouge a déclaré la semaine dernière qu'il avait acheminé 3 300 lettres brèves entre les prisonniers de Guantanamo et leurs familles. Les prisonniers n'ont que ce moyen pour "communiquer" avec l'extérieur, ne pouvant ni téléphoner ni recevoir de visites. Leurs lettres, censurées et réduites à quelques lignes, sont acheminées soit par les postes US soit par la Croix-Rouge. Celle-ci a aussi la possibilité de visiter les prisonniers, ce qu'elle a fait à quatre reprises. Les USA refusant de publier les noms des détenus, les lettres sont souvent le seul moyen pour les familles de savoir qu'un des leurs est à Guantanamo.

17/01/2003 - Le camp de Guantanamo prêt à accueillir de nouveaux prisonniers

Le général Geoffrey Miller, qui dirige le camp de Guantanamo, a déclaré que la guerre contre l’Iraq pourrait conduire à l’arrestation de nouveaux suspects de terrorisme qui pourraient être déportés à Guantanamo. Des travaux de construction d’un nouveau bloc de détention ont étendu les capacités d’accueil à 1 000 places. Le général Miller a exprimé sa satisfaction: « La guerre contre le terrorisme est un énorme succès. C’est une guerre globale et comme pour toute activité globale, elle exige du temps, de la patience et de l’engagement. » Et, ajoute-t-il, les prisonniers jouissent de conditions humaines. La preuve, leur poids a augmenté en moyenne de 13 livres. Que dix d’entre eux aient tenté de se pendre ne le gêne pas.

14/01/03 - Les avocats norvégiens dénoncent les violations des droits humains Dans une lettre adressée notamment à l'ambassade US à Oslo, l'Association norvégienne des avocats dénonce la manière dont "les USA mènent la lutte contre le terrorisme". Elle dit comprendre que les USA essayent de démasquer et punir les responsables d'actes de terreur et tentent de s'en protéger, mais cela doit se faire dans le respect des droits humains fondamentaux. Dénonçant les conditions de détention à Guantanamo, l'Association écrit que les abus commis par les autorités US remplacent le droit par la force et ne font que nourrir l'opposition à leur politique et entraîner de nouveaux actes de terreur.

14/01/03 -Le gouvernement saoudien veut rapatrier les détenus saoudiens

Un porte-parole du ministère saoudien de l'Intérieur a déclaré dimanche que le gouvernement de Riyadh avait créé un bureau de liaison afin de recueillir des informations et de chercher à rapatrier les Saoudiens détenus à Guantanamo, en Afghanistan, au Pakistan et en Tchétchénie, "pour les juger en Arabie saoudite". Plus de 100 Saoudiens sont détenus à Guantanamo. Le bureau de liaison aura aussi pour tâche d'informer les familles des détenus sur leur état et leurs conditions.

13/01/03 - L'An II du premier camp de concentration off shore de l'Empire

Le 10 janvier, le camp de concentration de Guantanamo est entré dans deuxième année d'existence. 625 hommes de 42 nationalités y sont détenus dans des cages. La plupart ont été capturés en Afghanistan. En octobre, 4 d'entre eux ont été libérés et 30 autres ont été internés à  leur tour. Ces hommes ont été définis par le Pentagone "combattants ennemis" mais n'ont aucun statut juridique: ils ne sont ni prisonniers de guerre, ni prisonniers politiques ni même détenus de droit commun. En novembre 2001, George Bush a signé un décret instituant qu'ils pourraient être jugés par des commissions militaires. Devant ces commissions militaires, qui peuvent condamner à  la peine capitale, les avocats de la défense doivent obligatoirement être des membres de l'armée US. Hors du droit, les otages de Guantanamo sont aussi maintenus hors du monde: ils ne peuvent recevoir aucune visite de parents, d'avocats ou d'élus de leur pays. Certains d'entre eux ont pu être visités par des représentants des gouvernements ou des polices de leurs pays. Une partie d'entre eux ont été ponctuellement autorisés à  expédier des lettres sommaires. Un détenu saoudien vient d'être autorisé à  une communication téléphonique avec sa famille. La situation de Guantanamo, qui est une enclave US en territoire cubain, est unique. En effet, son territoire n'est pas soumis à  la juridiction US. L'avocat qatari d'une cinquantaine de prisonniers a demandé à  l'ambassadeur cubain: « Mais pourquoi Cuba ne les juge pas? Ça n'est pas un pays indépendant?» L'ambassadeur lui a répondu: « Ah! Vous croyez que Cuba est indépendant?»

Guantanamo, avec son camp X-Ray et son camp Delta est le premier camp de concentration off shore (= extraterritorial) de l'Empire. Tolérer son existence, c'est permettre que d'autres camps s'ouvrent sur la planète pour d'autres "combattants ennemis", demain des Iraquiens, après-demain des militants anti-mondialisation d'Europe ou d'ailleurs. Tous ceux et toutes celles qui sont opposés à  la globalisation US, qui croient en la liberté, en la justice et en la diversité doivent s'engager pour réclamer la fermeture des camps de Guantanamo. Les 625 otages doivent être libérés ou jugés! Désormais, sous la rubrique "Guantanamo", quibla publiera des informations et des contributions du monde entier sur les nouveaux camps de concentration mais aussi des informations sur "l'effet Guantanamo", c'est-à -dire tous ces actes de répression hystériques menés dans le monde entier au nom de la "guerre contre le terrorisme". De Stockholm à  Doha, de Cotabato à  Alger, nous sommes tous concernés.

13/01/03 - Nouvelles paroles pour une vieille chanson : Tout le monde connaît l'air de la veille chanson cubaine Guantanamera. Une internaute cubaine vous propose un nouveau texte en français à  chanter sur l'air  de cette chanson. Toutes autres propositions sont les bienvenues!

Refrain

1.Guantaaanamo! (- Guantanamera! )

condamnés , mêm' pas jugés : (guajira guantanamera!)

c'est l'Améri-ique (Guantanamera....)

On est tous des terrorisques ! (- Guajira guantanamera!)

Couplet

2 Iraq, Afghans, Palestine, (Yo soy un hombre sincero,)

Gloire aux martyrs pour la paix ! (De donde crece la palma;)

La terre entière massacré-ée ( Antes de morirme quiero)

Connaît ses vrais ennemi-is ! (-Echar mis penas del alma!)

[Sur l'air du refrain]

3. Non à  la guerre

Pour les beaux yeux d'l'Israël

Et d'l'Amérique

On est tous des terrorisques !

Couplet   

4.Aux armes frères du monde,

Formons partout nos bataillons :

Reprenons l'eau, le pétrole,

Bouchers, charognes go home!

[Refrain]

5.Guantanamo,

Condamnés , mêm' pas jugés :

C'est l'Amérique

On est tous des terrorisques !

Couplet

6.Bâillonnés ou torturés,

On est tous dans l'même bateau-ô !

Ne soyons plus les otages,

Debout, les damnés d'la terre !

[Sur l'air du refrain]

7.Non à  la guerre

Pour les beaux yeux d'l'Israël

Et d'l'Amérique

On est tous des terrorisques !

13/01/03 - L'hypocrisie du gouvernement algérien

“Dans une déclaration au Jeune Indépendant, Belkhadem affirme: «Guantanamo : on ne sait rien sur les prisonniers algériens»”. Sous ce titre, Sihem H. écrit dans le quotidien algérien Le Jeune Indépendant du 8 janvier 2003 ce qui suit:

L'Algérie n'a toujours pas été saisie officiellement à  propos des «prétendus» détenus algériens se trouvant dans la base militaire américaine de Guantanamo Bay située à  Cuba.

Dans une déclaration au Jeune Indépendant, en marge de la journée d'études organisée au Conseil de la Nation, le ministre des Affaires étrangères, M. Abdelaziz Belkhadem, a affirmé, hier, que c'est une situation très délicate qui implique des mesures en conséquence. Il ajoute, à  cet effet, que son département, à  l'exception de quelques informations officieuses et autres écrits de presse, ne connaît rien sur le nombre de ces détenus, encore moins sur les conditions dans lesquelles ils se trouvent. «Vous savez que les affaires de terrorisme donnent toujours du fil à  retordre dans la prise de décisions adéquates. C'est sans doute ce qui explique le fait que les autorités concernées n'ont toujours pas jugé utile de nous contacter pour une éventuelle extradition», dira M. Belkhadem qui ne nie pas, toutefois, que c'est une affaire «très sensible». D'autant plus, ajoute-t-il, que parmi les détenus figurent des binationaux qui, en plus d'être Algériens, ont la nationalité bosniaque. «On ne peut rien faire pour cette catégorie de personnes», affirme M. Belkhadem.

«Même les familles des détenus concernés ne nous ont pas sollicités pour une intervention, ce qui devrait être normalement élémentaire», dira-t-il en ajoutant que ce n'est que dimanche dernier que le frère de l'un des détenus a pris attache avec le département des Affaires étrangères.

«On ne peut pas se permettre de s'immiscer dans ce genre d'affaire, mais une fois saisis, les mesures adéquates seront prises», dira M. Belkhadem sans s'étaler sur la nature de ces mesures, en se contentant juste d'indiquer que ce sont les mêmes que celles prises dans pareilles circonstances dans le monde, dans le cadre diplomatique.

Huit Algériens sont emprisonnés, rappelle-t-on, dans cette base américaine depuis le début de l'année 2002. Six parmi eux sont détenteurs, en plus de la nationalité algérienne, de la nationalité bosniaque et deux autres sont Français d'origine algérienne.

Les six mis en cause ont été appréhendés par les services secrets américains à  Sarajevo, le jour de leur remise en liberté par la Cour suprême croato-bosniaque qui les a disculpés faute de preuve concrètes.

Ils étaient accusés d'appartenir au réseau d'Al Qaïda et d'avoir planifié un attentat contre l'ambassade américaine à  Sarajevo. Leur arrestation par les autorités américaines avait été sévèrement condamnée par les associations de défense des droits de l'homme. En Algérie, Me Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative pour la promotion des droits de l'homme, avait recommandé aux autorités algériennes, durant le mois de décembre écoulé, d'entamer officiellement des démarches auprès de l'Administration américaine à  propos de ces prisonniers.

Me Ksentini avait précisé qu'il a été informé de cette affaire par Human Rights Watch, lors du déplacement d'un représentant de cette organisation dans notre pays.

13/01/03 - Diego Garcia, un Guantanamo bis?

La flotte militaire US loue la base militaire britannique dans l'Océan Indien. Le 27 décembre dernier, une information paraissait dans le Washington Post et le Herald Tribune: « Les USA détiennent des prisonniers d'Afghanistan à  Diego Garcia dans des conditions similaires à  celles de Guantanamo». La Baronesse Amos, ministre du Foreign Office s'est empressée de démentir cette information le 8 janvier devant la Chambre des Lords en déclarant: « Il n'y a pas de suspects de terrorisme à  Diego Garcia et, selon la loi en cours sur le Territoire britannique de l'Océan Indien, il n'y aurait aucune autorité en mesure de détenir des suspects d'Al qaïda sur ce territoire». Interrogée pour savoir si les USA détenaient qui que ce soit à  Diego Garcia, la baronesse a simplement dit "ne pas être au courant d'une quelconque requête faite au gouvernement britannique". Question: peut-on croire aveuglément les déclarations d'une ministre de Tony Blair?

13/01/03 - "Le drapeau US mérite bien mieux que ça"

Khalid Al Odah n'a rien d'un ennemi de l'Amérique, bien au contraire. Cet ancien colonel de l'aviation koweïtienne a été formé aux USA et il a travaillé pour les renseignements militaires US pendant la Guerre du Golfe. Lorsqu'il a appris que son fils Faouzi, un enseignant de 25 ans, avait été arrêté par les forces US à  la frontière afghano-pakistanaise, il a eu confiance: le jeune homme pourrait expliquer facilement sa situation et serait donc rapidement relâché. Faouzi, un enseignant, profitait de ses vacances pour faire du travail humanitaire au Pakistan auprès des enfants de réfugiés afghans. Lorsque les bombardements US commencèrent sur l'Afghanistan, il s'est tout naturellement retrouvé en train d'aider des civils afghans à  se réfugier au Pakistan. «Quand j'ai appris qu'il avait été remis aux Américains, j'étais vraiment partiellement soulagé, parce qu'il s'agit d'un pays civilisé et d'une nation civilisée.» Puis, le choc est venu lorsque Al Odah a appris que son fils avait été transporté à  Guantanamo, au camp X-Ray. La famille de Faouzi et celles des autres détenus koweïtiens ont déposé une plainte contre le gouvernement US, demandant que leurs proches aient accès aux tribunaux US pour plaider leur cas. L'été dernier, un juge fédéral de Washington les a déboutés, décrétant que les prisonniers n'ont pas droit à  une protection constitutionnelle. L'affaire suit son chemin devant les cours d'appel fédérales. Faouzi a écrit à  sa famille. Il est sûr d'être bientôt à  la maison. Mais d'après les militaires US, la plupart des prisonniers ne reverront pas leur maison d'ici de longues années. Malgré cela, Khalid Al Odah n'a pas changé de position en faveur des USA et de leur "guerre contre le terrorisme". Il dit que ce qu'il connaît des USA lui rend encore plus difficile la compréhension de cette expérience. « Ce n'est pas le principe américain, ce n'est pas la voie américaine que je connais. Je pense que le drapeau US mérite bien mieux que ça.»

13/01/03 - Un citoyen US peut être traité en "combattant ennemi"

La 4ème Cour d'appel de circonscription Us a rendu un jugement important qui risque de faire jurisprudence, à  moins que la Cour suprême, une fois saisie de l'affaire, n'en décide autrement, ce qui serait étonnant, vu la "déférence" dont font montre les hauts magistrats Us à  l'égard de la Maison blanche, qui les nomme, et du Pentagone. La Cour d'appel a ainsi annulé la sentence d'une juridiction inférieure concernant le cas de Yasser Asem Hamdi. Ce jeune homme de 22 ans a été capturé, selon l'accusation, "un AK 47 à  la main" en Afghanistan. détenu à  Mazar-e-Sharif pendant la révolte et le massacre des prisonniers, il fut ensuite transféré à  Guantanamo avant qu'on découvre que ce Saoudien était né en Louisiane et était donc citoyen US. Il fut donc transféré sur un bateau-prison à  Norfolk, Virginie, mais néanmoins traité en "combattant ennemi", c'est-à -dire privé d'avocat et interdit d'accès aux preuves que disait détenir l'accusation. Le premier tribunal, à  Norfolk, ayant jugé qu'il avait, en tant que citoyen US, un droit à  la défense et à  la vision des preuves contre lui, l'accusation a fait appel et la Cour d'appel lui a donné raison. L'avocat commis d'office pour le "défendre" a été empêché de s'entretenir avec lui. La Cour d'appel, constituée de 3 juges, dont 2 nommés par Reagan et 1 par Clinton, a jugé que sa qualité de citoyen US ne s'opposait pas à  ce qu'il soit traité "selon les lois de la guerre", même si la guerre d'Afghanistan était "non conventionnelle", donc en tant que "combattant ennemi". La Cour a bien pris soin de préciser que cette "règle" s'appliquait à  un citoyen US pris les armes à  la main dans une zone de combat hors du territoire US et non pas à  un citoyen US arrêté aux USA mêmes. Elle entendait ainsi que son arrêt ne fasse par jurisprudence pour des prisonniers comme José Padilla, cet ancien membre d'un gang urbain converti à  l'Islam, arrêté à  l'aéroport de Chicago à  son retour du Pakistan et accusé d'avoir préparé un attentat avec une "bombe sale" nucléaire. Le jugement sur Hamdi a été fortement critiqué par de nombreux juristes et des organisations de défense des libertés. "Cette décision entérine la création d'un no man's land constitutionnel", a commenté Susan Herman, prof de droit à  l'École de Droit de Brooklyn. D'autres commentateurs ont comparé cette situation à  celle des citoyens US d'origine japonaise internés sans jugement durant la seconde Guerre Mondiale et qui ont eu droit, bien plus tard, à  des excuses du gouvernement US. Hamdi devra donc attendre maintenant une éventuelle sentence de la Cour suprême.

13/01/03 - Le combat du père algérien d'un "combattant ennemi" suédois

Mehdi Ghezali continue son combat solitaire dans le glacial hiver suédois de la ville d'à–rebro où il vit. Son fils Mehdi Mohamed a "fêté" ses 23 ans à  Guantanamo. Arrêté lors d'une tentative sanglante de fuite au Pakistan en décembre 2001, il est au camp X-Ray depuis janvier 2002. En un an, il a pu faire parvenir 5 messages. Les dernières nouvelles de lui remontent au 8 janvier: une lettre écrite le 6 novembre. Quelques lignes pour dire: « Je vais bien, salue tous ceux qui me connaissent. Prie pour que Dieu m'aide.» Il y a quelques jours, un policier suédois et un membre de l'ambassade suédoise à  Washington ont pu rencontre le prisonnier pendant deux jours. Mehdi ne l'a appris que lorsque les médias l'ont appelé. Puis son avocat lui a fait savoir que le ministère suédois des Affaires étrangères lui donnerait des nouvelles de cette visite dans quelques jours. «Lorsque je lis ses lettres, je pleure.» Mehdi a déjà  mené deux grèves de la faim, enfermé dans une cage minuscule pour dénoncer la situation de son fils. Il envisage maintenant de faire une tournée en Europe avec sa cage qui le conduira jusqu'à  Bruxelles "pour réveiller tous les gouvernements européens". « Je veux que le gouvernement suédois se batte pour faire rentrer le garçon avant qu'il pourrisse», dit-il. Et son avocat critique le gouvernement qui a pris tellement de temps pour organiser une visite au prisonnier. Pourtant, en septembre, le Premier ministre social-démocrate Göran Persson avait critiqué le camp de Guantanamo comme  "inacceptable".

13/01/03 - Le Parlement de Bahreïn s'engage pour les otages

Suivant l'exemple du Majlis Al Umma du Koweït, qui a constitué un comité parlementaire pour s'occuper activement du sort des citoyens koweïtis détenus à  Guantanamo, le Parlement du Bahreïn s'est à  son tour engagé dans la bataille et a constitué un comité, à  l'appel de Abdullah Al A'ali, vice-président du Comté des affaires législatives et légales. Le Comité s'occupera à  la fois du sort de 10 étudiants bahreïnis disparus en Iraq, où ils étudiaient, depuis septembre 1991, et de celui de six concitoyens détenus à  Guantanamo depuis octobre dernier. Les membres du comité tenteront de retrouver les disparus, de rencontrer les détenus et de coordonner le travail avec le ministère des Affaires étrangères et les ambassades compétentes de l'émirat. Pour Guantanamo, espérons qu'ils auront plus de chances que leurs collègues koweïtis, dont les demandes de visite à  Guantanamo ont essuyé des fins de non-recevoir, les USA laissant seulement des représentants du ministère de l'Intérieur du Koweït rencontrer les prisonniers.

31/12/02 - Les détenus algériens de Guantanamo abandonnés par leur pays

Les familles de six Algériens détenus à Guantanamo viennent d'écrire à Bush sur le sort réservé à leurs enfants détenus depuis plus d'un an. Au nom du collectif des familles, Abdelkader Aït Idir s'est déclaré "offusqué" par la "passivité" de l'Etat algérien et le "refus de ses responsables à défendre les Algériens en dépit du fait qu'ils soient innocents de toutes les charges retenues contre eux par le ministère américain de la Défense". Abdelkader Aït Idir a précisé que les six détenus, tous pères de famille, installés légalement en Bosnie depuis le début des années 90, ont été arrêtés par la police bosniaque pour des chefs d'accusation annulés par le tribunal quelques jours plus tard. "Ils ont été accusés d'appartenance au GIA et de préparation d'un attentat contre l'ambassade américaine, mais le tribunal les a vite relaxés faute de preuves. La veille de cette décision, les six détenus ont été enlevés par des militaires américains pour être transférés vers Guantanamo pour appartenance présumée à Al Qaïda", a déclaré M. Aït Idir.

Me Najib Al Nuaïmi, l'avocat qatari de sept détenus algériens, a révélé d'autre part avoir saisi le chef de la diplomatie algérienne Abdelaziz Belkhadem afin qu'une délégation de son ministère puisse rendre visite aux détenus. "Aucune réponse ne m'a été adressée. Je sais que le droit de visite a été accordé à des délégations saoudienne, marocaine, yéménite et bahreïnie, parce que les autorités de leurs pays ont intercédé auprès du ministère américain de la Défense, mais du côté des Algériens, c'est le black-out."

Selon Me Najib Al Nuaïmi, le ministère algérien des Affaires étrangères a été destinataire de la liste complète des Algériens détenus à Guantanamo. "Je le sais parce que je tiens l'information des autorités américaines qui m'ont d'ailleurs révélé qu'elles n'ont aucune objection à ce que l'on rende visite aux prisonniers pour peu que les autorités de leurs pays respectifs fassent part de leur demande. Pour ce qui est des Algériens, les Américains m'ont affirmé qu'ils n'ont jamais été destinataires d'une quelconque sollicitation", a noté l'avocat.

Pour sa part, Me Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de la promotion et de la défense des droits de l'Homme (CNCDDH), a indiqué que son organisation a été destinataire de neuf requêtes déposées par les familles des détenus algériens de Guantanamo.

24/12/02 Guantanamo: 59 prisonniers "n'ont rien à voir avec Al Qaïda"

Selon le Los Angeles Times de dimanche, 59 des plus de 600 prisonniers de la base US de Guantanamo Bay n'ont rien à voir avec Al Qaïda ou avec les Talibans. Ils figuraient sur une liste, dressée par les services de renseignements US après leurs interrogatoires en Afghanistan, des prisonniers ne présentant aucune "valeur du point de vue du renseignement". Il s'agit principalement de paysans, de chauffeurs de taxi ou de manoeuvres, dont certains ont été recrutés par les talibans dans les semaines qui ont précédé leur défaite.

23/12/02 Des détenus de Guantanamo autorisés à communiquer

Abdul Aziz, un détenu saoudien de Guantanamo, a été autorisé mercredi dernier à avoir une communication téléphonique de 45 minutes avec sa famille. D'autre part, Mohamed Al Fouzan a reçu mardi la première lettre de son fils Fahd, aussi détenu à Guantanamo, après 3 mois d'interruption des communications. Ces nouvelles ont été saluées par Elham Hassan, une avocate bahreïnie membre du Comité international pour la défense des prisonniers de Guantanamo, comme l'indice d'une évolution positive. Elle a demandé au gouvernement Us de relâcher ces prisonniers ou de les remettre à leurs gouvernements respectifs, dans la mesure où les USA ne détiennent aucune preuve justifiant leur détention. Elle a ajouté que le Comité se réunirait cette semaine à Doha pour discuter des nouveaux développements.

13/12/02 Le bâtonnier de Paris se commet d'office pour les Français de Guantanamo

 Le bâtonnier de l'ordre des avocats de Paris, Paul-Albert Iweins, annonce dans une démarche symbolique qu'il se commet d'office pour défendre trois Français détenus sur la base militaire US de Guantanamo à Cuba.

Dans un communiqué, le bâtonnier dit sa "ferme condamnation de toutes formes d'actions terroristes" mais ajoute qu'il se doit "de réagir et de mobiliser la communauté internationale des avocats dès lors que les droits de la défense sont ignorés".

Déplorant qu'il ne soit reconnu "aucun droit juridique" aux détenus, il annonce qu'il va demander aux autorités US le droit de s'entretenir à Guantanamo avec Mourad Ben Chellali et Nizar Sassi, originaires de Vénissieux (Rhône), et Khaled ben Mustapha, né dans la banlieue lyonnaise.

Cette démarche symbolique fait suite à une déclaration commune rendue publique en juillet par 32 barreaux du monde entier, qui ont souhaité que "la lutte contre le terrorisme ne porte pas atteinte à l'état de droit".

05/12/02 - L'OTAN a